‹ Théologie de la natureChapitre 81 sur 119 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

vement latéral de chaque yertëbre ^ demande un certain temps jttsgu'k ce qu*elle soit arrivée k rextrémité de la queue, et qu'elle durerait en conséquence fort longtemps chez les Poissons k corps long et grêle ; il en résulterait que si l'animal devait attendre pour donner le second coup de queue en sens opposé que Teffet du premier fût entièrement produit, le corps serait poussé obliquement en avant dans une direction que le Poisson ne veut pas suivre , en même temps qu'il tournerait sur lui-même; aussi donne-t-il ce second coup de queue bientôt après le premier, afin que cette nouvelle impulsion , en se combinant avec la précédente , leur résultante soit dirigée droit en avant. Or il arrive de Ik que l'inflexion que le corps exécute dans l'un des sens , par l'effet du premier mouvement, n'est arrivé, en se propageant d'une vertèbre k l'autre, qu'k une certaine distance , quand le second produit une inflexion en sens opposé; d'où naissent ces ondulations en sens inverses , que non-seulement les Poissons k corps fort long tels que les Anguilles et les Lamproies exécutent en nageant; mais encore tous les animaux grêles, tels que les Serpents et les Vers. Mais on conçoit que les animaux qui font ces inflexions ondulées successives, doivent éprouver en avançant une certaine résistance de la part de l'eau sur la partie antérieure de chaque ondulation , dont la surface est tournée en sens contraire ; résistance qui , en détruisant une notable partie de l'impulsion en avant, doit considérablement ralentir la vitesse de la nage : et l'observation le prouve en effet, car tous les Poissons k corps très - allongé , qui nagent ainsi, n'avancent que fort lentement. Il résulte de Ik que lei Poissons les plus favorablement organisés pour la nage sont ceux dont les proportions du corps sont telles que la première inflexion se trouve à VextrémUé de la queue , qui seule devient trans^ versaïe^ en un temps assez courte pour qu'elle y arrive à l'instant f très- rapproché^ ou Vii^nimal donn$ le coup de queue en sens opposé.

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Quoique remploi de la queue comme rame, soit de beaucoup plus efficace que celui des membres dont se seireut la plupart des animaux supérleuFsi , le Créateur n'y a pas été obligé , comme conséquence des lois physiques quMl a établies pour régir TuBivers) aussi un grand nombre de Poissons nagent-ils au moyen des membres ; mais toutefois avec moins de célérité. C'est ainsi que le Poisson Lune , qui , malgré qu*il soit conformé en principe sur le modèle des Poissons ordinaires, a toutefois la queue tellement courte, quoique fort large verticalement , que l'animal tout entier ne parait être , k la première vue , qu*une immense tète coupée carrément , à peu de distance derrière les Ou!es ; de sorte que les mouvements de la queue ne peuvent guère servir à la nage ; et comme il manque en même temps de nageoires ventrales y ce n'est qu'au moyen des pectorales qu'il peut nager.

Dans d^antres genres , tels que les Anges de mer^ appartenant à TOrdre des Sélaciens , dont le corps , quoique allongé, comme dans les Poissons ordinaires, est toutefois déprimé, au lieu d^étre comprimé par les côtes, et dont la queue déjk plus grôle ne peut plus agir avec la même efficacité dans la nage. Leurs ventrales, de grandeur médiocre, ne contribuent, en conséquence, également que fort peu aux mouvements progressifs eiécutés principalement au moyen des battements de haut en bas des pectorales devenues très-cgrandes et fortement prolongées en dehors, ce qui donne h la nage de ces poissons beaucoup d'analogie avec le vol .

Dans les Raies , dont j'ai déjà parlé , ce mode de natation estepcore plus marqué et plus exclusif; leur corps très-fortement déprimé , et leur queue grêle ne leur permettant pas d'employer cette dernière comme rame ; et leurs nageoires ventrales , également fort petites , n'agissant que simplement comme accessoires des pectorales. Celles ci devenues exces^ sivem^nt grandes^ en forme de larges triangles dirigées horizontalement en dehors . occupant toute la longueur du tronc

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jusqu'il la qneue. C'est aveo ces nageoires que ces animaux meuvent dans un plan vertical, comme les Oiseaux leurs ailes, que s'exécute la nage, qui ressemble ainsi encore mieux à un véritable vol.

