CIIAP. II. DE LA JUSTIFICATION DE L'IMPIE
pourquoi les luthériens ne jouissent que de la moitié du privilège de l'impeccabilité , ou plutôt de l'immunité.
Or, les saintes Ecritures prouvent expressément que cette théorie des novateurs est absurde et impie, et elles la réfutent pleinement. Elles avertissent continuellement, en effet, les justes de ne pas déchoir de la justice ; elles déclarent, par suite , que tous ceux-là se rendent coupables, qui se souillent par le péché lorsqu'ils ont été justifiés; et enfin elles nous montrent plusieurs justes, soit réprouvés, soit prédestinés, souillés des plus grands crimes et devenus les ennemis de Dieu.
C'est ce que prouvent d'abord les paroles de Jésus-Christ, Matth., XXVI, 41 : « Veillez et priez pour ne point entrer en » tentation; » les paroles de l'Apôtre, I Cor., X, 12 : » Que » celui qui pense être debout prenne garde de ne pas tomber ; » et Rom., XI, 20 : « Vous vous tenez ferme appuyé sur votre » foi, mais prenez garde de vous élever, et craignez, etc. »
C'est encore ce que prouvent les paroles d'Ezéchiel, XXXIII, 12 : « Le juste ne pourra pas vivre dans sa justice en quelque » jour qu'il pèche; » et v. 23 : « Quand même je dirais au » juste qu'il vit de la vie, et que, plein de confiance en sa » justice, il commette l'iniquité, toutes ses justices seront » plongées dans l'oubli, et il mourra dans l'iniquité qu'il aura » commise. »
C'est ce que prouvent, en troisième lieu, les exemples des mauvais anges, d'Adam, de Saùl, de David, de Salomon, de Pierre, de Judas et autres, qui, tous justes d'abord, péchèrent gravement, au témoignage de l'Ecriture; dont quelques-uns moururent dans leurs péchés, et les autres purifièrent leurs fautes par leurs larmes continuelles (1).
Nous ne citerons de tous les Pères que saint Augustin seul, qui pose comme un principe admis de tous la doctrine catholique que nous défendons ici; tel que liv. de la Correct, et de la grâce, où il s'applique tout entier à démontrer que l'homme, « s'il est déjà régénéré et justifié, et que, par sa volonté, il » s'abandonne à une vie désordonnée, il faut le reprendre, » parce qu'il a perdu la grâce qu'il avait reçue en se précipi- » tant dans le mal par son libre arbitre (2) ; » c'est aussi ce
Et pourtant, que d'hommes ont confié à de tels guides l'affaire de leur salut éternel!
(1) Voy. Bellarm., de la Justif., liv. III, c. 14.
(2) Voy. surtout c. 6 et suiv.
qu'il dit en divers autres endroits. C'est ce que confirment les saints Cyprien, Ambroise, Pacien, Augustin et tous les autres qui s'appliquèrent à défendre, contre les montanistes et les novatiens, la doctrine catholique sur le pouvoir que Jésus- Christ a donné à l'Eglise de remettre les péchés, quels qu'ils soient, qui ont été commis après le baptême. C'eût été en vain qu'ils eussent défendu ce pouvoir contre ces sectaires, si l'erreur de l'inamissibilité de la justification, que nous combattons ici, avait eu déjà cours dans l'Eglise.
