‹ Théologie dogmatiqueChapitre 17 sur 135 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De l'état dans lequel l'homme a ete créé.

110. En faisant l'homme à son image ^ le Créateur se devait à lui-même de le placer dans un état où il pût être heureux. Mais le bonheur de la créature a des degrés ; il n'y a que le bonheur de Dieu qui soit absolu. L'homme , en recevant l'existence , qui est elle-même un bienfait, n'a pu exiger qu'une chose : c'est de n'être point malheureux autrement que par sa faute, c'est-à-dire , d'être placé dans une condition telle, qu'il fût plus avantageux pour lui d'être que de n'être pas. On peut donc distinguer , relativement à notre fin dernière, qui est Dieu même, deux sortes de félicité : la félicité naturelle et la félicité surnaturelle. La félicité naturelle , qui est ainsi appelée tant parce qu'elle est due à notre nature que parce qu'elle répond à ses exigences, consiste dans la possession non immédiate, mais plus ou moins imparfaite, de celui qui est le souverain bien. La félicité surnaturelle est celle qui, dépassant l'exigence de la nature de l'homme , ne lui est point due , même dans l'hypothèse de la création ; elle consiste dans la vision intuitive et la jouissance immédiate de Dieu. De cette distinction découle naturellement celle des différents états où l'homme a pu être créé. On distingue, en effet, l'état de nature pure ^ et VéidXàt justice originelle. Le premier état est celui dans lequel l'homme aurait été créé pour jouir d'un bonheur purement naturel , demeurant sujet à la concupiscence, à la douleur et à la mort. L'état de justice originelle est celui dans lequel Adam, notre premier père, a été créé , avec la destination à un bonheur surnaturel, et certaines prérogatives analogues à cette fin. Ces prérogatives étaient : l" la grâce sanctifiante ou la sainteté , qui le rendait agréable à Dieu ,

(1) Ibidem, n" 591, etc.

re DE DIEU.

"t, lui donnait droit à la vision Intuitive , dans le cas où il eût persévéré ; 2" une connaissance spéciale . également surnaturelle , des perfections et des desseins de Dieu; 3" l'exemption des mouvements déréglés de la concupiscence; 4° l'exemption des misères de cette vie, des souffrances et de la mort.

Or, l'homme a-t-il été créé dans l'état de justice originelle? Dieu aurait-il pu le créer dans l'état de nature pure?

ARTICLE I

Si Adam a été créé dans l'état de justice originelle.

111. C'est un dogme catholique, que le premier homme a été créé dans l'état de justice originelle, avec l'exemption des infirmités du corps et de l'âme , auxquelles il n'est devenu sujet fjue par le péché. Suivant le concile de Trente , « Adam , le chef du genre « humain j ayant transgressé le commandement de Dieu dans le « paradis (terrestre) , a perdu aussitôt l'état de sainteté et de jus- « tice dans lequel il avait été établi , et il a encouru , par l'offense « de cette prévarication, la colère et l'indignation de Dieu, et, par « suite , la mort dont Dieu l'avait menacé, et avec la mort la cap- « tivité sous la puissance du démon, qui , depuis, a eu l'empire de « la mort; et quant à l'âme, il est tombé dans un état de dégra- « dation (l). > On voit par ce décret que notre premier père avait reçu de Dieu la sainteté et la justice, et, avec la justice originelle, le privilège qui le rendait exempt des faiblesses du corps et de l'âme , de la mort même ; ce qui s'accorde d'ailleurs parfaitement avec l'Écriture et la tradition.

112. Premièrement, si nous ouvrons les livres saints, nous y trouverons que l'homme est destiné à la vision intuitive de Dieu. Saint Jean écrivait aux premiers fidèles : « Mes bien-aimés, nous « sommes les enfants de Dieu; mais ce que nous serons un jour ne « parait pas encore. Nous savons que quand il se montrera dans « sa gloire, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons « tel qu'il est, quoniam videbimus evm sicuti est (2). Mainte- € nant , dit saint Paul , nous ne voyons Dieu que comme dans un « miroir et en énigme; mais alors nous le verrons face à face,

(1) Concile de Trente, Sess. v, can. I. — Voyez aussi le second concile d'Orange, de l'an 529 ; Labbe, tom. iv, col. 1667. — (2) Cliarissinii, nunc lilii Dei 8nmus;et nondum apparuit quid enrxnis Stimus quoniam cum appanieri^ similes ei erimus; quoniam videlxmus eum sicuti est. /« epist., c. m, v. 2.

