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CHAPITRE PREMIER

Notion et institution du sacrifice de l'eucharistie.

ARTICLE I

Notion du sacrifice de l'eucharistie.

808. Le sacrifice, en général, est une offrande que nous faisons à Dieu en signe de notre dépendance et de notre soumission. On distingue le sacrifice intérieur et le sacrifice extérieur. Le premier est celui par lequel notre âme s'offre à Dieu : il s'opère par la foi, la charité, la prière, et autres actes de religion. Le sacrifice extérieur consiste dans l'offrande que nous faisons à Dieu d'une chose extérieure qui nous appartient ; tel est, par exemple, le sacrifice de notre corps , que nous offrons à Dieu en quelque manière par le martyre, l'abstinence et la continence. Déplus, le mot de sacrifice se prend , ou dans un sens étendu , pour toutes sortes de bonnes œuvres que l'on fait pour honorer Dieu ; ou dans un sens plus restreint, pour l'offrande faite à Dieu d'une chose extérieure qu'on immole à son honneur. On définit donc le sacrifice proprement dit : l'oblation d'une chose extérieure qu'on immole à Dieu pour reconnaître son souverain domaine sur toutes choses. Tout sacrifice est une oblation , mais toute ohlation n'est pas un sacrifice strictement dit : pour un vrai sacrifice , il faut qu'il y ait immolation, destruction de la chose offerte, ou au

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moins une consécration qui en change la nature, l'état, ou la forme naturelle.

809. Le sacrifice eucharistique est désigné sous différents noms parles anciens docteurs de l'Église; mais depuis longtemps on l'appelle universellement sacrifice de la messe ^ ou simplement la messe. L'origine la plus vraisemblable de cette dénomination est le mot mittere^ qui signifie renvoyer. Autrefois, après l'évangile, on congédiait les catéchumènes , ce qui s'appelait la 7nesse des catéchumènes, missa catechumenorum ; et, la cérémonie étant achevée , les fidèles se retiraient au moment où le diacre criait : Ite, missa est; d'où est venu le nom de messe des fidèles, missa fidelium.

810. Selon la croyance de l'Église catholique, la messe est un sacrifice de la loi nouvelle, par lequel le prêtre offre à Dieu le corps et le sang de Jésus-Christ , sous les espèces du pain et du vin. La messe est un vrai sacrifice institué par Jésus- Christ. Près de consommer le sacrifice sanglant qui devait s'opérer sur la croix, il commença par l'offrande de son corps et de son sang, ordonnant à ses apôtres de la renouveler et de la perpétuer en mémoire de sa mort. C'est un sacrifice qui est offert à Dieu. Le sacrifice, de sa nature , est un acte de ce culte suprême, du culte de latrie, qui n'est dû qu'à Dieu seul. Ainsi, lorsqu'on dit la messe d'un saint, il ne faut pas croire qu'on offre le sacrifice de la messe à ce saint; mais seulement qu'on en fait mémoire, qu'on implore sa protection, et qu'on le prie d'intercéder pour nous. C'est un sacrifice par lequel on offre le corps et le sang de Jésus-Christ; c'est Jésus-Christ lui-même, dont le corps est présent sous les espèces du pain et le sang sous les espèces du vin , qui est la victime , l'hostie qu'on immole dans le sacrifice de la messe. Enfin , le sacrifice eucharistique s'offre par les mains du prêtre; mais le ministre principal de ce sacrifice est Jésus-Christ, qui est tout à la fois le prêtre et la victime, s'offrant lui-même à Dieu le Père par le ministère de ses prêtres. C'est donc au nom de Jésus-Christ et avec Jésus-Christ que le prêtre offre le sacrifice de la messe : le même ministère que Jésus-Christ a exercé visiblement sur la croix , il l'exerce d'une manière invisible sur l'autel , et le fait exercer visiblement par les prêtres qu'il a établis dans son Église.

ARTICLE II

L'eucharistie est-elle un vrai sacrifice, un sacrifice proprement dit ?

