IL EXISTE QUELQUE CHOSE
Ce que nous disons ici exister n'est pas un objet isolé, ni un composé do choses, toutes
semblables, mais cet ensemble d'èlres différents les uns des autres, sous tel ou tel rapport, et à chacun desquels ou à chacun des groupes desquels nous avons donné, pour les distinguer, des noms divers. C'est ainsi que nous avons appelé esprit ce qui en nous connaît, se connaît, et se connaît connaissant ; distingue, compare, juge; imagine; se rappelle; comprend; sent, souffre, jouit; aime, haït, veut, etc. C'est ainsi encore que nous avons appelé matière ce qui est figuré, etc., et corps la réunion des organes matériels par Tentremise desquels notre esprit est aujourd'hui en rapport plus ou moins direct avec la matière^ c'est-à-dire, uni à elle de quelque manière.
Il est évident que l'esprit et la matière ne sont pas rien, et il serait agréable pour notre intelligence de savoir ce qu'est Tesscnce de notre esprit et ce Qu'est l'essence de la matière. Mais, puisque toutes les recherches faites en ceci sont invariablement vaines pour nous autant que les recherches relatives au mode d'union de l'esprit et de la matière, nous renoncerons prudemment à scruter ces arcanes.
DOCTRIHE. 47
Si une foule de choses, en nous et hors de • nous, sont pour llmmmedes arcanes insondables et abandonnés , nous pouvons du moins constater, d'une manière certaine, que tel et tel être, que notre personne, par exemple, n'est pas immuable, mais passe, au contraire, succèssîvementpardiverses manières d'être. D'où nous poserons le