PRÉFACE DES TRADUCTEURS. V
n'a rien emprunté d'essentiel, comme ils le prétendent, aux cultes païens. Ces deux questions rentraient toutà-fait dans Texcellente direction que Fauteur a ouverte.
Il est beaucoup plus complet pour le sacrement de mariage. Là il a traité à fond la difficile question du pouvoir de l'autorité temporelle sur les empêchements au mariage. — Embrassant la thèse qui accorde à l'Eglise seule le droit et le pouvoir de statuer des empêchements, il la défend avec force et combat l'opinion contraire, malheureusement professée en France par quelques théologiens gallicans, dont il expose et discute victorieusement les principes sur ce point.
Comme le but de l'auteur était spécialement le dogme, il a négligé sur les sacrements plusieurs cas pratiques qu'on aimerait à retrouver dans son ouvrage. C'est une nouvelle preuve de l'inconvénient qui se trouve à séparer le dogme de la morale dans l'enseignement.
Le Père Perrone termine son ouvrage par un Traité nouveau dans la forme, et qu'il intitule : des Lieux théologiques. Ce Traité est important, mais il ne nous paraît pas être à sa place. Il est certain que dans l'intention de l'auteur, il devait être au commencement, ainsi qu'il le reconnaît d'ailleurs lui-même. Il y traite de l'Eglise, de son institution, de ses caractères, de ses qualités et de son autorité, du pontife romain, successeur de saint Pierre, de son pouvoir divin, de l'Ecriture, de la tradition, de l'analogie de la raison et de la foi; et dans cette thèse qu'il développe fort au long et avec un grand intérêt, il touche à une- foule de questions pleines d'actualité. Enfin, dans une dernière section, il traite de ce qu'il appelle la Méthodologie, c'est-à-dire, de la fonction, de la charge du théologien, de l'emploi qu'il