AU LECTEUR BIENVEILLANT. IX
et inébranlable de ses enfants ; et elle se réjouira de voir que l'appui et les consolations que lui donnent ses pieux enfants , croissent en proportion des injures et des vexations de ses ennemis.
Tels sont à peu près les motifs qui, avec quelques instances qui m'ont été faites , ont fini par vaincre ma longue indécision et ma répugnance , et m'ont inspiré la témérité peutêtre de livrer à la presse les leçons que j'avais données jusqu'à présent au Collège romain; j'ai voulu aussi placer ici en tête de mon livre cet avis pour qu'il fut donné à chacun de savoir quel esprit m'avait animé en l'écrivant, et sur quels conseils je l'avais publié. Au reste, quel qu'en soit le sort, qu'il doive être approuvé ou non, au lieu de chercher inutilement à le connaître, d'y chercher un aliment à mon amour-propre , j'aime mieux m'en rapporter à l'équité du lecteur et à l'usage qu'il en fera , commençant toutefois par le confier à la bienveillante providence de Dieu , dont je n'ai ici en vue que la gloire, quel qu'en soit le succès. Comme j'ai commencé par les paroles de saint Augustin , il ne me reste aussi qu'à lui emprunter les paroles par lesquelles je terminerai , priant tous ceux entre les mains de qui il tombera qu'ils sachent que^ parce que je sais connaître les dons de Dieu, je sais aussi reconnaître mes erreurs. Qu'ils ne se donnent donc pas seulement la peine de le lire, mais qu'ils prennent encore la peine de le corriger (1).
(1) Lett. 37, à Simplicien.
PROLEGOMENES