‹ Théologie de la natureChapitre 68 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'apophyse transverse de la troisième vertèbre , plus longue et plus forte que les autres ses voisines. La partie inférieure de Tomoplate , fortement rétrécie en une tige osseuse assez résistante, forme, comme dans tous les Reptiles, une pièce particulière fixement articulée à la pièce supérieure, et dirigée en dessous, en s*arquant légèrement en dedans. A son extrémité inférieure, elle contribue avec les deux autres os de Tépaule , k former la cavité articulaire de Tépaule , en même temps qu'elle s'unit par une suture aux extrémités de ces mêmes os.

La Clavicule ressemble , pour la forme et la disposition , beaucoup à celle des autres Reptiles , ainsi qu'à celle des Mammifères , ces animaux étant quadrupèdes comme eux; et diffère de là considérablement de son analogue chez les Oiseaux , où cet os est destiné à remplir une fonction toute spéciale dans le vol.

Dans les Batraciens c'est un os grêle, se rendant de Textrémité articulaire de l'omoplate transversalement en dedans sur le sternum , pour maintenir l'épaule écartée et fixe à l'égard de ce dernier.

En arrière de la clavicule se trouve le Coracoidien , os à peu près semblable, mais beaucoup plus fort, parallèle à la clavicule , et ayant les mêmes rapports avec l'omoplate et le sternum. Il ressemble, tant pour la forme et la disposition, beaucoup k celui des autres Reptiles et des Oiseaux, dont il remplit les fonctions , celles de maintenir l'épaule écartée; c'est-à-dire que , dans les Anoures , de même que chez tous les autres Reptiles marcheurs , l'épaule a , pour cause de la même fonction, aussi la même forme et la même disposition.

Quant aux membres antérieurs eux-mêmes, ils présentent également la même forme et la même disposition générale que chez les autres Reptiles qui en sont pourvus, ainsi que chez les Mammifères, dont ils ne diffèrent que dans certains détails , amenés par la gradation générale que subissent tous les organes.

VOs du bras est proportionneliement aussi allongé que dans THomme, mais beaucoup plus fortement dirigé en dehors que chez aucun Mammifère. Son articulation avec répaule a du reste k peu près la même forme. Celle du coude est également à double condyle , et ne permet de là qu un mouvement d'extension et de flexion.

Les deux Os de Tavant-bras sont soudés entre eux, suivant toute leur longueur, dans la position d'une demi-pronatioo. suffisante pour rendre le plat do la main parallèle au plan de position , par l'effet de Técartement de l'os du bras , dirigé eq arrière tt en dehors.

La Main , également de même forme à peu près que chez tous les autres Reptiles marcheurs et les Mammifères supérieurs, se compose à sa base de plusieurs petits osselets constituant le Carpe , suivis dans les Anoures d'un MéiacQrpe formé de quatre os longs, portant autant de doigts; d'où résulte que la main de ces animaui^ ressemble au premier abord beaucoup k celle de THomme qui manquerait de pouce.

Chez les Batraciens Urodèles , ainsi que chez les Sauriens, les membres antérieurs, k peu près composés de même, ont souvent moins de doigts.

Les membres postérieurs des Sauriens et des Batraciens sont également composés des mêmes parties consécutives que dans les Mammifères et les Oiseaux , et k peu près conformés comme chez eux.

La Cuisse ne renferme, comme toujours, qu'un seul os, articulé par une tête ronde avec le bassin , et par un double condyle avec la jambe. Celle-ci a également deux os, placés Tun k côté de l'autre; mais la Rotule manque quelquefois.

Le Pied a de même une composition semblable k celle des vertèbres supérieures, et, vu l'analogie du mode de lo<*.omotion , il est plus particulièrement formé sur le plan de celui des Mammifères ungificulés ; c*est-k-dire qu'il se compose d'un Tarse formé de plusieurs osselets ; d'un Héta-

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tarse , dont le nombre des petits os longs égale celui des orteils ; mais ceux-ci ressemblent plos particnlièrement à ceux des Oiseaax , se composant d*Qn nombre variable de phalanges plus ou moins allongées.

