C. XXIX
246 t)E Î/IN CAR. NATION.
« non que le Verbe ait seulement habité dans l'horâmc, mais parce " qu'il s'est faithomme lui-même, et il est véritablement homme(l).» 354. Saint Ambroise : « Nous confessons que INotre-Seigneur « Jésus- Christ est Fils unique de Dieu ; qu'il est engendré du Père « selon la divinité , avant tous les siècles et sans commencement ; .< que le même Fils de Dieu, dans ces derniers temps, s'est incarné " dans le sein de la sainte Vierge Marie ; homme parfait, ayant un
■ corps et une âme raisonnable , consubstantiel au Père selon la
■ divinité , et consubstantiel à nous selon l'humanité : car l'union « des deux natures s'est faite d'une manière ineffable. C'est pour- « quoi nous confessons un seul Christ, un seul Fils, Notre- Seigneui « Jésus-Christ, Fils de Dieu; reconnaissant qu'il est coéternel à son « Père selon la divinité , et non coéternel selon le corps qu'il a « pris de la Vierge, de la même substance que le nôtre, ne l'ayant '< point apporté du ciel. Dieu le Verbe n'a point été changé en chair; « et il s'est fait voir à nous, non comme un fantôme, mais en con- R servant sa nature sans changement et sans altération. Il a pris « et s'est uni les prémices de notre nature, qui est demeurée en lui « sans mélange, et demeurant lui-même un dans lune et l'autre « nature.... Le même passible et impassible : passible quant à « l'humanité, impassible quant à la divinité.... L'Église catho- « lique et apostolique anathématise ceux qui ne confessent pas « qu'il y a en Notre-Seigneur Jésus-Christ deux natures sans con- « fusion, et une seule personne, n'y ayant qu'un seul Christ, un « seul Fils (2;. » Ceci s'écrivait au quatrième siècle. L'Église ca-
(1) Jam vero Del Verbum peifecte hominem esse factum nemo non intelligit. Cura autem perfectum dicimus, non duos idcirco Christos asserimus. Tel duos reges Dei Filios, sed eumdem Denm et euuKiera hominem : non ideo quod habilaverit in homine, sed quod ipse totus homo sit factus. Hérésie lxxvii, c. xxix. — (2) Confitemnr Dominum nostrum Jesum Cliristum, Filium Dei unigenitum, ante omnia sœcula sine principioex Pâtre genitum secundum divinitatem; in novissimis vero diebus ex sancta Virgine Maria eumdem incarnatum esse, perfecturaque hominem ex anima ralionali et corpore adsumpsisse; cousubstantialem Patri secundum divinitatem, et consubstantialem nobis secundum bumanitatem Duarum enim perfectarum naturarnra uuio facta est ineffabiliter. Ideo unum ohnstum, nnum Filium Dominum noslrum Jesum Christum Filium Dei confitemur, scientes quod Patrl sno secundum divinltateai coactez-pus existens.... Non coajternum ex sua substantia cœlltus delapsum corpus, sed ex subsfantiae nostrae massa, hoc est ex Virgine id assumens et sibi ipsi tmiens. Nor. in carnem mutatus Deus Yerbum. neque ut spectrum apparens, sed sine mutatione et alteralione suam conservai;;; suh^tantiara, adsumptas naturœ uostrrtJ primitlas sibi uniit.... non commixtas, sed in utraque substantia uuus et idem appa'cns.... Sed idem est patibllis et impatibi is ; patibilis secundum liumaui'
DE h INCARNATION. 247
tholique professait donc alors le dogme de l'Incarnalion avec l'unité de personnes et la distinction des deux natures, de la na ture divine et de la nature humaine , en Jésus-Christ.