811. 11 est de foi que l'eucharistie est un vrai sacrifice, un sacrifice proprement dit. Voici comment s'exprime le concile de Trente : « Quoique Notre-Seigneur dût s'offrir lui-même une fois « à Dieu son Père , en mourant sur l'autel de la croix pour y « opérer la rédemption éternelle ; néanmoins , parce que sou sa- « cerdoce ne devait pas s'éteindre par la mort , dans la dernière « cène, la nuit même qu'il fut livré, voulant laisser à l'Église, sa « chère épouse, un sacrifice visible, tel que la nature des hommes « le demande, et par lequel le sacrifice sanglant qui devait s'opé- « rer sur la croix fût représenté, la mémoire s'en perpétuât jus- « qu'à la fin des siècles, et la vertu salutaire en fût appliquée « pour la rémission des péchés que nous commettons tous les " jours; se déclarant prêtre établi pour l'éternité selon l'ordre de « Melchisédech , il offrit à Dieu le Père son corps et son sang sous « les espèces du pain et du vin ; et, sous les symboles de ces mêmes « choses, il les présenta à ses apôtres, qu'il établissait alors prêtres « du Nouveau Testament ; et p?r cCo parole» Faites ceci en mé- « moire de moi, il leur ordonna, à eux et à leurs successeurs dans le « sacerdoce, de les offrir, ainsi que l'Église catholique l'a toujours « entendu et enseigné : car après avoir célébré l'ancienne Pâque, « que l'assemblée des enfants d'Israël immolait en mémoire de la « sortie d'Egypte , il établit la Pàque nouvelle , où il fut immolé « par les prêtres au nom de l'Église, sous des signes visibles, en « mémoire de son passage de ce monde à son Père , lorsqu'il nous « a rachetés par l'effusion de son sang, qu'il nous a arrachés de « la puissance des ténèbres, et nous a transférés dans son royaume. « C'est cette offrande pure, qui ne peut être souillée par l'indignité « ni par la malice de ceux qui l'offrent, que le Seigneur a prédit « par Malachie devoir être offerte en tout lieu à son nom , qui -< devait être glorifié parmi les nations. C'est de cette oblation « que saint Paul parlait, lorsqu'il dit aux Corinthiens çwe ceux Il qui sont souillés par la participation de la table des démons ne « peuvent participer à la table du Seigneur; prenant le nom de « table pour V autel dans l'un et l'autre endroit. C'est elle enfin « qui, au temps de la nature et de la loi, était figurée par les an- « ciens sacrifices, comme renfermant tous les biens dont elle est

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« l'accomplissement et la perfection (l). Si {donc) quelqu'un dit « que dans la messe on n'offre pas à Dieu un sacrifiée véritable « et proprement dit, ou que l'offrir n'est autre chose que de nous « donner Jésus-Christ à manger, qu'il soit anathème (2). Si quel- « qu'un dit que par ces paroles, Faites ceci en mémoire de tnoi, fl Jésus-Christ n'a pas établi les apôtres prêtres , ou qu'il n'a pas « ordonné qu'eux et les autres prêtres offrissent son corps et son « sang; qu'il soit anathème (3). « De même : « Si quelqu'un dit « que par le sacrifice de la messe on commet un blasphème en- « vers le très-saint sacrifice de Jésus-Christ consommé sur la « croix , ou qu'on déroge à ce sacrifice; qu'il soit anathème (4^,. » Ces décrets sont dirigés contre les novateurs du seizième siècle, qui nient que l'eucharistie soit un sacrifice.

812. Ce dogme catholique, proclamé par le dernier concile œcuménique , est aussi ancien que le christianisme. Figuré par les sacrifices des anciens patriarches , prédit par les prophètes, le sacrifice eucharistique a été institué par Jésus- Christ, transmis par l'enseignement des apôtres et des Pères , et perpétué par la croyance générale et constante de l'Église universelle. Aussi prouve-t-on, par les livres saints et la tradition, que l'eucharistie est un vrai sacrifice ; et c'est ce que nous allons faire le plus brièvement qu'il nous sera possible.

§ I. Preuves tirées de l'Écriture sainte.

