SECTION PREMIÈRE
Des témoignages de la conscience.
Quand notre esprit est parvenu à un développement convenable, la conscience atteste d*abord, et d une manière irrécusable, notre propre existence.
Le caractère parfait de véracité que possède ce té* moignage s'appelle évidence. Et tout ce qui porte ce caractère prend, en philosophie, le non de vérité.
Il est digne de la vérité de se présenter ainsi à nous, couronnée seulement de son auréole de lumière spirituelle, et de faire dire au spectateur éclairé qui l'aperçoit : Voici la vérité I
Outre son témoignage personnel, la conscience rend d'autres témoignages, dont le premier, en un
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sens, est le témoignage du fait de nos pensées ou de nos perceptions.
Ainsi , par exemple , à Voccasion de la pensée de nous-mêmes , ou de la perception d'un arbre, nous avons reçu de la conscience le témoignage que cette pensée ou que cette perception existait ou avait réellement existé. Or, ce témoignage étant évident, le fait qu'il constate est vrai.
Le second témoignage de la conscience est celui d*un objet de nos perceptions. Ainsi, par exemple, à l'occasion des pensées relatives, soit à un axiome, soit à une proposition incertaine, soit au souvenir d'une maison , ou à l'occasion de la perception d'un fleuve, d'un nuage, etc., nous avons reçu de la conscience le témoignage évident, et véridique par conséquent, que ces pensées ou ces perceptions se rapportaient à des objets inconnus, il est vrai, de nous, en ce qu'ils sont en soi, mais réels comme objets de QOB pensées ou de nos perceptions.
Le troisième témoignage de la conscience est celui de la personnalité ou de l'impersonnalité des objets de nos pensées ou de nos perceptions. Ainsi, par exemple, à l'ocCasion de la pensée de nous-mêmes, nous recevons de la conscience le témoignage évident, c*est-à-dire infaillible, que l'objet de cette pensée' n'est pas précisément en nous, mais est nous-mêmes*
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D'où nous avons appelé parsonnel l'objet de cette pensée. Et, au contraire, à Toccasion de la pensée d une venté, on à Toccasion de la perception d'une montagne, nous avons reçu de la conscience le témoignage parfait que les objets de cette pensée ou de cette perception ne sont pas notre personne. D'où nous avons appelé ces objets impersonnels.
Le quatrième témoignage de la conscience est celui de la nécessité ou de la contingence des objets de quelques-unes de nos pensées ou de quelques-unes de nos perceptions. Ainsi, par exemple, à l'occasion des pensées relatives, soit à l'espace pur, soit à cette proposition que tout être moralement libre est méritant ou déméritant , soit à cette vérité géométrique que les trois angles d'un triangle sont égaui à deux angles droits , etc. , nous avons reçu de la conscience le témoignage incontestable que l'objet de ces pensées, quoi qu'il soit en soi, ne pouvait pas ne pas exister. D'où nous l'avons appelé nécessaire. Et, au contraire, à l'occasion de la pensée de nous-mème, ou d'une chimère, ou à l'occasion de la perception d'une table de telle forme, de telle dimension, etc., nous avons reçu de la conscience le témoignage évident que les objets, quels qu'ils soient en eux-mêmes, de ces pensées et de ces perceptions pourraient ne pas être. D'où nous les avons appelés contingents.
La conscience rend une foule d'autres témoignages évidents qu'il serait inutile d'exposer ici, d'autant plus que la même vérité peut, selon Tordre de l'acquisition de nos idées, être le fruit, soit d'un témoignage de la conscience, soit d'un jugement de la raison. Et puisque tout témoignage évident de la conscience est véridique , nous poserons le