355. Saint Grégoire de INysse : sur ces paroles de saint Pierre aux Juifs , Dieu a fait Seigneur et Christ celui que vous avez crucifié^ ce Père ajoute : « Nous disons cela, non que nous recon- ■ naissions deux Christs ou deux Seigneur» dans l'unique per- ' sonne de Jésus-Christ (l). Eunomius nous accuse d'admettre X deux Christs et deux Seigneurs; mais, ne pouvant fonder cette " accusation sur nos écrits , il a recours au mensonge (2). » Le même docteur enseigne d'ailleurs clairement qu'il y a deux natures en Notre-Seigneur, la nature divine et la nature humaine (3).
35G. Saint Grégoire de Nazianze : « Nous ne séparons point, en « Jésus-Christ, l'homme de la divinité ; mais nous faisons profes- « sion de croire qu'il n'y a ^jju'un seul Christ , qui auparavant n'é- « tait pas homme , mais Dieu et Fils unique de Dieu avant tous « les siècles, sans corps et sans rien de corporel ; qui, à la fin, s'est « fait homme pour notre salut; passible par la chair, impassible « par la divinité ; borné par le corps, sans bornes par l'esprit ; le « même terrestre et céleste, visible et invisible, compréhensible et « incompréhensible; afin que l'homme tout entier tombé dans le « péché soit relevé par celui qui est homme tout entier, en même « temps qu il est Dieu. Si quelqu'un ne croit pas Marie mère de « Dieu , il est hors de la Divinité. Si quelqu'un dit que le Fils de « Dieu a passé par la Vierge comme par un canal, et qu'il n'a pas '• été formé en elle d'une manière divine et humaine tout ensem- '< ble : divine, en ce que l'homme n'y a point eu de part ; humaine, « en ce que les lois de l'enfantement, pour ce qni regarde la « femme, y ont été observées, celui là est encore impie (0« Si quel-
frttem, impatibilis spciindum divinitafem.... Qui non confitentur in Domino nostro Jcsu Christo diias esse naturas inconfiisas, unam autcm personam, qiiateniis unnsest Clnistiis, unus Filins, (os anathematizat cafholica et apostolica Kccicsia. Exposition de la foi, à la suite du livre de V Incarnation, tom. n, col: 730, édit. des Bénédictins . — Voyez aussi ce livre, c. v. — (!) Hoc anteaa ita dicimus, non quod duos cliristos vel Dominos in una Cluisti persona conspi<i;inuis. Antirrétique, ow Traité contre Apollinaire. — (2) Duos Christos cl duos Dominos dicere nos insimiilavit (Eunomius) , non ex noslris scri[!lis Miciisationem iitslituens, se<l ad arhitrium pro suo jure mendacio utens. DiS' cours lY, contre Eunomius. — Voyez aussi la lettre du môme docteur à Théophile contre Apollinaire, etc (3) Livres contre lilunomius. —(4) Neque homi-
iiem a divinitate separamns; sed unnm et eumdem protitemnr, priu.^ quideai
24â DE L INCABNATION.
