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contrent dans toute l'affaire de la justification, pourquoi n'en serait-il pas ainsi pour la justification elle-même? Il n'est donc pas étonnant, par suite, si nous trouvons ce qui suit, Rom., V, 1 3 : ce Jusqu'à la loi, le péché était dans le monde, mais le » péché n'était pas imputé; » 6. Sagesse, XI, 24 : « Vous
» avez pitié de tous et vous dissimulez les péchés des
» hommes. » 7. Il n'est pas étonnant que l'Ecriture dise même de l'homme justifié, que personne ne peut penser qu'il est juste, V. G, Ps. 142, 2 : « Tout homme vivant ne sera pas justifié y> devant vous; » Job., IX, 2 : « Je sais que l'homme, com- » paré à Dieu, n'est point juste; » et saint Matth., VI, 12, tous les hommes pécheurs et justes doivent indistinctement dire : « Pardonnez-nous nos offenses, » et ailleurs. Tout ceci se concilie parfaitement dans le système des protestants avec les péchés qui subsistent même après la justification , pendant que, dans le système catholique qui soutient la destruction complète du péché, on ne peut pas le faire. Donc :
Rép. 1. D. Le mot justification se prend quelquefois, dans l'Ecriture, selon les formes judiciaires, C. toujours, et surtout dans le cas présent, iV. Les textes que nous avons cités dans les preuves prouvent en effet le contraire. Et si parfois le mot justifie?*, même dans la matière dont nous traitons, s'emploie dans le sens de déclaration, il faut l'entendre alors dans un sens métaphorique, comme signifiant que Dieu produit réellement à l'intérieur ce qui a lieu à l'extérieur sous forme de jugement. Car, lorsque les juges absolvent un coupable présumé, ils déclarent par là même qu'il n'est pas coupable des fautes qu'on lui imputait, car c'est là tout ce qu'ils peuvent faire; mais Dieu, lui, peut rendre juste; quand il déclare qu'un homme est juste, il le rend, par un changement intérieur, tel que la vérité intérieure concorde avec la vérité qu'il déclare extérieurement. Ce que nous dirons par la suite rendra ceci plus évident encore.
Rép. 2. D. Dieu qui justifie, et par l'abolition intérieure des péchés, et par la déclaration extérieure, C. par la seule déclaration extérieure, N.
Rép. 3. Il ne faut pas s'étonner que les écrivains profanes n'aient pas entendu autrement cette expression ou toute autre, parce que, parmi les hommes, il n'y a pas d'autre justification que la justification déclarative ou judiciaire, et qu'ils sont dépourvus de toute idée plus élevée ou intérieure de justification.
Mais il n'y a rien d'extraordinaire à ce que les mêmes expressions aient dans les Ecritures une signification bien plus élevée et bien différente de celle que les écrivains profanes lui attribuent, et cela pour la raison que nous en avons donnée (1).
Rép, 4. D. Les Ecritures n'emploient que des expressions tirées des formes judiciaires pour exprimer l'œuvre entière de la justification, afin d'exprimer en quelque sorte, par des symboles et des emblèmes extérieurs, ce que Dieu opère d'une manière invisible et spirituelle dans l'âme, C. comme consistant dans l'écorce des symboles et des emblèmes, N. Car, comme le monde spirituel et invisible ne peut en quelque sorte se produire à la lumière qu'au moyen d'enveloppe sensible et extérieure, si je puis ainsi m'exprimer, il en résulte que toutes les fois que l'on propose aux nommes une vérité ou une œuvre spirituelle et invisible, on l'enveloppe aussi de quelque forme sensible pour la leur rendre palpable. Il serait facile de le prouver par plusieurs exemples, V. G. Les saintes Ecritures nous représentent la béatitude céleste sous les symboles d'une maison, d'une cité, d'un festin, de mets et de breuvages, et autres choses semblables; l'état glorieux des corps sous l'emblème d'un aigle, dun veau qui bondit de joie, etc. H est inutile, il est même absurde, c'est aussi contre l'enseignement de toutes les lois exégétiques , de prétendre que la béatitude éternelle consiste dans une maison, un festin, etc. On peut en dire autant de la condition des corps glorieux. Mais c'est ce qui arrive aussi pour la justification; pour nous la représenter, pour la mettre en quelque sorte sous nos yeux, l'Ecriture a recours aux figures et aux emblèmes en usage dans les jugements humains; il n'est pourtant permis à personne d'en conclure que Dieu justifie les hommes d'une manière extérieure, comme le font les juges humains. La philologie orientale en fournit aussi une preuve péremptoire, elle qui emploie fréquemment des locutions symboliques et figurées (2). Donc, plus nos adversaires réunissent de phrases
(1) Voy. Bellarm., de la Justif., liv. II, c. 9, n. 18 et suiv., avec les notes justificatives de Vite Erbermann.
(2) Voy. Glassius, Philologie sacrée, éd. Dath et Baver, Leipsig, 1797, t. II, dernière partie de la première partie, c. 3, §§ 49 et suiv., et liv. II, traité 1, c. 7, p. 957 et suiv. Au reste, Winer avoue dans son Lexique manuel hébraïq., en parlant du mot hébreu qui représente le mot justifier, que les anciens Hébreux l'employaient pour exprimer la justice interne, et il le prouve par des exemples. Grotius avait devancé Winer, Prole'g. sur l'e'p. aux Rom.» ainsi
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de ce genre, mieux ils prouvent qu'il ne faut prendre que dans un sens figuré les expressions que les Ecritures emploient en parlant de la justification. Au reste, ces mêmes Ecritures enlèvent tout doute sur la valeur de ce mot, lorsqu'elles enseignent que Dieu efface, lave, enlève, détruit les péchés, etc., ainsi que nous l'avons prouvé plus haut (1).
Rép. 5. D. Le péché n'était pas imputé selon les prescriptions de la loi, ni frappé de peines déterminées et définies, C. il n'était pas du tout imputé, N. La Genèse elle-même nous apprend le contraire; nous y voyons que ceux qui transgressent la loi naturelle sont punis des châtiments les plus rigoureux; tel, V. G. que la destruction de tous les hommes, sauf la famille de Noé , par le déluge 3 et la destruction des Sodomites par le feu, etc.
Rép. 6.2). Il dissimule, en différant d'infliger les punitions prescrites par la loi, pour que les coupables fassent pénitence, C. il dissimule en n'imputant pas, N. Le sens est tout naturel.
