‹ Théologie dogmatiqueChapitre 102 sur 135 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la notion et de l institution du sacrement de l'extrémeonction.

947. Le sacrement de rextiême-onctîon est ainsi appelé, parce qu'il s'administre par une onction, et que cette onction est la dernière de celles qui, d'après l'ordre de Notre- Seigneur Jésus-Christ, concourent à la sanctification des hommes. On l'appelle aussi le sacrement des infirmes, des mourants, parce qu'il a été institué en faveur de ceux qui sont en danger de mort. On définit l'extrême-onction, un sacrement institué par Jésus-Christ pour remettre aux malades qui sont en danger de mort les restes de leurs pécliés, les guérir des langueurs de l'âme, et même leur rendre la santé, si cela est expédient nour leur salut.

948. L'extrême-onction est un vrai sacrement, un sacrement proprement dit de la loi nouvelle. Cette proposition est de foi. « Si « quelqu'un dit que l'extrême-onction n'est pas vraiment et pro- « prement un sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, « et promulgué par le bienheureux apôtre Jacques , mais seule- « meut un rit qui vient de nos pères, ou une invention humaine ; « qu'il soit anathème.» Ainsi s'exprime le concile de Trente (1), dont la décision est fondée sur l'Écriture sainte et la tradition. « Cette « onction sacrée des malades a été instituée par Notre-Seigneur « Jésus-Chris*-, comme un vrai sacrement du Nouveau Testament, «1 insinué dans saint Marc, promulgué et recommandé aux fidèles

(1) Si quis dixerit, extiemam unctionem non esse vere et proprie sacraraentum a Christo Domino nostro institutum, et a beato Jacobo apostolo promulgatum, sed ritum tantiim acceptiira a patribus, aut fîgmentum humanuin ; anatheiuasit. Sess. xiv, du Sacrement de l'extrême-onction, can. i.

DE l'kxtrème-onction. 60ô

« par saint Jacques, apôtre et frère de Notre-Seigneiir. QmlqiCun, • dit-il, est-il malade parmi vous, qu'il fasse venir les prêtres de « V Église, et qu'ils prient sur Ini, l'oignant d'huile au nom du « Seigneur; et la pnère de la foi sauvera le malade^ et le Set- « gneur le soulagera; et s'il est en état de péché, ses péchés lut » seront remis. Par ces paroles, comme l'Église l'a appris de la » tradition des apôtres, transmise comme de main en main , elle « nous enseigne quels sont la matière, la forme, le ministre propre « et les effets de ce sacrement salutaire (1). » En effet, les Pères, regardant l'extrême-onction comme un supplément, la consommation du sacrement de pénitence, l'ont toujours mise au nombre des sacrements. Nous pourrions citer, entre autres, Ori^ène (2), saint Jean Chrysostome (3), saint Cyrille d'Alexandrie (4), saint Augustin (5), Innocent I (6), saint Grégoire le Grand (7), Théodore, archevêque de Cantorbéry (8), le vénérable Bède (9) , Paschase Radbert, abbé de Corbi^ (10), Hincmar, archevêque de Reims (il), et saint Bernard (12). C'est aussi l'enseignement des conciles de Chalon-sur-Saône, de l'an 813; d'Aix-la-Chapelle, de l'an 836; de Mayence, de l'an 847 ; de Pavie, de l'an 850 ; de Constance, de l'an 1414, et du concile de Florence, de l'an 1439. Enfin, comme nous l'avons prouvé en parlant des sacrements en général, c'est et c'a toujours été la croyance générale de l'Église, croyance qui, ne pouvant venir que des apôtres , remonte jusqu'à Jésus- Christ (13).

(1) Instituta est autem sacra liaec unctio infirmorum, tanquam vere et pro. prie sacramentum Novi Testamenti, a Cluisto Domino nostro, apud Marciiin (c. VI) qiiidem insinuatum, per Jacobum autem apostolum ac Domini fral-ein fidelibus commendatum ac promulgatnm. Infirmatur , inquit, guis in vobis : inducal presbytères Ecclesiœ, et orent super eum, ungenles eum oleo in nomine Domini : et oratio fidei salvabit infirmum; et alleviabit eum Dty minus, et, si in peccatis sit, dimittentur ei (Jacob, c. v). Quibus verbis, ut ex apostolica traditione, per maniis accepta, Ecclesia didicit, docet maleriam, foriiiam, proprium ministrum , et effectiim bnjus salutaris sacramenti. Ibidem,

ch. i— (2) Homélie ii, sur leLévitique— (3) Liv. m, du Sacerdoce (4) Liv. vi,'

de l'Adoration en esprit. — (5) Sermon ccxv, et ailleurs. — (6) Lettre à Déceni tins. (7)Sacraraentaire de saint Grégoire le Grand. —(8) Pénilentie! de Ttiéodore. — (9) Sur l'épître de saint Jacques. — (10) Dans la vie d'Adelard. - (ll)Capitules ou statuts d'Hincmar.— (12) Vie de saint Malachie.—( 13) Voyez ci-dessus, le u° 579, etc

606 JE l'extkême-onction.

Page 1