SB DIED
endroit : « Dieu miséricordieux voulant délivrer les hommes de la « mort éternelle, s'ils ne sont pas ennemis d'eux-mêmes, et s'ils « ne résistent pas à la miséricorde de leur Créateur, leur a envoyé • son Fils unique (i). » Nous voyons ici , comme dans le passage précédent, la volonté de Dieu de sauver les hommes en général, sans en excepier aucun ; mais une volonté conditionnelle, à laquelle on peut résister : si sibi ipsi non sint iniinici, et non résistant misericordiœ Creatoris.
1 73. Suivant le même docteur, le Sauveur jugera le monde avec équité : « il n'en jugera pas une partie, parce qu'il n'en a pas ra- « cheté une partie. Il doit le juger tout entier, parce qu'il l'a racheté « tout entier (2). » Enfin, dans plusieurs endroits de ses écrits, et particulièrement dans ses livres contre Julien, il prouve, d'après saint Paul, l'universalité même de la Rédemption du genre humain, 11 reconnaissait donc que Jésus-Christ a versé son sang pour tous les hommes, pour tous absolument; puisqu'il croyait que tous (si ou excepte la sainte Vierge Marie, dont il n'a pas voulu parler) sont entachés du péché de notre premier père.
174. Troisièmement : les conciles enseignent la même doctrine que les Pères de l'Église : celui d'Arles, de l'an 475, approuve la lettre deFauste, évêque de Riez, à Lucidus. Or cette lettre contient un anathème contre celui « qui dit que Jésus-Christ n'est pas mort « pour tous les hommes , et qu'il ne veut pas que tous les hommes •'-soient sauvés (3). » Le concile de Kiersy, quieut lieu en 8 5 3, à l'occasion des erreurs de Gothescalc , a rendu plusieurs décrets , parmi lesquels on remarque les deux suivants :«Dieu, qui est tout-puis- « sant, veut que tous les hommes soient sauvés, quoique tous ne se « sauvent pas. Que les uns soient sauvés, c'est le don de celui qui les « sauve; que d'autres périssent, c'est leur propre faute. Comme il « n'y a pas d'homme, comme il n'y en a jamais eu et qu'il n'y « en aura jamais, dont Jésus n'ait pris la nature, il n'y a pas « d'homme, il n'y eu a jamais eu, et il n'y en aura jamais, pour « qui Jésus-Christ n'ait souffert; quoique tous ne mettent pas à « profit le mystère de la Rédemption (4). »
(1) A quo interitu, hoc est pœnis sempiternis Deus misericors volens homines liberare, si sibi ipsi non sint inimici, et non résistant misericordiae Creatoris sui, misit unigenitiim Filium suum. De catechizandis rudibns, cap. xxvi. — (2) Jii. dicabit orbem terranim in œquitate : non partem, ([uia non pat tem émit. To- Itim judicare debt;t, quia pro toto pretiuni dédit. In psalm. xcni. — (3) Anatbema iili qui dixerit qiiod Cliristus non pro omnibus mortnus sit, nec omnes homines salvos esse vehi. Labbe, Concil., tom. iv, col. 1043 — 4) Deus cm-