CHAPITRE III
sur la composition de la tête de ces animaux ; les grands changements que cette partie du corps éprouve pour arriver successivement aux diverses formes caractéristiques de chaque classe d'animaux , étant plutôt dûs k la grande loi générale de gradation qu*elle suit, qu'aux fonctions que chaque partie doit individuellement remplir. Il me serait du reste impossible d'en indiquer les causes déterminantes, qui resteront peut-être à jamais inappréciables pour les hommes; quoique ces causes doivent nécessairement exister, tout aussi bien que celles dont nous connaissons les raisons d'existence.
N'ayant au reste k considérer ici l'organisme des Poissons que sous le seul rapport de la puissance locomotrice, je ferai remarquer de nouveau que le corps (PI. II , /ig. 3) ne devant présenter aucune saillie qui puisse offrir quelque résistance à l'eau , le tronc devait , de même que chez les Cétacés , n'avoir pas plus de diamètre que la partie postérieure de la tête (a h) à laquelle il fait suite, sans rétrécissement au cou : condition déjk obtenue, chez ces derniers, en réduisant les sept vertèbres du cou en simples lamelles fort minces , toutes soudées ensemble; de manière que pour la longueur, le cou n'existe pas en apparence ; et le tronc fait immédiatement suite k la tête.
Le Créateur allant plus loin chez les Poissons , a en conséquence de ce principe, entièrement supprimé cette région du corps , ainsi que cela a déjà lieu dans les Serpents.
Ce qu'on nomme k tort la région thoracique (bijc) des Poissons est réellement l'abdominale , pourvue de nombreuses fausses côtes (q) ou costines ; vu que l'analogue de celle qui chez les Mammifères renferme le Cœur et les Poumons, et constitue le vrai thorax , n'est plus qu'une toute petite cavité placée en arrière sous la tête, et ne contient que le cœur et ses accessoires ; les poumons ayant disparu par la dégradation qu'ils ont suivie jusque-lk , pour être remplacés dans leur fonction par les Branchiei, dont il sera parlé plus tard.
Ce long abdomen , ga(tni dans toute <on étendue dé trèslongues costine$ (9), absolument ebmme celui dëis'SBis-^ PENTS , a reçu toutefois dette disposition par un tDoftir fort différent. Chez eés derAiérs aniinaux\ c*è^t'^oinr qoe cm appendices de)s veftèbreé puisstént servir tieierîers dans le rafmpément en remplaçant les membres dans leur fonction ; chez *les Poissons, aru'contrirtre, è'est; d'ûné'pâlt,' pour soutenir les^ parots abdominales , afin dé teur-pèrirtéfttredë résister ^'la pression souvent fort 'bobsidërstblé qiiè Feau exerce sur elles, lorsque ces animaux descend\ftklt 'V de grandes profondeurs'; 'él de future, ponr'^ér^lï* 'de "points d'attache *avi musttes kitérsfijix du^coï^ps; ^v doivent fâfre les phis énergiques effbrts'âM$*la Vag^;^ntôrniatit M* ôbaine depuis htéfejusqu'kreictréinité de^Ia ^Vi^u^ : éffbrts Ifbi, à chaque contraction ;'prbdifird{^bti^'èdmpression viôlëittè des viscères, si des pafois *de'f àbd^mén n'étaient pas soutenues ainsi par 'les"nombrèur*arè^^s^èt)^ que forment les côtes.
Par cela même que'ld'ltiage's^elécbte'prïncipMetaient par les battèmenisJdela quiîue (ift tWino/)J'et^qtïè lés mbrab^es: et mirtout lespotaéAeiï^s, otrt'ëté considétbblènieDt'réd«it^ dans- lebr volume', le Bassinai q(n'a'su?vi la'mëme dëgradsition, se trouve réduit k Un sirâpIe'ruUfmêntv fbMé de quelques os'suspentfué'^impleménteliez b^aucbup't)>sffèbes dans^ les chairs delà pâlrtiè infrà'^post^rteUISâ de Fabd^tten, et même u*abspôrté e)i Qf hnt i^obs' la' partie 'srntéri^ré du tronc dans d'aulres(s), f(>rt'éloi^s' de lia c»lonne vertébrale, surlaquelle il n'a ptas aucune înfluenée; d*où résulte que la région lômbsAre ou abdominale dé ta céHOnne vertébrale est immédiatement' Suivie de 'celle de la queue : absolument comme chez les CÉtxcÉs ef les SërpbnI^.