813. Pour ce qui regarde l'Écriture sainte , nous lisons dans la Genèse : « Melehisédech , roi de Salem, offrit du pain et du vvn, « car il était prêtre du Très-Haut (5). » Or, Jésus-Christ est prêtre pour toujours selon l'ordre de Melehisédech : Juravit Dominus . et non pœnitehit eum : Tu es sacerdos in œtemum secundum ordinem Melehisédech. L'apôtre saint Paul applique cet oracle au Fils de Dieu , au Verbe incarné , à Jésus-Christ : « Le Chris*

(1) Voyez le texte du concile de Trente, sess. \\u,ch. i. — (2) Si qiiis dixerit, in niissa non offerri Deo veium et proprium sacrificium, aut quod offerri non sit aliud quam nobis Ciiristiim ad manducandum dari; anatliema sit. Sess. xxii, can. I. — (3) Si quis dixerit, illis verbis, Hoc facile in meam commémorât iovem, Christum non instituisse apostolos sacerdotes; aut non ordinasse ut ipsi aliique sacerdotes offenent corpus et sanguinem suum ; anatliema sit. Ibidem.

c. II. (4) Si quis dixerit , blasphemium irrogari sanctissimo Chrisli sacrificio

in cruce peracto, per missaj sacrificium, aut illi per hoc derogari ; anatliema sit. Ibidem, can. i\. — (5) At vero Melehisédech rex Salem, proferens panem ej finum, erat enim sacerdos Dei altissimi. Genèse, c \iv, v. 18

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« n" o est point élevé de lui-même à la dignité de pontife, mais il « l'a reçue de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je fai engendré « aujourd'hui ; comme il lui a dit dans un autre endroit : Tu es le '^prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech (l). » Or, Jésus- Christ ne peut être considéré comme un prêtre selon l'ordre de Melchisédech, qu'autant qu'il a offert lui-même à Dieu son Père le sacrifice de son corps et de son sang sous les espèces du pain et du tnn , qui étaient la matière du sacrifice offert par ce patriarche au Dieu d'Abraham; et il n'est prêtre éternel, qu'en renouvelant ce sacrifice sur nos autels jusqu'à la consommation d^ siècles. C'est ainsi que l'ont entendu nos pères , comme on le voit par les écrits de Clément d'Alexandrie (2) , de saint Cyprien (3), d'Eusèbe de Césarée(4), de saint Arabroise (5), de saint Épiphane(6), de saint Jean Chrysostome (7) , de saint Jérôme (8), de saint Augustin (9), de Théodoret (10) , et de saint Jean Damascène (il).

814. Voici ce que dit le Seigneur, dans Malachie, aux prêtres d'Israël : « Mon affection n'est point en vous , dit le Seigneur des • armées, et je ne recevrai plus de présents de votre main. Car, « depuis le lever du soleil jusqu'au couchant , mon nom est grand « parmi les nations ; et en tout lieu on sacrifie et on offre à mon « nom une oblation pure, parce que mon nom est grand parmi les " nations, dit le Seigneur des armées (12). » Il ne peut être question, dans cette prophétie, que du sacrifice eucharistique. 11 ne s'agit pas du sacrifice de la croix ; car il n'a été offert que sur le Calvaire, tandis que l'oblation pure dont parle le prophète doit se faire en tout lieu. Il ne s'agit pas non plus d'un sacrifice de louange, qui consiste dans la prière et dans les bonnes œuvrescar le prophète parle d'un sacrifice particulier, d'un sacrifice extérieur et visible, qui doit glorifier le nom du Seigneur parmi les na-

(I) sic et Chnstus nonsemetipsiim clarilicavit ut pontifex fieret : sed qui ioculus est ad eum : Fiiius meus es tu, ego liodie genui te. Queinadiiioduni et in alio loco dicit : Tu es saceidos in aeteriiiiin secundiim ordinem Melchisédech. Épitre aux Hébreux, c. v, v. b et G. — (2) Liv. iv, des Stromates. — (3) Lettre LXiii. — (4) Démonstration évangélique, c. m. — (5) Liv. des Mystères, c. ix; liv. IV, des Sacrements, c. m et vu. — (6) Hérésie lv. — (7) Discours iv, contre les Juifs. — (8) Lettre à Marcella — (9) Lettre CLxxvii ; et liv. de la Doctrine chrétienne, c. xxi. — (10) Sur le psaume cix. — (If) Liv. iv, de la Foi, c. xiv. — (12) Non est volnntas mihi in vobis, dicit Dominvis exercituiim i et munus non suscipiam de manu vestra. Ab ortu enim solis usque ad occasum , ma^iiutn est nonioii meum in gentibiis: et in omni loco sacrificalur, et ofTirtur nomini ineo oblatio munda : quia magn\im est nomen meum in gentibus, didt Domii< uns exercituuiu. Malachie, c. i, v 10 eMi.

