‹ Théologie dogmatique (volume 2)Chapitre 5 sur 74 · VI PRÉFACE DES TRADUCTEURS · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DES TRADUCTEURS

doit faire de la méthode, et des instrumeots qui sont à son service. Tout ce Traité mérite d'être attentivement étudié.

Si, en livrant cette traduction au public, nous avons le bonheur de faciliter Fétude de cet ouvrage et d'exciter l'attention la plus sérieuse de ceux qui s'occupent de théologie, nous croirons leur avoir offert un moyen de s'instruire à fond, et de la manière la plus convenable pour nos temps, de la plus nécessaire et de la plus sociale de toutes les sciences. Sans doute, il y a encore quelque chose à désirer. Il nous semble que si les questions étaient plus fortemeni saisies, moins scindées, et peut-être plus logiquement développées, l'ouvrage serait encore plus intéressant. Mais, avoir donné l'exemple, tracé la voie, rempli son plan d'une manière neuve, répondu à un besoin senti par tous , réveillé les esprits en les armant pour le combat présent, c'est avoir rendu un immense service à la sainte Eglise et à ses ministres, et c'est assez pour mériter la reconnaissance et les bénédictions de tous.

Puisse cette voix, partie du pied de la chaire de Pierre, être de plus en plus entendue dans notre France, qui a retrouvé son antique amour pour le Siège apostolique, et pénétrer dans l'enseignement théologique de nos facultés et de nos séminaires, si défectueux sons bien des rapports, et si peu en harmonie avec les besoins du siècle, afin de préparer, pour les luttes des temps présents, des champions armés de toutes pièces el capables de travailler efficacement au triomphe de Iq vérité sur l'erreur.

i/abbé Védrine.

AU LECTEUR BÎENVEILLAiNT.

Ce qui a semblé pouvoir servir d'excuse à saint Augustin, cette grande lumière de l'Eglise, que l'on pourrait presque appeler le père des théologiens, lorsqu'il écrivait son Traité de la Trinilé, auprès de ceux qui pensaient qu'il aurait dû se taire, parce qu'il ne lui était pas donné de s'exprimer aussi clairement et aussi nettement que les autres, lorsqu'il m'est venu en pensée de publier ces leçons de théologie, je me le suis rappelé ; tout en craignant pour leur succès à cause du grand nombre d'hommes illustres qui m'ont devancé dans cette carrière , soit dans les siècles passés , soit de nos jours , j'avouerai pourtant que ces paroles ont été pour moi une grande consolation , un grand sujet d'encouragement, à me hâter le plus possible de conduire à bonne fin ce que j'avais entrepris. « Les livres de tous les écrivains, disait ce saint docteur (1), ne tombent pas entre les mains de tous les hommes, et il peut se faire qu'il y en ait quelques-uns capables de comprendre les nôtres, qui n'en rencontreront pas de plus faciles à entendre , et qui les auront entre les mains. Aussi , est-il bon qu'il y en ait plusieurs qui traitent la même question en des styles divers , tout en gardant la même foi sur les mêmes questions; afin que la même chose soit présentée aux uns » d'une manière et aux autres d'une autre. »

En outre, comme j'ai entrepris le dernier de traiter ces matières, j'ai eu l'avantage de pouvoir puiser abondamment dans les trésors de ceux qui m'ont devancé, afin de combler le vide de mon insuffisance; ce qui a fait que leur nombre et leur haute sagesse, loin de nuire au succès de mon œuvre, n'a fait au contraire que lui donner un nouveau prix et la

(i) De la Trinité, liv. I, chap. 5.

Tni AU LECTEUR BIENVEILLANT.

rendre plus recomniandable aux lecteurs ; car ici , autant que me le permettaient les limites restreintes dans lesquelles je me suis renfermé, je me suis appliqué à présenter, de manière à ce qu'on le saisisse d'un seul coup-d'œil, tout ce que les autres ont écrit de plus exact sur ce point. Mais ce qui a surtout soutenu ma faiblesse ici, le plus doux espoir qui m'ait animé , c'est que peut-être , malgré son imperfection, mon travail pourrait être de quelque utilité à notre très-sainte religion , surtout en ces temps où nous la voyons avec douleur affligée des plus grandes misères, agitée par les flots tumultueux de maux de toute espèce. J'espérais, en«e(Tet , qu'en m'attachant à combattre les opinions perverses des modernes, à démasquer la malice des hérétiques de nos jours, plutôt que les anciennes erreurs, j'obtiendrais un de ces résultats, ou je parviendrais par moi-même à réfréner leur audace et à comprimer leur fureur, ou je porterais à le faire les catholiques doués d'une plus grande puissance de génie et de doctrine, ou je déterminerais les jeunes gens, en les initiant de bonne heure à la connaissance des erreurs modernes, et des besoins présents de l'Eglise, à s'appliquer à l'étude avec plus d'assiduité et à se préparer avec plus de soin à devenir de forts auxiliaires et de robustes champions de cette Eglise. Quand je n'atteindrais que ce dernier but, je serais suffisamment dédommagé de mes travaux; car si on dut désirer dans les siècles passés, on doit surtout désirer dans les temps présents, que, comme le nombre des méchants s'accroît de jour en jour, qu'on les voit s'étendre et s'enraciner plus profondément, on puisse voir aussi comme surgir et se dilater la race des hommes de bien, se propager le suc et le sang des athlètes qui, par la sainteté de leurs mœurs et l'excellence de leur doctrine, sont à la fois et l'ornement et l'appui de cette foi divine et de cette religion qu'ils ont reçues de Dieu. Et il en résultera que si l'Eglise n'a pas la consolation de voir se réparer toutes les pertes que lui fait éprouver et la fureur et le crime d'hommes dévoyés, elle trouvera au moins, cette Ifonne mère, un allégement à ses douleurs dans la piété constante

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