On prouve enfin la vérité de la doctrine catholique par les absurdités qui découlent de l'hypothèse de nos adversaires, et que relève Grotius, dans la Discussion de l'apologie de Rivet : « Le cœur chrétien, dit-il, doit avoir horreur des dogmes qui » nuisent à la piété, tel qu'est le suivant, que quelques » hommes ont soutenu : Péchez fortement , mais croyez plus » fortement, et cent homicides et mille fornications ne vous » feront aucun mal. Ce sont là les fruits naturels de ce dogme, » que chacun doit croire que la justice de Jésus-Christ lui est » imputée comme si elle lui venait de lui-même; qu'il doit » être certain de persévérer; que le salut lui est promis et » réservé d'une manière absolue ; que les péchés des fidèles, » quelque grands qu'ils puissent être, ne leur sont pas imputés » à cause de leur foi en Jésus-Christ; qu'ils peuvent com- » mettre le crime de lèse-majesté, l'homicide, l'adultère, etc., » et tenir néanmoins pour certain qu'ils ne pourront jamais » déchoir totalement et finalement de la charité paternelle de » Dieu envers eux (1). » Cette doctrine des pseudo-réforma-
(1) Pag. 217. C'est aussi à cela que se rapporte ce que Leibnitz écrit dans son Système théologique, page 46 : « Il ne faut pourtant pas s'imaginer que » la volonté que Dieu a de sauver les hommes et les mérites de Jésus-Christ , » ou au moins la grâce efficace, n'appartienne qu'aux seuls élus, savoir, à ceux. » qui obtiennent ce grand don de la grâce de la bienheureuse persévérance » finale. Car Jésus- Christ est mort pour tous les hommes; et la grâce efficace, » la conversion réelle et la régénération par l'Esprit de Dieu, qui fait que » nous devenons enfants de Dieu, peut être accordé à plusieurs qui ne per- » sévéreront pas; et je ne vois pas ce qui a pu pousser certains savants à » soutenir ces grands paradoxes dont ils rejetaient avec horreur le sens intime » et les conséquences, savoir, comme de prescrire des lois à Dieu, de régler » l'économie de la grâce divine comme ils l'entendent, et de penser que celui » qui ne persévérera pas ne reçoit pas réellement la grâce et l'Esprit-Saint , » que quelque chose qu'il fasse, quelque pieux qu'il soit, quelque bien iuten- » tionné qu'il soit à ses propres yeux et aux yeux des autres; pendant que celui, » au contraire, qui est élu et qui fera une pénitence finale réelle, est agréable » à Dieu et conserve en lui l'Esprit-Saint , quels que soient les homicides » ou les adultères qu'il commette. Ces dogmes sont nouveaux et dangereux
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teurs n'a pas été attaquée avec moins de vigueur par une foule d'autres sectaires (1). Et certes, ni Jésus-Christ ni les apôtres n'enseignèrent de semblables choses.
Objections,
I. Obj . L'Ecriture nous atteste ça et là que la charité , ou la grâce sanctifiante, est inextinguible , qu'elle ne peut être vaincue, et qu'on ne peut jamais la perdre, non plus que la foi, par conséquent, puisque la charité ne peut pas exister sans la foi. Ainsi il est dit, Cant., VIII, 7 : « Les grandes eaux ne » purent pas éteindre la charité, non plus que les fleuves » l'étouffer. » Jésus-Christ dit aussi, saint Jean, IV, 13 : « Celui qui boira de l'eau que je donne n'aura plus soif pen-
» dant l'éternité; mais il naîtra en lui une source d'eau
» vive pour l'éternité (2). » C'est pourquoi l'Apôtre écrit, Rom., VIII, 38 : « Je suis certain que ni la mort ni la vie
» quand même ils seraient excusables, je ne vois pas sur quels fondement ils » reposent, ou quel en peut être l'usage pour l'édification... Si l'on rencontre » quelque part des locutions qui semblent favoriser des opinions si crues , » il vaut mieux les tempérer en les comparant à beaucoup d'autres, que d'en » augmenter la rigueur en les interprétant dans leur sens le plus sévère, et il » semble plus digne de Dieu, qu'il donne une grâce temporaire et révocable, » mais éclatante, qu'une grâce perpétuelle et inamissible, mais qui est pleine- » ment submergée , et qui subsiste avec un tel état si déplorable de l'âme, » et avec les plus grands crimes. Mais ces auteurs ne firent pas attention que » cette doctrine qu'ils exécraient découle nécessairement du principe fonda- » mental de la doctrine même des réformés relativement à la justification » extrinsèque et objective. »
