CHAPITRE III
qoi poarraient produire la chute daus une direction quelconque, et en outre par la forme des articulations des phalanges , dont les facettes articulaires , fort larges de bas en haut, font que ces osselets ne peuvent pas s'étendre plus qn*à angle droit sur le tarse.
C'est en réunissant ainsi tous les avantages chez ces espèces , que le créateur en a fait le type parfait des Oiseaux stationneurs , sur un sol horizontal.
D'autres Oiseaux, placés par la Providence dans des conditions différentes pour leurs mœurs , ont été aussi modifiés POUR CET OBJET. Ccux qui sc perchent et dorment sur les arbres, où il leur est impossible de produire le moindre mouvement volontaire pour s'y maintenir en station , ont
reçu À GBT EFFET UNE ADMIRABLE MODIFICATION DANS LE
MÉCANISME DES MEMBRES. Lcurs orteils, généralement fort longs, dont un dirigé en arrière, pour mieux embrasser les branches sur lesquelles ils sont posés , sont en outre armés d'ongles crochus , également fort grands , au moyen desquels ils peuvent encore mieux s'y cramponner. Mais cela présuppose que l'Oiseau est obligé de faire un effort constant pour serrer la branche sur laquelle il est perché, action qui ne saurait avoir lieu pendant le sommeil. Mais
COMME RIEN n'BST IMPOSSIBLE AU ToUT-PuiSSANT , IL FUT FA- QLBMBNT PARÉ À CET INCONVÉNIENT PAR UNE REMARQUABLE
DISPOSITION DONNÉE À CERTAINS MUSCLES , par laqucUc CCS organes produisent passivement cet effet pendant que l'Oiseau dort. Il a suffi pour cela de faire continuer, de la manière la plus remarquable, le muscle grêle interne de la cuisse avec le fléchisseur sublime des orteils. Pour cela , le premier qui naît sur le bassin en avant et un peu plus bas que la cavité cotyloide , descend le long de la cuisse , passe par son tendon obliquement sur la rotule, dans une coulisse que lui forme cet os , et plus en dehors , également obliquement , dans une coulisse sur la tête du péroné , où ce tendon se dirige en bas et en arrière , pour aller s'unir au muscle
3S0 THioLOGlB PB U HATTJRK.
sublime, qui s'insère aiu second et au troisième orteil. U résulte de cette modification si simple, mais toutefois fort savante, qu'out sul)ie ces deux muscles, que par cela que Toiseau s'abandonne à son propre poids dans le sommeil , son corps s*affaissant sur lui-même, la jamb^ se fléchit, et produit par Ih passivement la tension du tendoQ flu muscle grêle de la cuisse , qui passe ^ur le sommet de la rotule , et fait fléchir les orteils sans la volonté de Toiseau ; flexion d'autant plus forte que l'affaissement est plus grand. Qr cet eflet est en outre produit s^ussi par le tendon i^ sublime qui passe sur le talon , où il est tendu une seconde fois passivement par la flexion du tarse ; ce qui fait que les orteils serrent plus fortement encore la branche sur laquelle l'oiseau est posé.
Quoique les Oiseaux aient été essentiellement destinés ï se mouvoir dans l'air au moyen du vol, genre de locomotion dont ils offrent les conditions les plus parfaites, le Créateur LES A TOUTEFOIS AMENÉS , DANS PC NOMBREUSES ES- PÈCES, k DES DISPOSITIONS TELLES quc, saQs les faire sortir de leur type fondamental , il en a fait, d'une part, d'excellents COUREURS, ET, DE l' AUTRE, DE TRÈS-BONS NA- GEURS ; et cela ep modiflant simplement un peu les deux paires de membres. Il a suffi , pour atteindre la première condition , d'allonger un peu plus leurs jambes et leurs tarses , pour les mettre en état de pouvoir courir aussi lestement que les Mammifères les plus légers. Quelques espèces même, s' aidant de leurs ailes pour accélérer leur course, parcourent le sol avec une rapidité remarquable. C'est ainsi que les Autruches , trop grandes pour pouvoir s'élever en Tair, se servent de leurs ailes pour précipiter leur course, par là si rapide, que le meilleur cheval ne saurait les atteindre.