Rép. 7. D. A moins que Dieu, par un acte tout gratuit de sa miséricorde, ne pardonne les fautes des hommes en les remettant, C. s'il les remet, N. Or, dans les textes cités et autres semblables, l'Ecriture ne signifie qu'une chose, c'est que personne ne peut se glorifier de sa justice , soit parce que si les hommes sont justes et saints intérieurement, c'est de Dieu qu'ils tiennent cette justice et cette sainteté; soit parce que le plus souvent ils mêlent à leurs bonnes œuvres, à leurs actions pieuses quelque imperfection, provenant soit de leur
que Georg. Bullus, Harmonie apost., diss. 1, c. 1, § 1, où il dit que le mot dicaioun ne signifie pas seulement à la manière des juges, mais que c'est là seulement son sens le plus familier, et qui se présente le premier. Ernest Grabe, cotes sur le 1 c. et surtout sur le § 2 de la dissertation de Bullus, où il faut remarquer en outre qu'il est plusieurs passages de l'Ane .-Test, où les protestants les plus sévères ont pris le mot justifier pour rendre juste intérieurement, tel que Dan., XII, 3; Eccl., XVIII, 22; Ps. 72, 13; Is., LUI, 11. Le même auteur démontre en outre, pour le Nouv.-Test, que ce mot y est pris dans ce sens, non-seulement dans l'Apoc, XXII, 11, mais encore dans l'épître aux Rom., VI, 7. Enfin, les paroles suivantes, Rom., IV, 25 : // est ressuscité pour notre justification, signifient la justice qui demeure en nous, d'après les protestants, comme l'ont enseigné Martin Boër, sur la Genèse, XV, 161; Pierre Martyr, sur l'épît. Rom., IV, et Martin Bucer, sur le même passage. Grabe aurait pu ajouter à ces passages ce qu'on lit, Rom., V, 17, où le mot justice est employé dans le sens moral , comme le prouve clairement le texte ; car l'Apôtre y compare l'injustice résultant de la désobéissance d'Adam avec la justice que nous a acquise l'obéissance de Jésus-Christ; sans nous arrêter aux autres passages.
(1) Voy. Moehler, Sijmbolique, t. I, p. 124 et suiv.
faiblesse, soit de leur nonchalance ou de leur malice, soit parce qu'ils se souillent au moins de péchés véniels, pour lesquels ils doivent implorer la clémence divine, soit enfin parce que, comparée à la justice incommuniquable et essentielle de Dieu, notre justice, quelle qu'elle soit, s'évanouit comme la lumière d'un flambeau devant la lumière du soleil. C'est encore de cette manière qu'il faut interpréter certains passages des Pères , ne voulant pas perdre notre temps à les examiner un à un. Car leur pensée est si bien connue, que nos adversaires l'ont avoué plus d'une fois eux-mêmes, et qu'ils confessent ouvertement qu'ils renoncent à cela (1).
On voit par ce qui précède ce qu'il faut penser de la conclusion de nos adversaires, savoir, si ce que dit l'Ecriture se concilie mieux avec la doctrine catholique, ou avec le système des novateurs. La doctrine catholique ne donne lieu à aucune difficulté; dans le système des novateurs, au contraire, outre que cette doctrine découle d'un principe faux, Dieu déclarerait juste celui qui est impie actu; il ne verrait pas les péchés dans celui qui en est entièrement souillé; il ne pourrait les détruire radicalement par sa toute-puissance, et autres conséquences semblables, non moins absurdes que contraires à la foi, qui en découleraient (2).
PROPOSITION IL
Les impies ne sont pas formellement justifiés soit par la seule imputation de la justice de Jésus-Christ, soit par la seule rémission des péchés; mais ils sont justifiés par la grâce et la charité que le Saint-Esprit répand dans leurs cœurs, et qui demeure en eux; non plus que la grâce par laquelle nous sommes justifiés est seulement une faveur de Dieu.
Cette proposition est de foi; le concile de Trente l'a textuellement définie, sess. VI, can. 10 : « Si quelqu'un dit que les » hommes sont formellement justes par la même (justice de » Jésus-Christ), qu'il soit anathème. » Can. 10 : « Si quelqu'un » dit que les hommes sont justifiés, soit par la seule imputation » de la justice de Jésus-Christ, soit par la seule rémission des » péchés, à l'exclusion de la grâce et de la charité, que le
(1) Voy. Bellarm., pass. cit.
(2) Voy. Moehler, pass. cit.
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» Saint-Esprit répand dans leurs cœurs, et qui y demeure, ou » même que la grâce par laquelle nous sommes justifiés est » seulement une faveur de Dieu, qu'il soit anathème. »
Or, voici comment nous établissons cette vérité de foi contre les erreurs des novateurs, que nous avons énumérées : La justification, d'après les Ecritures, ne consiste pas dans la seule rémission judiciaire des péchés ou dans l'imputation extérieure de la justice du Christ, mais dans un renouvellement intérieur; si ces mêmes Ecritures attestent en termes exprès que, dans la justification, la grâce ou la charité est déversée dans nos cœurs, et qu'elle y est tellement répandue, qu'en recevant en nous l'abondance de la grâce nous sommes régénérés et renouvelés, et que Dieu demeure en nous par sa grâce. Or, c'est ce qu'affirment très-nettement les saintes Ecritures. En effet, l'Apôtre écrit, Rom., V, 5 : « La charité est répandue dans nos cœurs » par le Saint-Esprit qui nous est donné, » et v. 17, il poursuit, parlant des justes : « Recevant l'abondance de la grâce, » des dons et de la justice, ils régneront dans la vie par un » seul Jésus-Christ. » Il dit encore, ép. à Tite, III, 5 : ce H » nous a sauvés par le bain de la régénération et de la réno- » vation du Saint-Esprit, qu'il a largement répandu en nous » par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa *> grâce, nous soyons ses héritiers, selon l'espérance de la vie » éternelle. » Jésus-Christ avait déjà dit lui-même, saint Jean, III, 5 : « A moins que quelqu'un ne renaisse de l'eau et de » l'Esprit-Saint , il ne peut pas entrer dans le royaume de » Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de » t Esprit est Esprit. » Et ibid XIV, 23, il avait affirmé de l'homme juste : « Nous viendrons à lui et nous demeurerons » en lui, » savoir, par la grâce au moins inhérente. Donc :
Parmi les Pères, nous citerons saint Augustin, qui, liv. de ÏEsp. et de la lett., c. 10, parlant de la justification que nous acquérons au moyen de la foi par laquelle on croit en Jésus- Christ, dit : « Mais comme cette foi est dite foi de Jésus- » Christ, non pas qu'il croit par elle, de même cette justice est » appelée justice de Dieu, bien que ce ne soit pas par elle » qu'il soit juste, car l'une et l'autre nous appartiennent; mais r> on les appelle ainsi parce que nous les tenons de la largesse D de Dieu. » Et c. 32, n. 56 : « La charité de Dieu, que l'on ï> dit être répandue dans nos cœurs, n'est pas celle par laquelle )> il nous aime, mais bien celle qui fait que nous l'aimons;
» comme la justice de Dieu est celle par laquelle il nous rend » gratuitement justes, et le salut du Seigneur celui par lequel » il nous sauve , et la foi de Jésus-Christ celle par laquelle il » nous rend fidèles. » Mais le saint docteur revient si souvent sur ces choses, que Calvin avoue lui-même qu'ici il abandonne saint Augustin, « parce que , dit-il , il rapporte la grâce à la » sanctification par laquelle le Saint-Esprit nous donne une » nouvelle vie (1). »
Enfin, le docteur angélique tire de la nature même de la question que nous traitons ici la raison théologique qui suit : Dans l'état présent, il n'y a pas de milieu entre aimer ou haïr Dieu, et c'est le péché qui engendre la haine en empêchant l'effet de l'amour de Dieu; de là, si le péché est effacé, l'effet de cet amour revit nécessairement, et cette affection ou cet amour de Dieu ne suppose pas la bonté dans l'objet qu'il aime, mais il la fait ou la produit; on ne peut par conséquent pas concevoir la rémission du péché sans concevoir l'infusion de la grâce, qui renouvelle l'homme intérieurement, et qui, d'un objet de haine, en fait un objet d'amour (2). Aussi, non-seulement il enseigne constamment que la justification est un certain mouvement et un passage d'un état à l'autre , mais il enseigne en outre de quelle manière cela se fait, en écrivant : « La justi- » fication de l'impie n'est pas successive; mais, selon l'ordre » de la nature, l'une de ces choses est antérieure à l'autre, et » voici l'ordre naturel qui existe entre elles : la première, c'est » l'infusion de la grâce ; la seconde, le mouvement du libre » arbitre vers Dieu ; la troisième, le mouvement du libre ar- » bitre contre le péché ; la quatrième^ c'est la rémission de la » faute (3).
