‹ Théologie dogmatiqueChapitre 36 sur 135 · C. XXIV, V · texte numérisé non relu

C. XXIV, V

984 DE L JNCARNATION.

« Or la vraie foi est que nous croyions et que nous confessions « que Notre-Seigneur Jésus- Christ, Fils de Dieu, est Pieu et « homme.

« Il est Dieu , étant engendré de la substance de son Père avant « les siècles ; et il est homme, étant né de la substance de sa mère « dans le temps.

« Dieu parfait et homme parfait , ayant une âme raisonnable et « un corps humain.

« Égal au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l'hu- « manité.

c Quoiqu'il soit Dieu et homme , il n'y a cependant pas deux « Christs, mais un seul Christ.

« Un, non que la divinité ait été changée en l'humanité; mais « parce que Dieu a pris l'humanité , et l'a unie à sa divinité.

n Un, non par confusion de nature, mais par unité de per- « sonne.

« Car, comme l'âme raisonnable et le corps sont un seul « homme , de même Dieu et l'homme ne sont qu'un seul Christ,

n Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, est « ressuscité le troisième jour d'entre les morts ,

« Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père « tout-puissant , d'où il viendra juger les vivants et les morts (i). »

(1) Necessarium est ad aeternam salutem, nt Incarnationem quoque Doinini nostri Jesu Christi fideliter crcdat.

Est ergo iides recta ut credamus et confiteamur , quia Dominus noster Jésus Christus Del Filius, Deiis et homo est.

Deiis ex suhstantia Patris ante ssecula genitos, et homo ex substantia matris in saeculo natus.

Perfectus Deus, perfectus homo; ex anima rationali et bumana carne subsistens.

>£qualis Patri secundum divinitatem, minor Pâtre secundum humanitatem.

Qui licet Deus sit et liomo, non diiotamen, sed unus est Christus.

Dnus autem non conversione divinitatis in carnem, sed assumptione humanitatis in Deum.

XJnus oniiiino non confiisione substantiae, sed unitate personae.

>'am sicut anima rationalis et caro unus est homo, ita Deus et homo unus est Christus :

Qui passus est pro salute nostra, descendit ad inferos; tertia die resurrexit a mortuis :

Ascendit ad coelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis ; inde Tenturus est judicare vïtos et mortuos.

DE L'INÇABNATION. 23i

ARTICLE II

De la fin du mystère de l'Incarnation.

338. L'Incarnation a une double fin, le salut des hommes et la gloire de Dien. Les anges, annonçant la naissance du Sauveur aux bergers de Bethléem, entonnèrent ce cantique : « Gloire à Dieu au « plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne « volonté! Gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus « bonœ voluntatis fi)! » Mais la fin prochaine, le motif principal de l'Incarnation , est la rédemption du genre humain : c'est pourquoi le Verbe fait chair, Jésus-Christ, est appelé le Sauveur du monde. « Dieu, dit saint Jean, a tellement aimé le monde, qu'il adonné .•< son Fils unique , afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, « mais qu'il ait la vie éternelle. Car il n'a pas envoyé son Fils dans « le monde pour condamner le monde , mais afin que le monde « soit sauvé par son Fils (2). Le Fils de l'homme est venu pour « chercher et sauver ce qui avait péri par le péché (3). C'est une « vérité certaine, et digne d'être reçue avec une entière déférence, « que Jésus-Christ est venu dans ce monde pour sauver les pé- « cheurs (4). » Aussi nous confessons, avec les Pères de Nicée et de Constantinople , avec l'Église tout entière, que Notre-Seigneur Jésus-Christ , Fils unique de Dieu , est descendu du ciel , s'est incarné et s'est fait homme pour nous et pour notre salut : propter nos homines et propter nostram salutem (5). Les Pères semblent même dire que, sans la chute de l'homme, l'Incarnation du Verbe n'aurait pas eu lieu (6) ; ce qui s'accorde avec ce que chante l'Église le samedi saint, au sujet du péché d'Adam : « 0 heureuse « faute qui a mérité d'avoir un tel et aussi grand Rédempteur!