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tions, d'un sacrifice nouveau, destiné à remplacer les sacrifices de l'ancienne loi : Je ne recevrai plus de présents de votre main , dit le Seigneur ; car, du lever du soleil au couchant^ on m^offre en tout lieu une ablation pure; ce qui, évidemment, ne peut convenir aux simples sac.Vfices de louange, puisque ces sortes de sacrifices ont existé de tout temps, même du temps de la loi de Moyse. Telle est d'ailleurs l'interprétation des Pères de l'Église, entre autres de saint Justin (1), de saint Irénée (2), d'Eusèbe de Césarée (3), de saint Jean Chrysostome(4), de saint Augustin (5), de Théodaret(6), et de saint Jean Damascène(7). Ils s'accordent tous à rapporter la prophétie de Malachie au sacrifice qui s'opère sur nos autels.

815. Les paroles mêmes de Jésus-Christ prouvent qu'en instituant l'eucharistie il instituait non - seulement un sacrement, mais encore un sacrifice. Nous li.?9nS;, dans l'évangile de saint Luc :

« Ayant pris le pain, Jésus rendit grâces, le rompit, le donna « à ses disciples, en disant : Ceci est mon corps qui est donné pour « vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il eu fit de même pour « le calice après qu'il eut soupe, disant : Ceci est le calice de la « nouvelle alliance dans mon sang , qui sera répandu pour " vous (8). » Suivant saint Matthieu : « Qui sera répandu pour un « grand nombre, en rémission de leurs péchés (9). » Il y a dans !f texte grec : qm est répandu, au lieu de gui sera répandu. Or, nous avons ici le corps de Jésus-Christ, qui est donné, livré, offert pour nous ; et son sang qui est répandu en rémission de nos péchés. Notre-Seigneur ne dit pas : Ceci est mon corps qui vous est donné, ceci est mon sang qui vous est livré; mais : Ceci est mon corps qui est livré pour vous ; ceci est mon sang qui est répandu pour vous et pour plusieurs, en rémission des péchés. Il y a donc dans l'eucharistie une offrande , une oblation du corps et du sang de Jésus ; donc l'eucharistie est un vrai sacrifice.

816. Aussi, en exécution de l'ordre qu'ils en avaient reçu de

(1) Dialogue avec Tryphon. — (2) Liv. iv , contre les hérésies, c. xvii. — (3) Liv. I, de la Démonstration évangélique, c. x. — (4) Sur le psaume xcv. — (5) Liv. xviii, de la Cité de Dieu,c. xxxv. — (6) Sur Malachie, c. i. — (7)Liv. iv, de la Foi, c. xiv. — (8) Et accepto pane gratias egit, et fregit, et dédit eis, dicens : Hoc est corpus meum, quod pro vobisdatur : hoc facile ia meam commemorationem. Similiter et calicem, poslquam cœuavit, diceus : Hic est calix Novum Testamentura in sanguine meo, qui pro vobis fundetur. ciaint Luc, e. XXII, V. 19 et 20. — (9) Hic est enim sanguis Kovi Testamenti, qui pro muitis elfundeLur in reraissionem peccatorum. Saint Matthieu, c. xxvi, v. 28.

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Jésus-Christ, les apôtres célébrèrent l'eucharistie comme un sacrifice. Écoutez l'apôtre saint Paul parlant aux Corinthiens • « Le calice de bénédiction que nous bénissons n'est-î) pas la « communion du sang de Jésus-Christ ? Et le pain que nous rom- « pons n'est-il pas la participation du corps du Seigneur? Con- « sidérez les Israélites selon la chair : ceux qui mangent de la « victime immolée sur l'autel ne sont-ils pas participants de l'aun tel? Est-ce donc que je veuille dire que ce qui a été immolé aux « idoles soit quelque chose , ou que l'idole soit quelque chose . « Mais ce que les païens immolent, ils l'immolent aux démons et « non pas à Dieu. Je ne veux pas que vous ayez aucune société « avec les démons ; vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur « et le calice des démons ; vous ne pouvez pas participer à la table « du Seigneur et à la table des démons (l). » Evidemment, il s'agit ici du sacrifice eucharistique. Ne dites pas que l'apôtre parle de la table où l'on prend sa nourriture, et non de la table, de lautel où l'on sacrifie : car il parle de la table où l'on boit le calice du Seigneur, et de la table où l'on boit le calice des démons ; de la table où l'on sacrifie à Dieu , et de la table où on immole aux démous ; de la table où l'on bénit le calice de bénédiction , et db l'autel sur lequel les Israélites offraient leurs sacrifices. D'ailleuis le même apôtre, dans sa lettre aux Hébreux (2), désigne l'autel du nom de table, comme on le voit par le passage suivant : « Nous « avons une table, dit-il, dont ne doivent point manger ceux qui « font le service du tabernacle » judaïque. N'est-il pas question dans cet endroit d'un autel et d'une victime dont les Juifs n'avaient pas droit de manger? Or quel est cet autel, si ce n'est l'autel eucharistique? Quelle est cette victime, si ce n'est Jésus-Christ qui s'immole dans l'eucharistie? Donc les apôtres regardaient l'eucharistie comme un vrai sacrifice.