Yoilà ce qui touche au dogme. Mais si on demande quelle est cette grâce par laquelle nous sommes formellement justifiés, est-ce une grâce dite actuelle, ou une grâce habituelle? Pour nous, nous répondons, selon l'enseignement commun des théologiens, que nous tenons pour certain que c'est une grâce
(1) Liv. III, Instit., c. 2, § 15. Ghemnitz avoue aussi que les Pères s'accordent au moins dans leur manière de s'exprimer avec les catholiques; car, Examen du concile de Trente, part. I, il dit : « Nous ne discutons pas sur la manière » dont les Pères acceptent la justification. » Et un peu plus loin : « Je sais, » dit-il, que les Pères parlent autrement; mais il est question de la propriété » des langues. »
(2) 1, 2, q. 113, art. 2.
(3) lbid., art. 8.
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habituelle, et non une grâce actuelle. Or, nous pensons avec Suarez qu'il faut embrasser cette opinion pour les raisons suivantes : L'homme devient formellement juste quand il naît de Dieu et qu'il est constitué fils de Dieu. Donc la grâce par laquelle Dieu l'engendre et l'adopte pour son fils le justifie aussi. Mais la grâce par laquelle l'homme est engendré de Dieu est une grâce permanente et habituelle. Il est dit en effet, 1 saint Jean, III, 9 : « Tout homme qui est né de Dieu ne y> commet pas le péché, parce que sa semence demeure en lui. » Le même saint Jean dit encore, XIV, 23 : « Nous venons à lui » (par la grâce) et nous demeurons en lui. » Cette opinion est en outre confirmée par le concile de Vienne , dont nous avons rapporté plus haut les expressions, et par le concile de Trente, qui, sess. VI, emploie à diverses reprises le mot demeure (inhœret), en parlant de la grâce sanctifiante par laquelle nous sommes justifiés, et il enseigne en outre, c. 7, que la justification est une rénovation intérieure de l'homme, par la susception volontaire de la grâce et des dons de Dieu; cil, il ajoute que la grâce de la justification ne se perd pas par les péchés véniels, et c. 16, qu'il est quelques personnes justifiées qui conservent toujours la grâce qu'elles ont reçue; il pense donc que la grâce justifiante est quelque chose de permanent. Certes, les petits enfants et ceux qui sont toujours privés de raison, reçoivent la grâce et les vertus, et ils ne la reçoivent pas par manière de mouvement les portant à agir, puisqu'ils en sont incapables; donc ils la reçoivent par mode d'état. Quant à cette dernière raison elle est irréfutable (1).
(1) Voy. Suarez, pass. cit. Quant aux passages des Pères que cite Morin, nous répondons que les Pères ne font point mention de la grâce habituelle ou même sanctifiante, parce que ces noms ne furent admis que plus tard; nou3 accordons même que ces Pères n'ont nullement parlé de l'infusion des états ou des qualités, puisque ces locutions n'ont eu cours dans les écoles qu'au siècle suivant, savoir, lorsque la philosophie d'Aristote a eu commencé à y pénétrer. Mais autre chose est discuter sur les mots et les noms, ou sur la manière d'exposer une doctrine, autre chose est parler de la chose elle-même. Or, il est faux que les Pères n'aient pas reconnu un état permanent de justice et de sanctification dans les hommes justes. Il suffit pour cela de jeter les yeux sur les nombreux textes des Pères, que cite Pétau et qu'il commente, de la Trinité, liv. VIII, e. 4, 5, 6, 7, et par lesquels il est démontré que les Pères pensèrent que Dieu habite dans l'àme du juste, qu'il la remplit, qu'il la rend participante de la nature divine, qu'il demeure perpétuellement en elle, etc., que l'àme du juste le perçoit, qu'il devient le temple du Saint- Esprit, etc., et, qui plus est, les Pères ne rejettent pas le mot qualité. C'est ce que l'on voit clairement par la manière dont s'exprime saint Cyrille d'Alex., liv. IX, sur saint Jean, où il dit : « Comment seront-ils participants de la
Objections.
I. Obj. 1 . L'Ecriture atteste en maints endroits que nous ne sommes justes que de la seule justice de Jésus-Christ. 2. Car l'Apôtre dit, Philipp., III, 9 : « Et que je sois trouvé en lui » n'ayant point la justice qui vient de la loi, mais celle qui naît » de la foi en Jésus-Christ, qui est de Dieu et qui est la justice » dans la foi. » 3. Et I Cor., I, 30, il écrit du Christ : « Qui » nous a été donné de Dieu pour être notre sagesse, notre » justice, notre sanctification et notre rédemption. » Or, que l'Apôtre parle de la justice extrinsèque de Jésus-Christ, qui nous est imputée, on le voit 4. par l'antithèse qu'il établit, II Cor., V, 21, lorsqu'il dit de Jésus-Christ : « Puisque celui » qui n'avait pas connu le péché a été traité comme pécheur » pour nous, afin que nous devinssions justes de la justice de » Dieu en lui. » Or, Jésus-Christ ne s'est fait péché qu'extérieurement ; donc nous ne devenons justice de Dieu pareillement en Jésus-Christ que d'une manière extérieure.
