GRACE ET DE LA JUSTIFICATION
483. La nature de la grâce, qui est le principe de la justification, la manière dont elle opère sur la volonté de l'homme, ses rapports avec le libre arbitre, sont autant de mystères pour nous. « Il est si difficile, dit saint Augustin, de discerner la vérité quand « il s'agit de la liberté de l'homme et de la grâce de Dieu, que, " lorsqu'on défend le libre arbitre, il semble que l'on nie la grâce, " et que, lorsqu'on défend la grâce, il semble que l'on nie le libre « arbitre (l). » Comme on ne s'est pas toujours tenu suffisamment en garde contre cet écueil, on est tombé dans de graves erreurs. D'un côté, les pélagiens, les semi-pélagiens et les sociniens, sous prétexte de défendre le libre arbitre de l'homme, ont nié la nécessité de la grâce. De l'autre, les prédestinatiens du cinquième et du neuvième siècles, dont les erreurs ont été renouvelées, d'une manière plus ou moins expresse, par Wiclef, Luther, Calvin, Baïus , Jansénius et Quesnel , en voulant exalter l'opération et la puissance de la grâce, ont méconnu la liberté de l'homme. Pour éviter ces deux extrêmes, nous suivrons en tout l'enseignement de l'Église, qui se guide elle-même par l'Écriture et la tradition.