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SECTION NEUVIÈME

De la déduction.

La déduction est un procédé rationnel par lequel notre esprit extrait, pour ainsi dire, un jugement d'un autre jugement ou d'une pensée qui le contenait comme en germe. Ainsi, par exemple, de cette notion que Fespaoe pur est nécessaire, on peut en déduire qu'il est éternel. « ^

Or, remarquons-le, outre le jugement seul en apparence duquel dérive ostensiblement le nouveau jugement déduit, la raison n'a pas fait sa déduction sans la présence, voilée peut-être, mais réelle, d un autre terme. Lorsqu'on effet, après le premier jugement, l'idée d'éternité a brillé en notre entendement, nous n'avons dit : Et l'espace pur est éternel , que parce que nous avons fait d'une manière implicite cette opération logique : ce qui est nécessaire est éternel, l'espace purestnécessaire,donc il est éteniel.

La déduction scientifiquement développée prend le nom de syllogisme. Le syllogisme, on le voit, n'apprend rien qu'on ne sût déjà de quelque manièfe. Mais il est d un très-haut prix pour nous, en ce qu'il met au grand jour de l'analyse les termes instinctivement comparés par la raison dans l'aurore de sa spontanéité pour montrer la légitimité du jugement déduit.

Un jugement déduit engendre parfois, avec un autre terme plus ou moins caché, un nouveau jugement déductif , et cette nouvelle déduction peut de la même manière en engendrer une autre, et ainsi de suite, jusqu'à une dernière conséquence, but suprême de toute argumentation.

Toutes sortes d'affirmations pouvant servir de termes cachés, maisretrouvables, à une déduction ou à une série de déductions pour arriver à une conséquence définitive , il est aisé de voir que cette déduction définitive ne sera infaillible que si tous les membres qui la précèdent dérivent de sources pures ; et que, si un seul de ses termes est puisé à une source impure, Taflirmation que Ton veut émettre sera faillible.

Mais il est visible aussi que, pour les choses mat^

rielles et sociales, l'usage de déductions faillibles à la rigueur est non-seulement en une parfaite harmonie avec des intérêts passagers, mais encore imposé par l'ensemble des conjonctures qui nous englobent. Ceci , du reste, est d'autant plus supportable qu'il est rare qu'il n'y ait pas dans une argumentation de nombreux éléments infaillibles mêlés aux éléments faillibles. Lorsque ses éléments faillibles ne sont pas faux, une argumentation est suivie d'un résultat opposé à la crainte que sa faillibilité pouvait inspirer. D oii le

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