‹ Théologie de la natureChapitre 82 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nourrir; cette poche est ouverte à T extérieur par au moins un orifice ou Bimche , qui fait alors aussi les fonctions de Y Anus ^ ou orifice de déjection des matières non nutritives. C'est le cas que présentent une foule de petits animalcules delà classe des Polypes, dont tout le corps n'olTre en quelque sorte que la forme d'une bourse-, mais dans la plupart des espèces animales, l'appareil digestif a deux orifices, une pour l'entrée des substances alimentaires , et l'autre pour la sortie des déjections.

Déjà dans les degrés les plus mférieurs du Règne ANnuL, la cavité digestive s'élève par de nombreuses additions de parties accessoires plus ou moins importantes jusqu'aux degrés d'une très-grande complication , où l'acteur de la Nature montre encore avec quelle sublime sollicitude

IL A POURVU k tout, SUIVANT LES CIRCONSTANCES PARTICU- LIÈRES DANS LESQUELLES IL A PLACÉ CHAQUE ESPÈCE D'ÉtRES ;

et cela avec une rigueur de principe telle que chaque forme est le caractère conditionnel de l'économie entière et des mœurs des animaux qui le présentent; caractères qui, faisant loi, servent principalement de guide aux Naturalistes dans l'étude du vaste domaine de la science de l'organisation; toutes ces formes, jusqu'aux plus minimes circonstances, présentant dans cet admirable système de la nature, des principes qui se déduisent les uns des autres avec tant de rigueur que tout ne forme qu'un seul enchaînement de faits, probablement sans la moindre interruption; car là où l'observation en a montré, des découvertes ultérieures ayant comblé déjà de nombreuses lacunes , laissent penser avec la plus grande probabilité qu'elles le seront un jour toutes; et c'est là un des principaux buts que les Naturalistes philosophes se proposent d'atteindre.

Dans les Mammifères , où l'organisme arrive à son plus haut période de perfection , l'orifice d'entrée de l'appareil digestif ou la Bouche ^ est une ouverture impaire, symétrique, en forme de fente transversale, placée à l'exlrémité I. W

au fHiloLOGiË m LA (^ATt'Rfi.

Ié pitis anlërieufe de la tête, et dont les bords ou tèf^es sont detti lames charnues très-mobiles, capables d'une sensibilité exquise, pour reconnaître au tact l'espèce de corps qui y pénètre ; et susceptible de se serrer l'une contre l'autre en forme de pinces , pour saisir les moindres parcelles; en même temps qu'elles ferment l'orifice buccal, pour empêcher les objets entrés de ressortir.

La première partie de la cavité de l'appareil digestif à laquelle cet orifice sert d'entrée , et qu'on nomme de là aussi la Bouche, est un premier compartiment, suffisamment grand, pour recevoir la quantité de nourriture que Fanimal

DOIT D^OlDlNAlftË SAISIR A LA FOIS, SBLON LE GEHRE DE VfG

qu'il est appelé a stiiVRB. Mais ce n'est point là, il s'en faut de beaucoup , exclusivement la condition dans laquelle cette nourriture doit se trouver, pour que l'absorption des particules nutritives qu'elle renferme puisse être opérée; il faut que ces particules soient dissoutes dans un liquide, afin de pouvoir être pompées par les organes absorbants ; comme les plantes pompent les leurs , dans les fluides minéraux ou autres, qui les environnent naturellement, et qai n'ont besoin d'aucune préparation pour être immédiatement absorbées et transformées en sève , sans aucun acte de sensibilité ou de volonté de leur part , qui n'existe pas ; tandis qu'aucun animal ne peut , à ce qu'il parait, vivre exclusivement de substances inorganiques; ce qui semble être déjà une première condition d'une organisation plus élevée. Or, pour que les particules nutritives contenues dans les aliments fussent susceptibles d'être absorbées, il a fallu que lâ masse qui les renferme fût dissoute , ou du moins rx>rtemenl divisée , et baignée dans un liquide, pour que les éléments nutritifs pussent en être facilement extraits ; et c'est pour les amener à cette condition que sont destinés plusieurs organes qui agissent successivement sur les aliments.

Ou conçoit que certaines substances, telles que la sévc des plantes, le miel» les;|ng, le lait, etc., déjà liquides a0

tedment ^e leur ingestioû, pourraient être immédiatement absorbées par ranimai, sans éprouver de modifications, mais qu'il n'en est pas de même pour une foule d'autres plus ou moins consistantes, et c'est eu vcb bb la méges*

61TÉ DB LES DITISER QUE L*IllTELLlGENOE CRÉATRICE A DISPOSÉ DAHS LA GAfITÉ BUCOALB DES ORGANES DB BROIEMENT OU MASTICATOIRES , DESTINÉS À RÉDUIRE LES ALIMENTS EN PETITES

FARCELLBB. Dès ootte première opération de préparation des matières nourricières, il se présente un nombre assez considérable de ^b particuliers , oft ces dernières peuvent se trouver par leurs qualités spéciales, que la Sagesse

DIVINE A PARTOUT ADMIRABLEMENT PRÉVUES, EN MODIFUNT FOUR CHACUNE Li ^ORME ËV LA DISPOSITION DE CES MÊMES ORGANES DB HASTIGAVtOM , AFIN D' ARRIVER PARTOUT À PEU PRÈS AU MÊME RÉSULTAT.

Lorsque les substances dont l'animal, h quelque classe quil appartienne , doit se nourrir se trouvent naturellement liquides dans la nature, où celui-ci n*a qu'h les pomper, les organes buccaux ne forment, par leur ensemble, qu'une Trompe diversement constituée toutefois; suivant les lois de modification ou de gradation que leurs analogues suivent dans la vaste échelle des Êtres ; lois dont j'aurai à parier ailleurs avec quelques détails théoriques et explicatifs : ces trompes, telles que celles des Papîfhns des Abeilles et de plusieurs autres animauï encore , sont ensuite plus ou moins longues, SUIVAIT qu^ullbs doivent servir à puiser les

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