Un perfectionnement dans la fonction de la nage, mais qui n'existe que chez certaines espèces, consiste dans ce qq'on appelle la Vesiiê natatoire^ poche remplie de gaz, k parois minces , fibreuses , diversement configurée , et souvent mâne double, placée dans la partie antéro-supérieure de la cavité viscérale, k peu de distance de la tête.

Cette vessie rendant la partie dorsale du corps beaucoup plus légère que rinférieure, le tout h pep près de la même pesanteur spécifique que Teau , maintient non*seulement le corps du poisson dans la même position relevée , mais en* core k la hauteur h laquelle il veut se tenir : et lorsqn^il veut descendre verticalement, il n*aqu*k comprimer un peu son corps, et par là la vessie, ou bien Iftoher une partie du gai qu'elle renferme , au moyen d'un canal communiquant avec la hanche ; et quand il veut remonter il cesse la compression , ou remplit le même organe de plus de gaz que les parois de celle-ci produisent.

Un appareil d'uM; très-inoénibuse composition existe dans le genre Echmeis, poissons de forme ordinaire, mais qui se distinguent de tous par ce même appareil, qu'ils portent sur leur tête , et consistant en une vingtaine de longues lames cartilagineuses transversales, parallèles, se recouvrant d'avant en arrière . ressemblant dans l'ensemble

assez bien h une persienne, et dont le bord postérieur de chaque lame est muni de petits crochets. iSn faisant mouvoir convenablement ces diverses lames, le poisson peut les fixer plus ou moins fortement aux divers corps étrangers au moyen des petits crochets dont elles sont pourvues, et s'en détacher à volonté. Ces poissons, privés de vessie natatoire , étant obligés de faire des efforts continuels pour se maintenir h telle hauteur dans l'eau, ou bien

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pour avancer dans la nage, s'accrochent ainsi, soit aux corps fixes, lorsqu'ils veulent rester stationnaires , soit aai navires, ou bien aux autres poissons, quand ils veulent se transporter au loin sans se fatiguer par la nage.

Les Poissons étant conformés de façon \k ne pas pouvoir se replier sur eux-mêmes pour défendre les diverses parties de leur corps de Faction des objets extérieurs , en même temps que leurs membres ne sauraient y suppléer, la PRÉYOVijrcB

DIVINE À RECOUVERT TOUT LEUR CORPS D*ÉCàILLES GALGAJRKS, s'iMRRIQUàNT d'avant en arrière , POUR LES GA.RANTIR DE

TOUTE ATTEINTE DÉSAGRÉARLE , k moius qu'elle ne soit trèsviolente , sans les priver cependant d'un certain sentiment assez délicat de Tattouchement de ces mêmes objets; sentiment que ces écailles transmettent facilement aux téguments réellement sensibles ; absolument comme les plumes et les poils qu'on touche très-légèrement, en transmettent le sentiment à la peau chez les Oiseaux et les Mammifères; ^ ces écailles ont en outre l'avantage d'offrir une surface trèslisse qui n'oppose aucune résistance k l'eau.

Dans d'autres espèces, ces écailles sont remplacées, soit par des plaques osseuses plus ou moins grandes, soit par de nombreux petits grains saillants et une peau plus ou moins coriace, peu sensible.

Enfin, POUR que l'eau glisse le plus facilement d'avant EN ARRIÈRE SUR LE POISSON, toutc la surfacc dc son corps est constamment enduite d'une matière très-visqueuse , sécrétée sous les téguments , et conduite au dehors par de nombreui canaux qui s'ouvrent principalement îi Textrémité antérieure. On a pensé que cette matière avait en outre pour usage de garantir ces animaux du contact immédiat de l'eau ; mais pourquoi cela? Si l'eau a, par son humidité, un effet désavantageux sur le poisson , ce liquide visqueux doit l'avoir également.

Nous n'avons encore considéré l'admirable organisation des animaux du premier Embranchement du R^ne animal

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que sous le rapport de la forine générale du corps et de l'appareil de la locomotion. Pour ne pas trop éloigner les unes des autres les diverses esquisses que j*ai k faire des autres organes des mêmes animaux remplissant également des fonctions tout aussi essentielles que celles du mouvement progressif, et pouvant facilement considérer Fensemble du type des Animaux vertébrés comme un tout , je passerai de même successivement en revue les autres appareils organiques de leur corps, pour y signaler ce qu'ils ont de plus remarquable, et fournir en même temps d'autres preuves de la toute - puissance , de la sagesse et de Tomniscience du Créateur.