(1) Les anabaptistes invectivèrent violemment contre la doctrine luthérienne de la justification. Elle fut aussi repoussée par les quakers, les méthodistes, etc., pendant que les rationalistes, par suite d'une espèce de réaction contre la doctrine primitive des protestants, tombèrent dans l'erreur opposée. Rejetant la nécessité et de la foi et de la grâce, ils ne font reposer l'affaire du salut que sur les seules œuvres faites d'une manière honnête, c'est-à-dire qui n'est le fruit ni de la loi ni de la grâce. Voici en effet ce qu'écrit Wegscheider, § 155 : « Il a eu pour principe (le dogme de la justification), les notions an- » thropopathiciennes des âges d'ignorance, et le soin que l'on mit à combattre » et réfuter des opinions certaines, qui paraissaient être vieillies. C'est pour- » quoi il contient certaines choses qui sont assez en rapport avec le temps » où il parut et où il fut soutenu par les correcteurs des livres saints contre » les décrets des pontifes, et qui le sanctionnèrent par la suite ; mais il n'est » nullement en rapport avec les préceptes purs de l'Evangile, etc. » Schwedenborg, ouv. cit., les Merveilles du ciel et de l'enfer, trad. du lat., Berlin, 1782; il montre que pour cela Luther et Mélanchthon ont été précipités dans les enfers ; et p. 481, il fait ainsi parler Luther s « C'est pourquoi je ne m'étonne » pas que j'ai erré, mais je m'étonne qu'un seul homme, en délirant, en ait fait » délirer tant d'autres. »
(2) Dans le texte grec, v. 14.
» ne pourra me séparer de la charité de Jésus -Christ; » et I Cor., XIII, 8 : « La charité ne meurt jamais. » Donc :
Rép. D. Antéc. En soi, conc. en nous, je subdist., à moins que nous voulions, C. autrement, N. On voit par là quel est le sens des textes cités. S'il n'en était pas ainsi, on ne lirait pas, dans l'Apocalypse, II, 4 : ce J'ai contre vous que vous êtes y) déchu de votre charité première. Souvenez- vous donc d'où » vous êtes tombé; » et Galat., V, 4 : « Vous êtes déchu de » la grâce. » C'est pourquoi, tant que l'on possède la charité, on n'a à craindre ni les eaux des tribulations ni les adversités, quelles qu'elles soient; tant qu'on possède la charité, on n'a pas soif, puisque celui qui la possède a en lui une source d'eau vive; tant que l'on possède la charité, rien ne peut nous séparer de la charité de Dieu; la charité, par elle-même, ne se perd jamais, mais nous pouvons, nous, déchoir de la charité, nous pouvons la perdre (1).
IL Obj. Les élus, au moins, ne pourront point déchoir de la charité. 1. L'Apôtre dit, Rom., VIII, 30 : « Ceux qu'il a » justifiés il les a glorifiés; » 2. David affirme aussi, Ps. 36, 24, du juste : « Quoiqu'il tombe, il ne se fera pas de mal. » 3. Aussi est-il écrit, 1 saint Jean, III, 9 : « Quiconque est né » de Dieu ne pèche pas, parce que sa semence demeure en lui, » et il ne peut pas pécher parce qu'il est né de Dieu. » C'est ce que confirment les paroles suivantes du c. 5, 1 8 : ce Nous » savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais la » génération de Dieu le conserve, et l'esprit malin ne le » touche pas. » 4. Aussi le même apôtre, parlant des réprouvés, dit-il, ibid., II, 19 : « Ils sont sortis d'entre nous, » mais ils n'étaient pas de nous; car s'ils avaient été de » nous, ils auraient demeuré avec nous. » Donc, ceux qui pèchent furent réprouvés, et ils ne furent jamais justifiés.
Rép. N. Antéc. Quant à la première preuve, D. C'est-à-dire il les a magnifié, ou il rend glorieux dans cette vie, C. il les a glorifiés dans l'autre vie, je subdist., parce qu'il prévoyait qu'ils persévéreraient jusqu'à la fin, C. absolument et comme le pensent les novateurs, N. Les Pères interprètent ce passage de deux manières : les Pères grecs et quelques Pères latins l'entendent de la glorification qui a lieu dans cette vie par la vocation de ceux que Dieu adopte pour ses enfants, et par les
(1) Voy. Bellarm., pass. cit., c. 15.
