‹ Théologie de la natureChapitre 71 sur 119 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

membres postérieurs , dirigés obliquement d'arrière en avant et en baut, d*où résulte une direction moyenne, oblique de bas en baut et en avaut (1), direction qui en se combinant à son tour avec l'impulsion de bas en haut et en arrière que les membres antérieurs donnent au corps , et enfin aussi avec la force de gravitation , transforme la trajectoire définitive que parcourt l'animal, en une courbe parabolique fort étendue : le tout absolument comme cbez les Mammifères sauteurs.

Nous avons vu aussi en parlant des membres des Anoures que, contrairement à ce qui a lieu chez la plupart des autres Reptiles, ces membres ont de nouveau reçu à peu près la disposition qu'ils affectent cbez les Mammifères; la paire postérieure étant dirigée en avant , et non obliquement en arrière, afin d'agir avec toute l'efficacité possible dans le saut : la fonction principale dans les Grenouilles.

La première paire de membres placée sous la partie antérieure du tronc, imprime k celui-ci, en se débandant, ainsi que je viens de le dire, une impulsion de bas en baut et obliquement en arrière , comme située au devant du centre de gravité. Cette direction est ensuite modifiée par l'impulsion que produisent les membres postérieurs. Ceux-ci étant insérés par les cuisses à l'extrémité absolue du tronc , et dans le repos repliés en avant k côté de la moitié postérieure du corps; et les cuisses, libres dans toute leur longueur, afin de pouvoir jouir de la plus grande étendue de mouvement nécessaire k Tefiet du saut , sont en outre , comme dans l'espèce humaine, longues, grosses et arrondies.

Mais c'est le mollet qui est le plus remarquable par son éaorme grosseur, étant proportionnellement plus du double de celui de l'homme ; cette partie devant produire en commun avec la cuisse , le plus grand efibrt dans le saut. J'ai déjk dit que les muscles formant le gras de la jambe , au

(1) Voyes la note n« 27.

3d4 THEOLOGIE DE LA NATURE.

lieu de s'insérer au talon, comme chez les Mammifères^ passaient, à l'instar du fusiforme de ces derniers, au moyen d'un vigoureux tendon , commun à tous , sur Tarticulation du pied , pour se continuer sous le très-long tarse de ces animaux, avec les muscles plantaires fléchisseurs des orteils; ainsi que le fait déjà le fusiforme chez les Mammifères quadrupèdes, qui n'est dans l'Homme qu'un petit faisceau musculaire ; tandis qu'il forme chez le Chat un gros muscle allongé , qui , également très-puissant dans la Grenouille , ne constitue qu'un simple chef très-vigoureux de la masse des muscles postérieurs de la jambe ; gros muscle entièrement destiné h la fois à la fonction d'étendre le pied ei le métatarse, en même temps qu'il fléchit les orteils; triple action qui contribue , par cette remarquable nisposiTiort ,

CONSIDÉRABLEMENT À LA PUISSANCE DU SAUT. Eofio , JUS-

qu'aux muscles placés au métatarse, et destinés exclusivement ^ la flexion des jorteils, ils sont toujours, en vue DU MÊME BUT final, d'uuc force extrême.

Ces Membres, insérés l'un k côté de Tautre, à la dernière extrémité du tronc, et le plus près possible de sqd plan médian, impriment au corps, en agissant ensemble^ au commencement de leur extension, alors qu'ils sont fléchis et portés en avant, un mouvement de bas en haut et en avant, qui s'ajoute en grande partie k celui que produit la force d'extension du rachis et du bassin ; et de plus à celui produit par les membres antérieurs; mais vers la 6n de cet élan , lorsque les longs et vigoureux membres postérieurs se dirigent de plus en plus en arrière, leur efl'ort se combinant avec toutes les forces qui portent le corps de bas en haut, produit avec elles une résultante moyenne dirigée obliquement en avant et en haut, en déterminant la direction de la trajectoire que ces animaux suivent, étant lances en l'air; c'est-h-dire qu'en commençant par.s*élendre dans le saut» le [)remier eflbrt des membres postérieurs dans Télan , est Amj^é de bas en haut et obliquement en avant, comme