Rép. 1. D. A. Comme cause méritoire, C. comme cause formelle, N. Pour qu'on puisse comprendre les Ecritures sur ce point, nous allons citer la doctrine du concile de Trente sur les causes de la justification; voici comment il s'exprime : « Les causes de cette sanctification sont les suivantes : La » cause finale, c'est la gloire de Dieu et de Jésus-Christ et la » vie éternelle; la cause efficiente, c'est Dieu miséricordieux, » qui nous lave et nous sanctifie gratuitement, nous marquant » et nous oignant du Saint-Esprit de promission, qui est le
» nature divine, selon le langage des saints, ceux qui reçoivent le Saint-Esprit, » si on le considère au point de vue des choses créées, au lieu de dire qu'il » procède de la nature divine en nous, non pas toutefois qu'il passe par elle » comme quelque chose d'étranger pour venir en nous, mais bien plutôt, s'il » m'est permis de m' exprimer ainsi, il est en nous comme quelque qualité de » la divinité, et il demeure dans les saints, et qu'il y demeure toujours; s'ils » purifient l'œil de leur âme , et s'ils s'appliquent sans cesse, par la pratique » de toutes les vertus, à conserver la grâce? » Mais on peut consulter le savant homme que nous avons cité. En rejetant même, si on le veut, les mots habituel, état, qualité, dans le sens des péripatéticiens, je ne pense pas que l'on puisse, sans témérité , révoquer en doute l'opinion qui soutient que la grâce sanctifiante est permanente dans les hommes justes. Or, il est insensé de discuter sur les mots quand il s'agit de la chose elle-même. Et quand les scholastiques que cite Morin établissent que la doctrine de la grâce habituelle était inconnue de l'antiquité, ils parlent relativement à la doctrine de l'infusion des états, et non de la permanence de la grâce sanctifiante dans l'homme justifié. Voy. Bellarm., Justifie, liv. II, c. 15 et suiv.
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» gage de notre héritage; la cause méritoire, c'est son Fils » unique et bien-aimé Notre -Seigneur Jésus-Christ, qui, » lorsque nous étions ennemis de Dieu à cause de son amour » infini pour nous, nous a mérité par sa très-sainte passion » sur la croix la justification, et a satisfait à son Père pour » nous ; la cause instrumentale, c'est le sacrement de baptême, » qui est le sacrement de la foi , sans laquelle il n'y a de » justification possible pour personne. Enfin, la seule cause » formelle, c'est la justice de Dieu, non pas celle par laquelle » il est juste lui-même, mais celle par laquelle il nous rend » justes , savoir , celle qui nous renouvelle intérieurement » quand nous la recevons, etc. (1). » De cette manière il ne reste plus d'équivoque , et il est facile d'expliquer les passages de l'Ecriture qu'on nous objecte et une foule d'autres semblables, et d'en connaître la signification véritable et naturelle.
Rép. 2, ou à la première preuve, D. Pour que je sois trouvé juste en n'ayant pas de justice à moi, c'est-à-dire propre et indépendante des mérites de Jésus-Christ, C. propre, c'est-àdire intrinsèque ou inhérente par les mérites et la grâce de Jésus-Christ, N. C'est ce que prouve le contexte, où l'Apôtre oppose la justice légale acquise par les mérites propres à la justice que nous acquérons par la foi en Jésus-Christ à cause de ses mérites.
Rép. 3. ' D. Jésus-Christ nous a été donné pour être notre justification d'une manière efficiente et méritoire, C. d'une manière formelle, N. L'effet est ici, comme en beaucoup d'autres endroits, pris par métonymie pour la cause; tel que Ps. 26. 1, David dit : ce Le Seigneur est ma lumière et mon » salut, » c'est-à-dire la cause de ma lumière et de mon salut.
Rép. 4. D. C'est-à-dire le Père a fait le Christ improprement péché, savoir, qu'il en a fait une hostie pour le péché, C. péché dans le sens propre et formel, N. Car ceci est absurde. Ainsi, nous nions que le Christ ait été fait péché, dans le sens exposé, autrement que d'une manière extrinsèque, car Jésus-Christ s'est réellement fait victime pour le péché. On voit par conséquent que le sens de l'antithèse consiste en ce que, comme nos péchés furent la cause méritoire de la mort du Christ, de même la cause méritoire de notre justification, ce furent les souffrances du Christ.
(1) Sess. VI, C, 7.
II. Obj. 1. L'Ecriture enseigne en plusieurs endroits que nous sommes réputés, constitués, nommés justes. 2. Ainsi, Rom., IV, 5 : « Celui qui croit en celui qui justifie l'impie, sa » foi lui est imputée à justice, » et ailleurs. 3. Le même apôtre dit encore, ibid., V, 19 : « Par l'obéissance d'un seul, » plusieurs seront constitués dans l'état de justice. » 4. De même, saint Jacques, après avoir rapporté dans son ép. II, 23, les paroles de la Genèse : « Abraham crut en Dieu , et sa foi » lui fut imputée à justice, » ajoute aussitôt : « Et il fut » appelé ami de Dieu. » Donc les hommes ne sont pas justes d'une justice inhérente, mais ils ne sont réputés tels qu'en vertu d'une imputation extérieure et dénominativement.
Rép. 1. D. L'Ecriture enseigne en divers endroits que nous sommes réputés justes, etc., parce que la justice qui demeure en nous nous rend réellement tels, C. il n'en est pas réellement de la sorte, et ce n'est que par une imputation extérieure, N.
Rép. 2. D. La foi est imputée à justice, C. la justice du Christ nous est imputée à justice, N. Il ne faut pas, en effet, confondre ces deux choses, puisqu'il y a une différence totale entre la foi imputée à justice , c'est-à-dire acceptée de Dieu gratuitement et réputée de lui comme une disposition actuelle à la collation de la justice (1), et la justice de Jésus-Christ
(1) Voici comment Bernard, de Pecquigny explique les paroles de l'Apôtre dans sa paraphrase, et expose le sens de tout le passage , v. 3 : « L'Ecriture » dit, Gen., 15, Abraham crut en Dieu, et cette foi d'Abraham lui fut im- » putée à justice. » V. 4 : « D'après ces paroles je raisonne ainsi : L'homme » qui fait une œuvre quelconque, reçoit une récompense; elle n'est pas gra- » tuite , mais elle découle de la justice, et elle est comuie quelque chose qui » lui est dû. » V. 5 : « L'homme, au contraire, qui ne fait rien, mais qui croit » seulement en celui qui justifie les pécheurs, quant à cet homme, dis-je, sî » la justice lui est donnée , elle lui est donnée non pas comme une récom- » pense due, mais elle lui est donnée gratuitement et par un propos gratuit » de Dieu, à qui il plaît d'imputer la foi de cet homme à justice ; or, il est » constant, d'après les paroles citées de l'Ecriture, que la justice ne fut donnée » à Abraham que parce que Dieu la lui imputa bénévolement, car c'est ce » que signifie et reputatum est; donc elle lui fut donnée gratuitement, donc » elle ne vint pas des œuvres, mais de la foi; donc nous sommes justifiés » gratuitement par la foi sans les œuvres, nous aussi. » Il démontre ensuite qu'il ne s'agit point ici de la première justification, mais bien de l'accroissement de cette justification. Car lorsque ces paroles de la Genèse furent prononcées, Abraham était déjà juste. Enfin il concilie ce texte de l'apôtre Paul avec le texte de saint Jacques, II, 21, de ce que Paul parle de la foi qui opère par la charité et qui est vivante, pendant que saint Jacques parle des bonnes œuvres qui découlent de la foi, puisque la foi est comme le principe, la mère et l'aliment des bonnes œuvres.
CI1AP. II. DE LA JUSTIFICATION DE i/lMPIE. G61
nous étant formellement imputée à justice. L'Apôtre affirme la première de ces choses, et les novateurs ajoutent l'autre de leur autorité privée.
