‹ Théologie de la natureChapitre 94 sur 119 · CHAPITRE 111. oOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. oOS

chez les Batraciens, qui, par contre, en manquent quelquefois k la m&choire inférieure ou k la supérieure.

Quant aux autres organes buccaux, ainsi qu*au Pharynx et k Y Œsophage^ ils ressemblent moins k ceux des Mammifères qn*k ceux des Oiseaux, classe qui fait suite aux Sauriens.

Pour ce qui est de V Estomac et des autres parties du tube intestinal, ils sont k peu près dans les conditions intermédiaires entre ceux des animaux de ces mêmes classes ; en approchant toutefois davantage de ceux des Oiseaux ; le itectum , les organes urinaires et ceux de la génération aboutissant k un Cloaque commun. Il en est de même des organes sécrétoires dépendant de Tappareil de la digestion. EnGn le système sanguin est aussi k peu de chose près le même , ne différant essentiellement de celui des deux premières classes qse par la composition du cœur, qui éprouve déjk d'assez notables changements POUR être préparé à la condition qu*il

DOIT PRÉSENTER CHEZ LES PoiSSONS , ANIMAUX OÙ LE GCEUR GAUCHE OU AORTIQUE DISPARaIt COMPLÈTEMENT.

Pour arriver k ce résultat , les deux cœurs des Reptiles commencent par communiquer entre eux par une ouverture plus ou moins grande, percée dans la cloison qni sépare les deux ventricules ; ouverture au moyen de laquelle le sang veineux et le sang artériel se mélangent ; et ces animaux présentent en outre la particularité que chacun des deux ventricules produit nneAortê ; celle de droite, plus forte, se distribuant dans le côté gauche du corps, et celle de gauche dans le côté droit ; en même temps que ces deux vaisseaux primitifs communiquent encore, par un tronc transversal, avec TArtère pulmonaire, d*où résulte également un mélange des deux sangs , humeurs qui ne sont nulle part ni complètement artériel comme celui des Mammifères , ni entièrement veineux ; et en conséquence moins nutritif.

Les deux aortes naissent d'ailleurs si près Tune de l'autre que plusieurs Anatomistes les trouvant confondues k leur origine, admettent un tronc commun entre elles.

806 TïïiùJJO&È tHÈ tk ttATOBB.

Dans les Crocodiles , la oommunication deâ deux cœars n'a réellement lien que tont k foit h h base des ventrieules, et plutôt seulement entre les origines des deux aortes , de manière qu'on peut considérer la cloison intefventrieiilaire comme complète. Dans les autres SauAibiys et les Serments, cette cloison est, au contraire, plus fortement échancréek la base, de manière que les deux ventricules eommuniquenl largement entre eux; et enfin, cheÉ les fiAtRAciENS, le cœur éprouve encore Une nouvelle simpliflcaiion qui le rappiS^ehe déjà beaucoup de eeltii des Poissoivs. Il n'exidte pins chez eux qu'une seule ol^illette Irempliâsant les fonction^ des deux, et la cloison des ventricules disparaissant entièrement, les deux cavités n'en constituent plus qu'tine settle , 06 les deux sangs sont en condëquenbë complètement mêlés. Dans le seul genre Pipa ^ M remBr<)ue encore vers le sommet de cet organe un vestige de cisttë séparation.

Les Appareils de la digeètion et de Tabsorplion du chyle, et la manière dont ils exerceht ledrs foliotions, sont do reste, ebei tous les RcptiLEs, b peta près comme dans lée Mammifères et les Oiseaux ; si ce n'est qu'assez gétiérâlëtuelit ces animaux mangent dans un temps donné, moinà , et souvent beaucoup moins que ces derniers; mais digèretit mieux.

Une disposition des pins remarquables existe toutefois dans les organes buccaux de l'une des principales divisions des OptiinikNs ooihprenant les SEaraNTs venimeui. Ces animaux, dont la morsure est, comme on sait» fbn dattgerense , ont re^u k ce sujet ^ pour leur défeuse , un arrangement tout particulier et fort curieux sous le rapport mécanique , dans la disposition de leur appareil masticateur ; mécanisme au moyen duquel ils latacent un venin très-actif dans la plaie que leurs dents font en mordant , maia dont la disposition est trop compliquée pour qu'on puisse en donner une idée exacte sans le secours de figures , et que je ne finis en conséquence qu'indiquer ici.

