‹ Théologie dogmatiqueChapitre 55 sur 135 · CHAPITRE PRE.IÏIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRE.IÏIER

Notion de la grâce.

484. Ici le mot 7 /(îce exprime les dons que Dieu fait gratuite ment aux hommes, principalement dans l'ordre du salut. Sous ce

(1) Uta quaestio, ubi de arbitrio voluntatis et Dei gratia dispiitatiir, ita est ad

DE Lk GBACB. 335

point de Mie on définit la grâce : Un don surnaturel et gratuit, qui nous vient de Dieu , comme le moyen de nous faire arriver à la \ie éternelle. D'abord, la grâce est un don surnaturel; elle se rapporte à la visit>n intuitive de Dieu , qui est la fin surnaturelle de l'honme (l). Elle est par là même un don gratuit: Dieu n'était point tenu, même dans l'hypothèse de la création , de procurer à i'homme la félicité qui nous rend participants de la glohe du ciel, 3t, en quelque sorte, de la nature divine, divinœ consurtes natu- ■'œ (2). D'ailleurs, l'homme, étant déchu de son état primitif par le péché de notre premier père , n'a été réhabilité que par un effet de a miséricorde de Dieu. La grâce nous vient de Diev^ et ne peut venir que de Dieu ; mais, à partir de la chute d'Adam, elle n'a été accordée à l'homme qu'en vue des mérites de Jésus-Christ, qui s'est offert à Dieu le Père comme une victime de propitiation pour tout le genre humain. Enfin, la grâce est le moyen de nous faire arriver à la vie éternelle ; sans la grâce , nous ne pouvons rien dans l'ordre du salut.

485. On distingue la grâce habituelle et la grâce actuelle. La première, qu'on appelle aussi la grâce sanctifiante, est une qualité qui, résidant dans n-otre âme d'une manière fixe et permanente, la purifie du pèche, et la rend agréable à Dieu et digne du bonheur du ciel. Cette grâce demeure en nous tandis que nous persévérons dans la justice; ou ne la perd que par le péché mortel. La grâce actuelle est extérieure ou inférieure. La grâce extérieure consiste dans la prédication de l'Évangile, dans les exhortations, les conseils, les exemples qui portent au bien. La grâce intérieure^ en tant qu'elle est actuelle^ est l'acte même par lequel Dieu éclaire intérieurement notre entendement et fortifie notre volonté, en nous donnant le pouvoir de faire une bonne œuvre, d'accomplir un précepte, de surmonter une tentation, d'ime manière utile à notre salut. Cette grâce s'appelle grâce de Y entendement ou grâce de la volonté, suivant qu'on la considère comme éclairant notre esprit d'une lumière surnaturelle, ou comme donnant à notre volonté la force de faire le bien. Cette même grâce prend le nom de grâce prévenante, ou de grâce concomitante, ou de grâce subséquente, selon qu'elle nous prévient, afin que nous connaissions et que nous voulions le bien , ou qu'elle nous accompagne et nous aide

discerner. liim difficilis, nt, qiiando defenditiir liberum arbitriur.., iiegari Dei gratia videatur; quando aiitem asseritur Dei gratia, liberum arbilriuni putetur auferri. Liv. i, de la Grâce du Christ et du péché originel, c xlvm. — (1) Voyez, ci-dessus, le n° 110, etc. — (2) Saint Pierre, u* épU. , c, i, v. 4.

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tandis jne nous faisons le bien, ou qu'elle nous suit, afin que nous cortinuions à vouloir et à faire le bien: Nolentem prœvenit nt velit; volentem sicbsequitvr^ ne frustra velit (1).

486. Enfin, la grâce actuelle se divise en grâce suffisante et en grâce efficace. La grâce suffisante est ainsi appelée , parce qu'elle donne le pouvoir, le vrai pouvoir de faire le bien , quoiqu'elle ne soit pas suivie de son effet. La grâce efficace est celle qui est suivie de son effet, c'est-à-dire celle avec laquelle on fait ce que Dieu exige de nous. Ainsi, la différence entre ces deux espèces de grâce, quant aux effets, consiste en ce qu'on résiste à la première et qu'on ne résiste pas à la seconde, quoiqu'on puisse certainement y résister. Aussi devons-nous demander à Dieu d'être toujours fidèles aux grâces qu'il veut bien nous accorder.

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