‹ Théologie de la natureChapitre 67 sur 119 · TRANSFORMATION DIFFÉRENTE DE CELLE QUI DISTINGUE LES · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DIFFÉRENTE DE CELLE QUI DISTINGUE LES

Mammifères Sauteurs, d'où sont nés les caractères de la famille des Anoures , dont le type si parfait se trouve dans le genre Grenouille. Ces animaux devant pouvoir sauter avec facilité, ils en ont reçu les moyens, k Tinstar des chats parmi les Mammifères, par la faculté de pouvoir débander k la fois la colonne vertébrale et les membres ; mais comme ces deux types sont très-éloignés dans la série des animaux vertébrés , leur organisation ayant été déjk fortement modifiée par Teffet de la gradation qu'elle a subie, les mêmes moyens ne purent plus être exactement employés dans Tun et dans Fautre de ces types ; mais toutefois encore autant que la différence le permet. Pour cela, la colonne vertébrale, depuis la tête jusqu'au bassin , a été réduite k huit ou dix vertèbres k peu près semblables, proportionnellement plus grandes que chez les autres vertébrés, pour former dans Tensemble une tige plus résistante; k articulations des corps des vertèbres par condyles , et dont celles des masses apophysaires ont lieu entre des apophyses articulaires fort saillantes dirigées en dehors; les deux presque dans le même plan horizontal. Il résulte de cet arrangement que les mouvements d*une vertèbre k Tautre ont principalement lien dans les deux directions verticale et horizontale , en ne permettant qu'un mouvement de torsion très-léger.

Les apophyses épineuses, assez courtes, sont dirigées obliquement en arrière, dans le sens des forces musculaires qui agissent sur elles. La brièveté de ces apophyses semble au premier aperçu en contradiction avec les fonctions de puissants leviers qu'elles doivent faire dans l'action du saut; mais pne plus grande longueur y serait devenue un obstacle , limitant trop fortement l'extension de la colonne vertébrale lorsqu'elle se débande dans le saut; et elle est d'ailleurs compensée par la disposition et la longueur des apophyses transverses. Celles-ci, au lieu d'être situées sur les côtés du corps des vertèbres, comme dans les Mammifères Sauteurs,

9M TH^Loen m la katurb.

sont ftu contraire placées très-haut sur la masse apophjsairet sont fort longues , dirigées en dehors , et assez fortement en haut et en arrière ; de manière à former de puissants auxiliaires des apophyses épineuses placées entre elles ; le contraire de ce qui existe chez les Mammifères.

Par l'effet de leur grande longueur, les apophyses trans- Tcrses agissent aussi plus puissamment dans les flexions latérales de Tépine du dos , lorsque Tanimal saute obliquement de côté ; en même temps qu'elles remplacent les côtes dans leur fonction de supports , élargissant la cavité viscérale.

Le Sacrum n'est composé chez les ânoukes que d'une seule vertèbre , qui ne diffère des antres qu'en ce qu'elle a des apophyses transverses un peu plus longues et plus fortes; que celles-ci s'articulent par leur extrémité avec les os des hanches , et enfin que le corps de la vertèbre, au lieu de s'a^ ticuler postérieurement au moyen d'un seul condyle avec l'appendice caudal , s'unit k lui par deux petites têtes arrondies placées l'une k côté de l'autre; disposition qui ne permet à cet appendice que les seuls mouvements d'élévation et d'abaissement.

Quant à cet Appendice , ce n'est qu'un très-long os en forme de stylet triangulaire, paraissant représenter une longue série de vertèbres décroissantes, confondues en une seule pièce. Son extrémité antérieure présente dans sa partie inférieure une troncature portant deux cavités cotyloîdes articulées avec la vertèbre sacrée. En dessus , ce stylet forme une crête longitudinale fort saillante représentant l'apophyse épineuse , dans laquelle le canal vertébral se prolonge encore jusqu'à une certaine distance, où il finit en cul-de-sac.

