DEUXIEME DEVOIR
IL FAirr ETHE TEMPERANT,
La tempérance (*) est l'abrégé de toutes les vertus. L*on surmonte et Ton dirige par elle ces forces naturelles qui , pour nous rendre moralement libres, nous portent vers le mal, et qui, abandonnées à elles-mêmes ou lâchement réfrénées, font de chacun de nous le centre et le but ridicules delà création entière.
La tempérance est l'ensemble des devoirs relativement à ce que peut F homme sur luimême pour régulariser en lui le développement de ses forces physiques et intellectuelles , suivant l'idéal de beauté morale qu'il conçoit.
{") C'est dans le sens antique que Tauteur emploie ici le mot de tempérance, sens qui fait de ce mot un synonyme de prudence.
{Note de l'édite^tr.)
Sans les soins de tout genre que la Providence confie à notre activité morale ^ nous serions bientôt la proie des plus grandes passions^ de rignorance, de la faiblesse et de la dégénération de tout notre être.
Le devoir de tempérer les tendances diverses de notre nature est égal au devoir de conserver l'existence que Dieu nous a donnée pour le but qui nous a été naturellement révélé. Un homme peut quelquefois être appelé, par les circonstances, à faire le sacrifice généreux de sa vie, mais ce grand devoir n'a aucun rappor avec le crime de l'abandon de soi-même.
L'homme est dans rimpuissance de se juger parfaitement lui-même. La condamnation et le mépris absolu de soi sont donc toujours illégitimes, et la négligence ou la fuite de la vie qui pourrait suivre cette condamnation ou ce mépris, serait autant immorale que déplorable.
L'impossibilité de réaliser actuellement aucun bien extérieur ou la contrainte physique de mal faire ne sont elles-mêmes pas des causes
qui puissent justifier le dédain de Texislence, puisque notre véritable devoir est moins telle réalisation extérieure qu'un effort constant^ si stérile qu41 soit, de la volonté pour le bien. En dépit des apparences les plus défavorables, notre devoir peut toujours être rempli devant Dieu.
MORALE. I5i