(l) Saint Luc, c. ii, v. 14. — (2) Sic Deiisdilexit mundiim, ut Filium suum uiiigenitum daret : ut omnis qui crédit in eum, non pereat, sed liabeat vitam aeternam. Non enim misit Deus Filium suum in niundum, ut judicet niunduiii, sed ut salvetnr mundus per ipsum. Saint Jean, c. ih, v. \& et 17. — (3) Vend Filins hominis quœrere et salviini facere qnod perieial. Saint Luc, c. xix, v 10. — (4) Fidelis sernio et omni acceptioue disnus quod Cliristus Jésus venit m hune mundum peccatores salvos facere. I'" évitre à Timolhée, c. \, v. I5. — (5) Symbole de Piirée et de Constantinople. — (6; Saint Irénée, liv. v contre les hérésies, c. xiv; saint Atlianase, discours ii, alias m, contre les ariens ; saint Grésjoire de Nazianze, discours xxxvi ; saint Basile, homélie xxix; saint Clirysostome, homélie xxxi; saint Ambroise, liv. de l'Incarnation, c. vi; saini Augu.stin, en plusieurs endroits, etc

286 DE l'incarnation.

« 0 Jeltx culpa^quœ talent ac tantum meruit hctere Redemp- « torem (i)l »

ARTICLE m.

De la nécessité de l'Incarnation.

339. Dieu est libre dans ses œuvres ; il a fait tout ce qu'il a voulu , quand il l'a voulu et comme il l'a voulu , sans être astreint par aucune nécessité à vouloir ce qu'il a voulu. Il pouvait donc s'abstenir de créer le monde, et d'envoyer son Fils sur la terre. L'Incarnation n'est pas même nécessaire dans l'hypothèse de la création. L'homme aurait pu être en rapport avec Dieu, comme il V a été avant sa chute, sans la médiation du Verbe incarné. D'ailleurs, lors même que rincariiatiou n'aurait pas eu lieu, il eût toujours été vrai de dire que tout ce que le Créateur a fait est bon et très-bon , et cuncla erant valde bona (2) ; non d'une bonté ou perfection absolue , qui ne peut convenir qu'à Dieu , mais d'une bonté relative et à la fin qu'il se proposait, et aux moyens par lesquels il devait aiT-iver à cette fin. Enfin, l'Incarnation nous est représentée dans l'Écriture, dans les ouvrages des Pères et les enseignements de l'Église, non comme une conséquence ou un appendice de la création, mais comme un bienfait surnaturel, comme un pur effet de la bonté , de la miséricorde , de l'amour de Dieu pour les hommes. « Dieu a fait paraître son amour pour nous, « dit saint Jean , en ce qu'il a envoyé son Fils unique dans le « monde, afin que nous vivions par lui. C'est en cela que consiste « cet amour, que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais que « c'est lui qui nous a aimés le premier, et qu'il nous a envoyé son « Fils comme une victime de propitiation pour nos péchés (3). «

340. L'Incarnation n'était point non plus nécessaire de la part de Dieu , dans l'hypothèse de la chute de l'homme : autrement elle ne serait point, à proprement parler, un effet de la miséricorde ou de l'amour de Dieu pour les hommes. D'ailleurs, à quel titre eût-elle été nécessaire? En se révoltant contre le Créateur, la créature aurait-elle acquis des droits à ses bonnes grâces? Non. notre rédemption n'est point un acte de justice, mais un don gra-

(1) Missel romain, Benedictio cerei. — (2) Genèse, c. i, v. 3i . — (3) lu lioc apparuit cliaritas Dei in nobis, quoniam Filiuin sunm unigeniliim misit Deus iu naundura, ut vivamiis per eum. In lioc est cliaritas; ncn quasi nos dilexeriinus Denm, sed quoniain ipse prior dilexit nos, et misit Filiiiin suum propitiationero pro peccatis nostris. J" épitre de saint Jean, c. iv,v. 9 et 10.