« qu'tm intï-oduit deux Fils , l'un de Dieu le Père , l'autre de îa « mère, et ne dit pas que c'est un seul et même Fils, il doit déchoir « de l'adoption promise aux vrais fidèles. Car il y a en Jésusce Christ deux natures, Dieu et l'homme, comme il y a dans tout « homme l'àme et le corps; mais il n'y a pas deux Fils, ni deux « dieux, ni deux hommes, quoique saint Paul ait ainsi nommé l'in- « térieur et l'extérieur de l'homme. Pour le dire en peu de mots, « le Sauveur est composé de deux choses différentes , puisque le « visible et l'invisible ne sont pas la même chose , non plus ce qui « çst sujet au temps et ce qui n'y est pas sujet; mais ce ne sont pas " deux personnes, à Dieu ne plaise ! car les deux choses ou natures « étant unies, ne sont qu'un, unum sunt (1). »
Ailleurs : « Celui qui est Dieu et homme est venu au monde, « réunissant en un seul deux natures, la nature divine et la nature « humaine, qui s'est manifestée aux hommes : Naturani dupli- « cem complexus in unum (2). "
357. Saint Cyrille de Jérusalem : « Croyez que le Fils unique « de Dieu est descendu du ciel sur la terre à cause de nos péchés , « ayant pris l'humanité, qui l'a rendu sujet aux mêmes affections « que nous éprouvons nous-mêmes ; et qu'il est né de la sainte « Vierge et du Saint-Esprit (3). Jésus-Christ est le Fils de David
non homiiiem, sed Deum et Filium unigenitum, ac saeculis omnil)iis aiitiquiorem, a corpore rebusque omnibus corporis puruna et secre.tiini ; in fine antein horainem, propter salntem nostram assumptum , carne passibilem , divinitale impassibilem , corpore eirciimscriptum , Spiritu incircumscriptiim , terrenuin eumdem et cœlestem , \isibiiera et intelligibilem, comprehensibilem et incomprebensibiiem ; utpereiimdem totum bominem simul ac Deum, totus homo in peccatum lapsus refringatur. Si quissanctamMariam Deiparam non crédit, extra vlivinitatem est. Si quis Christum per Virginera tanquam per canalem fluxissc, non autem in ea divino modo , quia absque viri opéra ; humano, quia juxta pariendi consuetudinem, formaturase dixerit, aeqiie athens est. Discours li. — (1) Si quis duos Filios, alterum ex Deo et Pâtre, aiteruin ex inatre, non autem unum atque eumdem induxerit, is ab ea quoque fiiiorum adoptione excidat, quae recte credentibus promissa est. Quamquam enim Deus et bomo duae natura; sunt quemadmodum et anima et corpus , non tamen duo Filii nec Dii ; quemadmodum ne hic quidem duo homines, tametsi Paulus ad bunc modum internam et externam liominis parlera appeliaverit. Atque ut paucis rem complectar, alnid quidem atque aliud sunt ea, ex quibus Salvator, nisi vero id quod cerni non potest, idem est cum eo quod in oculorum aspectum cadit; et quoa (emporis expers est, cura eo quod tempori sui)est; non tamen alius atque alius, ab.sit. /\jnbo enim Ijaec connexione unum sunt. Ibidem. — Voyez aussi les (J".scoiirs xxxvni et ui du même docteur. — (2) Poëme ii, sur la virginité. — (3) Crede vero quod hic unigenitus Filius Dei propter peccala nostra de cœlis ad terram descendit, adsumpta humanitate ista, iisdeœ quibus subjicimiir af-
DB l'incarnation. 249
• dans la consommation des siècles, et Eils de Dieu avant tous les « siècles, sans commencement. Tl a reçu de David la naissance
■ suivant la chair, et il a la naissance divine, par laquelle il est en- « gendre de Dieu le Père (1). Le Fils de Dieu s'est incarné^ et s'est « fait ce que nous sommes, afin de nous rendre dignes de jouir de « lui-même (2). » Voilà donc encore Jésus-Christ qui est tout à kl fois Fils de Dieu et Fils de la sainte Vierge, né de toute éternité comme Dieu, et né dans le temps comme homme. Il n'y a donc véritablement, suivant saint Cyrille, qu'un seul Christ, qui a deux natures, la nature divine et la nature humaine.
358. Saint Basile : « Dans ces derniers temps, le Verbe de Dieu « s'est manifesté dans la chair, qu'il avait prise de la femme, et
■ s'est assujetti à la loi pour racheter ceux qui étaient sous la loi, « afin de nous rendre enfants d'adoption (3). >■ Le même docteur prouve par le texte de saint Paul, qui cum in forma Dei esset, que Notre-Seigneur réunit dans sa personne la nature de Dieu et la nature de l'homme (4). Saint Optât , qui vivait du temps de saint Basile, enseigne que Jésus-Christ est Fils de Dieu, qu'il est Dieu lui-même, et qu'il est né, comme homme, de la Vierge Marie (5).