Ms os maxillaires sapérieurs, itartement renflés et courts,

cAAfiTiiB m. âOT

n'existent que ven lextrémité antérietire do iUttlean , ôA il6 sont mobiles sur h tète avee tin môii?ement d'avant en arrière. Leur bord InFérieur, portant d'ordinaire les dents, n'en présente qne de trois ^ cinq environ , en forme de longs erochets en quart de cercle , reoourbës en dessous et en arrière; mais nne seule de ces dents, la première, est complètement dressée sur sa base, les autres successive nient plus petites et en train de croissance -, étant repliées en dedans et couchées dans une fossette que leur forme h eet effet la gencive, et ne servent en conséquence pas. Ces dents sont insérées sur une partie membraneuse de la gencive recouvrant une grande fosse crensée dans la partie inférieure de la mâchoire, simulant une grande alvéole dentaire, répondant a la fois )i toutes ces dents crochues, mais servant de réservoir ail redoutable venin dont ces animaux sont podrvns, humeur qui s*en écoule par ces mômes dents ^ formées pour cela en tube eoniqdé ouvert il la pointe par ane simple petite Bssure.

Cet os maxillaire s'articule \ sa faee postériedre avec une longtîe tige osseuse dirigée horixontalement en arrière, allant s'articuler k son tour h son éxti*émité postérieure avec la mftchoire inférieure \ celle-ci disposée de façon que lorsqu'elle s'abaisse quand Tanimal ouvre la bouche, cette tige est portée en avant et pousse devant elle le maxillaire supérieur, et avec lui les dents venimeuses qu'il porte ^ lesquelles ae fléchissent en dessus et en avant pour revenir eh arrière lorsque le Serpent ferme la bouche pouf mordre ; riiouvement dans lequel ces dents venimeuses agissant d'aVant en arrière, s'implantent dans le corps mordu en ^ lançant le venin qui jaillit de leur pointe. Par cela même que ces dents sont arquées avec la pointe dirigée en arrière, elles font le contre-crochet dans l'objet saisi par l'animal , et qui ne peut ôtre relâché que quand ce dernier ouvre de nouveau la bouche. Quoique ce mécanisme soit très-simple, il est toutefois très-remârqnlbles par l'efficacité de l'effet

auquel il doit contribuer; mécanisme déjà prépabé bk

LOIN PAR LES MODIFICATIONS GRADUELLES QUE LES OS DE LA TÊTE ÉPROUVENT DANS l'oRDRE DES SaURIENS, AUQUEL LA

FAMILLE DES Serpents FAIT SUITE. Mdis tout 06 se bome pas là , les dents venimeuses devant inoculer le viras par piqûre , il était nécessaire qu'elles conservassent une POINTE très-aigue; or, si la petite ouverture de leur extrémité était parfaitement terminale, la pointe se trouverait par là même émoussée; aussi ce n'est point ainsi qu'elle est percée , MAIS sur LE CÔTÉ DU CROCHET ; de manière que son extrémité est parfaitement pointue.

J'ai dit que les Serpents venimeux avaient plusieurs de ces crochets venimeux de chaque côté , mais que le premier était seul dressé et fixé , propre à fonctionner; tandis que les autres, moins développés, étaient repliés dans la bouche, et encore sans usage. Cet arrangement est également fort remarquable , tant sous le rapport mécanique que sons celui de la fonction que ces dents doivent remplir. On conçoit que par cela même que ces dents font contre-crochet dans le corps que le serpent a mordu , si l'animal blessé fait des efforts pour se dégager, il peut facilement arriver que ces crochets soient arrachés, d'où résulterait que le serpent se* rait privé de son moyen de défense; mais il a été trèssavamment REMÉDIÉ À CET ACCIDENT , AU MOYEN DBS DENTS

DE REMPLACEMENT EMMAGASINÉES dout j'ai parlé ; deuts dîsposées de façon que si celle qui fonctionne est arrachée, la première qui la suit se lève aussitôt pour la remplacer ; tandis que cela est impossible tant que la première existe, et void comment. Toutes ces dents étant implantées sur une partie molle de la gencive recouvrant la grande fosse creusée dans l'os maxillaire, le premier crochet, placé contre le bord extérieur de cette fosse , y trouve un point d'appui , et s'appuie en outre vers le côté interne contre la base du second crochet fléchi de côté vers Tintérieur de la bouche , de manière à être assez solidement fixé dans sa position redressée,