CHAPITRK UI. 385

piaeés en arrière du centre de gravité ; effort qui ayant lieu en même temps que celui des membres antérieurs, détruit la force dirigée obliquement en arrière que ceux-ci impriment au centre de gravité : de manière que Timpulsion résultante est dirigée verticalement en haut et même en avant. L*effort des membres postérieurs est beaucoup plus grand que celui des antérieurs, surtout au commencement de lélan, ou les postérieurs agissent avec la plus grande force, comme plus vigoureux et formant des leviers plus longs. Mais on conçoit que si les antérieurs n'agissaient que faiblement, les postérieurs, articulés loin du centre de gravité sur Textrémité du corps, imprimeraient à ce dernier un mouvement de rotatiop , qui lui ferait faire une série de culbutes dans tout l'espace quil parcourrait en l'air; tandis qu'en faisant intervenir puissamment les membres anté- RiEuas, LE Créateur a prévenu cet inconvénient pour ne laisser au corps qu'un excès d'impulsion de bas en haut

ET obliquement EN AVANT 9 DIRECTION DANS LAQUELLE LE SAUT DOIT S*EX£CUTER

Enfin vers la fin de l'élan ^ alors que les membres postérieurs agissent seuls , comme étant beaucoup plus longs que les antérieurs, l'impulsion qu'ils impriment au corps devenant de plus en plus oblique, en s'inclinant plus fortement en avant, la direction définitive est un terme moyen entre celles de tous les instants , du temps pendant lequel ces membres s'étendent; résultante qui se combinant avec la force d'impulsion que donne le débandement de la colonne vertébrale , le stylet caudal et le bassin , il en résulte une impulsion finale, dirigée très-obliquement en avant et en haut que prend le corps de l'animal après avoir quitté le sol.

Si Ton considère l'effet que chaque partie des membres postérieurs produit en particulier, on voit que ces derniers étant appuyés sur le sol par les orteils et les métatarses , ce sont rigoureusement ces deux parties qui forment la base.

le point d'appui fixe du corps ; que le tarse en s'étendant snr cette base par son mouvement en avant, imprime au centre de gravité placé d'abord au-dessus, une impulsion de bas en haut, et, plus tard, de plus en plus oblique en avant; que la jambe , en s'étendant sur le tarse en se portant en haut et en arrière , imprime au contraire constamment aa centre de gravité une impulsion oblique dans cette direction; et qui eu se combinant avec celle donnée par le tarse, forme avec elle une résultante plus verticale ; que les Cuisses , en s'étendant en avant, avec leur point d'appui sur les genoax, imprimant h ce même centre une forte impulsion d'abord de bas en haut et en avant, mais qui se combinant avec l'effort des membres antérieurs , produit au commencement une résultante presque verticale , et plus tard de plus en plus oblique en avant.

Que le bassin fortement fléchi en dessous à son extrémité postérieure , lancerait en se mouvant rapidement dans les articulations des hanches, le corps presque directement en arrière, s'il se débandait dès le commencement de l'élan, en détruisant par Ih en grande partie la force qui doit agir en sens contraire ; d'où il résulte qu'il ne doit entrer en action que vers la fin de l'élan , quand par l'effet du mouvement d'extension des cuisses sur les genoux , le bassin est devenu horizontal , et incliné même en avant; moment où, par son débandement, il lance le corps en haut. La même chose a lieu par le mouvement rapide d'abaissement de l'appendice caudal , qui d'abord dirigé fortement en arrière , se fléchissant en dessous pour rentrer entre les decx os des hanches, imprimerait au centre de gravité une impulsion en haut et en arrière, s'il entrait en action dès le commencement de l'élan ; tandis qu'en ne se débandant que vers la fin , la direction qu'il lui donne est plus particulièrement dirigée de bas en haut ; et il en est encore de même de l'effet produit par l'extension de toute la colonne vertébrale sur le sacrum, et le même stylet caudal formant la seconde branche du

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ressort qni se détend ; effort dirigé de bas en hant et légèrement en arrière. Toutes ces impulsions, plus ou moins dirigées en arrière, sont détruites et surpassées de beaucoup par celles des cuisses dirigées en avant, et dont la puissance est bien plus grande que toutes les autres; d*une part, par la vigueur des muscles qui le produisent , et de l'autre , par l'effet de la grande longueur des leviers que cette partie du membre forme.