Rép. 3. D. L'obéissance d'un seul en rend plusieurs justes méritoirement, C. formellement, N. L'Apôtre oppose en effet ici l'effet de la désobéissance d'Adam aux effets de l'obéissance de Jésus-Christ.
Rép. 4. D. Il est appelé ami de Dieu parce qu'il l'était réellement devenu, C. il ne le fut que dénominativement, N» Il est en effet dit, Judith, VIII, 22 : « Abraham fut tenté, il » fut éprouvé par diverses tribulations, et il devint l'ami de » Dieu. » On voit par la réponse à la 2. dans quel sens il est dit dans la Genèse : « Abraham crut en Dieu, et cela lui fut » imputé à justice. »
III. Obj. On nous avertit souvent de revêtir la justice ou la grâce qui nous rend justes, tel que Ephés., IV, 24 : « Revêtez » le nouvel homme, qui est créé selon Dieu dans la justice et » la sainteté de la vérité; » et Ps. 131, 9 : « Que vos prêtres » soient revêtus de la justice; » et encore l'Apôtre, Rom., XIII, 14, écrivait : « Revêtez- vous de Notre- Seigneur Jésus- » Christ; » et Galates, III, 27 : « Qui que vous soyez qui avez » été baptisés en Jésus-Christ, vous vous êtes revêtus de » Jésus-Christ. » Or, un vêtement est quelque chose d'extérieur. Donc :
Rép. D. Min. Le vêtement matériel est quelque chose d'extrinsèque, C. spirituel, iV. La raison qui nous porte à nous revêtir du nouvel homme nous porte aussi à nous dépouiller du vieil homme, c'est-à-dire à nous purifier des souillures intérieures et à renoncer aux mauvaises habitudes. C'est pourquoi, d'après saint Augustin, David et l'Apôtre apportent l'exemple du vêtement, afin de nous insinuer que notre justice ne vient pas de nous, mais qu'elle est un don de Dieu. « Ayez » la justice, dit-il, mais qu'elle vous vienne de la grâce de » Dieu ; que ce soit Dieu qui vous la donne, qu'elle ne soit » pas vôtre. Que vos prêtres, dit-il, revêtent la justice; on » reçoit un vêtement , il ne naît pas comme les cheveux ; les » brebis sont revêtues de ce qui leur appartient (1) . » Il ne faut pas non plus perdre ici de vue ce que nous avons dit de la philologie orientale. Il n'y a pas d'inconvénient à ce que cette
(1) Serm. 15, sur les paroles de l'Apôtre, dans l'édit. Bénéd., 169, c. 9.
justice, dont on dit que nous nous revêtons, soit appelée justice de Dieu, puisqu'on l'appelle justice de Dieu en raison de la cause efficiente, mais non pas en raison de la cause formelle.
IY. Obj. Il faut au moins placer la cause formelle de la justification dans la seule rémission des péchés, 1 . d'après ce qu'enseigne l'Apôtre, Rom., IV, 25, écrivant de Jésus-Christ : « Qui s'est livré pour nos péchés. » C'est par conséquent pour obtenir la seule rémission des péchés. Saint Jean le confirme par ce qu'il dit, I, III, 8 : « Le Fils de Dieu s'est manifesté » pour détruire les oeuvres du démon. » Or, les œuvres du démon, ce sont les péchés. De là il est dit de Dieu, II Cor., V, 19, qu'il se réconcilie le monde en Jésus-Christ, « ne leur » imputant pas leurs péchés, » savoir, les leur pardonnant. L'Apôtre tenait aux Juifs, Act., XIII, 38, le langage suivant : « II vous annonce la rémission de vos péchés, même de tous » ceux dont vous n'avez pas pu être justifiés sous la loi de » Moïse. y> Jésus-Christ nous montre le publicain ne demandant que la seule rémission de ses péchés, par ces paroles de saint Luc, XVIII : « Soyez-moi propice à moi pécheur. » Il ne nous est par conséquent montré justifié, préférablement à l'orgueilleux pharisien, que par la seule rémission de ses péchés. 2. Il faut donc conclure que la doctrine de la justice inhérente et justifiante est injurieuse à Jésus-Chist et opposée à l'humilité.
Rép. N. A. Quant à la première preuve, D. Pour obtenir la rémission des péchés par l'abolition de la faute et la médiation de la grâce sanctifiante intérieure, G. à l'exclusion de la grâce sanctifiante, N. Or, on peut expliquer de la même manière les autres textes que l'on cite et qui supposent toujours que les péchés sont unis conformément à la manière dont Dieu a réglé que cela aurait lieu, manière que nous connaissons par les Ecritures. Sans nous arrêter aux autres preuves, l'Apôtre, Coloss., II, 13, expliquant comment Dieu remet les péchés,
dit : « Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos péchés
» il vous a fait revivre avec lui, vous pardonnant tous vos » péchés, » et en divers autres endroits. De ce que l'Ecriture ne donne pas toujours toute la suite de la justification d'une manière expresse, il ne faut pas en conclure que les saintes lettres n'embrassent pas la grâce intérieure et inhérente, et bien moins encore qu'elles l'excluent. On voit par là ce qu'il
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faut répondre à ce qu'on ajoute du publicain, qui, d'après Jésus-Christ, fut en outre justifié à cause de son humilité, pendant que le pharisien fut rejeté pour son orgueil (1).
Rép. 2. N. Puisque cette doctrine grandit la gloire de Jésus-Christ, mettant en relief ses mérites, qui ne procurent pas seulement une absolution judiciaire extérieure, comme le prétendent nos adversaires, mais bien la remise totale de la faute, en nous faisant revivre, en nous renouvelant par le don de sa grâce. L'hypothèse des novateurs est au contraire souverainement injurieuse à Jésus-Christ, puisqu'elle atténue tellement l'efficacité de ses mérites, que, d'après cela, il semble réellement n'avoir pas pu ruiner les œuvres du démon par la destruction complète du péché et le renouvellement intérieur de l'homme. En outre, l'humilité qui s'appuie sur le mensonge est fausse, puisque l'humilité n'est, si je puis ainsi m'exprimer, que l'expression de la vérité (2) .
ARTICLE II
Dispositions requists pour la justification.
Voici comment la justification s'opère dans le système des novateurs : L'homme qui est essentiellement pécheur et qui est privé de toute espèce d'activité, est plongé dans le péché jusqu'à ce que, terrifié par la prédication de la loi qui lui fait connaître ses péchés, l'Evangile, qui est à sa disposition, lui procure ee qu'il lui faut pour ne pas tomber dans le désespoir; et son cœur, qui est saisi de frayeur, saisit par la foi, qui seule justice, les mérites du Sauveur. Dieu, à cause de ces mérites, déclare ce fidèle justifié, bien qu'en lui-même il ne soit pas réellement juste. Or, bien qu'il soit ainsi réputé innocent et exempt de la peine due aux péchés, le péché originel, avec ses manifestations, n'en persévère pas moins dans l'homme ainsi justifié extrinsèquement. Mais bien que la foi seule justifie, elle ne demeure pourtant pas seule; la sanctification se joint à la foi, et la foi se manifeste par les bonnes œuvres, qui sont les fruits de cette même foi. On ne peut pourtant pas, dans ce système, confondre la justification et la sanctification, car autrement il ne serait plus possible d'avoir la certitude que les
(1) Voy. Thom., 1, % quest. 113, art. C.
