‹ Théologie de la religion naturelleChapitre 45 sur 51 · M0HAL · texte numérisé non relu

M0HAL

De la politique.

Indépendamment des lois morales qui res-» sortent pour nous de la nature môme des cho*< ses humaines, il y a dans les sociétés des loia particulières qui proviennent des conseils des législateurs particuliers. Il importe de connaître le devoir de Thomme moral vis-k-vis de ces lois.

Un ensemble de familles naturellement amenées à vivre en relation les unes avec les autres, ne peut pas se gouverner complètement lui-môme. Il est forcé de déléguer ou de laisser prendre le pouvoir politique qui lui est propre.

Une nation qui délègue, n'importe de quelle manière, et n'importe à qui, sa puissance gouvernementale, est-elle, devant Dieu, irrévocablement liée par Tautorité qu'elle a instituée en elle ?

Pour qu'une nation fût moralement enchaînée, sans retour, par la délégation ou par la conquête acceptée de son pouvoir politique^ il faudrait que la légitimité de Tautorité politique établie fût en soi indépendante de toute condition. Mais il ne saurait en être ainsi. Une convention librement voulue, suppose nécessairement, pour être morale, des conditions de justice, de fidélité, d'intelligence, que ces conditions soient exprimées ou qu'elles restent sous-entendues.

Il est à craindre assurément qu'une crise politique n'ait des conséquences désastreuses pour la nation qui croit avoir de justes motifs de la fomenter, et ceux qui disposent du pouvoir font généralement bien de prémunir la société contre l'éventualité toujours dangereuse d'un changement brusque et trop radical. Mais la morale naturelle enseigne que les devoirs dô soumission politique ne sont pas absolus et irrévocables devant Dieu, quoique dans les circonstances ordinaires ils soient réels.

La perfection n'étant pas de ce monde, il se-

rait autant arbitraire qu'impraticable d'attendre, pour se soumettre à elle, que les lois sociales fussent prrfaites; il suffit qu'elles ne commandent rien d'opposé aux lois morales proprement dites, pour avoir à les respecter. Ce respect toutefois n'exclut pas le désir pacifiquement actif de leur amélioration ; car les législateurs ne doivent point se flatter de faire des lois invariables pour un être changeant et perfectible comme Thomme.

L'autorité politique est comme tous les pouvoirs de la terre, un véritable devoir pour celui qui en est investi, et elle ne crée pas plus de bon plaisir pour lui qu'une subordination passive pour ceux qui doivent s'y soumettre. Elle n'est qu'un élément supérieur d'harmonie sociale. Toute autorité, même celle des parents et de l'époux, peut être méconnue, ou plutôt cesse d'exister dès qu'une volonté immorale, toujours facile à distinguer,, la guide en ses actions.

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