Pour permettre à certaines espèces , dont le plus grand nombre constitue I'Ordre des Palmipèdes , de nager . avec facilité, il a suffi au Créateur de modifier assez légèrement LA FORME GÉNÉRALE PE LEUH CORPS , ET SPÉGIALfiMSNT
CHAPITRB Ut. 3&i
LES IIEMBnES PQSTÉRIEUR8 EN UNISSANT LES OBTEILS AU HOYEN D'uifE LARGE MEMBJIANE REMPLISSANT leUFS intervalles,
à l'iostar de ce qui existe chez les Mammifères Amphibies ; et dans quelques espèces, les ailes elles-mêmes ont été EMPLOYÉES GOMME RAMES. Par ces moyeos, les Oiseaux sont devenus, sinon de parfaits nageurs, du moins des animaux qui peuvent passer sans danger presque toute leur vie sur les eaux , et y plonger même assez longtemps pour se lancer à h poursuite des poissons dont ils doivent se nourrir.
Pour cet effet, ces Oiseaux ont généralement les membres postérieurs tellement portés en arrière sur un corps long, imitant assez bien la forme d'i^n bateau plat, surtout dans certaines espèces, telles que les Grèbes, les Pingouins et les Manchots^ etc. , que ces animaux sontobligé^, pour rester debout et pour marcher, de se tenir presque verticalement redressés; encore la marche leur est -elle fort difficile. Comme les ailes seraient par ce grand allongement du tronc beaucoup trop fortement portées en avant du centre de gravité pour permettre le vol , et cela d'autant moins que la région postérieure du corps est fort lourde par le grand dé- Y^loppement que prennent les muscles moteurs des membres postérieurs, la Nature, toujours si ingénieuse à tirer parti même des inconvénients attachés aux moyens qu'elle emploie, a pour gela privé les deux derniers genres que
JE VIENS DE GITER DE LA FACULTÉ DE VOLER ; ET POUR NE PAS CHANGER LE TYPE ELLE A TRANSFORMÉ LEURS AILES ELLES-MÊMES EN DE VÉRITABLES NAGEOIRES EN FORME DE LARGES PALETTES DÉPOURVUES DE PENNES AVEC LESQUELLES
c^s Oiseaux rament avantageusement. Aussi ces animaux, si parfaitement organisés pour vivre sur l'eau , ne vont-ils que rarement h terre, paême pour dormir.
D'autres espèces encore, telles que les Hirondelles de mer, s^élancent du haut des airs dans l'eau , à la poursuite des poissons, et y continuent leur vol comme dans l'atmosphère avec une rapidité fort grande , à en juger par les distances
35â TRILOGIE DK LA HATUKB.
considérables qu'elles y parcourent en un temps fort court. Nous avons vu que les muscles des ailes ont été considérablement réduits , tant pour le nombre que pour le volume , en vue de rendre la région supérieure du corps la plus légrèe possible; mais la Nature créatrice a surtout très-savamment OBTENU CE DERNIER RÉSULTAT CU plaçant SOUS LE TRONC
la presque totalité des muscles qui meuvent les ailes et leurs parties; c'est-à-dire que les principaux mouvements que les ailes ont à exécuter avec force , ceux d'abaissement et d'élévation , ayant lieu dans l'articulation de l'épaule , sont produits par des muscles situés sous la poitrine ; et comme ces organes doivent précisément être les plus vigoureux de tout l'organisme , et par là d'un grand poids , la Nature les a, dans sa sagesse , placés sous le sternum , où ils influent puissamment sur la position du centre de gravité ; et elle y plaça
SURTOUT DANS CETTE VUE LES ÉLÉVATIONS DES AILES, QUI, PAS LEUR FONCTION, DEVRAIENT ÊTRE PLUTÔT SITUÉES VERS LA RÉ- GION DORSALE DU TRONC.
Quant aux autres mouvements des ailes , ceux d'extension et de flexion , j'ai déjà fait remarquer, en parlant du squelette , qu'ils sont principalement produits , tant pour l'aile entière que pour chacune de ses parties , par les seules extension et flexion dans l'articulation de l'épaule , dont les agents sont placés à la partie inférieure du tronc , et que les extensions et les flexions dans les autres articulations sont produites passivement par celles-ci ; de manière que l'extrémité des ailes est fort peu chargée de muscles qui pourraient en augmenter le poids.
Quoique les muscles des membres postérieurs soient de même généralement les analogues de ceux des Mammifères, ils en difièrent toutefois comme tous les autres organes , soit par l'effet de la loi de gradation qu'ils suivent , soit par les
MODIFICATIONS DE LEURS FONCTIONS AUXQUELLES ILS SONT TOUJOURS APPROPRIÉS.
J'ai déjk fait remarquer plus haut que les muscles abdoc-