‹ Théologie de la natureChapitre 69 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nombre de points que si l'un était concave^ le frottement étant beaucoup plus faible, et le mouvement en conséquence plus facile.

Par reflet de ces deux arcs de cylindres roulant Tun sur l'autre, les ligaments latéraux de l'articulation s'insèrent aux extrémités des axes de ces derniers , conservant toujours le même degré de tension, quelle que soit retendue de Fextension ou de la flexion de la jambe : leur longueur étant constamment égale à la somme des deux rayons ; d'où résulte que cette articulation n'est jamais ni trop serrée ni trop lâche; deux conditions utiles, opposées seulement chez les animaux supérieurs qui doivent avoir, d'une part, la faculté de roidir le membre pour empêcher, dans la marche et la station , la jambe de se fléchir en avant ; et , de l'autre , la faculté de mouvoir la jambe en rotation pendant sa flexion ; ce qui n'est point nécessaire chez les Grenouilles.

A l'extrémité inférieure, les deux os de la jambe pris ensemble, se terminent comme le tibia des Oiseaux par une poulie fortement allongée transversalement , mais à gorge également très peu profonde, dont les condyles s'articulent bout à bout avec les deux premiers os du tarse , le Cakaneum et Y Astragale.

Le Pied est la partie qui a subi la plus forte modification ; et cela surtout dans les os du tarse, réduits à six seule* ment, dont les deux premiers, que je viens de nommer, sont considérablement allongés, en simulant les deux os d'une jambe. Ces deux os, renflés à leurs deux extrémités où ils s'articulent entre eux , sont au contraire fort écartés au milieu pour élargir fortement la plante du pied, où se trouvent placés des muscles et des tendons vigoureux , moteurs des orteils. Ces deux os s'articulent ^ la fois avec la jambe, en formant, comme d'ordinaire avec elle, une articulation mobile seulement d'arrière en avant, et un angle plus ou moins ouvert. Mais aucun de ces deux os du tarse

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ne fait saillie en arrière pour constituer ce qu'on appelle le Jalon : ce qui , au premier aperçu , semble encore être d*un grand désavantage pour le saut ; cette saillie formant chei les Mammifères un long bras de levier qui agit si puissamment dans Teffort du saut; et qui, si elle existait dans les grenouilles, devrait également produire un très -grand effet chez elles ; les muscles du mollet pouvant agir de même avec efficacité sur ce levier ; mais cet avantage est amplement compensé, d*une part,, par la force prodigieuse de ces mêmes muscles qui , se continuant par-dessus Tarticulation du talon avec ceux également fort vigoureux du dessous de cette longue et large plante du pied , produisent un effort bien plus grand que si les principaux de ces muscles se fixaient au sommet du talon ; et, d'autre part, le tarse si allongé , mobile k la fois dans une grande étendue sur la jambe et sur le métatarse , forme dans son ensemble on levier bien plus long que ne le fait la simple saillie du talon chez les Mammifères.

Les osselets du second rang du tarse ne sont que quatre petits grains osseux placés k la base des cinq métatarsiens, où ils continuent k rendre les mouvements de ces derniers plus souples.

Les Orteils des Grenouilles, au nombre de cinq, sont également fort longs, en décroissant du quatrième au premier, qui égale le troisième. Ils contribuent ainsi encore par ce grand allongement à la force de projection , et p»r conséquent k l'étendue du saut que ces animaux exécutent avec une si grande légèreté. «

Le Sff$time musculaire des Grenomlles répond parfaitement, par la disposition et la force de cbaci^n des organes qui le composent , à la fonction du .saut k laquelle iU sont presque tous destinés.

Nous avons déjk vu, en parlant ^e \% forqe et de la dis* position données k cet effet aux diverses parties du squelette ,. que les côtes ayant disparu chez ces animai» , elles sont

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