(2) Voy. Bell., de la Justif., liv. II, c. 12 et suiv.
péchés ont été remis, non plus que l'on sera sauvé pour l'éternité, certitude qui pourtant est une propriété essentielle de la foi chrétienne, c'est-à-dire de la confiance. Aussi la régénération est-elle l'œuvre de Dieu seul ; l'homme n'y a aucune part active, parce que le Saint-Esprit seul, qui produit l'acte de l'homme, est exclusivement actif. De cette manière la gloire cke la justification revient toute à Dieu, sans que l'homme puisse s'en attribuer la moindre part ; tel est le système des luthériens (1). Les calvinistes tiennent au fond le même système, et ils ne s'en écartent que sur quelques points accessoires, tel V. G. que Calvin prétend que ce n'est pas la foi qui tire l'homme du sommeil du péché, mais qu'il attribue en outre cet effet à l'Evangile; qu'il pense que la pénitence, et par suite la sanctification, est engendrée par la foi, et qu'il veut enfin que la justification ne soit propre qu'aux élus, et quelques autres choses semblables qui lui sont propres, et que nous ferons connaître par la suite (2).
(1) C'est ce qu'ils enseignent dans leur Solide déclaration ,V , de la Loi et de l'Evangile, § 6, p. 678 : « La connaissance des péchés vient de la loi. Pour » une conversion salutaire, il ne suffit pas de cette pénitence qui a seulement » la contrition; mais il est nécessaire d'y joindre la foi en Jésus-Christ, dont » le mérite est offert par la doctrine si pleine de douceur et de consolations » de l'Evangile , à tous les pécheurs repentant , que la doctrine de la loi a » effrayés et terrassés. Car l'Evangile n'annonce pas la rémission des péchés » aux esprits pleins de confiance , mais à ceux qui sont effrayés et qui sont » réellement pénitents. Et pour que la contrition et les terreurs qu'inspire » la loi ne se changent pas en désespoir, pour que la pénitence soit salutaire, » il est besoin de la prédication de l'Evangile. » Il dit encore, Apolog., 6, § 45, p. 87 : « Cette foi dont nous parlons existe dans la pénitence, c'est- » à-dire, est conçu dans les terreurs de la conscience, qui sont la colère de » Dieu pour les péchés, et qui cherche la rémission des péchés et à être dé- » livré du péché. » Apolog. 4, de la Justif., § 26, p. 76 : « La foi nous justifie » donc seule, en entendant, par justification, d'injuste devenir juste, ou être » régénéré. » § 19, p. 72 : « Les cœurs effrayés ne peuvent pas juger, s'ils » doivent penser qu'ils plaisent à cause de leurs œuvres propres, ou à cause » de leur propre amour, ou à cause de l'accomphssement de la loi, parée que » le péché demeure dans la chair, et qu'il nous accuse toujours. » § 25, p. 75 : « L'amour et les œuvres doivent suivre la foi, c'est pourquoi ils ne sont pas » exclus, bien qu'ils ne les suivent pas; la confiance des mérites ou l'amour » des œuvres seule est exclue dans la justification.» Voy. Moehler, Symbolique, p. 95 et suiv.
(2) Tel Calvin, Inst., 1. III, c. 3, § 1, p. 152, éd. cit. : « Le passage de la foi » à la pénitence sera prochain pour nous; parce que ce chef une fois bien » connu, nous verrons mieux comment l'homme est justifié par la foi seule et » un simple pardon ; de manière que la sainteté réelle de la vie ne soit pas » séparée de l'imputation gratuite de la justice, si je puis ainsi parler. Tout le » monde admet que non-seulement la pénitence suit immédiatement, mais » même qu'elle naît de la foi... Il semble à ceux-ci que la pénitence précède
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Partant de principes tout opposés, la justification dans la doctrine catholique progresse tout autrement; voici comment le concile de Trente explique ce progrès : « Il déclare en outre D que le commencement de la justification, dans les adultes, D part de la grâce prévenante de Dieu par Jésus-Christ, c'est-à- *> dire de leur vocation, qui ne vient nullement de leurs mérites *> préexistants , de sorte que ceux que leurs péchés rendaient les ennemis de Dieu, sont disposés, par sa grâce excitante et adjuvante, à se convertir à leur propre justification, en donnant librement leur assentiment et en coopérant à cette même grâce; de sorte que l'homme, lorsque Dieu touche son cœur par l'illumination du Saint-Esprit, ne fasse absolument rien lui-même en recevant cette inspiration; car celui qui peut même la rejeter ne peut pas pourtant se porter, par un acte libre de sa volonté, vers la justice qui est devant lui, sans la grâce de Dieu... (1). Mais ils sont disposés à la justice ellemême lorsque , excités et aidés par la grâce divine , concevant la foi par l'ouïe , ils sont librement portés vers Dieu , croyant que tout ce qu'il a révélé et promis est vrai, et d'abord que c'est Dieu qui justifie l'impie par sa grâce, et par la rédemption qui est en Jésus-Christ, et lorsque, comprenant qu'ils sont pécheurs , la crainte de la justice divine , pour leur bien, les porte à considérer la miséricorde de Dieu en se convertissant; ils raniment leur espérance, ayant la confiance que Dieu leur sera propice par Jésus-Christ, et ils commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, en conséquence, ils commencent à éprouver de la répulsion pour les péchés qu'ils haïssent et qu'ils détestent... (2). La justification accompagne cette disposition ou préparation, qui ne consiste pas dans la seule rémission des péchés, mais qui est encore la sanctification, et le renouvellement de l'intérieur de l'homme par la susception volontaire de la grâce et des dons; d'où l'homme, d'injuste qu'il était, devient » juste, et d'ennemi ami de Dieu, de sorte qu'il est héritier en » espérance de la vie éternelle, etc. (3). »
» plutôt la fin qu'elle n'en découle, comme le fruit de l'arbre ; mais on n'a » jamais connu sa force, et l'arguaient qui porte à admettre cela paraît trop » peu concluant. »
(1) Sess. VI, c. 5.
(2) Ibid., c. 6.
(3) Ibid., c. 7.