Dans les Sauriens, animaux essentiellement terrestres et marcheurs, les CuUms se portent fortement en dehors, et même obliquement en arrière ; les Jambes en dessons , et le pins souvent aussi en arrière ; et enfin , les Pieds sont d'ordinaire également dirigés en arrière ; ce qui , joint à la grande longueur du tronc, éloigne tellement les deux paires de membres , que ces animaux , ne pouvant soutenir convenablement le centre de gravité de leur corps , sont la plupart obligés de se traîner sur leur ventre dans leurs mouvements de locomotion ; ce qui leur a valu le nom de Reptiles.

L'Intelligence créatrice ayant, ainsi que je l'ai déjà dit plus haut, voulu établir dans la classe des Reptiles la faculté de sauter à un grand degré de perfection , a modifié pour cela considérablement les organes locomoteurs de ces animaux dans la famille des Batraciens Anoures ; et cela nonseulement les organes du mouvement du tronc , dont il a déjk été parlé, afin que ces animaux puissent s'élancer en débandant leur colonne vertébrale, mais aussi les membres rosTÉRiEuns, qui constituent, comme uans les Mammifères

SAUTEURS, d'autres AGENTS ESSENTIELS DE CE GENRE DE

LOCOMOTION. Pour cela, ces membres ont reçu , d'une part, une longueur et une force considérables; et , d'autre part, ime disposition toute spéciale , différente de celle qu'ils ont chez les autres Reptiles , en révenant en ghinde partie de noaveau à celle qu'ils présentent dans les Mammifères.

Les Cuisses ^ parfaitement libres comme dans l'Homme et les Singes, sont à l'état de repos ou de flexion dirigées tout k fait en avant le long du tronc Les Jambes le sont obliquement en dessous et en arrière; et les Pieds de nouveau en irvant en appuyant dans -tbvte leur longueur k plat sur le soi.

Quant à la forme et à la composition de ces différentes parties , sans les faire sortir des caractères généraux qu'elles offrent dans les autres familles de la même classe , TIntel-

LICENCE CRÉATRICE LES À TOUTEFOIS MODIFIÉES DE MANIÈRE À LES TRANSFORMER d'oRGANES FAIBLES ET PUREMENT PROPRES À LA MARCHE ET AU RAMPEMENT QU'iLS SONT DANS LES SAU- RIENS ET LES URODÈLES, EN ORGANES d'UNE PUISSANCE CA- PABLE DE LANCER AU CONTRAIRE CES ANIMAUX À DE TRÈS- GRANDES DISTANCES. Pour Cela, Tos de la cuisse ne diffère pas notablement de celui des autres Vertébrés terrestres ; la jambe très-longue a ses deux os à peu près d'égale force , mais confondus en une seule pièce , et distincts sealement par une cainure antérieure et postérieure longitudinale.

L'articulation du genou présente toutefois cette particalarité fort remarquable que les deux os qui la forment s avoisinent de part et d'autre par des condyles formant sur chacune une surface cylindrique transversale , creusée dans le milieu d'une très-légère gorge de poulie ; et que la Rotule manque complètement. Cette conformation , qui parait si extraordinaire chez des animaux qui exécutent des sauts prodigieux, semble devoir permettre très -facilement les luxations dans les grands efforts que ces animaux font pour s'élancer; mais comme tout est parfaitement calculé POUR l'effet qui doit être produit, il était au fond inutile que les os s'engrenassent ici profondément ; les ligaments et les vigoureux tendons des muscles qui accompagnent cette articulation étant plus que suffisants pour empêcher, par leur simple présence, tout déplacement des os, soit en avant, soit en arrière ; et les luxations latérales sont rendues également difficiles, d'une part, par la résistance de ces mêmes ligaments et tendons , et , de l'autre , par la largeur assez grande des condyles. Cette conformation a au contraire cet avantage que les deux os s'avoisinant par des surfaces convexes, se touchent sur un moins grand

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