(1) Calix benedictionis, cui benedicimns , nonue commiinicsSo sangmnis Christi est? Etpanis qiiem fraiigimns, nonne participatio corporis Domini est?... Videte Israël secandumcarnem : nonne quiedunt liostias, participes suntaltarU? Qiiid ergo? Dico qiiod idolis immolatnm sit aliqiiid? Aut (jnod idoluna, sit aliquid? Sed qiiae immolant gentes, dœmoniis immolant, et non Deo. Noie antem vos socios fieri daemoniortim : non pote.>tis calicem Domini bibere, et calicem daemonionim r non pofestis mensae Domini participes esse, et mensœ daemonio* rum. /" épttre aux Corintîiiens, c. x, v. 10, efc. — (9.) Habeiniis altare, de qiio edere non babent potestatem, qui tabernaculo deserviunt. Épiti'c aux Hé breux, c. xni, v. 10.

S!38 DE l'EUCHAKISTIB.

§ IL Preuve tirée de renseignem&/tt des Pères.

817. Après les prophètes, les évangélistes et les apôtres, vien nent les Pères, les papes et les conciles des premiers siècles : tous reconnaissent le sacrifice eucharistique, tel que nous l'admettons nous-mêmes. Saint Justin dit que « Dieu a annoncé, par le prophète « Malachie, que, par le sacrifice que nous offrons en toute la terre, « savoir le pain et le vin eucharistique, les chrétiens rendraient u» « jour célèbre en tous lieux son saiut nom, qui était profané paf « les Juifs (1), )' Suivant saint Irénée, le Seigneur, instituant l'eucharistie , enseigna la nouvelle oblatioiv du Nouveau Testament; et l'Église, ayant reçu cette oblation des ap&tres, l'offbe à Dietc dans tout l'univers (2). Clément d'Alexandrie nous représente le sacrifice de l'eucharistie comme ayant été figuré par le sacrifice de Melchisédech. Voici ce qu'il dit : « Melchisédech , roi « de Salem , prêtre de Dieu , offrit du pain et du vin sanctifiés « comme type de l'eucharistie (3). » Saint Cyprien : « Qui fut plus « prêtre que Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui offrit à Dieu le Père « ce que Melchisédech avait offert, c'est-à-dire, du pain et du vin, « devenus son corps et son sang?... Jésus-Clirist, Notre-Seigneur 0 et notre Dieu, est lui-même le souverain prêtre de Dieu le Père, « et il s'est offert d'abord à son Père en sacrifice; et il a ordonné « que cela se fit en mémoire de lui. Ainsi ce prêtre tient véritable- « ment la place du Christ, qui fait ce que le Christ a fait, et il «■ offre alors dans l'Église un sacrifice véritable et complet à Dieu « le Père (4). » Les Pères du concile de Nicée, de l'an 325 : « Ni la " règle ni la coutume ne permettent que ceux qui ont le pouvoir