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autres dons dont il les comble , comme le donne à entendre le mot grec édos asé, il les rend célèbres, grands et glorieux, ou, comme le traduit saint Ambroise, magnifique; en admettant ce sens, la difficulté disparaît. La plupart des Pères latins, néanmoins, entendent, avee saint Augustin, ce passage de l'Apôtre de la prédestination à la gloire dans l'autre vie, et nous répondons, d'après cette interprétation, que Dieu les a glorifiés, soit en supposant la prescience de la persévérance finale dans la grâce, de laquelle, bien qu'appelés, ils purent déchoir; soit en supposant la connaissance préalable d'une faute de laquelle ils doivent relever infailliblement les élus, en vertu de la miséricorde divine (1); et, dans ce cas encore, il n'y a plus de difficulté.
Rép. 2. N. Il est en effet ici question des tribulations que les justes éprouvent ici-bas, et qui néanmoins ne les abattent pas, parce que Dieu le soutient de son bras (2).
Rép. 3. D. Celui qui est né de Dieu ne pèche pas tant qu'il conserve la semence ou la génération de Dieu , C. mais si le juste repousse cette semence de Dieu et cette génération, N. Autrement saint Jean n'eût point écrit, dans la même épître, III, 7 : « Mes petits enfants, ne vous laissez séduire par per- » sonne; » et : « Je vous écris cela pour que vous ne péchiez » pas. » Aussi est-ce avec raison que saint Jérôme, liv. II, cont. Jov., qui était infecté de la même erreur, lui adresse cette question : « Si celui qui est né de Dieu ne pèche pas, le » diable ne peut le tenter ; comment leur a-t-il donc recom- » mandé de veiller à ce qu'ils ne soient pas tentés (3) ? » Et saint Augustin, Comm. sur la I épître de saint Jean, dit du juste : « En tant qu'il demeure en lui (Jésus-Christ), il ne » pèche pas (4). » Il faut donc prendre ces passages et autres semblables dans le sens dit réduplicatif, et non dans le sens absolu (5).
(1) Voy. Bernard, de Pecquigny, sur ce passage.
(2) Voy. Lorin» et môme, qui plus est, RosenmuUer lui-même, à l'occasion de ce passage.
(4) Traité 4, n. 8.
(5) Nous confirmerons cette réponse par l'autorité de saint Jérôme qui, pass. cit., explique ainsi les paroles de saint Jean, que nous objectent maintenant les novateurs, et que Jovinien objectait autrefois : « A cause de cela, » dit-il, je vous écris, mes petits enfants: Quiconque est né de Dieu ne pèche o pas, pour que vous ne péchiez pas, et que vous sachiez que vous demeure*
Bép. 4. D. Ils n étaient pas de nous selon la prédestination éternelle, C. ils n'étaient pas de nous selon la sanctification temporelle, N. Telle est la manière de l'entendre de saint Augustin, qui dit ce qui suit dans le livre du Don de la persév. : « Que veut dire cela, je vous le demande, ils n'étaient » de nous? N'ont-ils pas été appelés de Dieu les uns et les » autres, et n'ont-ils pas suivi celui qui les appelait; n'ont-ils » pas été justifiés les uns et les autres d'impies qu'ils étaient; » n'ont-ils pas été renouvelés et régénérés par les eaux du » baptême? Mais s'il entendait cela, celui qui savait ce qu'il » disait, il pourrait répondre et dire : Ces choses-là sont vraies, » ils étaient de nous en tout ceci ; mais il y avait aussi une » autre chose selon laquelle ils n'étaient pas de nous (1). »