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tandis que la seconde dent et les suivantes ne sauraient se lever , leurs bases appuyant les unes contre les autres dans cette position. Mais sitôt que la première disparaît, la suivante n'ayant plus cet obstacle vers son côté externe, peut facilement se redresser, et y est même forcée par Teflet de la cicatrisation de la plaie occasionnée par Tarrachement du premier crochet : les lèvres de cette plaie se rapprochant , tirent la base de la seconde dent en dehors, et la forcent k se redresser. Yoilk pour Tingénieui mécanisme des os et des dents de ces redoutables animaux ; mais ce n*est pas tout : le venin s'accumule pour. servir au besoin, de chaque côté, dans un grand follicule , simulant un abcès placé au milieu des muscles de la joue et de la tempe , les deux parties étant confondues en une seule. C'est-à-dire que ces muscles, destinées par leur fonction ordinaire et principale , k produire l'élévation de la mâchoire inférieure lorsque l'animal mord , compriment nécessairement par leurs contractions le réservoir du venin , et produisent par Ik l'éjaculation de ce dernier, qui est conduit au moyen d'un gros canal spécial dans la cavité creusée dans l'os maxillaire, d'où ce poison s'échappe par l'extrémité des crochets venimeux. Or cet effet est d'autant plus efficacement produit, qu'un chef du muscle temporal enveloppe tout s|)écialement le follicule du venin , en y fixant des digitations terminales , de manière k être plus particulièrement chargé de le comprimer.

Par l'effet de ces remarquables dispositions , les crochets venimeux se fléchissent passivement en avant, par cela même que le serpent ouvre la bouche, et reviennent avec force en arrière lorsqu'il la ferme pour mordre, en s'implantant dans l'objet saisi , en même temps que, par l'action des muscles releveurs de la mâchoire , le venin est poussé dans la plaie; l'empoisonnement s'exécutant ainsi, en quelque sorte simplement, sans Tintention de l'animal.

Les Serpents même non vénéneux, tels que les Couleuvres , ayant l'habitude de tendre leur langue fourchue au

MU TUAOUMIB M 1.4 MATURE.

dehors en U faisant vibrer, lorsqu'ils sont inqi]i(ilës, on pense généralement que c*est là le d^rd avec lequel ils piquent : c'est une erreur fondée simplement sur l'apparence; cette langue, ayant son extrémité molle, nq peut produire aucun effet fâcheux.

Les Serpents étant dépourvus de membres dont ils puissent s'ai()er pour dépecer leur proie, sont obligés de l'avaler toute d'une pièce. Les petites espèces ne vivent, il est vrai, que d'insectes , mais les grandes avalent bien des animaax souvent plus gros qu'eux. Or encore pour geljl gbs R»-

TILES QMT REÇU DES FACULTÉS REMARQUABLES QUI COMPEKSENT CHEZ EUX CETTE ABSENCE DE MEMBRES. LorsqUC Is proîe CSt

trop grosse pour entrer facilement dans la bouche dn serpent, celui-ci la saisit par un bout, et cherche à l'y introduire ; et comn^e ses dents, tant les venimeuses que d'autres implantées de chaque côté le long du palais, sont arquées en arrière , l'animal ayant une fois mordu , il lui est difficile de l&cher prise; vu que ces dent^ faisant contre-crochets, s'opposent à ce que la proie ressorte de la bouche; et les efforts que le serpent fait pour la comprimer la poussent toujours de plus en plus en arrière ; d'où résulte que si le corps de la proie est un peu gros , la cavité buccale n'étant d'ordinaire pas assez ample pour la recevoir, l'obstacle que cette masse à avaler forfue, fait de plus en plus dilater cette cavité jusqu'à ce que l'objet saisi puisse passer; mais, avant tout, il a fallu que cela fût possible. Cet inconvénient majeur ayant été parfaitement PRÉVU , IL Y FUT REMÉDIÉ EN PERMETTANT , PAR UNE DIS- POSITION particulière des MACHOIRES DE GBS ANIMAUX, QUE LA BOUCHE PUT SB DILATER EN QUELQUE SORTE INDÉFINIMENT.

Pour cela les deux branches des mâchoires inférieures au lieu d'être soudées entre elles , ou du moins articulées d'une manière immobile au menton , y sont au contraire simplement unies par un ligament transversal trèsélastique, capable de s'allonger considérablement; de manière que si le serpent fait entrer une proie d'un fort volume dans sa bouche,

GBAFITM III. 511

le^ ^wx mâchoires fli'éoarteiit lellement I'um de l'autre, qu'elle^ oe constitQenI plos , relatWemeQt îi l'enBeinble , que dw% petite os placé» sur les côtés de la tête , et unis par un cardon eqtourant par ep dessous le corps volumineux de la proie. L,a boucbe devenant par là énqrmémênt large, le ser* peut peqt y faire entrer des corps fort gros , qui passent epsuite aussi aisément dans le pharynx, et successivement daqs l'œsophage et l'estomac, qui tous se dilatent pour recevoir Tobjet avalé.

