LA SANCTION DE NOTRE VIE MORALE AURA LIEU DANS UNE VIE A VENIR
Notre activité produit toujours en cette vie quelque résultat plus ou moins approchant de ce que nous avons cherché à réahser. Mais.il est rare, il n'arrive peut-être jamais que l'idéal que nous nous étions proposé se trouve réalisé par nous. Le juste est loin de borner sa bonne volonté au bien étroit qu'il lui est donné d'effectuer. Il désirera't, au contraire, en son ardente piété, reproduire un bien qui est hors de toute comparaison avec ce que nos faibles moyens nous permettent de faire. L'égoïste se révolte de son côté contre l'incident qui vient troubler ou arrêter ses satisfactions criminelles.
Notre volonté d'homme se heurte constamment en cette vie contre des barrières qui la restreignent en ses déploiements. Nous nous soumettons à ces barrières; mais ce n'est là pour nous qu'un sage parti ^ pris en désespoir de cause, et le plus soumis d'entre nous se sent comme secrètement tourmenté par une espèce de fureur de l'infini qui le dévore. Nous ne réalisons jamais qu'un fini, le plus souvent pitoyable, quand nous avions rêvé tout le parfait possible à notre nature.
Or, ce ne peut pas être sur le bien ou le mal réalisé en ce monde que se mesurera le mérite, et, par conséquent, la sanction de notre activité morale, mais sur la volonté elle-même, laquelle aspire à l'incessant et au progressif illimité. D'où le