(1) De nostris vero gentiiina , qiiae in omni loco offeruntur sacrificiis, hoc rM pane eiicharistiae, et poculo similiter eucharistiae, jam tum loquutns praedixit (Malacliias) nos quidem glorificare nomen ejiis, vos aiitem prophanare. Dialogue avec Tryphon. — (2) Voyez , ci-dessus , le d° 711. — (3) Melchisédech, re.x Salem, sâcerdos Dei altissimi, qui panem et vinum sanctificatum dédit nntiimentiim, in typuni eucliaristiœ. Liv. iv, des Stromates. — (4) Quis magis sâcerdos Dei summi, quam Dominiis noster Jésus Christiis, qui sacrificium Dec Patri obtulit, et obtulil hoc idem quod Melchisédech obtulerat, id est panem et vinum, sunm scilicet corpus et sanguinem? .. Kam si Jésus Christus, Dominus et Deiis noster, ipse est summus sâcerdos Dei Patris, et sacrificium Patri seipsum primus obtulit, et hoc fieri in sui commemorationem praecepit; utique ille sâcerdos vice Cliristi vere fungitur, id quod Christus fecit, imilatur, et sacrifidnm veriim et pleoniu tune offert in Ecclesia Deo Patri. Lettre lxim et lettre uv.

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«. rf'o//"n> reçoivent le corps de Jésus-Christ de ceux qui n'ont pns o le pouvoir d'offrir (l). » Or il ne peut y avoir d'ohlatinn du corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie que par le sacrifice. Saint Cyrille de Jérusalem, expliquant la liturgie aux néophytes : « Nous -< prions Dieu d'envoyer le Saint-Esprit, et de faire que le pain de- •< vienne le corps de Jésus-Christ, et le vin devienne son sang ; car " tout ce qui reçoit l'impression de l'Esprit-Saint est sanctifié, et " changé en une autre substance. Or, quand le sacrifice spirituel n est fini, et que ce culte non sanglant qu'on rend à Dieu par le « moyen de l'hostie d'expiation est achevé, nous le prions pour " la paix universelle des Églises, pour la tranquillité du monde, « pour les rois, pour leurs armées et leurs alliés, et pour les af- « fiigés ; en un mot , pour tous ceux qui ont besoin de son assis- « tance (2).» Ce sacrifice spirituel, c'est-à-dire non sanglant, n'exclut point, comme on le voit , la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ. Saint Âmbroise^ « Quand nous sacrifions, « le Christ est présent, le Christ est immolé ; car notre pâque est « le Christ immolé (3).» Saint Jean Chrysostome : « Jésus-Christ « a ordonné qu'on V offrît lui-même , au lieu des animaux qu'on « offrait dans l'ancienne loi (4). » Saint Augustin : « Celui qui of- « fre est lui-même l'oblation ; et il a voulu que le sacrement qui « s'opère tous les jours fût un sacrifice dans l'Église... Ce sacrifice^ « qui est un vrai sacrifice, était figuré par les anciens sacrifices « des saints... Devant ce sacrifice suprême et véritable, tous les « sacrifices faux sont tombés (5). » Les Pères du concile d'Éphèse, de l'an 431 : «Nous célébrons dans les églises le sacrifice non

(1) Can. xvni. — (2) Deum benignum exoramus ut emittat Sanctum Spiritum super dona proposita, ut facial panem quidem corpus Cliristi, vinum vero sanguiiiem Cliristi : omnino eniin quodcunique adtigeritSpiritusSanctus, id saiictificatum et transmutatura est. Postquam vero perfectum est spirituale sacrificium, incriientus cultus, super illam propitiationis liostiam obsecramus Deuni pro ccmmuni Ecclesiarum pace, pro recta mundi compositione , pro imperatoribus, pro miiitibus, etsociis; pro ils qui iiiflrmitatibus laborant; pro liis qui afllictionibus premuntur ; et universim pro omnilms qui opis indigent precamur nos omnes, et hanc victimam offerimns. Catéchèse xxiii — (3) Quando sacrificanfius, Ciiristus adest, Ciiristus immolatur : etenini pascba nostrum iminolatus est Christus. Comment, sur le /" ch. de saint Luc. — (4) Ipso mutato sacrificio, pro brutorum mactatione scipsum jussit oflerri. Homél. wis, sur lai" épilre aux Corinthiens. — (5) Ipse (Christus) offercns, ipse et obiatio; cujus r?i sacramentum quotidianum esse vobiit Ecclesiœ sacrificium.... Hujus veri sacrificii multiplicia variaque signa erant, sacrilicia prisca sanctorunn, cum hoc unum per multa figurarelur.... Hnic summo veroque sacrificio, cuncta sacriûcia ftilsa cesseront. Uv. \,de la Cité de Dieu. c. xx; et ailleurs.