Suivant saint Athanase, l'union du Verbe suivant la nature humaine s'est faite dans le sein de la Vierge Marie, qu'il appelle pour cela mère de Dieu, Deiparam (6). Par suite de cette union, le Verbe et l'homme ne sont plus qu'une seule personne, un seul et même Christ, Dieu parfait et homme parfait; le même, Dieu et homme, unus idemque Christus (7); Christus perfectus Deus et perfectus homo, idem Deus et homo (8); consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantialis ipsi Pater (9); et consubstantiel à
fectibus obnoxia, natusque est ex sancla Virgine et Spiritu Sanc'o ; facta inhumanatione seu hominis siisceptione. Catéchèse iv. — (1) Christus filins rêvera Davidis est in consummatione saeculorum, Dci vero Filius ante omnia saecula, sine initio. Duos patres habet, uniim David seciindiim carnem, alteriim vero Deum Patrem secundum deitatem. Catéch. xi. — (2) Credamns in Jesum Clirislum qui in carne advenit et inliumanatus est.... Factus est id qiiod nos sumus, ut sic eo /rui digni erficeremur. Catéch. xii. — (3) In extremis diebus ipse Dominufe manifestalus «st in carne, factus ex mnliere, factus sub lege, nt eos qui sub legeerant, redimeret, ut adoptionem filiorum reciperemus.ic^/»'eccLXf.
— (4) Voyez le livre i de saint Basile contre Eunomius (5) Fidei pars est cre-
lere Filium Dei, Deum, qui secundum bominem «uum per Marian. Virginein natus sit, passus et mortuus et sepullus resurrexerit. Liv. r, dxi schisme des donatistes — (6) Liv. i, contre Apollinaire, n" iv. — (7) Discours iv, contre lei ariens. — (8) Liv. i, contre Apollinaire, n" xvi. — (9) Sur le psaume xxi.
J50 DE L'iNCAaNATtON.
rhomrae suivant l'humanité, nobis consubstantialis Filius (l).
Saint Cyprien : « Le Verbe , Fils de Dieu , a été envoyé au « monde pour être l'arbitre et le dispensateur des grâces de Dieu.., ■ 11 est descendu dans le sein d'une Vierge, et s'y est revêtu de « notrp chair par l'opération du Saint-Ksprit. Dieu s'est ainsi uni •< à l'homme : c'est Jésus-Christ lui-même, notre Dieu, et notre « médiateur auprès de son Père (2). »
Saint Hippolyte, évêque de Porto et martyr du troisième siècle: « Nous devons croire, selon la tradition des apôtres, que Dieu le « Verbe est descendu des cieux dans le sein de la sainte Vierge Ma- « rie, afin de s'incarner en eiîe, en prenant an corps avec une « âme, et en se faisant tout ce qu'est l'homme, le péché excepté, « pour sauver Adam qui était tombé , et donner l'immortalité à « ceux qui croiraient en lui. Dans ces derniers temps. Dieu a en- • voyé le Verbe de vérité pour le salut des hommes. II avait été « prédit par la loi et les prophètes qu'il viendrait en ce monde; « et comme il avait été prédit, il est venu, et il s'est montré, s'é- « tant fait homme dans le sein de la Vierge par l'opération du « Saint-Esprit. Il a du ciel, comme Verbe , ce qui est du Père; « et de la terre, comme incarné par la Vierge, ce qui vient du '^ vieil Adam. Dieu a donc paru dans ce monde avec un corps, « étant homme parfait ; car ce n'est point par fiction ni par « changement, mais en toute vérité, qu'il s'est fait homme (3). >»
.359. Tertullien : « Nous croyons que le Verbe, appelé Fils de « Dieu, est descendu par l'opération du Saint-Esprit dans le sein « de la Vierge Marie, où il s'est fait chair; qu'il est né d'elle; qu'il « est lui-même Notre Seigneur Jésus-Christ , qui a prêché la loi
