DE LA DIVINE PROVIDENCE
142. La providence n'est point proprement un attribut de Dieu, *^lle suppose la eréation ; c'est l'action ou la volonté constante du Créateur, gouvernant le monde par les lois qu'il a lui-même établies, et conduisant toutes choses en général, et chaque chose en particulier, à la fin qu'il s'est proposée dans sa sagesse. D'après l'idée que nous avons de la pro%idence , Dieu dispose, arrange et règle tous les événements; il place chaque créature dans son rang, en donnant à chacune sa mesure, son degré, sa proportion ; il les régit toutes par une opération aussi douce que puissante ; il opère dans les hommes, et souvent par les hommes, tout ce qui lui plaît, quand il lui plaît, et de la manière qu'il lui plaît, sans être jamais arrêté dans l'exécution de ses desseins par l'opposition de la part des hommes : Attingit eryo a fine usque ad finem fortiier^ et disponit omnia suaviter (l).
Comme la divine providence s'étend à ce qui a rapport au monde physique et au monde moral , à l'ordre naturel et a l'ordre surnaturel ; après avoir montre au'on doit la reconnaître en tout, nous parlerons de la volonté de Dieu touchant le salut des hommes , de la prédestination et du bonheur des prédestinés , de la réprobation et du malheur des réprouvés , de la résurrection des corps, et du jugement dernier.