Par cela même que Dieu a doué les Animaux d'intblli genge , de sensibilité et du mouvement volontaire , il a pu , dans sa sagesse , confier aussi à leurs propres soins plusieurs actions que les plantes n* exécutent que sous la simple influence de la forge vitale , sans en avoir aucune connaissance , en même temps que le créateur a pu leur accorder une foule de facultés plus relevées , gomme conséquences possibles de celles de la conscience de leur existence et de la faculté locomotrice.

En EFFET , EN CRÉANT LES NOMBREUSES ESPÈCES ANIMALES DESTINÉES À PEUPLER LE MONDE , LA DIVINITÉ , EN LES DOUANT DE LA SENSIBILITÉ ET DU MOUVEMENT VOLONTAIRE, LEUR A EN MÊME TEMPS INSPIRÉ l'hORREUR DE LA MORT, PAR LAQUELLE ELLES VEILLENT ELLES-MÊMES À LEUR CONSERVATION INDIVI- DUELLE , en évitant autant qu'il est en leur pouvoir les circonstances qui peuvent tenter à les détruire.

Avertis par leur sensibilité de la présence des Êtres qui les environnent, même k d'assez grandes distances, cette même sensibilité leur fait éprouver des impressions nonseulement différentes en espèces , mais aussi en intensité ; et comme ces sensations peuvent leur être agréables ou [lénibles, les animaux doivent être par là, nécessairement disposés à les rechercher ou à les éyiter au moyen de leurs

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facultés locomotrices qui lear permettent d*efi approcher ou de s'en éloigner.

Mais par cela même qne les Animaai peuvent se déplacer k volonté , il leur est impossible d'absorber en tout temps lentement par leur surface extérieure, comme les végétant, les substances étrangères propres & leur nutrition ; vu que les animaux se trouvent très-souvent dans des lieux où ces substances n'existent pas. Or la Providence a, comme partout, PARÉ À CE GRAND INCONVÉNIENT, EN DONNANT AUX ANIMAUX LA FACULTÉ DE PORTER AVEC EUX UNE CERTAtME MASSE DE SUBSTANCES CONTENANT EN ASSEZ GRANDE QUANTITÉ DES PARTICULES NUTRITIVES , POUR QUE L'aBSORPTION DE CELLES-CI

PUISSE SE FAIRE EN TOUT TEMPS , afiu quc Ic développement et l'entretien du corps ne soient pas interrompus.

Cette nouvelle et si importante condition d'existence des animaux , conséquence déjîi indirecte de la conscience da Moi, entraîne avec elle non-seulement l'existence d'un vaste appareil propre à recevoir ainsi en masse les substances étrangères, dont une partie seulement doit être absorbée; et dont une autre , non nutritive , doit être rejetée ) mais encore nn nombre considérable d'autres organes accessoires propres i faciliter directement ou indirectement Tintroduction de ces substances dans le corps ; toutes choses non-senlement inntiles aux végétaux , mais même impossibles chez eux. Cest Fensemble des premiers de ces organes qui constitue ce qu'on appelle 1* Appareil digestif ; et les seconds , désignés sous diverses dénominations , favorisent simplement cette action , en lui préparant directement on indirectement les moyens de fonctionner; organes très-différents de ceux-là , dont ils sont souvent fort éloignés, et par eux-mêmes complètement indépendants du véritable appareil de la digestion , avec lequel ils sont toutefois dans la plus admirable harmonie

DE forme et de fonction , AFIN DE CONCOURm AVEC LUI AU RÉSULTAT FINAL, LA NUTRITION DE l'aNIMAL ; HARMONIE QUI NE PEUT AVOIR ÉTÉ ÉTABLIE QUE PAR LA SUBLIME SAGESSE

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d'une divinité GftÉÀTitiGE TOOTÊ-punftANTfi , le faasard ne pouvant rien produire de semblable.

