‹ Théologie de la natureChapitre 92 sur 119 · MOYENS QUI T ONT ÉTÉ EMPLOYÉS POUR LEUR PAIRE REMPLIR · texte numérisé non relu

MOYENS QUI T ONT ÉTÉ EMPLOYÉS POUR LEUR PAIRE REMPLIR

LES FONCTIONS Qu'iLS EXERCENT. Voudra-t-on encore l'expliquer par les effets du hasard? ou bien , ce qui est peut-être plus incompréhensible encore, en essayant, comme l'ont fait quelques-uns , d'avoir recours , dans les explications , k certains besoins qui auraient fait qttedes animatix primitifs, très-simples par hypothèse y cherchant à exercer telle ou telle partie de leur corps pour les perfectionner, se seraient par là compliqués de plus en plus dans leur organisme, jusqu'à devenir à la fin des hommes tels que nous les connaissons; comme si le besoin qui n'est qu'un inconvénient sans aucune puissance active pouvait produire quoi que ce soit. Mais en définitive on a voulu donner une explication ; et celle-ci en est une, comme l'est celle fondée sur le hasard; les conçoive qui pourra , c'est-k-dire qui aura une puissance intellectuelle assez forte pour trouver la raison de tous ces GOMMENT , dont jc n'ai indiqué que quelques - uns sur le nombre infini qu'on peut formuler : tous aussi inexplicables les uns que les autres , sans l'admission de la vérité fondamentale, que TOUT N'EST UNIQUEMENT DU QU A LA VOLONTÉ D'UN DIEU CRÉATEUR , SEUL ÉTERNEL ET TOUT-PUISSANT.

La grande fonction de la production des sucs nutritifs» de leur absorption, de leur circulation dans le corps et de leur épuration s'exercent de la même manière chez tous les ANIMAUX VERTÉBRÉS, OU offrant toutcfois, comme les autres, des différences notables dans chaque classe.

494 TRiloLoan wtk vatcrv.

Cbezies OlsEirx la digestion s'exécute, ii très-pea de chose près, comme dans les Mammifères, avec quelque modification dans les formes des organes qui y contribuent.

Nous avons déjh vu ailleurs que ces animaux étant essentiellement destinés k traverser rapidement lair , lenr tête était terminée en avant par un bec plus ou moins conique, parfaitement conformé pour servir à fendre facilement Tair, et que les mandibules cornées qui le constituent, remplaçant à la fois les lèvres et surtout les dents des autres vertébrés, dont tous les oiseaux, sans exception, sont complètement dépourvus ; et que c'est au moyen de ces mandibules que ces animaux saisissent et mftchent leur nourriture.

Les mandibules du bec sont d'ailleurs si bien oi^nisées pour remplacer les dents dans leurs fonctions, qu'elles sb

MODIFIENT DANS GBAQCE fùtnille SUIVANT LE GENEE d'aLIMENT

DONT CBS ANIMAUX SB NOURRISSENT. Quc choz les camoêMn vivant de chair fraîche le bec est généralement crochu , la mandibule supérieure se recourbant fortement en dessous sur rinférieure, et se termine en une pointe très-aiguë, avec laquelle ces oiseaux déchirent facilement les chairs , pour en détacher des lambeaux , qu'ils avalent ensuite d'une pièce sans pouvoir du reste les mâcher ; mais ce désavantage se trouve compensé par un plus grand pouvoir digestif de leur estomac, qui réduit facilement ces fragments en chyme.

Les espèces earnassières $e naurristant ie chair marte , substance plus friable par un commencement de décomposition, ont déj^ le bec moins crochu, mais toutefois assez pour servir efficacement à dépecer leur nourriture.

Les oiseaux ichthyophage$ ont le bec conformé k peu près comme les carnassiers , lorsqu'ils se nourrissent de grands poissons, tandis qu'il est d'ordinaire droit chez ceux vivant de petites espèces, qu'il leur suffit de saisir et d'avaler d'une seule pièce.

Ceux qui vivent de tris^tits animaux , comme d'insectes et de vers, ont généralement le bec droit, et les mandiboles

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droites , égales ei faiHeis » oo bien lëgèremetit arquées , comme n'ayant aacun effort k produire avec tel organe pour saisir et dépecer leur aliment, qa1l leur suffit d'écraser un peu.