DE l'iNCABNATION. 237

fuit; nous ne devons notre salut qu'à la miséricorde de Dieu : Secundum sïiam misericordinm salvos nos fecit (i) ^ nous avons été justifiés gratuitement par sa grâce : Justificati gratin per gratiam ipsius (2). Mais il était bien conforme a la bonté de Dieu, bien digne de celui qui se plaît à manifester sa miséricorde à l'égard des pécheurs, de ne point abandonnar les coupables à euxmêmes, et de leur donner les moyens de se rapprocher de lui, en se rapprochant lui-même de nous par l'incarnation de son Fils; cest pourquoi il est dit : « Dieu a tellement aimé le monde , qu'il « a envoyé son Fils unique , afin que quiconque croit en lui ne « périsse point, et qu'il ait la vie éternelle : Sic enim Deus dilexit « mundum, ut Filium suum. unigenitum daret; ut omnis qui « crédit in eum non pe>-eat , sed habeat vitam œternam (3). »

341. Il se présente une autre question, toujours dans l'hypothèse de la chute de l'homme : Dieu ayant résolu, dans sa miséricorde, de sauver les hommes, aurait-il pu le faire sans le mystère de l'Incarnation? La plupart des théologiens pensent qu'il l'aurait pu : les uns, en soutenant qu'il pouvait renoncer aux droits de sa justice, et faire gratuitement la remise de la dette du péché, sans exiger aucune satisfaction; les autres, en disant qu'avec des secours ou des moyens extraordinaires que Dieu aurait puises dans les trésors de sa sagesse, Ihomme aurait pu offrir à la justice divine une satisfaction plus ou moins parfaite, mais suffisante pour obtenir sa grâce. Mais on croit assez généralement que l'homme n'aurait pu offrir à Dieu une satisfaction parfaite ou proportionnée à l'injure du péché , sans l'intervention d'un médiateur qui fût Dieu lui-même. Il n'y a pas de proportion entre une satisfaction dont la valeur se tire de la dignité d'une simple créature, et linjure dont la gravité se tire de la majesté du Créateur, pas plus qu'entre le fini et l'infini. « Si l'iiomme, dit saint Irénée, « n'eût été uni à Dieu par l'Incarnation, il n'aurait pu participer « à l'immortalité ^4). » Suivant saint Augustin , « le genre humain « n'eût pas été délivré, si le Verbe de Dieu n'eût daigné se faire « homme (5). » C'est aussi la pensée de saint Athanase (6), de saint Cyrille d'Alexandrie f?), de saint Léon le Grand (8) et de saint

(1) Épîfre de sniat Paul à Tite, , c. m, v. 5. — (2) Épitre aux Romains, c. m, ?. 24. — (S"* Saint Jean, c. m, v. 16. — ('») ïSisi liomo conjiincttis fuisset Deo, non potuisset particeps tieri incorruptibilitatis. Liv. m, contre les hérésies , c. xviii. — (5) Non libeiaretnr liumaniim geiins, nisi Sermo Dei Jignaretnr esse Uiiin.inus. Sermon CLxxiv. — [6) Discours m, contre les ariens. — (7) Dialogue sui l'Incarnation — (8) Sermon i , sur la passion de Notre- Seigneur.

238 DE l'incakkation.

Anselme (l). Nous reconnaîtrons donc, dans l'hypothèse d'une satisfaction parfaite pour le péché, la nécessité de l'Incarnation, de ce mystère ineffable, où se manifestent tout à la fois la miséricorde et la justice de Dieu : sa miséricorde, en ce qu'il a envoyé son Fils par amour pour nous : Sic Deus dilexft mundum , ut Filium suur, Unigenitum, daret (2) ; sa justice, en ce qu'il l'a envoyé pour en faire une victime de propitiation pour nos péchés : Misit Filium suum propitiationern pro peccatis{Z). C'est dans ce mystère que la miséricorde et la justice se sont rencontrées, que la justice et la paix se sont embrassées, et que tout est rentré dans l'ordre : Misericordia et veritas obviaverunt sibi; justitia et pax osculatœ sunt (4) .