III. Obj. Les Pères enseignent que les réprouvés ne furent jamais justifiés, et que les justes ne peuvent jamais déchoir de la justice. 1. Car saint Grégoire-le-Grand enseigne, Moral., liv. XXXIV, c. 15, que les réprouvés n eurent jamais une véritable sainteté aux yeux de Dieu; 2. et saint Léon-le- Grand, adressant la parole à saint Pierre, dit : « Le Seigneur » vit que ce n'était point la foi qui, en vous, avait été vaincue, » ni l'amour détourné de sa voie, mais seulement la constance » qui avait été ébranlée (2). » 3. Saint Bernard parle aussi dans le même sens du même apôtre, de l'Amour de Dieu, liv. II, c. 4 : « Pierre, en péchant, ne perdit point la cha- » rite... comme quand David pécha, il ne perdit pas la cha- » rite. » C'est aussi ce que nous insinue la raison elle-même; 4. en effet, si les élus venaient à déchoir de la justice à un moment donné, ils seraient en même temps pour Dieu un objet de haine et d'amour; ce qui répugne. Donc :
Rép. N. Antéc. Quant à la première preuve, D. les réprouvés, c'est-à-dire les faux justes, dont parle ici saint Grégoire, C. les réprouvés simplement, N. Il ajoute en effet : « Car souvent l'homme est secrètement coupable de péchés » nombreux, pendant qu'il paraît très -vertueux sur un » point (3). »
» dans la génération de Dieu tant que vous ne pécherez pas. De plus môme, » ceux qui persévèrent dans la génération de Dieu, ne peuvent pas pécher. » Voy. Bellarm., pass. cit., c. 15.
(2) Serm. 40 ; et de la Passion, 9, édit. Ballerin.
(3) Ibid., n. 29, où il poursuit en ces termes : « Cette vertu s'évanouit aussi
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Rép. 2. D. En tant que saint Pierre ne pécha pas directement contre la foi ou contre la charité, C. en tant qu'il ne pécha pas au moins indirectement contre ces vertus dans la crainte des hommes, N. Le contexte et le but même de saint Léon prouvent que telle a été sa pensée dans les paroles citées (1).
Rép. 3. N. Puisque les critftjues reconnaissent que cet ouvrage, que l'on citait comme étant de saint Bernard, est un ouvrage apocryphe (2). Et le passage cité de cet auteur doit s'expliquer de la même manière que celui de saint Léon.
Rép. i. D. Que ces élus qui sont déchus de la justice soient l'objet de l'amour et de la haine de Dieu sous divers rapports, C. sous le même rapport, N. En effet, les élus, en tant qu'ils sont actuellement pécheurs, sont les ennemis de Dieu, d'après ce passage de la Sagesse, XIV, 9 : « Le Seigneur hait l'impie » et son impiété ; » mais en tant qu'ils sont élus, Dieu les aime relativement à la collation de cette grâce, que Dieu a résolu de leur donner pour qu'ils quittent l'état de péché, et qu'ils acquièrent par cette grâce la justice pour y persévérer jusqu'à la fin.
» en naissant; parce que les hommes la louent en la voyant, et qu'il la con- » voitent, cette louange. Ce qui fait que cette vertu même, aux yeux de Dieu, » n'en est pas une, puisqu'elle cache ce qui déplaît, tout en faisant connaître » ce qui plaît. » Au reste, le saint docteur ne dit pas un mot des réprouvés.
(1) Car, évidemment, saint Léon suppose cette chute de Pierre; il ajoute en effei, aussitôt après : « Bienheureuses, saint apôtre, furent tes larmes, j> puisqu'elles eurent, pour effacer ton reniement, la puissance du haptême! » Le Seigneur Jésus-Christ te présenta sa main droite pour te soutenir, avant y> que tu ne fusses entièrement tombé. »
(2) Voy. œuv. S. Bernard, édit. Mabillon, vol. II, p. 244 et suiv. L'illustre éditeur prouve que ce livre ou ce traité de la Nature et de la dignité de l'amour a été écrit par Guillaume, abbé. Au reste, cet auteur écrit dans le même sens que saint Léon.
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