Parmi les granivores , les uns avalant les grains sans les briser, ont d'ordinaire le bec légèrement crochu et la mandibule supérieure un peu plus longue que Tinférieure; ce qui suffit pour relever les graines dont ils vivent.

Les petites espèces, pour lesquelles les semences dont elles se nourrissent sont proportionnellement grandes , ne les avalent généralement pas sans les avoir brisées , pour en rejeter la coquille et écraser Tamande. Pour cet effet, leur bec est d'ordinaire conique, et la mandibule k peu près égale, mais assez forte.

Enfin les espèces herbiDorês , telles que les Oies , ont les mandibules k peu près égales et garnies dans le fond de la bouche de crêtes transversales, faisant les fonctions des saillies qui caractérisent les dents des Mammifères berbi^ vores.

Les Canards et autres PALmptnEs , dont le bec est conformé de même, quoiqu'ils se nourrissent de petits animaux, emploient très-avantageusement cette conformation de leur bec, soitk broyer leurs aliments, boit k cribler l'eau en la faisant entrer par l'extrémité de leur bec et ressortir entre les lamelles transversales , pour ne retenir que les petits corps dont ils vivent.

Dans d'autres Oiseaux encore on trouve des becs diversement conformés , souvent semblables k cenx dont je viens de parler, quoique la nourriture ne soit pas la même ; mais c'est dans les cas où une autre raisou l'a exigé ainsi , ou bien lorsqu'il n'est point incompatible avec le genre de nourriture. C'est ainsi que les Perroquets ont le bec crochu des Oiseaux de proie , quoiqu'ils se nourrissent de fruits et de graines ; mais c'est parce que ces Oiseaux doivent se servir de leur bec crochu comme d'une main pour grimper.

496 THioLOGOt mt la NàTURB.

La Langue des Oiseaux est k peu près conformée eomme dans les Mammifères, avec cette différence essentielle qu'elle est soutenue dans son intérieur par une grande pièce osseuse , appendice de l'hyoïde ; pièce dont on trouve toutefois déjk le rudiment chez les Mammifères. La langue est d'ordinaire aussi beaucoup moins charnue, souvent même presque cornée \k son extrémité , mais assez molle en arrière pour pouvoir produire le vide dans l'eau lorsque Toiseao veut boire ou pour pousser le bol alimentaire dans le pharynx ; cavité généralement peu distincte de celle de la bouche ; ces animaux n'ayant ni Voile du palais ni Êpiglotte saillante qui puisse empêcher les corps étrangers d'entrer dans la trachée-artère. Mais il a été remédié a cet inconvéniskt,

EN donnant a la GLOTTE LA FORME d'uNE SIMPLE FENTE LONGITUDINALE PLACÉE À LA SURFACE DE LA PARTIE POSTÉ- RIEURE DE LA LANGUE , ET DONT L'aNIMAL PEUT, À VOLONTÉ, SERRER LES LÈVRES POUR EMPÊCHER QUE RIEN n'y PASSB.

C'est, comme on voit, un autre moyen plus efficace encore QUE celui employé CHEZ LES MAMMIFÈRES.

Le Canal alimentaire proprement dit , depuis le Pbaryni jusqu'à l'Anus , ne présente rien qui mérite d'être signalé ici , tout étant , k peu de chose près , comme chez les Mammifères; si ce n'est que les Oiseaux jrramvores, herbivores et quelques autres encore, ont de plus que ces derniers animaux , un appendice latéral k leur œsophage en forme de grande poche membraneuse , connu sous le nom de Jabot. Cette poche sert , comme la panse des Mammifères Ruminants , de premier entrepôt aux aliments que ces animaux avalent k la hâte , mais qui passent ensuite peu k peu directement dans Testomac pour y être digérés , en revenant pour cela dans l'œsophage par le même orifice par lequel ils sont entrés dans ce jabot ; mais sans remonter dans la bouche pour y être broyés; ce broiement ayant lieu dans l'estomac lui-même, parfaitement organisé pour cet effet.

