‹ Théologie de la natureChapitre 70 sur 119 · CHAPITRE Ili · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ili

remplacées dans leurs fonctions comme soutien des parois du corps, d'une part, par de très-longues apophyses transverses des vertèbres; et, de l'autre, par un sternum fort grand ; mais le plus grand prolongement de ces apophyses a surtout pour raison de former de longs leviers aux muscles de l'épine dorsale, qui doivent agir avec la plus grande efficacité dans le saut. Pour que cet effet soit très-énergique, ces apophyses ont été dirigées obliquement en dessus, au lieu de Pétre en dessous comme chez les autres vertèbres ; afin de remplacer les apophyses épineuses qui ne purent être que fort courtes. Cette disposition ne suffit cependant pas pour donner h la colonne vertébrale toute la force d'un ressort qui se débande, il fallait aussi que les muscles qui la mettent en mouvement fussent assez puissants , et pour cela convenablement disposés pour pouvoir produire l'effet nécessaire à la projection du corps. Mais ici non plus rien ne manque ; tous les muscles de la région dorsale n'ont guère que la seule fonction d'étendre la colonne vertébrale ; et comme tels, ils soi)t tous confondus en une seule série, comprenant les analogues de tous les muscles de la gouttière vertébrale des Mammifères et des Oiseaux. Cette masse de muscles nait postérieurement sur les faces latérales et la crête supérieure du stylet caudal ; de Ik les fibres se portent en avant, et vont s'insérer les unes k l'apophyse épineuse de la vertèbre sacrée , ainsi qu'à la lame supérieure de cet ps ; d'autre à ses apophyses transverses; et, comme ces parties osseuses sont trop peu étendues pour leur offrir des points d'attache suffisants, la plus grande partie de cette masse musculaire se fixe k une cloison tendineuse, s'élevant du bord postérieur de toute cette vertèbre , ainsi que celui de son apophyse épineuse jusc^u'à Textrémité de la Iransverse, eh traversant les chairs jusqu'à la peau, pe la f*ace antérieure de cette laipe fibreuge partant ensuit^ d'autres fibres musculaires faisant la continuation des premières, et qui, en se portant également en ^vant , vont s'insérer aux apophyses

3t)^ THEOLOGIE DE LÀ NATURE.

et h une cloison semblable de la vertèbre qui précède; et ainsi successivement jusqu'k la tête.

On conçoit par la disposition de ces muscles , formant ainsi une chaîne, que tout en allant d*une vertèbre à Tautre pour les mouvoir séparément, la plus grande partie de leurs fibres étant insérée aux diverses cloisons fibreuses qui s*élèvent sur ces os, la force de la masse musculaire entière doit se communiquer par là d'une section de fibres à Tautre; d'où l'effort commun doit se répartir sur toute la colonne vertébrale et la faire fortement fléchir en dessus.

En se préparant au saut, l'animal commence par plier son long bassin le plus possible en dessous ; de manière que le tronc forme dans les articulations du sacrum , avec les os des hanches, un angle saillant fortement prononcé; pendant que l'appendice caudal est par là aussi le plus fléchi en dessous; mais, h beaucoup près, pas autant que le bassin. Dans cet état, l'animal étend subitement tous les muscles extenseurs de la colonne vertébrale, ainsi que les fléchisseurs de l'appendice caudal, qui font, en agissant sur le bassin , les fonctions d'extenseurs de ce dernier : mouvement dans lequel les deux extrémités du corps de la Grenouille s'étendent l'une vers l'autre de bas en haut, et lancent le corps entier dans cette direction , à peu près de la même manière que dans le Chat. Ici ce sont les deux moitiés de la colonne racbidienne qui s'étendent l'une vers l'autre; et chez la Grenouille c'est , d'une part , la colonne vertébrale tout entière, et, de l'autre , le bassin qui se redressent avec une énergie infiniment plus grande que dans le Chat.

Dans les deux animaux, Tacte est ainsi produit par des agents analogues pour la disposition, quoique différents pour la composition de leurs parties ; d'où résulte qu'en somme l'effet est le même.

Si cette extension du tronc de la Grenouille avait seul lieu , elle lancerait le corps plus ou moins verticalement en Tair ; mais elle se combine avec la force d'impulsion des

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