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i sanglant , saint et vivifiant, croyant que le corps et le précieux i sang sont le propre corps et le sang du Verbe qui vivifie toute» ■ choses (l).

818. Nous pourrions citer encore Origène, Eusèbe de Césarée, saint Grégoire de Nazianze, saint Proclus de Constantinople, saint Léon, saint Optât de Milève, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Épiphane, saint Jérôme, saint Cyrille d'Alexandrie, Théodoret, saint Fulgence, saint Césaire d'Arles, saint Grégoire le Grand , saint Isidore de Séville , saint Jean Damascène ; mais il serait inutile daller plus loin , puisque les protestants conviennent que nous avons l'antiquité pour nous. Que m'importe, disait Luther à Henri VIII, roi d'Angleterre, au sujet du sacrifice de la messe, que j'aie contre moi mille AugustAns et mille Cypriens{2). Voici ce que dit le docteur Grabe, prêtre anglican, mort en 1711: « Il est certain qu'Irénée et tous les Pères dont « nous avons les écrits, contemporains des apôtres ou leurs succes- « seurs immédiats , ont tenu la sainte eucharistie pour le sacrifice '< de la nouvelle loi. Or, que cette doctrine, cette pratique, n'ait I. pas été celle d'une Église particulière ou de quelque docteur, •: mais bien de l'Église universelle, qui l'a reçue des apôtres, comme « les apôtres l'avaient reçue de Jésus-Christ, c'est ce que nous .' apprend Irénée en propres termes, et avant lui Justin, martyr, « dont les témoignages, ainsi que ceux de saint Ignace, de Ter- « tuUien, de saint Cyprien et des autres, ont été si souvent cités, .< non-seulement par les partisans du pape , mais encore par ies « plus habiles protestants, qu'il n'est nullement nécessaire de les < rapporter. A peine y aurait-il le moindre doute que cette doc- » trine sur le sacrifice de l'eucharistie fût venue des apôtres , et ' qu'il fallût par conséquent s'y rattacher, lors même qu'on ne « trouverait pour elle aucun mot dans les écrits des prophètes ou « des apôtres ; car le précepte de saint Paul est général : Mes frè- M res, soyez fermes, et tenez aux traditions que voies avez ap- « prises , soit par nos discours, soit par nos épîlres. Mais assez ■<■ de passages de l'Écriture ont été allégués, après Irénée et les » autres saints Pères, par les théologiens modernes, soit attachés « au pape, soit protestants, et surtout par les docteurs de l'Église « anglicane, entre lesquels je n'en nommerai qu'un, mais éminent « pour la science et la piété, Joseph Mède, lui qui, dans un traité • particulier écrit en anglais sur le sacrifice de la loi chrétienne,

(1) Voyaz, ci-dessus, le n' 729. — (2) Liv. contre Henri VIII.

« a prouvé et établi ce point dans le plus grand jour. Et uou-seu- « lement je suis volontiers de son opinion, mais je souscris encore « de tout mon cœur au vœu qu'il exprime à la fin du huitième « chapitre ; et puisque tant de doctes et de pieux personnages entre « les protestants ont reconnu la vraie doctrine de l'Église aposto- « lique , et la méprise de Luther et de Calvin , je souhaite avec " Mède que ces saintes formules liturgiques, où le sacrifice est of- « fert à Dieu , et qu'ils ont si mal à propos proscrites de leurs as- « semblées , soient remises parmi nous en usage , afin que nous «1 rendions à la majesté divine i'honnem- suprême que nous lui de- « vons (1). M

§ III. Preuve tirée de la croîjance générale de l'Église.