342. Nous pensons même, contrairement à l'opinion de certains scolastiques, que Dieu ne pouvait absolument sauver les hommes sans exiger une satisfaction quelconque. En effet , Dieu est juste , essentiellement et souverainement juste; et c'est parce qu'il est essentiellement juste, quoique libre dans la manière d'exercer sa justice, qu'il exige nécessairement ou que l'injure du péché soit réparée par le sacrifice de l'amour, ou qu'elle soit expiée par la pénitence, ou qu'elle soit punie. 11 est nécessaire, comme le dit saint Anselme, que tout péché soit suivi ou d'une satisfaction ou du châtiment : Necesse est ut omne peccatum satisfactio aut pœna sequatur{b). Dieu peut bien, parce qu'il est aussi infiniment miséricordieux, donner au pécheur le moyen de réparer ses fautes et de satisfaire à la justice divine, d'une manière ou d'une autre ; mais il ne peut le dispenser de toute réparation , comme il ne peut se dispenser lui-même de récompenser la vertu (6).

ARTICLE IV

Le mystère de rincarnation future a-t-il été connu des Juifs et des gentils avant la prédication de l'Évangile ?

343. La tradition primitive touchant la chute de l'homme et la promesse d'un rédempteur s'est conservée chez tous les peuples; partout on en trouve quelques vestiges, quelques souvenirs plus ou moins altérés par les superstitions du paganisme (7). Mais il y a

(1) Cur Deus homo, liv. ii, c. vu. —(2) Saint Jean, c. iii,v. 16. — (3) r*ép!tre de saint Jean, c. iv, v. 10. — (4) P.saume lxxxiv, v. 11. — (5) Ciif Deus

hoiDo, liv. I, c. XV (6) Voyez, ci-dessus, le u° 51 et le n" 55 (1) Voyez le

tom. 1, n° 584, etc.

DB L'INCâBNATIOR. 239

loin de là à la connaissance du mystère de l'Incarnation, qui a été caché, dit l'Apôtre, dans tous les siècles et tous les âges, et qui maintenant est découvert aux saints : Mysterium quod absconditum fuit a sœculis et generationibus ; nunc autem manifestatum est sanctis ejus (1). Cependant les patriarches , les prophètes et les docteurs de la loi chez les Juifs ont connu , plus ou moins parfaitement, l'incarnation future du Fils de Dieu ; David, Isaïe et autres prophètes ont décrit par avance les principales circonstances de la vie de Jésus-Christ. Quelques justes, même parmi les gentils , ont eu une connaissance particulière de ce mystère : « Je « sais, disait Job, Iduméen, que mon rédempteur est vivant, et « qu'à la fin des temps il me ressuscitera de la poussière du tom^ « beau. Et je serai revêtu de nouveau de ma peau , et je verrai « Dieu dans ma chair; je le verrai moi-même de mes propres n yeux, et non un autre. Je porte cette espérance dans mon sein (2). » Quant aux philosophes de l'antiquité , rien n'annonce qu'ils aient réellement connu distinctement l'Incarnation, quoique plusieurs d'entre eux aient pu lire les prophètes.

ARTICLE V

Peut-on prouver le mystère de rincarnation par la raisou f

344. On ne peut prouver l'incarnation du Verbe par la raison ; c'est un mystère qui n'est pas moins incompréhensible que le mystère de la sainte Trinité. On prouve par le fait qu'il est possible, puisqu'on prouve qu'il existe; mais on ne peut en prouver, philosophiquement, ni l'existence ni même la possibilité. Mais si la raison de l'homme ne peut démontrer que ce mystère est possible, elle ne peut non plus, par cela même que c'est un mystère, démontrer qu'il soit impossible. La distinction de la nature divine et de la nature humaine dans une même personne, dans un seul et même sujet , dans un seul et même Christ , vrai Dieu et vrai homme , est un dogme que nous ne connaissons que par la révélation : c'est un mystère que nous devons adorer, en soumettant notre entendement à la parole de Dieu , qui ne peut ni se tromper ni tromper les hommes.