On voit par ce qui précède que la doctrine des novateurs s'écarte de la doctrine catholique dans la question que nous traitons ici sur les points suivants : 1. C'est que, comme les novateurs n'admettent aucune activité dans l'homme avant sa justification ou sa régénération, ils en concluent qu'il ne faut de sa part aucune préparation, pendant que les catholiques, qui reconnaissent au contraire que l'homme jouit de son libre arbitre après sa chute, en concluent qu'il lui faut quelque préparation pour se disposer à la justification, lorsqu'il est prévenu de la grâce de Dieu. 2. C'est que, dans le système des novateurs, c'est la foi seule qui justifie, ou qui est l'instrument par lequel l'homme saisit les mérites de Jésus-Christ ou sa justice (1), pendant que, dans la doctrine catholique, outre la foi, il faut encore d'autres dispositions, telle que l'espérance, la contrition, la pénitence, etc. 3. Que la foi qui, dans l'hypothèse des adversaires, justifie, est cette confiance qui fait que quelqu'un est certain que la justice de Jésus-Christ lui est imputée, que ses péchés lui sont remis, c'est-à-dire la peine des péchés, et que Dieu le considère comme saint et innocent en Jésus-Christ, bien que tous ses péchés subsistent intérieurement quant à la coulpe ; pendant que , dans la doctrine catho-
(1) Apolog., 3, 2, 70, il est dit : « La foi ne justifie ou ne sauve pas, parce » qu'elle est par elle-même une œuvre digne, mais seulement parce qu'elle » reçoit la miséricorde promise. » Et dans Form. conc. solid. décl., 684 et suiv., et 688 et suiv. : « Pour la justification il faut : la grâce de Dieu, les mérites » de Jésus-Christ, et la foi qui embrasse ces mêmes bienfaits de Dieu dans la » promesse de l'Évangile; et c'est par ce moyen que la justice de Jésus-Christ » nous est imputée ; ce qui fait que nous obtenons la rémission des péchés, » que nous nous réconcilions avec Dieu, qu'il nous adopte pour ses enfants, » et que nous devenons héritiers de la vie éternelle. » Au reste, l'ill. Moehler expose parfaitement la corélation de la doctrine des novateurs sur la justification avec leur doctrine sur le péché originel. Voici ce qu'il dit, 1. 1, p. 102 : « Il n'est pas moins clair que les luthériens ne peuvent admettre la libre » coopération ; car, selon leur doctrine, le péché originel consiste dans la » destruction de l'image de Dieu ; c'est-à-dire dans l'extinction des facultés » qui seules peuvent agir avec l'Esprit-Saint. Aussi enseignent-ils que la régé- » nération est exclusivement l'ouvrage de Dieu, que l'homme n'y a pas la » moindre part. Déjà, dans la célèbre dispute de Leipsig, Luther soutint cette » erreur contre le docteur Eck; il compare l'homme à une scie, qui, pure» » ment passive sous la main de l'ouvrier, se laisse mouvoir dans toutes les » directions. Plus tard il se plut à l'assimiler à un tronc, à une pierre, à une » statue qui n'a ni cœur, ni yeux, ni oreilles. » Aussi Luther dit-il, sur la Genèse, c. 19 : « Dans les choses spirituelles et divines qui tiennent au salut » de l'âme, l'homme est comme la statue de sel en laquelle la femme de Loth » fut changée; il ressemble même, qui plus est, à un tronc, à une pierre, à » une statue qui manque de vie, qui n'a ni yeux, ni oreilles, ni aucun sens, a> et qui n'a pas de cœur. »
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lique , la foi , qui est le principe , le fondement et la racine de toute justification, est l'assentiment inébranlable à tout ce que Dieu a révélé. Notre tâche consiste donc ici à établir les trois vérités que nous venons d'énoncer, et à réfuter les trois erreurs qui leur sont opposées.
PREMIÈRE PROPOSITION
// faut dans les adultes quelques dispositions préalables pour leur justification y ou la foi seule ne justifie pas.
Cette proposition est de foi, le concile de Trente l'a définie, sess. VI, can. 9, en ces termes : « Si quelqu'un dit que l'impie » est justifié par la foi seule, de manière qu'il entende qu'il » n'est nullement requis qu'il coopère pour obtenir la grâce » de la justification, et qu'il est complètement inutile qu'il s'y » prépare et qu'il s'y dispose par un mouvement de sa vo- » lonté, qu'il soit anathème. » Le concile, comme on le voit, définit par ce canon deux choses ; savoir, d'abord , qu'il y a certaines dispositions requises de la part de l'homme pour parvenir à la justification; secondement, que la foi n'est pas la seule disposition , mais qu'il est encore , outre la foi , quelques dispositions nécessaires. Nous nous proposons donc d'établir ces deux choses dans cette proposition, qui embrasse en même temps ces deux vérités.
Mais avant de démontrer ces deux choses-là, nous ferons les observations préliminaires suivantes, dans l'intérêt de la clarté de la chose dont nous parlons ici : 1. C'est que ces dispositions sont requises pour éloigner les obstacles à la grâce ou à la justification, non pas qu'elles soient proprement méritoires, puisque Dieu accorde gratuitement la grâce sanctifiante en vue des mérites de Jésus -Christ, et par conséquent ces dispositions sont comme la condition sans laquelle la grâce n'est pas accordée, ou elles sont purement ce qu'on appelle mérite de congruo ou d'impétration. Nous ferons observer en second lieu, 2. que ces dispositions, outre la foi qui, de l'avis de tout le monde, est requise pour la justification, sont la crainte, l'espérance, au moins un commencement de charité, la pénitence , et le propos de garder par la suite les préceptes divins, ainsi que l'expose le concile de Trente, passage cité.
Ceci posé, voici comment nous démontrons la première partie de notre proposition : Les Ecritures exigent des adultes,
pour qu'ils puissent être justifiés, la conversion et la pénitence; donc elles exigent quelques dispositions comme condition de l'obtention de la justification. Car il est dit, Ezéchiel, XVIII, 21 : a Si l'impie fait pénitence de tous les péchés dont il s'est » rendu coupable, et s'il garde tous mes commandements, et » qu'il soit juste et équitable , il vivra et il ne mourra pas. » Zach., I, 3 : « Convertissez-vous à moi, dit le Seigneur Dieu, » et je me convertirai à vous. » Que cette pénitence soit requise d'une manière absolue, c'est ce que prouvent les paroles de Jésus-Christ, Luc, XIII, 3 : « A moins que vous ne fassiez » pénitence, vous périrez tous. » C'est pourquoi l'apôtre saint Pierre, Act., II, 38, tenait le langage suivant aux Juifs que sa prédiction avait pénétré de componction : « Faites pénitence, » et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, » pour la rémission de ses péchés. » Il est donc clairement démontré par les Ecritures que, pour que quelqu'un soit justifié, il lui faut quelques dispositions préalables.
Après des textes des Ecritures aussi formels, il nous semble tout-à-fait inutile d'entasser ici des textes pris dans les Pères, qui, d'ailleurs, sont unanimes à admettre cette vérité pour la prouver. Nous nous contenterons d'en citer un seul : c'est saint Augustin, dont les expressions suivantes sont tirées du serm. 15, sur les paroles de l'Apôtre : « Celui qui vous a fait
» sans vous, ne vous justifie pas sans vous Il a fait
» l'homme sans qu'il le sût, il ne le justifie qu'autant qu'il » veut (1). » Le saint docteur, par ces paroles, a embrassé la raison qui ressort de la nature intime de la chose. Car, comme l'impie en péchant s'est volontairement éloigné de Dieu et a résisté à sa grâce , il convient qu'il ne soit réconcilié qu'autant qu'il se convertit volontairement à Dieu.
Quant à l'autre partie de notre proposition, nous démontrons comme il suit qu'elle s'appuie sur l'Ecriture : Les saintes Ecritures exigent pour la justification, outre la foi, les œuvres.
