‹ Théologie de la natureChapitre 66 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pèces ; celle où la partie libre est très-courte , se fait remarquer, soit aux plaques sous-ventrales^ ou bien aux écailles latérales; et lès écailles où la partie libre est la plus longue , se trouvent plus généralement vers la région dorsale , où souvent elles prennent la forme de très-longues lanières, formant même des crêtes le long du dos.

Ces écailles , quelles qu'elles soient , sont généralement revêtues de rèpiderme ^ sous lequel elles se développent, et dont elles se dépouillent à certaines époques de Tannée par Teffet d'une mue; et cela d'une manière si complète, que, chez les serpents surtout , l'épiderme s'en va si bien d'une seule pièce que même celui qui revêt le globe des yeux se détache.

Dans cert|iines espèces, telles que les Crocodiles^ les écailles sont, sur certaines parties du corps, d'une épaisseur très-considérable, formant même des plaque» osseuses fort grandes contenues dans la peau, et tellement fortes que souvent elles résistent à l'effort des balles qu'on tire sur ces animaux.

On trouve déjà une première apparition de ces écailles cornées chez les Mammifères. La queue des Rats et des Sùuris en est recouverte. Les Ongles, les Crriffes et les Sabots ne sont au fond que des écailles d'une grandeur et d'une forme particulières. Les Potb, qui, eux-mêmes, ne sont que des écailles filiformes, sont remplacés, chez les Pancolins , par de très-larges écailles triangulaires , tout à fait semblables pour la forme et la disposition à celles des Sauriens et des Ophidiens , et même beaucoup plus grandes. On trouve de même les analogues des osseuses dans les téguments des Tatous. Tous les Oiseaux ont les tarses et les orteils entièrement revêtus d'écussons cornés , qui ne diffèrent pas de ceux recouvrant la tête des Saliriens et des Serpents. Enfin on les retrouve plus lom chez les Cbéloniens et les Poissons, en devenant toutefois de substance calcaire chez ces derniers. • » ' ;

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L'ordre des SauriaBs condait dans uoe branche latérale , également par une gradation presque insensible, aux Ba- TRAGiBNs, formant le troisième ordre des Reptiles, en s'y rattachant k la famille des Urodèlks , animaux de même forme qu'eux » ayant de même le corps allongé . et pourvus de deux paires de membres semblables aux leurs, et quelquefois une seule paire, l'autre disparaissant, comme dans les derniers Sauriens. Mais les Batraciens en général se distinguent essentiellement des Sauriens, en ce qu'ils subissent dans leur jeune âge une métamorphose très-remarquahle, par laquelle ils acquièrent les pattes dont ils sont privés avant, et qu'au lieu de respirer dans l'air k leur premier état, ils respirent l'eau comme les Poissons, auxquels les Urodèles conduisent insensiblement ; en même temps que tout leur organisme éprouve encore d'autres changements notables par ces métamorphoses.

Dans leur état adulte ou parfait^ les Urodèles ont, ainsi que je viens de le dire, absolument la forme géaérale du corps des Sauriens, dont ils ne diffèrent, quant aux organes du mouvement , que dans d'aase?^ légers détails des parties; différences plutét amenées par la gradation que les organes suivent que par le mode de locomotion , qui est k très-peu de chose près le même.

Les espèces terrestres , composant spécialement le genre Salamandre , ont absolument la forme , les mouvements et les habitudes des Sauriens ; elles sont seulement beaucoup plus lentes, et ont, de même que la plupart d'entre eux, la queue grêle et k peu près ronde.

Les espèces amphibies, comme les Triions y et les aquatiques, telles que les Hypochton et autres , ont au contraire, avec la forme générale des Sauriens , la queue longue et plus ou moins fortement aplatie par les eôtés, pour leur servir exclusivement de rame. Cet appendice, quoique généralement assez faible chez les espèces supérieures de cette famille de Batraciens , où il ne peut servir qu'a une nage

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plus OU moins lente, commence toutefois déjà ici à se préparer à devenir plus loin, chez les Poissons, cette puissante rame qui met plusieurs de ces derniers animaux dans la possibilité de nager avec une incroyable rapidité.