Chez les espèces carnassières, Y Estomac est membraneux

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et flasque comme dans les Mammifères. Celui des granivores et des herbivores, au contraire, présente une autre structure ; ses parois latérales sont généralement d*une épaisseur considérable , formées de chaque côté d*une masse musculeuse très- ferme ; les deux réunies tout autour par une bande, où la membrane de Testomac est plus mince et par là flexible ; et rintérieur de la cavité est doublé d*une membrane muqueuse épaisse, presque cornée et fort rude. Cet estomac reçoit avec cette forme particulière le nom de Gésier. C'est, au moyen de ses deux masses latérales plus ou moins planes, qui se frottent fortement Tune contre l'autre, que ces Oiseaux broient , par une rumination stomacale , les aliments que la cavité renferme; et cela d'autant mieux que les granivores animaux ont l'instinct d'avaler une quantité de petites pierres, qui, mêlées aux graines, les brisent et les réduisent enpàte parles mouvements que leur communiquent les vigoureuses parois de ce gésier.

L'extrémité de l'intestin , au lieu de s'.ouvrir au dehors par un orifice spécial, se termine au contraire chez tous les Oiseaux , ainsi que dans les Reptiles auxquels ils font suite, dans une poche commune au Cloaque , où aboutissent également ces conduits urinaires et les organes génitaux; disposition dont on ne connaît pas la raison. La fonction de la digestion s'exécute, du reste, comme chez les Mammifères.

L'absorption du chyle a également lieu par des vaisseaux très-fins qui conduisent cette humeur dans les veines. Les glandes qui versent leur sécrétion dans le canal alimentaire sont aussi k peu près les mêmes. Enfin Tappareil circulatoire ne difière pas d'une manière notable de celui des Mammifères.

Il n'en est pas de même de l'appareil de la respiration , qui subit dans cette classe d'animaux de grandes modifications dues k la fonction du vol qui domine celle de la respiration.

488 THiOLOGlf Dl L4 {I4TURB.

J'ai déjà fait reiparquer plus haut que , pend^qt h vol , les vigoureux muscles moteurs des ailes 9*agissaieD|. pas sçulemeut sur ces dernières , mais aussi sur le sternum , où ils prennent leurs points d'attache , en tendant k le rapprocher de la colonne vertébrale k chacune de leurs contractions; el qu'en diminuant ainsi la capacité de la poitrine , ils produisaient l'expiration de l'air ; et j'ai fait repaî^rquer en outre que si le diaphragnie fonctionnait de même que chez les tfamniifères, comme principal agent mécanique de la respiration, et cela surtout en sens contraire des muscles moteurs des ailes et des côtes, sa contraction produirait Tinspiration , tandis que celle de ces muscles produirait l'expiration ; d'où il arriverait d'ordinaire que ces deux causes n'agissant point de concert, et surtout pas d'une manim isochrone, elles produiraient une fâcheuse perturbation dans cette fonction, l'une des plus importantes de tout l'organisme animal ; dérangeaient qui rendrait k la fois le vol et la régénération du sang difficiles et même impossibles. Miis

CE GRAND INCONVÉNIENT A ÉTÉ LEVÉ EN NE SOUMETTANT L'aCTE MÉCANIQUE DE LA RESPIRATION QU'aUX MUSCLES B^TÉRIEIRS AU THORAX, ET EN SUPPRIMANT PUREMENT ET SIMPLEMENT (.E DIAPHRAGME.

En employant ce nouveau moyen mécanique dans la respiration , il n'était toutefois guère possible que cette dernière f&t en tout temps principalement exécutée par les muscles moteurs des ailes , qui k l'état de repos où ils sont relâchés n'auraient pas pu fonctionner convenablement, en même temps que se trouvant constamment en activité, ils se seraient épuisés au point de ne pas pouvoir produire pendaut le Yol la force considérable qu'exige ce genre de locomotion. Aussi, tout en les faisant intervenir dans l'acte de la respiration , IL LEUR A ÉTÉ ADJOINT, COMME PRINCIPAUX AGENTS de

cette fonction , non-seulement les muscles intercostaux, qui agissent déjh chez les Mammifères comme muscles respiniteurs, mais encore plusieurs autres muscles accessoires, eu

