‹ Théologie de la natureChapitre 87 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

les rapports et les fonctions de chacune des nombreuses parties qui constituent l'appareil digestif en considérant celui-ci sous le rapport de son but final , la production et l'absorption du chyle , extrait des substances les plus différentes que les animaux transportent parfois ayec eux , on peut voir avec

QUELLE SUBLIME SAGESSE TOUT EST ARRANGÉ ET COMBINÉ POUR QUE TOUS LES ORGANES y TANT CEUX DE L* APPAREIL DIGESTIF LUI-MÊME, QUE CEUX PLACÉS EN DEHORS DE LUI , CONCOURENT AVEC UNE ADMIRABLE CONCORDANCE ET UNE PRÉVISION PAR- PArrB DES EFFETS , À l' ACCOMPLISSEMENT DU FAIT PRINCIPAL ;

disposition dont le moindre dérangement rendrait le résultat impossible ; en même temps que plusieurs de ces organes y contribuent, les uns par des effets d'optique, ou bien de mécanique , d'acoustique , etc. ; et d'autres par des moyens chimiques d'une nature toute particulière qui s'y exécutent, et nulle part ailleurs dans la nature brute; et chez les animaux seulement dans l'unique vue de produire du chyle pour la nutrition de l'individu.

En effet, comment autrement que par la haute sagesse ET l'omnisgibnce d'un Ëtre Suprême tout-puissant , un enchaînement de causes et de résultats aussi étonnant ponrrait-il avoir lieu ? Comment , pour produire le chyle , les substances alimentaires parviendraient-^lles précisément dans la seule cavité du corps où cette production peut avoir lieu? où précisément des humeurs digestives sont versées par des organes tout particuliers , si étonnamment conformés et disposés pour remplir cette condition ; lieu où s'exécutent des opérations de la chimie la plus savante que nous ne pouvons pas reproduire dans nos laboratoires, ne pouvant point faire intervenir, comme le fait le Créateur, les effets des phénomènes vitaux , dont seul il dispose ; et le chyle une fois , si étonnamment produit, comment se fait-il que dans ces lieux mêmes se trouvent précisémetit les bouches absorbantes qui doivent le pomper? Mais ce n'est pas tout encore : pour arriver ainsi dans la cavité destinée à la décomposition digestive

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des alîaiMtB , oeaiaiieat ae faî^U que pmir tdle espèce du neuf riUire, d<mt toates doivent cepeodant i^oduire à peu pfès le jaaéme chyle, il se trouve» au commeacement de l'appareil digestif f des organes de mastication conformés d'après les plus savants principes de la mécanique « fondés snr les propriétés toutes spéciales des substances alimentaires et de lear structure qui doivent y être employées ; le tont dans une di»* position qui doit être de la plus remarquable efficacité dans le résultat produit? Entin coicmskt ooMcnvoin àotebiibnt qob

PAR l'intervention BE LA VOLONTÉ DIVINE , CETTE HARHOHIB d'action ENTRE DES APPAREILS SI SAVAMUENT C01IPLI0UÉ8* QUOIQUE , PAR EUXHUlUSS , OOMPLÉTEMENT INDÉPENDANTS LS8

UNS DES AUTRES , comme le sont les yeux , les oreilles, le ocs et les membres; les uns pour faire découvrir de loin les substances nourricières » et les autres pour ea faine appro* cber l'animal, afin qu'il la saisisse pour s'en emparer? En* core , dans cette courte énumération que je viens de fains des principales actions qui concourent k la prodoetion da cbyle, je n'ai fait aucune mention des facultés iniellectudles si variées des animaux , au moyen desquelles ils préparent les conditions d'exécution dans lesquelles les faits qui y coatribuent d(Hvont s'accomplir. Or dans tout oda, il ne s'agit même que des phénomènes qui se produisent dans une seule fonction , celle de la digestion ; et c'est en voulant raisonner sur une si merveilleuse et si savante compUcatioii , que certains hommes croient avoir tont expliqué en pronoaçant le mot hasard ! ! !

L'Absorption du Chyle a, ainsi qu'il vient d'être dit, li^i il la surface interne de la cavité digestive , comme l'absorption de ia Sève , son analogue chez les végétaux , a lien sur toute la surface extérieure de ces derniers, mais d'une manière toute spéciale par l'extrémité des chevelus de leiurs racines ; différence due , comme je Tai déjii fait observer plus haut, à la faculté que le Créateur a accordée exdusivement aux premiers , de pouvoir changer volontairement de

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place ; faralté qui €8t eHe-méme une cMséqueuce de possibîfité de celle , plus fondamentoile , d'avoir aussi , k Texelvtton des plasles » la conscience de leur exisienoe.