(\) Lettre desententia Dionysii, n" x. — (2) Hiijus indulgentiœ , gratiae disciplinaeque arbiter et magister, sermo et Filins Dei mittitiir.... Hic in Virginera iJlabitur, carnem Spiritii Sancto coopérante induitiir. Deus ciim homine misce» tnr : iiic Deiis noster, hic Christus est qui, mediator duoriim, hominem induit, qiiem perdiicat ad Patrein. De la vanité des idoles. — (3) Credanaiis igitur, fratres, secnndum traditionem apostolonim, quod Deus Verbuni e cœlis descendit in sanctam Virginem Mariam, ut ex ea incarnatus sumpta anima iiumana, rationis, inquam, participe, factus onsnia qnaecunique homo est,excopto peccato, salvaret Adam qui ceciderat, et immortaiitatem hominibus largiictur iL'qui crederent in nomine ejns.... Sicut ergo praedicatum est, sic (Verbiim) prae »ens seipsum manifestum fecit ex Virgine et Spiritii Sancto novus homo factus; habens cœieste quod paterniim erat, tanquam Verbum; terrennm rero, tanquam ex vetere Adam per Virginem incarnatus. Sic in mundum egre^sus Deus eorporatus apparuit, egressus perfectus homo. Non enim per fictionem aut mu* tationcm sed vere factus est homo. Liv. contre Aoèt, w xvii.
DE l'incâbnation. 351
• nouvelle, et la nouvelle promesse du royaume des cieux (l). » Ailleurs, il distingue dans le Sauveur du monde deux substances, Dieu et l'homme, ne formant qu'une personne: in una persona De Km et hominem. Jesum (2 '. Encore : « Le nombre des deux na- « turcs nous a montré Jésus- Christ comme homme et comme « Dieu; comme étant né dans le temps, et comme ne l'étant pas; « comme corporel et comme spirituel ; comme faible et comme « fort; comme mortel et comme immortel (3). » On ne pouvait certainement mieux exprimer l'unité de personne et la distinction des deux natures.
On croyait aussi, du temps de saint Irénée, que Jésus-Christ est le Verbe, le Fils de Dieu, vrai Dieu lui-même, qui s'est fait homme et a souffert pour nous; qu'il n'y a qu'un seul Christ, qui est Dieu et homme, invisible et visible, incompréhensible et compréhensible, impassible et passible; que le Verbe de Dieu s'est incarné^ et que Jésus- Christ est tout ensemble Fils de Dieu et Fils de l'homme : Fils de Dieu, parce qu'il est le Verbe du Père; Fils de l'homme, parce qu'il est né de la Vierge Marie (4).
Saint Justin dit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu , le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, et qu'il s'est fait homme dans le sein de la Vierge Marie, d'où il est tout à la fois Fils de Dieu et Fils de Ihomme (5).
(1) Creditur untim omnino Deuna esse.... qui universa de nihilo produxerit per Yerbuni suum primo omnium demissum ; id Verbum Filium ejus appellatum.... posfrerao delatum ex Spiritn Patris Dei et virtute in Virginem Mariam, carnem factum in utero ejus, et ex ea natum egisse Jesum Christum, exinde prœdicasse novam legem et novam promissionem regni cœlorum. Des Prescriptions, n° xni. — (2) Livre contre Praxéas, n° xxviii. — (3) Utriusque sul)stantiae census iiominem et Deum exhibuit : iiinc natum, inde non natum ; hinc carneum, inde spiritualeni; hincinfirmum, inde prsefortem; hinc morientem, inde viventem. De carne Christi, n° v. — (4) Quoniam Joannes unum et eumdem novit Verbiim Dfi, et bunc esse unigenitum, et hune incarnatum esse pro salute nostra, Jesum Chiistum Dominum nostrum snfficienter ex ipsins Joannis sermone demonslravimus. Liv. m, contre les hérésies, c. xvi. — Unus Christus... invisibiiir, visibilis factus, et incomprehensibilis factus comprehensibiUs, et impassibilis passibilis , et Verbum homo. ibidem Filius Dei existensscmper apud Patrem.... incarnatus est et homo factus. Ibidem, c. xviii. — Hic igitur Filius Dei Dominus noster , existens Verbum Patris, et Filius hominis : quoniam ex Maria habuit secundum hominem ijenerationem, factus est Filius hominis. Ibi' dem, c. XIX. — (5) Qui (Filius) cum Verbum sit primogenitum Dei, Deus etiara est. Ac prius quidem Moysi et caeteris prophetis in specie ignis et imagine in« corporea visus est : nunc autem vestri imperii temporibus ex Virgine homo faolus, secundum Patris voluntatem, pro eorum salute, qui illi credunt. Apologie i, «" Lxui. — Gunn eum Filium Dei esse io commenlariis apostolorura scriptum lega