mtoe l^mpd que cm orgcme» qpt iié rendu» plus pttiwiot$, taot par un plus fort Yolumil que par une codification importante qu'on a fait subir il l^ur action sur les càtes et le sler^ num, en rendant ces 09 plus mobiles» et en leur faisant môme remplir les fondions de levier, afin qu'ils pussent faire varier plus fortement la capacité du tborai:. Pour atteindre ce résultat, les côtes , dont \^ paires se succèdent en arrière Jusqu'au bassin et se répètent en outre en avant sur les vertèbres postérieures du cou» sont» k cet effet» noq-seulement plus mobiles 9Hr leurs vertèbres respectives que dans les Mammifères, mais leur seconde pièce ou côtes sternales, purement cartilagineuses cbes ces dernières, où elle$ se continuent sans articulations avec les côtes vertébrales, sont àu gon- TVUAW osspusEs cbe^ les Ois^iux, et très-mobiles par articulations , p) ftt sur |e^ côtes vertébrales que sur le sternum , ep faisafit dea apgles ^ peu près droits avec les premières et des anglei^ trèa-aigus avec le# bords du second. Pau l'effet de

CETTE SAVANTE D1SP0|1T10^ » OIJ l'ÊPINP PORSALli , LES CÔTES YEUT^aKALES, LES CÔTI^I STERNALE^ ET LE STEENUM SONT DIB^

posis EN i^iosAG LES vM À L'^iGAfto DES AUTRES, il résulte que la contraction du tborax est très-facile, surtout vers sa partie postérieure; tandis qu'en avant, précisément Ik où agissent les muscles inpteurs des ailes, elle l'est beaucoup moins: les ailes étant fortement appuyé^^ sur le sternum au moyen des os coracoidiens ; de meuièrfî que l'action des muscles des ailes $ur le ntouven^ent r^piratoire qui n'a pas pu être entièrement évitée, ne oonsU tue toutefois pas l'^geot principal de ces mouvementé.

Pour rendre les mouvements i>bs côtEs Ptus faciles

BT MIEUX RÉGLÉS , il S été aj<i»uté au milieu du bord postéerieur des côtes vertébrales un appendice osseux en forme de grande et large ^physe dirigée en arrière, croisant la côte suivante, à laquelle elle e$t liée par divers faisceaux de muscles, le tout parfaitement disposé pour contribuer énergiquement aux mouvements de resserrement et de dilatation

du thorax ; appendices qui n'existent point dans les Mam^ mifères , mais bien chez les Poissons , où ils reparaissent avec une autre fonction , celle de servir d'insertion aux vigoureux muscles latéraux du corps pour agir dans la nage.

Par l'effet de cette simple modiflcation qu'a éprouvée le thorax , l'Oiseau étant en repos respire tout aussi facilement que le Mammifère , et pendant qu'il est lancé dans les airs les contractions volontaires du thorax produites par les mouvements des côtes pouvant être rendues parfaitement isochrones et simultanées avec celles dues aux muscles moteurs des ailes , elles ne se troublent en rien les unes les autres ; modifications dont j'ai, je crois, le premier fait connaître la cause déterminante dans mes ouvrages précédents.

La force considérable que les Oiseaux sont obligés d'employer pour se soutenir en l'air exigeant que les muscles qoi la produisent puissent la réparer assez promptement à mesure qu'elle s'épuise , il était nécessaire pour cela que le sang qui circule dans ces organes pût non-seulement s'y renouveler plus promptement, mais qu'il fût aussi plus nutritif, ou, comme on dit, plus riche que chez les animaux qui se meuvent moins fortement ; condition pour laquelle il a fallu que l'acte de la respiration fût surtout plus énergique. Or

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Le corps devant être k la fois léger et le moins volumineux possible pour n'offrir qu'une faible résistance k l'air que l'animal traverse, en même temps que la respiration devait cependant être trës-acti ve, ce qui demandait que le poumon fût fort développé , ces deux conditions , qui semblent s'exclure, ont été remplies par un moyen, comme d'ordinaire fort simple, qui a consisté k augmenter l'organe respiratoire, en l'étendant par de nombreuses annexes dans toutes les parties supérieures du corps où il restait des places libres ; et comme ces cavités remplies d'air rendent les parties spécifiquement

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