« facîe adfaciem. Je ne le connais maintenant qu'imparfaitement ; « mais alors je le connaîtrai comme je suis moi-même connu de « lui (l). » Or cette destination est évidemment surnaturelle; l'homme ne pouvait y avoir aucun droit en vertu de sa nature. Nous lisons aussi que Dieu l'a créé dans la justice ou la grâce sanctifiante , qui nous rend en quelque sorte participants de la nature divine , divinœ consortes naturœ (2). Il a fait l'homme droit , fecii Deus hominem rectum (3); ce qui signifie, dans le langage de l'Écriture, que Dieu l'a créé juste et saint; ou, comme l'explique saint Paul, qu'il l'a créé dans la justice et la véritable sainteté, iyijustitia et savctitate veritatis (4). Avec la justice , Dieu avait accordé le don de science à nos premiers parents : « Il a créé en « eux la science de l'Esprit, dit l'Ecclésiastique; il a rempli leur « cœur de sens , et il leur a montré le bien et le mal (5). » Il avait aussi soumis à leur empire la concupiscence, doiit ils n'ont éprouvé les révoltes que par suite de leur infidélité. « D'où as-tu su, dit le « Seigneur à Adam, que tu étais nu, si ce n'est parce que tu as « mangé du fruit dont je t'avais défendu de manger (6) ? » Aussi l'apôtre désigne-t-il la concupiscence sous le nom de péché (7), pour nous faire connaître que non-seulement elle nous porte au péché, mais qu'elle vient du péché : (piia ex peccato est^ et ad peccatum inclinât (s). Enfin, Dieu les avait faits heureux, en faisant toutefois dépendre leur bonheur de leur fidélité ; et ce n'est que parce qu'ils n'ont pas été fidèles , qu'ils ont été condamnés , eux et leurs descendants , à la mort et à toutes les misères de cette vie. Le Seigneur avait dit à Adam : « Le jour même que tu raan- « géras du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal , tu « mourras de mort (9]. » La mort est donc le salaire du péché, stipendia peccati mors (10). « C'est par le péché, dit saint Paul, « que la mort est entrée dans le monde (11). » Dieu lavait fait im-

(1) Videraus nuiic per spéculum in aenigmafe; tune autem facie ad faciem. Niinc coguosco ex parte ; tune autem eogiioscam sicut et cognitiis sum. I"épit. aux Corinthiens, c. xni, v. 12.— (2) Saint Pierre, ii« épitre, c. i, v. 4.— (3) Ecclésiaste, c. vu, v. 30. — (4) Saint Paul, Épître aux Éphésiens, c. iv, v. 23.— (5) Creavit illis scienliam Spiritus, sensu implevit cor illorum ; et mala et bona ostendit illis. EccL, c. xyn, v. 6. — (6) Quis indicavit tibi «iiiod nudus esses, nisi quod ex ligno de quo prîieceperam tibi ne comedcrcs, comedisti.' Genèse, c. ni, V. 11. — (7) Saint Paul, Epilre aux Romains, c. vi, v. 6, clc. — (8) Concile de Trente, .Sei5. v, cff«. v. —(y) De ligno autem scientiœ boni et mali ne comedas; in quocmuquc enim die comederis, morte morieris. Genèse, c. ii, v. 17. — (10) Saint Paul, Epitre aux Romains- c. vi, v 23. — (11) Épitre aux Romains, c v, v. 12.