C'est même déjà chez les CrocodUe» , genre de Sauriens amphibies, que la queue longue et légèrement comprimée commence à indiquer» par cette forme, le genre de vie de ces animauz) pour devenir, chez les derniers Batraciens, l'u-» ni<iue rame qu'ils emploient; c'est-k-dire chez ceux qui , par la dégradation qu'ils ont subie , n'ont plus que les membres antérieurs eux-mêmes considérablement réduits » tant ponr leur volume que pour leur force, et se trouvent de Ih obligés de nager exclusivement au moyen des battements latéraui de leur queue» devenue pour cet usage très-longue, forte et pins ou moins comprimée^ Tels sont les Siren^ qui n'ont même plus que de petits membi^es postérieurs et un corps allongé, presque semblable à celui des Anguilles.

Les Urodèles n'étant , sous le rapport des organes de la locomotion, que des animaux de transition formant le passage des Sauriens aux Poissons ^ et ne présentant de \k rien qui soit particulièrement remarquable, je n'entrerai dans aucun détail sur leur organisation.

Il n'en est point de même de la seconde famille de l'Ordre des Batraciens , celle des Anoureg , composée des denx grands genres des Grenouilles et des Craf>aud8. Ici le type change considérablement dans sa forme et ses facultés. Ce sont bien des animaux dont le corps se compose, comme celui des Mammifères » des Sauriens et des Urodèles, de diverses parties analogues aux leurs, et muni surtout de deux paires de membres également fort semblables encore à ceux de. ces différents animaux, mais leur organisation éprouve de très-notables modiCcations qui changent consi* dérablement la forme et les facultés de ces animaux, et spécialement leur mode de locomotion; étant, dans les espèces les plus parfaites ^ essentiellement des animaux

saateurs , présentant , sous ce rapport , un type tout spécial , qui mérite de fixer Tattention.

Lear corps se compose, comme celui de tons les Animaux vertébrés supérieurs, d'une tête, d'un tronc et de deux paires de membres complets ; mais les subdivisions da tronc ne sont plus les mêmes.

Chez les Serpents, les régions du cou, du tborax, de l'abdomen et du bassin , ont été confondues en ane seule par la répétition des paires de côtes sur toutes les vertèbres de leur longue épine dorsale , et la suppression du bassin. Chez les Batraciens, cette même confusion en une seule partie a également lieu , mais par la raison contraire : h disparition des côtes. Chez les UrodèLes, il existe toutefois encore (dans les Salamandres ) une vertèbre du cou; dcuxe dorsales, mais ne portant que des rudiments de côtes, nulles en apparence ; une lombaire , privée de ce rudiment ; une sacrée , indiquée simplement par le bassin qui y est suspendu ; et enfin un nombre plus ou moins considérable de vertèbres caudales, vingt-six chez la Salamandre y partie où la cavité viscérale ne se prolonge pas.

Chez les anoures, ces rudiments de côtes disparaissant elles-mêmes tout h fait , il n'y a également plus chez eux aucune distinction entre les diverses régions du tronc : toutes ne forment qu'un vaste abdomen remplissant aussi les fonctions de thorax ; comme chez les Serpents , où tout n'est qu'un très-long thorax faisant en même temps les fonctions d'abdomen. Nous verrons plus tard , comment de part et d'autre ces deux grands changements ont pu être appropriés à la fonction de la respiration , qui exige chez les Mammifères un thorax clos, fort résistant. Hais tout est possible à l*omniscienge divine, dont les admirables moyens ont tout mis en harmonie.

L'Éternel ayant voulu dans sa toute-puissance créatrice RAMENER l'oRGANISME DES RePTILES AU TYPE DES

Animaux Sauteurs, il lui fit subir à cet effet une

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