Les substanoefi nourricières se trouvâfil k distance de l'animal , eelui-ci a bien , par sa faculté locomotrice , le pouvoir d'en approcher pour les saisir, mais ces mêmes moyens ont nécessairement dâ varier suivant les circon* stances dans lesquelles ces substances se trouvent. C'ost ainsi que les animaux ont dû pouvoir les atteindre avec plus ou moins de promptitude , et par des moyens différents , selon les lieux dans lesquels ils se trouvent naturelle* ment» lorsque ces objets ont eux-mêmes la faculté de fuir» soit sur là terre» soit dans Tintérieur du sol, ou bien au fond des eaux ou dans Tair. C'est en conséquence ,

DÉJÀ EELàTIVËMBNT à CBS DERNIÈRES CONDITIONS , QUE TOUT l'appareil DE hK LOCOMOTION A DU VARIER DANS SES FACULTÉS

si»ÉGiALEs, telles que la course, le fouissage, la nage, le vol» etc. , afin d'être en parfaite harmonie avec le genre de nourriture que la Providencc; a assioné à chaque espèce

POUR RENDRE SON EXISTENCE POSSIBLE, qUOiqUO RU fond

l'appareil de la locomotion soit, ainsi que je l'ai déjà dit, par lui-même complètement indépendant de celui de la digestion .

Mais cela ne suffit pas encore. On conçoit que si tel animal est obligé par ks conditions dans lesquelles se trouvent ses appareils de la digestion et de la locomotion de se nourrir de proie ou de tous autres objets qu'il doit apercevoir à grande distance^ ate de pouvoir s'en emparer,

lÎM A FAULU EN OUTRE QUE SES SENS FUSSftm PORTÉS À UNE PERFECTION SUFFISANTE POUR LES LUI PAIRS FACILEMENT

BECONNAÎTRE. Or c'esl là encore ce que l'observation constate AVEC LA PLUS PARFAITE ÉVIDENCE. En effet , Ics appareils des cinq sens sont partout parfaitement en harmonie avec le genre de vie de chaque espèce animale , et spécialement avec la nature de l'aliment dont elle doit se nourrir. Les Mammifères diasseors sont peul*4lre de tous

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les animaux ceax dont l'odorat est le plus lin, afin de pouvoir dépister leur proie; que les Oiseaux, et surtout ceux de haut vol , ont les yeux les mieux organisés pour voir de loin , même les objets les plus petits dont ils doivent se nourrir; que d'autres animaux qui ne veillent que la nuit ont non-seulement des yeux capables de leur faire distinguer les plus petits objets dans Tobscurité presque complète ; mais ont en outre l'oreille tellement délicate qu'ils entendent les moindres bruits qui se font k distance autour d'eux, afln d'agir en conséquence. Enfin les Chauves-Souris ont le tact si subtil dans les membranes de leurs ailes , que tout en volant dans les ténèbres les plus profondes k la poursuite des moucherons dont elles vivent, elles sont parfaitement averties , par les modifications de la résistance de l'air, des moindres obstacles dont elles approchent, et les évitent avec une incompréhensible précision. Je dirai plus, la Providence A DOUÉ TOUS LES ANIMAUX DE LA FACULTÉ INCONCE- VABLE POUR NOUS DE RECONNAITRE DANS LES SUBSTANCES NOURRICIÈRES CELLES QUI PEUVENT LEUR ÊTRE DANGEREUSES

GOMME POISONS, ct qu'ils évitent soigneusement de manger, sans précisément témoigner la moindre répugnance vive, oo la plus légère frayeur, comme ils le font a l'égard des ennemis qu'ils ont à redouter ; et cela sans aucun doute par l'effet d'un sixième sens que nous ne possédons pas, e( qu'en conséquence nous ne saurions concevoir.

C'est ainsi encore que d'autres organes, tels que les téguments , les poils , les plumes et les écailles , qui , euxmêmes , subordonnés au mode de locomotion , sont par là dépendants de la fonction de la digestion, quoique plus indirectement ; mais sont ainsi toutefois en harmonie d'action avec elle.

Quant k Y Appareil digestif Im^-mème^ il se compose, dans son état le plus simple , dans tout le Règne animal , d'une vaste poche , ou Estomac , propre k recevoir en masse plus ou moins volumineuse les substances dont l'animal doit se

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