mortel, inexterminabilem (l). C'est encore au péché qu'il faut attribuer les peines qui traversent la vie de l'homme. Après avoir maudit l'esprit tentateur qui avait pris la forme du serpent, le Seigneur dit à la femme , qui s'était laissé séduire : « Je multiplierai « les soutïrances pendant ta grossesse, et tu enfanteras dans la dou- « leur ; tu seras sous la puissance de ton mari , et il te dominera. « Il dit ensuite à Adam : Parce que tu as écouté la voix de ta « femme , et que tu as mangé du fruit de l'arbre dont je t'avais dé- « fendu de manger , la terre sera maudite à cause de toi ; tu n'en « tireras de quoi te nourrir pendant ta vie qu'a force de travail ; « elle te produira des épines et des ronces, et tu te nourriras de « l'herbe de la terre. Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, ♦; jusqu'à ce que tu retournes dans la terre d'où tu as été tiré; car « tu n'es que poussière, et tu retourneras en poussière (2). »

113. Secondement, les Pères de l'Église, s' appuyant sur l'Écriture , s'accordent à nous représenter la mort et les infirmités de l'homme comme les suites de la chute d'Adam, qui, en perdant pour lui et pour sa postérité la justice, la sainteté, et les dons qui s'y rattachaient, a perdu en même temps le bonheur dont il jouissait dans le paradis terrestre. Ils nous parient tous de l'état primitif de nos premiers parents comme d'un état surnaturel, dont le souvenir s'est généralement conservé, sous le nom d'âge d'or, chez tous les peuples. Écoutez, entre autres, saint Augustin : « L'homme vivait dans le paradis comme il voulait , tandis qu'il « voulait ce que Dieu lui avait commandé ; il vivait dans la jouis- « sance de Dieu, qui le rendait bon par sa souveraine bonté; il « vivait sans aucune indigence , et il pouvait vivre éternellement. « Il avait de quoi se garantir de la faim et de la soif, et l'arbre de « vie le garantissait des infirmités de la vieillesse. Il ne ressentait « rien en son corps qui pût le fatiguer. Il n'appreheudait ni les « maladies au dedans, ni les accidents au dehors. Son corps jouis- « sait d'une pleine santé, et son âme d'une tranquillité parfaite. « Comme il n'y avait ni froid ni chaud dans le paradis, de même il

(1) Sagesse, c. ii, v. 23. — (2) Mulieri qiioqiie dixit : Multiplicabo aerumnas tuas et conceptus tuos ; in dolore paries tîlios, et sub viii potestate eris, et ipse dominabitur tibi. Adœ vero dixit : Quia audisti vocem uxoris tuae, et comedisti «le iigiio ex quo praeceperam tibi ne coniederes, inaledicta terra in opère tuo; in laboribus comedes ex ea cunctis diebus vita; tuae. Spinas et tribuios germinabit tibi, et comedes lierbam lerrae. In sudore vultus tui vescens pane, donec revertaris in terram de qua suinptus es; quia [iul\is es, et ai pulvereni rêver teris. Genèse, c. ui, v 16, etc.

« n'y était agité ni de craintes ni de désirs : la tristesse et les s fausses joies eu étaient bannies. Toute sa joie venait de Dieu, « qu'il aimait d'un amour ardent; et cet amour prenait sa source « d'un cœur pur et d'une foi sincère. La société conjugale y était « accompagnée d'un amour honnête. Le corps et l'esprit y étaient « dans un parfait accord; et l'obéissance au commandement de « Dieu était facile. Point de lassitude qui le fatiguât, point de som- « meil qui le surprît. Loin de nous la pensée que, dans une si « grande félicité , nos premiers parents n'aient pu engendrer sans « concupiscence (1)1 »

114. Faire connaître l'état dans lequel l'homme a été créé, c'est-à-dire , la fin à laquelle il était destiné et les dons qu'il avait reçus du Créateur, c'est assez faire connaître que cet état n'était point réclamé par l'exigence de notre nature ; que c'était un état surnaturel, un don gratuit de la part de Dieu, comme nous le verrons plus particulièrement dans l'article suivant.

ARTICLE IL

Si Dieu a pu créer l'homme dans l'état de nature pure.

