‹ Théologie dogmatiqueChapitre 53 sur 69 · DU MERITE · texte numérisé non relu

DU MERITE

Le juste qui est sanctifié par la grâce intérieure habituelle qui est inhérente à sa personne, devient non- seulement héritier de la vie éternelle à laquelle il a droit et dont il porte en luimême le gage certain , mais il est en quelque sorte implanté sur Jésus-Christ, comme parle l'Apôtre (1); il se l'est, pour ainsi dire, inoculé, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi, et il fructifie pour Dieu par les bonnes œuvres qu'il fait. L'Apôtre énumère ces fruits, disant ; « Mais les fruits de l'Esprit sont : » la charité, la joie, la paix, la patience, l'humanité, la bonté, » la persévérance, la douceur, la foi, la modestie, la conti- » nence et la chasteté (2). » Car la grâce sanctifiante est comme la semence et le germe de la vie éternelle, qui se développe dans le cœur du juste et se traduit extérieurement en œuvres saintes, au moyen desquelles il croît dans la sanctification qu'il a acquise ; il perfectionne de plus en plus la couronne de justice qui lui a été promise, lui ajoute de nouveaux fleurons et la rend plus précieuse. Or, c'est dans ces actes faits dans la justice que consiste la raison du mérite, qui commence par la collation gratuite de la grâce, soit actuelle, soit sanctifiante, par les mérites de Jésus-Christ, et se termine à la vie éternelle en coopérant fidèlement aux grâces subséquentes que le juste acquiert dans cet état. Voilà quelle est la doctrine catholique.

Dans le système des novateurs, il en est tout autrement. Car, comme dans leur hypothèse la justice du Christ saisie par la foi est toute extérieure et imputative, et qu'elle ne pénètre point l'intimité du cœur, il s'ensuit qu'elle ne sanctifie point le

(1) Rom., VI, 5.

(2) Galat., V, 22 et 23.

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