PRÉFACE DES TRADUCTEURS. IH
L'auteur commence ses Prœlectiones par le Traité de la vraie 7'eligion, qu'il divise en deux parties: la première contre les incrédules, et la seconde contre les hétérodoxes. 11 ne se contente pas de suivre ses devanciers, mais, profitant de tous les travaux de la philosophie, de toutes les recherches de l'érudition, il s'ouvre une voie plus large, il attaque au cœur le panthéisme allemand et les erreurs de la philosophie moderne. Dans la seconde partie, après avoir poursuivi les hérétiques, il examine avec une grande sagesse les questions brûlantes de la tolérance religieuse et politique, amenées comme une conséquence nécessaire de nos temps. Il fait la part de la politique et celle de la doctrine, en regardant la tolérance politique comme indispensable et nécessaire dans une foule de cas, et la tolérance de doctrine comme toujours coupable. Viennent ensuite le Traité de Dieu et de ses attributs, celui de la Trinité et le Traité de Dieu créateur, toujours en suivant la même marche dans laquelle il est entré. Dans le Traité de Dieu créateur, il attaque toutes les questions soulevées par la science moderne, le matérialisme et toutes les difficultés nées de la géologie sur la cosmogonie mosaïque; il établit le dogme, et fait ensuite aux opinions la part qui leur convient avec une grande modération. 11 est pourtant à regretter qu'il se soit trop fréquemment appuyé sur l'autorité d'auteurs sans grande portée , de géologues, par exemple, qui n'ont qu'une médiocre valeur scientifique. Cela donne à ses thèses, sur ce point, un certain caractère de faiblesse qui fait contraste avec la force continue du reste de l'ouvrage. Ce reproche retombe plus sur les sources obscures où il a puisé que sur lui-même. Cela tient aussi, sans nul doute, à l'époque
rV PREFACE DES TRADUCTEURS.
OÙ il s'est occupé d'une science trop peu avancée, pour servir d'appui à des vérités mieux prouvées, que les données hypothétiques par lesquelles on osait les atta* quer.
Les Traités de r Incarnation, du Culte des saints s, de la Grâce, avec toutes les questions qui s'y rattachent, sont exposés d'une manière neuve qui répond à tous les prétendus symbolismes de l'Allemagne sur l'existence du 3Iessie, au rationaliste Salvador, ainsi qu'aux autres novateurs de même aloi, aux Juifs qui attendent encore le Messie , en un mot , à tous les rêves du rationalisme et du naturalisme moderne.
L'auteur de la grâce, Jésus-Christ, et la grâce ellemême, conduisent à étudier les canaux que Dieu a institués pour la communiquer aux hommes : viennent donc les Traités des sacrements en général et de chaque sacrement en particulier. Malgré la lucidité, l'exposition complète de tout ce qui tient à la foi dans les sacrements, nous estimons qu'il est regrettable que le savant professeur du Collège romain n'ait pas introduit, dans ses Traités sur les sacrements, les questions si importantes aujourd'hui, des figures des sacrements, soit dans les cérémonies du culte mosaïque, soit même dans les cultes des autres peuples. Il y avait là, nous semble-t-il, deux belles thèses à soutenir : la première, comment l'EgHse, avant Jésus-Christ, portait en figure ce qu'elle possède après lui en réalité. Par là, la chaîne de la tradition eût été étabHe en remontant jusqu'à l'origine, et il eût été facile ensuite de montrer comment tout est perfectionné et consommé en Jésus-Clirist. Par l'autre thèse, il aurait démontré, dans le détail contre les fauteurs du prétendu christianisme humanitaire, que la religion chrétienne