252 DE l'incabnation.
360. Enfin, saint Ignace, qui a conversé avec les apôtres, nous a laissé plusieurs lettres où il nous représente Jésus-Christ comme une seule personne qui est Dieu et homme en même temps. « C'est, •■ dit-il, un médecin charnel et spirituel, fait et non fait, homme « et Dieu ; qui, dans la mort même, a été la véritable vie , qui est « né de Marie et de Dieu (l). " Ce qui évidemment ne peut s'expliquer que par le mj'stère de l'Incarnation.
361. Ainsi donc, en remontant de saint Augustin à saint Ignace d'Antloche, comme en descendant de saint Ignace d'Antioche à saint Augustin, on voit que les Pères et les docteurs antérieurs à Aestorius et à Eutychès s'accordent à reconnaître dans le Veibe fait chair un seul Christ et non deux Christs , une seule personne et non deux personnes, un seul et même Seigneur, Fils de Dieu et Fils de l'homme, consubstantiel à Dieu le Père selon la divinité, et consubstantiel à la Vierge Marie selon l'humanité. Ils enseignent tous, d'une manière plus ou moins expresse, suivant les circonstances, et autant que la loi du secret leur permettait d'expliquer les mystères (2), qu'il n'y a qu'une seule personne en Jésus-Christ, la personne du Verbe, et deux natures, la nature divine et la nature humaine, l'une et l'autre distinctes, entières, sans confusion, sans mélange et sans altération. L'Église a donc constamment, même dans les quatre premiers siècles, tenu à ce mystère d'amour, comme venant de Jésus-Christ , de Dieu. Nous avons d'ailleurs une nouvelle preuve de la croyance de l'Église dans les décisions des anciens conciles, même des conciles œcuméniques.
§ III. Preuves du mystère de l'Incarnation par les décisions
des conciles.
362. Nestorius, étant monté sur le siège de Constantinople en 428, attaqua le mystère de l'Incarnation, en soutenant qu'il y avait en Jesus-Christ deux personnes , la personne du Verbe et la personne de l'homme ; que le Fils de Dieu ne s'était point fait homme, qu'il s'était seulement uni au Christ d'une manière particulière, il est vrai, mais purement morale; de sorte que la sainte Vierge n'avait donné naissance qu'à un homme, et ne pouvait par consé-
nans, et Filium dicimus illiim et esse intelligimus.... et ex Virgine honiinem esse factum. Dialogue avec Tryphon, n° c. — (t) Mediciis unns est , et carnalis et Sfiiiituaiis, factuv et non factus, in liomine existens Deus, in morte Tita vera, et «X Maria et Dec Lettre aux Éphé siens, n° vu. — (2) Voyez, ci-dessus, le n" 269.
DE L INCARNATlOiN. 253
quent être appelée mère de Dieu. Cette doctrine, qui avait scandalisé les fidèles, fut réfutée par saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, et condamnée d'abord par le pape saint Célestin, puis par le concile général d'Éphese de l'an 431. Ce concile déposa Nestorius, et approuva les anathèmes de saint Cyrille contre les erreurs de 3et hérésiarque.