Je viens de dire que par l'effet de l'extension des jambes qni se meuvent sur les tarses comme points d'appui , le corps était levé obliquement en arrière et en baut-, cela serait rigoureusement vrai si cette partie des membres était placée sous le corps, et se débandait dans un plan vertical, ainsi que cela existe à peu près cbez les Mammifères sauteurs. Mais il n'en est point ainsi chez les Grenouilles : le plan dans lequel les membres postérieurs sont plies est oblique de haut en bas et en dehors ; plan dans lequel les jambes sont dirigées en arrière, en bas et en dedans, de manière que leur débandement a lieu dans une direction de bas en haut , en arrière et en dedans ; d'où résulte que l'impulsion que chacune imprime en arrière , est en grande partie détruite par l'effort de la jambe opposée ; et que la résultante se dirige en haut et en avant; tandis que les cuisses, toujours plus ou moins fortement portées en dehors, et vers la fin de l'élan , presque entièrement en arrière et en bas, impriment au corps la plus vigoureuse impulsion en avant.

C'est ainsi, comme on voit, qu'en reproduisant dans les

RSPTILfts SAUTEURS LES MÊMES MOYENS MÉCANIQUES GÉNÉRAUX EMPLOYÉS CHEZ LES MAMMIFÈRES LES PLUS HABILES SAUTEURS ,

QUE l'Intelligence créatrice est arrivée à des résultats

TOUT À FAIT SEMBLABLES, QUOIQU'ELLE AIT FAIT ÉPROUVER AUX PARTIES ANALOGUES DES MODIFICATIONS PLUS OU MOINS GRANDES PAR l'EFFET DE LA LOI GÉNÉRALE DE GRADATION, À LAQUELLE ELLE A SOUMIS TOUS LES APPAREILS ORGANIQUES ; CHANGEMENTS DANS LESQUELS SE DÉVOILE PARTOUT LA GON-

398 THÉOLOGIE M LA NaTUKI.

NAISSANCE LA PLUS TRANSCENDANTE DE LA MÉCANIQCfi.

De rOrdre des Sauriens, on passe encore par une branche latérale k la Classe remarquable des Chéloniens, le groupe le plus extraordinaire et, par là, le plus nettement tranché de tout l'Embranchement des Animaux vertébrés. Quoique toujours formés d'après le même plan général que tous ceux de cette grande division du Règne animal , les Chéloniens offrent toutefois , par la singulière disposition de leurs organes , des Êtres qui semblent appartenir h un autre monde s'éloignant inflniment plus des autres vertébrés aujourd*hai existants, que ne le font les espèces fossiles appartenant aux diverses créations antérieures h celle d'aujourd'hui.

 notre point de vue d'êtres humains bornés dans nos moyens , l'organisme des Chéloniens constitue un véritable tour de force du Créateur, qui aurait prisa tâche de produire presque l'impossible ; en formant des animaux qui , tout en présentant au fond tous les caractères essentiels de h grande division du règne animal à laquelle ils appartiennent, offriraient toutefois les plus grands changements dans la forme et la disposition de leurs organes : sans que ceux-ci cessassent de remplir convenablement leurs fonctions. Ce grand problème consistant principalement à renfermer tout l'animal dans son thorax ; et pour cela k supprimer, d'une part , tous les organes extérieurs dont les fonctions ne sont pas incompatibles avec cette nouvelle condition; et, dautre part, k transporter dans l'intérieur de cette cage osseuse, ceux dont les fonctions ont dû être conservées;

SANS QUE POUR CELA LEURS RAPPORTS SOIENT CHANGÉS DA5S LEUR PRINCIPE FONDAMENTAL; EN MÊME TEMPS QU'aUCUNE GRANDE FONCTION ORGANIQUE NE SOIT ENTRAVÉE; COnditiOD

si bien obtenue que ces singuliers animaux sont peut-être ceux qui jouissent de la plus grande longévité.

Pour obtenir ce grand résultat, le corps des Chéloniens, étant composé des mêmes parties principales que celui des Mammifères, des Oiseaux et surtout des Sauriens, auxquels

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