La proie ne pouvant pas être dépecée » le suc gastrique contenu daps Te^tomac ne peut agir sur elle que par sa surface; ^ussi la digestion de ces animaux est tellement lente, qu'il suffit k un serpent de grande taille d'avaler une bopue proie, une seule fois toutes les trois ou quatre seipaines , et même à de plus grands intervalles encore ; mais aussi leur force digestive est telle» que tout ce qui est nutritif 4ans le corps He la proie est absorbé , les excréments ne renfermant plus que les parties tout ë fait indigestibles, telles que les os et les productions cornées.

Lorsque |a proie est ou trop grosse ou formée de façon à pe pas pouvoir être avalée dans son état naturel , le serpent l'enveloppe de ses contours, la resserre, la brise et la pétrissant ainsi dans sa peau , rallonge et la couvre de bave pour la rendre plus glissante, la saisissant ensuite par un bout, il l'avale dans cet état comme tout autre corps naturellement a|Ioi)gé. C'est ainsi que des serpents d'environ ctn^ à $ix ffiêtres de long sur fnoins de deux décimitres de diamètre , mais dont la tête na que quinze ceniimèirei de long iur dix de large , ont pu avaler des animaux de la taille d'un gros Boue.

Quant à l'appareil de la Respiration , il présente dans toutes les FAMIÏ.I.ES de la Grasse des Reptiles plus d'analogie avec celui des Mammifères qu'avec celui des Oiseaux ; cet appareil se trouvant chez ces derniers considérablement modifié, en vue de la fonctiou du vol.

Le Poumon est, comme chez lesMammifèi^s, un sac mem*

51 i THEOLOGIE DE LA HATURB.

braneux flottant dans la cavité thoraciqne , et divisé intérieur rement en cellules , où aboutissent les canaux aériens ou Bronches ; avec cette différence que , ces cellules sont de moins en moins nombreuses et plus grandes. Les Bronches s*y divisent d'ordinaire peu , s' ouvrant bientôt dans quelques grandes cavités centrales , garnies sur leurs parois de cellules plus petites surcomposées , dans lesquelles l'air circule librement. Cbez les Ophidiens et les Batraciens, il n'y a même qu'une seule cavité centrale très-grande; de manière que le poumon prend tout à fait la forme d'un sac k parois celluleuses , et présente ainsi sa forme la plus simple.

Pour ce qui est des mouvements respiratoires d'inspiration et d'expiration , ils s'exécutent cbez les Sauriens et les Ophidiens, à peu près comme dans les Oiseaux, par l'effet des mouvements des côtes, ces animaux étant, comme ces derniers , privés de diaphragme.

Mais il n'en est pas de même chez les Batraciens, et spécialement cbez les Anoures, qui, privés de côtes, ne sauraient les employer k cette fonction ; aussi la Nature

CRÉATRICE A-T-ELLE INTRODUIT CHEZ CES DERNIERS ANIMAUX UN AUTRE MOYEN POUR PRODUIRE CET EFFET, EN RENDANT l'inspiration ACTIVE PAR UNE ESPÈCE DE DÉGLUTITION BE l'air EXERCÉE PAR LA LANGUE ET LES MUSCLES DE LA GORGE;

c'est-k-dire que ces animaux, au lieu d'aspirer l'air dans leurs poumons en faisant le vide dans le thorax , ainsi que cela a lieu chez les vertébrés supérieurs, l'y poussent au contraire comme par des coups de piston , et l'expiration a lieu par la contraction subséquente de toute la cavité viscérale. Pour cela l'air étant attiré par les narines dans la cavité de la bouche, au moyen de l'abaissement de la langue et des muscles de la gorge , est ensuite poussé dans le poumon par les mêmes organes qui reviennent sur eux-mêmes. C'est ainsi que Dieu a par sa toute -science su modifier

LES ORGANES MÉCANIQUEMENT ACTIFS DE LA RESPIRATION , SE- LON LES CIRCONSTANCES DANS LESQUELLES IL A PLACÉ LES

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