CHAPITRE m
C'est en vain cpie nous aurions établi la possibilité et la nécessité de la révélation surnaturelle et divine , si nous ne faisions pas connaître les caractères qui la distinguent des supercheries humaines.
Du consentement de tous les hommes , les miracles et les prophéties sont les principaux de ces caractères. Si ces caractères existent véritablement pour confirmer un enseignement quelconque , ou pour prouver la mission de quelqu'un qui se dit envoyé de Dieu , il ne peut plus y avoir aucun doute , soit sur la divinité de cette doctrine , soit sur la mission divine de ceux en faveur de qui elles existent.
Comme les déistes et les rationalistes ne reconnaissent aucune révélation surnaturelle, ils ne reconnaissent pareillement aucun fait surnaturel qui la confirme.
La religion appelée surnaturelle n'est , dans le système des rationalistes, rien autre chose que la religion naturelle ellemême, proposée au nom de Dieu sous une forme positive, avec quekpies additions arbitraires, enveloppées de certains mythes (1) propres à lui donner de l'autorité sur les ignorants.
du nom chrétien! Voilà les beaux fruits que le protestantisme a produits en Allemagne. Mais on fera bien, pour mieux connaître la manière de procéder de ces professeurs, de compulser l'ouvrage d'Aug. Théruer, intit. Histoire du séminaire eccle's., et Journal de Saint-Eusèbe à Rome, Rome, 1834; à la troisième époque , il y fait remonter tout cela à sa source. Il ne faut cependant pas confondre ces protestants rationalistes avec les protestants spiiitualistes, qui retiennent encore la révélation.
(1) Voici ce que les protestants rationalistes modernes entendent par le mot mythe : le mythe, en général, est un récit qui concerne l'histoire ou la religion d'un peuple , dans les temps les plus reculés , récit entièrement fictif, ou im fait ou une opinion philosophique revêtu d'accessoires fictifs et le plus souvent miraculeux. L'ignorance des hommes grossiers, qui ne connaissent ni les phénomènes de la nature , ni les notions de la philosophie , qui se laissent conduu-e par la vivacité de l'imagination , et qui ne saisissent et ne communiquent aux autres les idées qu'autant qu'elles sont enveloppées de récits historiques et symboliques, ont, par ce moyeu, propagé, sustenté ces idées par la tradition, au moyen de ces mythes, dont est enveloppée l'origine des diverses religions, comme l'histoire ancienne de tous les anciens peuples en est pleine elle aussi. Tel est le sentiment de Wegscheider, ouv. cit., cl,
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Ce qui fait qu'ils appellent çà et la, dans leurs ouvrages , les religions mosaïques et chrétiennes arbitraires; et, du côté où elles présentent certains faits et certains récits miraculeux , ils les appellent mythologiques.
Il est facile de reconnaître, d'après ces principes, que ces auteurs n'admettent aucuns caractères qui fassent reconnaître, d*une manière parfaite et adéquate , la révélation surnaturelle et divine. Comme ces protestants de l'Allemagne, qui se fondent sur la Bible , ont admis ce système , il arrive qu'ils ne considèrent tous les miracles que comme des mythes, et que parfois ils cherchent à les expliquer par les lois de la nature, comme nous le démontrerons en son lieu, par des exemples. Pour réfuter ces ambiguïtés et cette impiété , nous allons reprendre cette thèse par sa base ; nous dirons ce que l'on entend par miracles et par prophéties, afin 1° de confirmer la possibilité des miracles et des prophéties, 2° afin d'établir la puissance des miracles et des prophéties comme preuve de la révélation surnaturelle , en faveur de laquelle ils ont été opérés.
Pour ne pas être écrasé par l'abondance des matières , ou au moins pour éviter la confusion , nous diviserons cette thèse en deux articles; dans le premier, nous traiterons des miracles; et dans le dernier, nous parierons des prophéties.