‹ Théologie dogmatiqueChapitre 56 sur 135 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la nécessité de la grâce.

487. La grâce actuelle intérieure est-elle absolument nécessaire au salut? Peut-il y avoir des actions bonnes sans la grâce sanctifiante? Toutes les actions de ceux qui n'ont pas la foi sont-elles moralement mauvaises? Le juste peut-il, avec des grâces ordinaires, éviter tous les péchés? Peut-il, sans une grâce spéciale, persévérer jusqu'à la fin? Telles sont les questions que nous avons à examiner dans ce chapitre.

ARTICLE I

La grflre actuelle intérieure est-elle absolument nécessaire au .«aliit

488. li est de foi que, sans la grâce intérieure, on ne peut absolument rien dans l'ordre du salut. La grâce est indispensable ment nécessaire pour le commencement comme pour l'accroissement et e perfectionnement de la foi, pour le commencement fomme pour l'achèvement des boimes œuvres; en un mot, pour le conîmoncement comme pour la consommation de notre salut. Ainsi Ladk'fmi le deritii r concile œcuménique : « Si quelqu'un dit

(1) Enchiridion c. xtxii.

DE LA OBACB. noj

• que, sans l'iuspiration prévenante du Saint-Esprit et sans son c secours, l'homme peut croire, espérer, aimer, ou se repenti» " comme il faut, pour obtenir la grâce de la justification, qu'il soil << anathème (1). » Longtemps avant le concile de Trente, le concile général d'Éphèse, de 431 , à la suite de vingt- trois conciles particuliers, avait condamné les erreurs de Pelage et de Célestius, qui, en niant le péché originel , niaient en même temps la nécessité et la gratuité de la grâce intérieure , en ce qui a rapport au salut.

489. Comme au sixième siècle il y avait encore dans les Gaules quelques semi-pélagiens qui n'attribuaient à la grâce que l'accroissement et non le commencement de la foi , le concile d'Orange, de l'an 529, rendit les décrets suivants :

490. <• Si quelqu'un dit que la grâce de Dieu peut être donnée à « la prière de l'homme, et que ce n'est pas la grâce même qui fait " que nous la demandons, contredit ces paroles du prophète Isaïe <- et de l'Apôtre : Ceux gui ne me cherchaient point m'ont trouvé, " et je me suis montré à ceux qui ne me consultaient pas (2).

491. « Si quelqu'un prétend que Dieu attend la volonté de « l'homme pour nous justifier du péché, et ne reconnaît pas que « c'est l'infusion et l'opération du Saint-Esprit en nous qui fait que « nous voulons être justifiés, il contredit l'Esprit-Saint, qui dit par « Salomon : La volonté est préparée par le Seigneur; et ce que " dit l'Apôtre : C'est Dieu gui nous fait vouloir et exécuter selon -^ sa bonne volonté (3). X^\'b

492. « Si quelqu'un dit que le commencement de la foi aussi « bien que l'accroissement de cette foi, et que l'acte même par le- « quel nous croyons en celui qui justifie l'impie, et par lequel nous '• parvenons à la génération du saint baptême, sont en nous natu- <" rellement, et non par le don de la grâce, c'est-à-dire par l'inspi-

(I) Si quis dixerit, sine pr.neveniente Spiritus Sancti inspiratione atque ejus adjutorio, hominem credere, sperare, diligere, ant pœnitere posse, sicut oportet, lit ei justificationis gratia conferatur ; anathema sit. Sess. vi, can. m. — (2) S qnis ad invocationem humanam gratiam Dei dicit posse conferri, non auteni ipsam gratiam facere, ut invocetur a nobis , contradicii Isaiœ prophetae, vel Apostolo idem dicenti : Inventus sum a non quœrentibus me : palam appa-

-îii his qui me non interrogabant (Is. 65; Rom. 10). Capit. m. — (3) Si qiiis, it a peccato purgemur, voluntatem nostram Deum expectare conteiidit, non

iitem ut etiam purgari velimns, per Sancti Spiritus infusioneni et operationem in no^ fieri conlitetnr, resistit ipsi Spiritui Sancto per Salomonem dicenti (Prov. 19) : Pneparattir voluntns a Domino; et Apostolo salubiiter prœdjcanti (Pliilip. 2i : Deua est aui operutur in vobis et velle et perjicere prt bona voluntalh^

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