‹ Théologie dogmatiqueChapitre 77 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Du ministre du sacrement de confirmation.

687. L'administration du sacrement de confirmation est une fonction particulière à l'évêque; il en est seul le ministre ordinaire. Cette proposition est de foi. « Si quelqu'un dit que l'évêque seul « n'est pas le ministre ordinaire de la sainte confirmation , mais « que le simple prêtre l'est aussi , qu'il soit anathème. » Ainsi s'exprime le concile de Trente (3). C'est aussi la doctrine du pape Eugène IV (4). Telle est d'ailleurs la pratique générale dans l'Eglise, pratique qui remonte jusqu'aux apôtres. « Les évêques seuls, di- « sait Innocent [ dans sa lettre à Dccentius. ont le pouA oir de mar- " quer de l'onction, de donner le Saint-Esprit ; et cela est démon- '- tré non-seulement par la coutume de l'Église, mais encore par « les Actes des apôtres^ où il est dit que Pierre et Jean furent en- « voyés pour donner le Saint-Esprit à ceux qui avaient été bap- « tisés (5). » On ne peut nous objecter ce qui se pratique dans l'Église grecque, où de simples préties administrent la confirmation ; car cela se fait, comme le dit Benoit XIV (6), en vertu d'une délégation, ou du consentement, au moins tacite, du souverain pontife.

G88. Le concile de Trente, en décidant que l'évêque seul est le ministre ordinaire de la confirmation, suppose qu'il y a un ministre extraordinaire de ce sacrement. Le pape Eugène IV le fait même entendre assez clairement; car, après avoir dit que le mi-

(1) Liv. I, sur les Cantiques. — (2) Liv. xiv des Lettres, lett. vu. — (;!) si quis dixerit, sancta; confirmationis ordiiiariiim minislruin non esse soliim episcopum, sed qiiemvis sinipliceni sacerdotem; anallienia sit Sess. vit, de la Cunûimation, cun. ni. — (4) Confirmationis ordinarius minisler est eiHscopus. JJd' crei pour les arméniens. — (5) Voyez, ci-dessus, le n" 672. — (6) Traite du Synode, liv. vu, c. ix.

nistre ordinaire de la confirmalion est 1 evêque, il ajoute aussitôt: « On lit cependant que quelquefois, par dispense du siège aposto- « lique, pour une cause raisonnable et urgente, un simple prêtre a « conféré le sacrement de confirmalion avec le chrême consacré « par révêque(l).» Un simple prêtre peut donc, par extraordinaire et avec un pouvoir particulier du pape, donner la confirmation, comme le prouvent d'ailleurs les concessions accordées par saint Grégoire le Grand, par Sylvestre II, Nicolas IV, Jean XXII, Urbain V, Léon X, Adrien VI, Sixte V, Benoit XIII , Clément XI, Benoît XIV, et autres papes. C'est pourquoi cette question , qui était autrefois controversée, ne souffre plus aujourd'hui de difficulté. Mais un prêtre ne peut confirmer qu'avec du chrême consacré par l'évêque : la faculté d'administrer ce sacrement n'emporte pas celle de consacrer les saintes huiles. Nous ferons remarquer aussi que la confirmation serait nulle, si elle était administrée par un simple prêtre, sans un pouvoir particulier du vicaire de Jésus-Christ (2).

Page 1