A partir de ce fait , il existe de grandes analogies entre les Y£«ÉTAra et les Animaux , quant aux conditions dans les^ quelles les sues nourriciers se trouvent successivement, Jus> qu'au moment où , chez les uns et chex les autres , ils sont eravertis par YÀmmUatitm en la substance de l'individu , dont ces sucs doivent augmenter la masse en la développant, ou du moins à réparer les pertes incessantes qu'ils qMToavent. Mais il existe toutefois aussi, sous ce rapport, àes différences très-notables entre les deux Règnes orgà- MiQUBS de ces Êtres doués de vie; différences également daes au principe essentiel qui les distingue : Yexi$tmce ou la nfon-eaeislenee de la sensibilité.

La sévt une fois reçue par la facullë d'absorption des Pkmtes , dans l'organisme de ces dernières , y circule au moyen d'un immense système vascuiaire, qui la conduit dans toutes les parties du végétal , sans qu'elle puisse eneore servir h sa nutrition; mais arrivée successivement par parties & sa surface, et plus spécialement dans les feuilles, organes destinés à faire subir une certaine élaboration à cette sève, celle-ci y est mise en contact plus ou moins immédiat avec l'air, dont l'oxygène , et sans aucun doute aussi l'adde carbonique , se combinent avec elle pour la transformer en une nouvelle humeur fort différente, nommée le Sue propre , plus ou moins différant selon chaque espèce de plante , et seul propre k pouvoir servir à la nutrition de cette dernière , en lui abandonnant k chaque point de s<m individu les particules capables de pouvoir être assimilées ; suc qui k cet effet circule également dans tout l'organisme du végétal , au moyen d'un autre système de vaisseaux, différents pour la forme de ceux qui charrient la sève.

Les mouvements bien connus, même parfaitement visibles, de ces humeurs dans les vaisseaux qui leur sont

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propres , s'y font toutefois par l'effet d'une puissance eneore inconnue 9 tu que , dans aucune partie du végétal, il n'exisie aucun organe qui puisse leur imprimer le mouvement ; et quoique les savants aient avancé diverses hypothèses à ce sujet, aucune ne satisfait à la question ; ^ moins que ce ne soit purement la force d'attraction dans l'absorption même, qui fait monter la sève contre son propre poids, jusqu'au sommet des arbres les plus élevés; force peut-être secondée par une espèce d'exosmose due à Tévaporation qui a lieu à toute la surface.

La circulation des sucs nutritifs des animaux , a au contraire lieu dans les divers vaisseaux qui leur sont propres, par l'effet d'organes spéciaux qui les mettent en mouvement, en leur imprimant une impulsion dynamique, absolument semblable à celle que nous employons dans les pompes des machines hydrauliques. Cela n'a toutefois pas lieu pour le chyle , qui parait se mouvoir par une cause semblable k celle qui met la sève des végétaux en mouvement.

Les Vaisseaux chylifères forment , non-seulement dans les parois du tube digestif, mais encore dans toute l'étendue du mésentère , large repli membraneux auquel ce tube est suspendu , d'innombrables petits canaux s'embrancbant les uns dans les autres , pour s'ouvrir enGn dans les veines, où ils versent le chyle en l'y mêlant au sang que ces dernières renferment ; sang non nutritif comme le chyle. C'est-k-dire que le sang , après avoir circulé partout contenu d'abord dans les artères , où il est de nature k servir k la nutrition , et y avoir enfin perdu cette faculté par épuisement, revient aux poumons par ces mêmes veines dont il vient d'être parlé , pour y redevenir artériel par l'effet de la respiration ; et c'est également ainsi que le ciiyle est finalement converti en sang artériel par sa seule combinaison avec l'oxygène , qu'il sépare de l'air contenu dans les organes ; acte sur lequel j'aurai k revenir un peu plus tard, en parlant de la respiration.