115. Dieu aurait certainement pu créer l'homme dans l'état de nature pure. Cet état ne renferme rien qui soit incompatible avec la justice, la bonté, la sagesse ou la sainteté de Dieu. L'homme non coupable aurait pu n'être heureux que d'un bonheur naturel, sans avoir à se plaindre du Créateur. Dieu ne lui devait, même dans l'hypothèse de la création, que de le placer dans un état tel, qu'il fût plus avantageux pour lui d'être que de n'être pas, ou qui ne lui permit point de regretter le néant. Il ne lui devait, en un mot, que ce qui répond a l'exigence de notre nature. Tout ce que nous avons reçu de plus, soit pour le corps, soit pour l'âme, est un bienfait de la bonté divine; et si ce bienfait est d'un ordre auquel nous ne puissions nous élever naturellement, comme la grâce sanctifiante qui nous fait enfants de Dieu et hériiiers du royaume des cieux, alors c'est un don surnaturel, une grâce proprement dite. Évidemment, ni la vision intuitive, ni ce qui se rapporte à une fin si sublime, n'est impérieusement réclamé par la nature de l'homme. H en est de même de l'empire que nos premiers parents avaient sur leurs sens, et de la faculté de se prémunir contre la douleur et

'i) De la Cité de Dieu, liv. xiv, c. xxvi.

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la mort. On ne peut regarder ces différents dons comme des dons naturels, ou dus a la nature de l'homme. Dieu aurait donc pu les lui refuser quand il l'a tiré du néant , ou, ce qui revient au même, le créer dans l'état de nature pure , sans lui donner d'autres secours que ceux qui lui eussent été nécessaires pour arriver à sa fin, c'està-dire, à un bonheur purement naturel.

116. Le sentiment que nous émettons n'est point une de ces opinions que l'Église abandonne aux discussions de l'école. On ne peut nier la possibilité de l'état de nature pure , sans s'écarter de l'esprit catholique. En effet, les papes saint Pie V, en 1567, Grégoire XIII, en 1579, et Urbain VIII , en 1641, ont condamné solennellement comme hérétiques, erronées, suspectes, téméraires, scandaleuses et offensives des oreilles pieuses, respectivement , plusieurs propositions de Baïus, parmi lesquelles se trou\ent les propositions suivantes :

« Les mérites de l'homme, avant le péché, ne peuvent raisonna- « blement être appelés grâce.

« Les mérites du premier homme , avant le péché , ont été des « avantages de sa première création; mais, selon la manière de « parler de l'Écriture, on ne peut raisonnablement les appeler « grâce : ainsi on doit seulement les appeler mérites, et non pas <! grâce.

117. « L'élévation de la nature humaine , son exaltation à la « participation (consortium) de la nature divine, était due à l'in- « tégrité de sa première condition ; par conséquent, il faut l'appe- « 1er naturelle, et non pas surnaturelle.

« Le sentiment de ceux qui disent que l'homme, dans le prin- « cipe, a été élevé , par un don surnaturel et gratuit, au-dessus de « la condition de sa nature, afin d'honorer Dieu surnaturellement t par la foi , l'espérance et la charité, est un sentiment absurde.

« L'intégrité du premier homme , au moment de sa créa- * tion, n'était point une élévation gratuite, mais sa condition na- « turelle.

« L'immortalité du premier homme n'était pas un bénéfice de « la grâce , mais sa condition naturelle (1). »

(1) Les propositions de Baïus condamnées par l'Église sont : « ?;ec angeli, nec primi liominisadhuc integri mérita recle vocantur gratia: » Prop. i. « Primi hominis integri mérita fiierunt piimœ crentionis munera ; sed ' juxta itiodnm loqiiendi Scriptnrae sacrae, non recte vocantur gratia; quo fit ut « tantinn mérita, non etiam gratia debeant nuncupari : » Prop. vu. « Htimanae « naturae sublimatio et exaltatio in consortium divinae naturœ débita fuit inte-