Les' appendices costatrx (9 )'de 'la région abd'ôriiinale(/f;. C, d, d) , n*ayant plus soug Isl quetie (/^(^. 8, r) pOnr fônctiôt! deSoutenir les parois d'une cavité; mais bien encore celle dl* servjr-de points' d'attaché abx musclés laiér •nx /qui dolv(?nl agir avec énergie dans la nage, se rapprochent graduelle-
ment dans chaque paire ;'déjk fers la 'partie postérieure *de rabdemeir , en rétrécissait ainsi de ptcrs en* plus la oavité; et fini sent par<se reBCMtrer et se souder suivant leur longueur, dans toutes les vertèbres caudales; de* manière k for^ mejr li'Ia ligne n^édianede la queue, une série de iongs stylets iaipaips*ou Apophifées upnMdes (fiff, D, Ë, /) > ^out à faitseoH blables aO'X'apopkjBes épineuses (^9. C, !>;£, b). Ces prokm* gemwits'osœus ;' qui imitent par leur disposition les "Apo^ pbyses acanthdides , en diffèrent en ce que celles ci , partout oii elleë cKiistent',' ne «ont jamais percées d'afvanten ârrfère k leur base par une ouverture*; tandis que les'apôphyses up4 sikiides des poissons et autres animaux le sont toujours, en méiiageant uncamll daas lequel passei'ûrtère caudale^ pro* loDgementde Taûrfee : canal qui constitue le dernier reste de la cavité' abdoDriinaie. - •♦ *: ' - ^ » - ». i •
En -dessus , teliitfts les vertèbres^ produisit des ilpojpAyse^ épmeUse»^ {fig, 3, ))) JM[ocou[l plus ^Iragues' que- daifôauw chU auti^e anîmd vertébré; TOcjKHJiiff biIms lb MÉflffi* vut nu SBRvm d'attache A«ot' muscles datiMaux nu corps; agentii actifs de la nage ; apophyses «qui^en^ten croissant, depuis la tête jusque fers' le milieu det la région abdominale v d*oà leur longueur diminue de nouveau jus<^ nerSt là 6nde la queue, partout kt peu près daii6'4es^m«mes proportions 'que les côtes et les apophyses upsiloides tfui leur sont ^opposés.
Les mouveuMntè verticaux des'psff lies du tronc des Pois* sons, n*étant d'aucune utilité pour la nage, les apophyses
ÉPINEUSBS'DES VEtlTÈMlÉS PURENT^ SUIVAT^T XE BESOIN , ÊTRE PORTÉES, GOMMÉ ELLES LE SOI^T EIN EFFET, À LA PLLS^ GRANDE
longueur;* tandis que les' flexions* iaftérates du coq» devant être libres et plus ou moins étendues^ les apophyses trainsverses ne purent avoir que fort peu'de longueur; mais il t
k tlTÈ SUPIPLÉÉ D*U«E MANIÈRE ADRIRABLEf PAR BBS PROLON- OEMBIfTS FiRREIJXQVI N'OFFRETTrPÀS Ll&'MÉHB' IMCOBVÉMIENT
DE GÊNER LES MOUVEMENTS; prolougements dont je ferai connaître la disposition en parlant des muscles.
Les vertèbres devant jouir de la plus parfaite mobilité les unes k regard des autres, pour faciliter le pins possible les inflexions latérales du corps , la conformation de ces os ,
TOUTE SIMPLE QU'ELLE EST, NOUS OFFRE TOUTEFOIS, DANS CETTE VUE, ENCORE UN DES PLUS REMARQUABLES EXEMPLES DE l'application DE LA CONNAISSANCE LA PLUS TRANSCEN- DANTE DE LA PHYSIQUE , POUR ARRIVER D'UNE PART À CETTE COMPLÈTE MOBILITÉ, ET DE L* AUTRE k NE RIEN PERDRE DE LA FORCE MUSCULAIRE QUE LE POISSON EMPLOIE DANS LA NAGE.
J'ai fait remarquer en parlant du mécanisme de l'épine du dos des Mammifères, que les corps des vertèbres s'articulaient entre eux par des bases k peu près planes; en s'unissant au moyen d'un anneau de fibres ligamenteuses déjà fort ingénieusement disposées par couches, et entourant une cavité remplie d'une substance visqueuse élastique dont la densité diminue de la circonférence au centre , où elle finit par avoir la consistance du blanc d'œuf. On retrouve également cette même substance entre les corps des vertèbres des Poissons ; mais dans des conditions d'un perfectionnement beaucoup plus grand ; disposition que tout le monde connaît» sans que jamais personne, pas même aucun Anatomiste comparateur n'ait eu l'idée de se demander pourquoi cela était ainsi , quoique cet arrangement existe sans aucune exception , non-seulement chez tous les Poissons , mais déjk dans les Reptiles urodèles approchant cette dernière classe d'animaux.
De même que chez les Mammifères , les vertèbres des Poissons s'avoisinent par des bases {fig. C. D.E. à) coupées perpendiculairement k leur axe. Mais au lieu de former des surfaces planes ayant tout an plus une légère dépression an •centre, ces bases sont au contraire creusées de part et d'autre d'une cavité conique d'ordinaire ronde , de manvère que les deux sommets se rencontrent presque dans chacun de ces os.