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Quoique le chyle avance des ramuscules chylifères , vers les troncs plus gros de ces vaisseaux, par un mouvement toutefois fort lent, il n*existe, ainsi que je viens de le dire, comme pour les vaisseaux séveux des plantes , aucun organe propulseur qui le mette en mouvement. Son écoulement des petits chylifères vers les gros est simplement facilité par DB nombreuses VALVULES mcmhraneuscs , semi-lunaires, transversales , coupant la cavité de ces vaisseaux sur un grand nombre de points, et disposées obliquement de manière k ne permettre cet écoulement que dans un seul sens, en s*opposant k ce qu'il ait lieu en sens contraire; d*où il résulte que, si ces vaisseaux se trouvent comprimés ou rétrécis d'une manière quelconque, le liquide contenu est chassé de cette partie , poussé en avant , et jamais en arrière : ces valvules n'existent toutefois pas dans les vaisseaux des plantes.

Les chylifères sont en outre très-irritahles , c'est-a-dire susceptibles de se contracter par l'effet d'un stimulant, et sans doute aussi par l'influs nerveux : diverses causes qui contribuent k faire mouvoir le liquide qu'ils contiennent ; causes de mouvements qui n'existent également nulle part dans les végétaux.

Le chyle, converti en sang par l'acte de la respiration^ entre avec ce dernier en circulation , pour être distribué dans tout le corps, afin d'y servir k la nutrition.

Cette circulation du sang a lieu de diverses manières chez les Animaux, suivant le type auquel ils appartiennent chez les Mammifères , première classe de I'Embranchement des Vertébrés, elle se fait dans un système de vaisseaux k double circuit; c'est-k-dire qu'en partant du centre au mi-* lieu de la poitrine où est le Cœur, son organe de propulsion , ce dernier, véritable pompe foulante, le pousse dans les Artères, vaisseaux ramifiés k Tinfini , qui le conduisent dans toutes les parties du corps, sans en excepter la plus minime , où chaque élément organique attire k lui , et incor-

^6§ TRioLOG» Vi^ 14 IfiTURB.

P^rticuleç capables de pouvoir en faife partie, et eela par l'effet ()p pouvqir qu'iU out de Ips clipi^ir; et le saog k la Qq , pIm$ ou pioiQb épuisé p^r le^ p«rte^ coptmnelle^ qa*il éprouve, ne ppuvapt plq^ servir ^ la pqtritiop, est laweQé ;|p pœur par les Veine$ , autre assemblage de Taisseaux différent^ 4^s artèfes , qui le verrat daus uqp autre cavité de œt Qfgaue que celle d'où il est parti.

Çetfe seconde partie du cœur faisant de mëaie les f<Mietigi^§ de pompe foulante , cbas^e ï sqd tqnr \^ sang dans le §]fs(pp)p d^ y^'^'lère pi^lmon^ir^ , yais^iuit également très- ^Hb^ni^^s ^^ ramuscules, qpi se distribuant ^ans tout Ifi pquipop, organe de la respiration roinplissant presque eq^jèfeipeat la cavité du thorax. C*est 1^ que le sang i^ei- ^e\\\ est soqipis à ) influence de Vair qui péqètre dans cet

organe par Tactc de la respiration , dont j'aurai à parler plus tard.

Par l'effet de c^t^e influence de l'air, le sang, épuisé d'une foule de ses parties constituantes qu'il 4 perdues en méine temps qu'il s'est chargé d'autre^ sqbstaqces telles que le cbyle, etc. , est de nouyeap converti eq sang artériel, l'acte de la respiration lui enlevant, d'une part, certaines particq|es qui ne doivent plus y rester , ^t transformant , d'aqtre part, le chyle en sang putritif. Cette piiération ebimiqae s'exécuiant principalement 4ans le^ r^ii^^^ules les pli^e téqus de l'artère pulmonaire , ces df^mj^r^ se réunissent ensuite, progressivement, en raineaq^ (}e plus en plus forts , et i^ la fin en quelques trqnc^ cqipiquns, ou Vfin^ ]fulp;ionaire9 j qui s'ouvrent dans la première cavité du cœur, où ils versept le sang ainsi redevenu artériel, pour être de nouveau poussé dans tout le corps : le sang fait ainsi d^u^ circpils successifs, Tqn dans le corps, l'autre dans les poumons.