345. Cependant, instruits par la foi, nous trouvons, dans l'union de notre âme avec le corps, une image de l'Incarnation, comme

(1) 1" épître aux Colossiens, c. i, v. 26. — (2) Job, c. xix, v. 25.

nous trouvons dans les facultés de notre âme une image de la sainte Trinité (l). « Notre âme, d'une nature spirituelle et incor- « ruptible, a un corps corruptible qui lui est uni; et, de l'union « de l'un et de l'autre, résulte un tout qui est l'homme, esprit et « corps tout ensemble, incorruptible et corruptible, intelligent et « purement brute. Ces attributs conviennent au tout, par rapport « à chacune de ses deux parties. Ainsi le Verbe divin , dont la « vertu soutient tout, s'unit d'une façon particulière; ou plutôt il « devient lui-même , par une parfaite union, ce Jésus-Christ, Fils « de Marie; ce qui fait qu'il est Dieu et homme tout ensemble, «' engendré dans l'éternité et engendré dans le temps, toujours vi- ■« vant dans le sein du Père, et mort sur la croix pour nous sauver.

>< Mais où Dieu se trouve mêlé , jamais les comparaisons tirées "^des choses humaines ne sont qu'imparfaites. Notre âme n'est pas « devant notre corps , et quelque chose lui manque lorsqu'elle en « est séparée. Le Verbe , parfait en lui-même dès léternité , ne « s'unit à notre nature que pour l'honorer. Cette âme qui préside « au corps, et y fait divers changements , elle-même en souffre à « son tour. Si le corps est mû au commandement et selon la volonté « de l'âme, l'âme est troublée, l'âme est affligée, et agitée en « mille manières ou fâcheuses, ou agréables, suivant les disposi- " tious du corps; en sorte que , comme l'âme élève le corps à elle « en le gouvernant, elle est abaissée au-dessous de lui par les cho- « ses qu'elle en souffre. Mais, en Jésus-Christ, le Verbe préside à « tout , le Verbe tient tout sous sa main. Ainsi l'homme est élevé, « et le Verbe ne se rabaisse par aucun endroit : immuable et inal- « térable , il domine, en tout et partout, la nature qui lui est unie.

« Delà vient qu'en Jésus- Christ, l'homme, absolument soumis « à la direction intime du Verbe qui l'élève à soi , n'a que des pen- « sées et des mouvements divins. Tout ce qu'il pense , tout ce qu'il « veut, tout ce qu'il dit, tout ce qu'il cache au dedans, tout ce « qu'il montre au dehors , est animé par le Verbe , conduit par le « Verbe, digne du Verbe, c'est-à-dire digne de la Raison même, « de la Sagesse même , et de la Vérité même. C'est pourquoi tout « est lumière en Jésus-Christ ; sa conduite est une règle , ses mira- « clés sont des instructions , ses paroles sont esprit et vie.

« Il n'est pas donné a tous de bien entendre ces vérités , ni de « voir parfaitement en nous-mêmes cette merveilleuse image des « choses divines, que saint Augustin et les autres Pères ont crue

(l) Vovez, ci-dessus, le n" 290.

i>5i l'incabnation. j.j

• si certaioe. Les sens nous gouvernent trop j et notre imasination . q»> veut se mêler dans toutes nos pensées, ne nous pefmet pa^

■ toujours de nous arrêter sur une lumière si pure. NoL ne non " connaissons pas nous-mêmes; nous ignorons les rieh sses Z

yeux les plus épures qui les puissent apercevoir. Mais, si peu ane . nous entrions dans ce secret , et que nous sachions remarrer^u . nous l'image des mystères (de la Trinité et de l'IncamTon)

■ qui sont le fondement de notre foi, c'en est assez pour nou lé: . >er au-dessus de tout, et rien de mortel ne nous pourra plus

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