Ce long stylet caudal , dirigé en arrière , est placé à l'état de repos entre les deux très -longs os des hanches, également dirigés en arrière. Nous verrons un peu plus bas que cet os caudal devient avec le bassin si fortement prolongé en arrière, l'un des principaux agents du saut.

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Les parties latérales du bassin prennent chez les anoures, et spécialement dans la Grenouille , une forme très-particulière EN RAPPORT A\EC LES ÉMINENTES FONCTIONS QU'ELLES

ONT À REMPLIR DANS LE SAUT. Ccs parties sc composcut d'ailleurs, comme chez les vertébrés supérieurs, de trois paires d'os, se réunissant, conformément k la loi générale, dans les cavités articulaires des hanches, et sont, comme d'ordinaire , confondues en une seule pièce chez les individus adultes.

Le plus [antérieur de ces Os ou celui des Hanches, forme Doe longue tige grêle, comprimée , articulée par son extrémité antérieure sur le sommet de Tapopbyse transverse de la vertèbre sacrée par l'intermédiaire d*un Gbro-cartilage globuleux, mobile sur les deux os; de manière à permettre

À CES os des hanches un mouvement TRÈS-FACILE ET FORT ÉTENDU SUR LES SOMMETS DES APOPHYSES TRANSVERSES DES

VERTÈBRES SACRÉES. Delà ccttc tige sc porte en arrière, parallèlement à celle du côté opposé, s'arque ensuite en dessous , et se termine au milieu de la cavité articulaire de la hanche du même côté.

Le second os latéral du bassin ou Y Ischion, occupe la partie supra-postérieure de la même cavité ; et le troisième ou le Pubis , qui comprend la partie inférieure , de cette cavité, s'unit k Textrémité du premier, en formant avec elle un petit disque très-mince en trois quarts de cercle, tronqué à sa partie supra-antérieure.

Ce disque, appliqué par sa face interne contre celui du côté opposé, s'y soude, et ne forme avec lui, chez les adultes, qu'une seule crête verticale en grand segment de cercle. Au centre de ce disque médian sont placées les cavités articulaires parfaitement arrondie des hanches qui se trouvent ainsi très - rapprochées l'une de l'autre, dirigées directement en dehors et rendues fort profondes par des bords fortement relevés. C'est de ce grand rapprochement des deux articulations des cuisses que ces animaux, excel-

lents, sauteurs , tirent un grand avantage en s'élançant ; les deux membres agissant h la fois sur le plan médian da corps et à son extrémité la plus postérieure.

Les quatre membres des Anoures se composent des mêmes parties que ceux des vertébrés supérieurs, en ressemblant toutefois le plus k ceux des autres Reptiles.

VÊpaule a la plus grande ressemblance avec celle des antres vertébrés terrestres ; tout en présentant dans ses diverses parties des caractères propres à ces animaux , en se rapprochant spécialement des Urodèles , à côté desquds ils sont placés dans la série animale.

Ces diverses parties deTépaule, y compris le sternum, très-grand chez ces Animaux, forment ensemble une vaste ceinture osseuse, contournant la partie antérieure du tronc,

POUR REMPLACER PAR SA GRANDEUR ET SA RÉSISTAIYCE LES CÔTES DONT CES ANIMAUX SONT PRIVÉS.

Le Sternum se compose de cinq pièces consécutives, dont la première est un cartilage mince, en forme de pelle, placé sous la gorge.

La deuxième est une tige osseuse assez grêle, faisant suite à cette plaque.

La troisième , un filet plus grêle encore , sur les bords latéraux duquel s'articulent les clavicules et les os coracoïdiens.

La quatrième, une tige osseuse assez forte, placée sous la partie antérieure de la cavité viscérale ; et enfin la dernière partie est encore une lame cartilagineuse en forme de pelle, dirigée librement en arrière, assez semblable ^ la pièce antérieure , mais plus grande , et placée sous le milieu do tronc.

L Omoplate consiste en une très-grande feuille triangulaire allongée, dont la partie supérieure, ou le Paleron, est une simple lame mince, presque cartilagineuse, légèrement arquée en dedans pour contourner un peu le corps , en s*articulant par un point de sa face interne avec le sommet de

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