‹ Théologie dogmatiqueChapitre 61 sur 69 · C1IAP. II. EXISTENCE DU MÉRITE · texte numérisé non relu

C1IAP. II. EXISTENCE DU MÉRITE

que saint Ililaire et saint Augustin, et les autres avec eux (1). Donc :

Rép. N. A. Car, ou les Pères parlent du principe gratuit de nos mérites, savoir de la grâce et de la promesse gratuite de Dieu, ou ils parlent des mérites naturels contre les pélagiens, ou de la proportion de durée qui est nulle, comme nous le dirons bientôt.

V. Obj. Pour qu'il y ait mérite réel, il faut qu'il y ait proportion entre l'œuvre et la récompense. Or, il n'y a pas de proportion entre les œuvres des justes et la vie éternelle, car l'Apôtre dit, Rom., VIII, 18 : « Les souffrances de la vie pré- » sente n'ont pas de proportion avec la gloire qui sera un jour » manifestée en vous. » 2. Personne, en outre, ne peut aimer Dieu par-dessus toutes choses et d'une manière parfaite. Donc personne ne peut mériter.

Rép. 1. D. Min. Il n'y a pas de proportion de durée et d'égalité d'une chose à l'autre entre les œuvres des justes et la gloire éternelle , telle que l'exige la justice commutative , C. il n'y a aucune proportion de dignité et de mérite, en supposant la promesse, telle que l'exige la justice distributive, N. En effet, entre les œuvres faites avec le secours de la grâce sanctifiante et la gloire , il y a la proportion qui existe entre la semence et l'arbre, surtout si on ne perd pas de vue la promesse gratuite de Dieu (2) . Aussi saint Augustin dit-il : ce Nous pouvons donc » exiger de Notre-Seigneur, en lui disant : Rendez-nous ce » que vous nous avez promis, parce que nous avons fait ce » que vous nous avez ordonné, et c'est vous qui l'avez fait, » parce que vous nous avez aidé lorsque nous le faisions (3). »

Rép. 2. N. Puisque, avec la grâce, nous pouvons faire les trois choses requises pour- l'exacte observation du précepte de l'amour divin, savoir : 1. préférer Dieu à toutes choses; 2. ne rien aimer que par rapport à Dieu; 3. faire tous nos efforts pour aimer de plus en plus Dieu d'une manière parfaite (4).

(1) Voy. Bellarm., pass. cit., c. 6.

(2) Voy. saint Thom., 1, 2, q. 114, art. 1, 2, 3 et 4, où il développe admirablement cet argument tout entier, et où il a résolu et réfuté à l'avance toute* les difficultés des novateurs.

(3) Serm. 158, al. 16, De verhis apostol., c. 2, n. 2.

(4) Voy, Maldonat, sur le c. 17, 10, saint Luc.

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