Donc Saint Jacques dit en effet, ép. II, M : ce L'homme
» n'est pas seulement justifié par la foi, mais il l'est encore » par les œuvres. » Et il donne de son assertion la raison suivante : « Savoir, parce que la foi sans les œuvres est morte. » Et l'apôtre saint Paul écrit, Rom., II, 13 : « Ce ne sont pas » ceux qui entendent la loi qui sont justes devant Dieu, ce
(l)Chap. 11, n. 13.
CHAP. II. DE LA JUSTIFICATION DE L'iMPIE. 6G9
» sont ceux qui l'observent qui seront justifiés. » Il dit enfin, Gai., V, 6, expliquant quelle est la foi qui est requise pour la justification : « En Jésus-Christ, ni la circoncision, ni le pré- » puce n'ont de valeur; il n'y a que la foi qui opère par la » charité (1). » Donc, d'après l'Apôtre, la foi seule, qui est stérile si elle est séparée de la charité et des œuvres, ne suffit pas pour la justification, il faut encore qu'elle soit unie à la charité, et qu'elle opère ou soit vivifiée par elle. Par conséquent, Luther n'aurait pas dû rejeter, comme une épître de paille (2), la seule épître de saint Jacques, pour établir son fameux dogme, la foi seule justifie ; il aurait dû rejeter encore toutes les épîtres de saint Paul qui détruisent aussi cette erreur.
De plus, comme l'Ecriture attribue en certains endroits la justification à la foi, il en est aussi d'autres où elle l'attribue à d'autres dispositions. S'il est écrit, Rom., III, 28 : « Nous » pensons que l'homme est justifié par la foi, » il est aussi
(1) L'auteur fait observer ici que le mot grec qui représente le mot opérer, est pris dans un sens purement passif, et non pas dans un sens actif, et qu'il signifie la même chose que mû, poussé par la charité ; on peut aussi consulter Bellarm., de la Justif., c. 4, n. 2.
(2) Tel Luther, dans une ancienne préf. de l'éd. de Wittemberg, de l'an 1525; quoique les éditions modernes des œuv. Luth, ne contiennent pas les expressions par lesquelles il qualifiait d' épître de paille cette épître de saint Jacques, comparée aux épîtres de Pierre et de Paul, et où il affirmait qu'elle n'avait point l'empreinte du cachet évangélique. C'est pourquoi Witaker et les autres critiques qui avaient traité le jésuite Gampian de calomniateur, parce qu'il attribuait ces expressions à Luther, les retrouvèrent eux-mêmes par la suite dans les anciennes éditions de ses œuvres. Bayle rapporte la chose tout au long dans son Dict. crit., art. Luth., Rem., 0. P. Althamer et les centuriateurs de Magdebourg ont suivi Luther dans cette voie. Wetstein, après avoir rapporté ces paroles de Luther : « Je ne dissimulerai ma pensée » à personne ; je dirai purement que je ne pense pas que l'épître de Jacques » soit un écrit apostolique, par la raison que d'abord elle attribue directement, » contre Paul et toute l'Ecriture, la justification aux œuvres; enfin ce Jacques » confond et brouille tellement les choses, qu'il me paraît être quelqu'un de » simple et de crédule, qui a entendu quelques paroles des disciples des » apôtres, et qui les a confiées au papier, etc. » Après avoir, dis-je, cité ces paroles, il dit : « Car si Jacques était en contradiction avec Paul, ce n'est pas » Jacques qui enseigne ouvertement ce qu'enseigne la loi de la nature, ce » qu'enseigne partout l'Ecriture, ce que Paul, lui aussi, répète si souvent, » mais les épîtres dans lesquelles est contenu un dogme qui est en contra- » diction avec les autres, qu'il faudrait rejeter. Mais si l'on examine bien la » chose, il n'y a pas de contradiction entre Paul et Jacques, puisque Jacques » parle de la loi de nature et de la loi de Jésus-Christ, pendant que Paul parle » de la loi de Moïse. » Voy. Rosenmuller, schol. sur l'ép. de Jacq. Voy. aussi Michaëlis, Introd. N. T., Genève, 1822, t. IV, c. 25, sect. 2 et sect. 6. C'est donc à tort que quelques rationalistes pensent que le but de Jacques était de réfuter Paul.
écrit, Eccl., I, 28 : « Celui qui est sans crainte ne peut pas » être justifié; » et Prov., XXVIII : ce Celui qui espère dans » le Seigneur sera guéri ; » et I Jean ? III, 14 : « Celui qui » n'aime pas demeure dans la mort; » passant sous silence d'autres textes cités précédemment, et où la justification est attribuée à la pénitence. Donc, comme dans les passages de l'Ecriture où il est fait mention de la crainte seule, de l'espérance, de la charité, de la pénitence, etc., la foi n'est pas exclue, lorsqu'il s'agit de la justification, de même, lorsqu'il est fait mention de la foi seule, la crainte, l'espérance, etc., ne le sont pas non plus.
Les Pères de l'Eglise semblent avoir écrit à dessein pour réfuter ces novateurs; car saint Jean Chrysostôme dit, hom. 64, sur saint Matth. : « A moins que notre vie ne soit digne de » notre foi, nous encourrons les châtiments extrêmes (1). » Et saint Augustin, serm. 16, c. 6, sur les paroles de l'Apôtre : « L'homme , dit-il , commence par la foi ; mais les démons ,
» eux aussi, croient et tremblent Joignez donc à la foi
» l'espérance et joignez à l'espérance la charité (2). » Et
serm. 27, c. 1 : « La maison de Dieu, écrit-il, est fondée par » la foi, elle est édifiée par l'espérance, et elle est perfectionnée » par l'amour. »
Enfin, le système des novateurs est entaché de fausseté, 1 . parce qu'on y suppose à tort que la foi, que l'on considère comme l'organe et l'instrument au moyen duquel on s'applique la justice de Jésus-Christ ; n'est autre chose que la confiance, ce qui pourtant est faux , comme nous le démontrerons bientôt (3). 2. En ce que nos adversaires posent comme une chose positive que cette foi justifiante est aussi différente de quelque vertu que ce soit , et surtout de la charité , que le ciel l'est de la terre, ce qui est aussi faux, puisque les autres vertus en découlent, surtout la charité, qui naît de la foi, pour parvenir
(1) N. 4, t. VII, œuv., p. 640.
(2) Tout ce chapitre est consacré à démontrer, d'après l'Apôtre, que la foi vive, qui est distincte de la foi des démons, est celle qui opère par l'amour. 11 dit à peu près la même chose, serm. 53, c. 10, n. 11. Le saint docteur y écrit entre autres choses ce qui suit : « Il faut distinguer notre foi de celle » des démons. Car notre foi purifie le cœur, pendant que leur foi les rend » coupables... Telle n'est pas la foi quipurilie le cœur. Purifiant leurs cœurs » par la foi, dit-il. Mais par quelle foi, quelle est cette foi, si ce n'est pas » celle que définit l' Apôtre , lorsqu'il dit : La foi qui opère par l'amour ? »
(3) Voy. Bellarm., de la Justifie, liv. I, c. 18.