Tel est, dans son ensemble, le mode de circulation du sang chez les Mammifèbes; et les moyens eiqplojés pour la

CHAfiTitE m. 4^

propulsion de ce fluide dans Ips înnûm|)rables \ai$seaux <|u'il parcourt 8ON7 û$ Np f^vt plus ^EiiURQiii|U.Eg p^r

L*àPPLIGÀTION de la connaissance 14 P{4DS Tfi^iy^GENI^^liTE DE LA PHYSIQUE i et Sp^TOUT p^ L^^YQftAULlQUE qu Op J dé-

couvre ; moyens clo^t |es I^ou^iqi)^ ne peiiv^Qi pas faire iisj^ge dans les machines de leujr invention , n'ayant pas , emuE LE Dieu tout-pu(^$^t , i.es MOYpiiy^ pi; la structure organique ET LA f PIS^ANGE Vl^AM^ i l»^W n^SPOSHlON.

J'ai dit que le cœur faisait le^ fppc^on^ d*f)ne véritable pompe fqulaqt^} iqaj^ o^ s'en fer^t une tfès-fausse idée, ai l'on pensait qu'il e^t formé ^nr le mépae modèle que les machines auxquelles nous donnons pe nqn) \ ma^ine^ d'inveat|on hpn^aine fort s^vante;^ , il est vrai, mais où tout est, par cela n^ême , foqd^ sur (les fo^meç et f)es proportions rigoiir^usement géoi^étriques , dont l'I^omme ne peut nalle part s'affraqchir (laqa ^ cQp^trHctioos ; et surtout dans celles des appareil^ qui doiveqt agir avec force et précision; tandis que dans tout Torg^pisme anipi^l, rien n'est rigoureusement régulier pi dap^ le^ fqrmes n| dans les mouvements ; et cependant tout m^f che avec la plus admirable précision , soit par Teffpt de TemplQ^ 4^ ipoyens dpnt sou* vent nous ne cqncevons pas même r^tîQp, soit par d^autrès que par leur nature mémp noii^ ne pai^vons pa^ imitet .

C'est ainsi que le Cosur ^st qne véritable poqppe, quant k reffet qu'il prodifit» piî^s jl'nn système eq (pi|t entièreiMnl inimitable par les arts mécaniques . Daps tous |e& appareils de ce genre créés p^r le génie de Tbomme , U cavité formant le récipient y est gépér^len^ept inerte; et c'est qne antre partie, ou le piston, qui par ^ mouvements plus ou moins réguliers de v^-et-vient, y prodpit alternativement rentrée et |a sortie dq liquide, en Inspirant et en le refoulant successivement. Daps le Cœur, au contraire, le récipient remplit à la fois les deux fondions.

Le Cœur des Mamiufères est réellement formé de la réunion de deux cœqrs, accolés l'un à l'autre, et qui pourraient

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être séparés , comme ils le sont en effet chez d'autres animaux; ou bien on seul pourrait suffire, ainsi que nous le Yoyons chez les Poissons.

Chacun des deux cœurs se compose de deux cavités, dont Tune , ou le Ventricule , constituant le véritable corps de pompe , a ses parois épaisses , entièrement formées de faisceaux musculeux, entre-croisés en différents sens, suivant l'action qu'ils doivent produire, en présentant intérieurement, surtout contre les parois, et même librement dans la cavité , un certain nombre de colonnes charnues k peu près parallèles, placées suivant la longueur de l'organe, et destinées k produire par leur contraction , le raccourcissement delà cavité, et, par conséquent, une diminution notable dans sa capacité ; en outre , de leur côté , les fibres musculaires, diversement obliques des parois, resserrant la cavité, rétreignent de toute part; double effet qu'on ne saurait produire dans les pompes d'invention humaine.

La seconde cavité ou V Oreillette, est une poche simplement fibreuse, mais très-forte, placée sur le ventricule, avec lequel elle se continue dans toute la circonférence de la base des deux organes, et qui communique avec ce dernier par une large ouverture entourée d'un bourrelet charnu ; ouvertures par où le sang versé par les vaisseaux , d'abord dans l'oreillette, passe ensuite dans le ventricule, qui par ses contractions le pousse avec force dans les artères , pour être distribué par celles-ci , soit dans tout le corps , soit dans le poumon , selon que l'un ou l'autre cœur agit.

L'oreillette n'étant pas musculeuse, et ne pouvant en conséquence se contracter ou se dilater activement, laisse simplement couler le sang dans le ventricule, qui l'attire au moment où tous les faisceaux musculeux dont il est formé se relâchent ; c'est-à-dire que le sang veineux , venant de toutes les parties du corps par deux gros vaisseaux ou Veines caves, est versé par celles-ci dans l'oreillette du cœur placée un peu à droite, et la remplit facilement. Cette poche, loin

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