iI8. D'après la condamnation de ees propositions, à laquelle l'Église entière a souscrit, il est manifeste que l'état dans lequel le premier homme avait été placé avant sou péché n'était point dû à la nature humaine ; que c'était un état surnaturel et gratuit ; que Dieu aurait pu, par conséquent, le créer dans un état moins élevé, dans l'état de nature pure, où il eût été, du moins à peu de chose près, tel que sont ses descendants , sauf la tache et le reatus du péché qu'il leur a transmis; ce qui s'accorde avec l'enseignement des Pères, notamment de saint Augustin, sur les écrits duquel Baius et Jansénius prétendaient pouvoir appuyer leurs erreurs. « C'était une grande grâce de Dieu , dit ce docteur, que le corps « d'Adam fût exempt de la concupiscence (1). Le premier homme « a été créé immortel ; ce qu'il devait à l'arbre de vie, et non à la « constitution de sa nature. Il était donc mortel par la condition « du corps animal , et immortel par le bienfait du Créateur (2) , « par une grâce merveilleuse de Dieu (3). »

119. A la vérité, saint Augustin prouve, contre les pélagiens, l'existence du péché originel par les misères de cette vie , comme si elles n'avaient pu s'introduire dans le monde que par le péché, ou que personne ne pût y être sujet sans l'avoir mérité. Mais il ne procède ainsi contre ces hérétiques qu'en supposant l'état primitif et surnaturel, dans lequel notre premier père était exempt des infirmités du corps et de l'âme. Comme cet état ne devait cesser que par le péché, et qu'il est d'ailleurs constant qu'il a cessé, on peut dire, avec saint Augustin, que l'ignorance, la convoitise, la douleur et la mort viennent du péché ; qu'elles sont entrées dans le monde par le péché, et qu'elles ne peuvent être considérées que comme autant de suites du péché d'Adam , en tant qu'il est passé à tous ses descendants. On peut dire alors que, sous un Dieu bon

« gritati primae ronditionis, et proinde naturalis dicenda est, et non snpernatii- « rails: » Prop. xi. « Absnrda est eorum sententia qui dicuiit honiinem ab ini- « tio, dono quodam supeniaturali et gratuite, supra conditionem natura^ sua* fuisse «exaltatuni, ut fide, et spe , et cliaritate Deuni supeinaliiraliter coferct : » Prop. xxui. « Integritas primœ creationis non fuit indcbita Inunana; naturse « exaltatio, sed naturalis ejus condilio : » Prop. xxvi. « Immortalitas priini ho- « minis non erat gratiae beneficium, sed naturalis condilio : >■ Prop. lxxviii. — (1) Grîtia Dei mngna ibi erat, ul)i terrenuni et animale corpus liestialeni libidinem non liabebat. Lib. i\, contra Julianum, c. xvi. —(2) Morlaiis ergo erat condifione corpoiis animalis, immortalis autcm Ijencliciocomiitoris. fAb. iv, de Genesiad litlernm, c. xxvi. — (3) Qui •^UUxf, [immort alil al is) eis de ligno vitae, quod in medJo paradisi cum arbore votita siuiul erat, mirabili Dei gratia pra;stabatur. De Civitute Dei, Ub. xni, c. xx.

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et juste, clo./j '2s bienfaits sont sans repentance, personne ne peut être malheureux qu'il ne l'ait mérité : Sub Deojusto nemo miser nisi mereatur. Mais on ne lit nulle part, dans les ouvrages de ce grand docteur, qu'en tout état de choses la mort eût été la peine du péché; nulle part il ne dit 2e que répètent, d'après Pascal, certains prédicateurs et quelques écrivains modernes d'ailleurs orthodoxes, qui ne se tiennent pas suffisamment en garde contre les opinions des jansénistes, que l'homme, tel qu'il est maintenant, à ne considérer que ce qui se passe en lui, serait, sans le mystère du péché originel, plus inconcevable que ce mystère même n'est inconcevable à l'homme (l). Cette proposition se trouve condamnée par saint Pie V, Grégoire Xlll et Urbain VIII, qui ont censuré dans Baïus la proposition suivante : « Dieu n'aurait pu, dès « le principe, créer l'homme tel qu'il naît à présent : Deus non « potuisset , ab initio, talem creare hominem^ qualis nunc nasci- « tur (2). »

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