819. Outre les preuves tirées de l'Ecriture sainte et de l'enseignement des Pères, des papes et des conciles des premiers siècles, nous avons la croyance générale et constante de l'Église universelle, touchant le saint sacrifice de la messe. L'Église grecque s'accorde sur ce point avec l'Église latine; et les schismatiques, les liérétiques même, tels que les nestoriens, les eutychiens, les Arméniens , et autres sectes dispersées en Orient, professent , au sujet du sacrifice eucharistique, la même foi que ceux qui sont en communion avec l'Église romaine. Les différentes liturgies de toutes les Églises du monde chrétien, si l'on excepte celles des luthériens et des calvinistes, qui ne sont pas plus anciennes que Luther et Calvin, font mention du sacrifice qui s'opère sur nos autels. On trouve ce dogme même dans celles qui remontent aux temps apostoliques , ou qui ont été rédigées au quatrième et au cinquième siècle , sur les traditions reçues dans toute l'Église comme venant des apôtres (2). Or, une croyance aussi ancienne, aussi générale et aussi constante, ne peut être fondée que sur la vérité. « On doit, oomme le dit Tertullien, tenir pour vraie toute « doctrine qui est conforme à la foi des Églises mères, primitiv es " ou apostoliques , c'est-à-dire , ce que les Églises ont reçu des <■ apôtres, les apôtres de Jésus-Christ, Jésus-Christ de Dieu ; et on « doit regarder comme fausse toute doctrine qui s'élève contre la " vérité des Églises, et des apôtres, et de Jésus -Christ, et de

fl) Voyez la Discussion amicale sur l'Église anglicane, par M. deTrévern, tom. li, pag. 77. — (2) Voyez la Perpétuité de la foi sur l'eucharistie, etc.. ei la Discussion amicale, p^r M. de Tréveru, tom. lu, etc.

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« Dieu (1). « Tî est donc démontré par la croyance de l'Église unû verselle, par la tradition et par l'Ecriture sainte, que l'eucharistie est un vrai sacrifice : ce n'est donc pas sans fondement que le concile de Trente a frappé d'anathème tous ceux qui osent attaquer un dogme aussi consolant pour le chrétien que le dogme de la présence réelle.

820. Mais, dira-t-on, comment trouver dans l'eucharistie toutes les conditions requises pour un sacrifice proprement dit? Où est roblatioi), la victime, l'immolation? Piien ne manque à la consécration eucharistique pour être un véritable sacrifice. L'eucharistie renferme d'abord l'oblation d'une chose sensible, c'est-à-dire le corps et le sang de Jésus-Christ, qui sont présents sous les espèces du pain et du vin. Il y a une victime : c'est Jésus-Christ lui-même qui est offert a Dieu son Père. Il y a un pontife : c'est encore Jésus-Christ, le prêtre éternel , qui, par les mains de ses ministres, renouvelle au milieu de nous le même sacrifice qu'il a offert sur le Calvaire. Il y a immolation, et par conséquent changement dans la victime : par la consécration , Jésus-Christ est réduit à un état qui n'est point naturel ; et ces paroles sacramentelles, prononcées séparément, Ceci est mon corps, ceci est mon sang, sont comme un glaive qui sépare mystiquement, et autant que possible, le corps et le sang de Jésus- Christ; il est sur l'autel, revêtu des signes qui représentent la séparation de son corps et de son sang, qui se fit sur la croix. C'est néanmoins un sacrifice très-véritable, en ce que Jésus-Christ est véritablement contenu et présenté à Dieu sous cette figure de mort: Super sacrant mensam Christus occisus jacet{2).Ce&t à Dieu, à Dieu seul, que l'Église offre le sacrifice de la messe ; c'est à Dieu, et non aux saints , que nous disons, dans la célébration des saints mystères : Nous vous présentons cette hostie sainte. D'ailleurs le sacrifice de la messe est substantiellement le même que le sacrifice de la croix ; dans l'un et dans l'autre, c'est la même hostie, le même sacrificateur. Il n'y a de différence que dans la manière dont se fait l'offrande : Sola offerendi ratione diversa, dit le concile de Trente. Cette différence consiste en ce que Jésus- Christ s'est offert sur la croix d'une manière sanglante, comme une victime mortelle ; au lieu que, sans cesser d'être immortel, il s'offre dans l'eucharistie d'une manière non sanglante, sous les espèces '^u paii et du vin (3).

(1) Des Prescriptions, cli. 21. — Voyez ce que nous avons dit pins haut, de la croyance de TÉglise touchant la présence réelle. — (2) Saint Chrysostome, Homélie xiv, au peuple d'Aniioche. — (3) Concile de Trente., sess. xxii, ch. u.

DE l'eucharistie. 533

«21. Aussi, loin de nous détacher du sacrifice de la croix, comme on nous l'objecte, le sacrifice de la messe, qui eu est la commémoration, nous y attache par toutes ses circonstances, puisque non-seulement il s'y rapporte tout entier, mais qu'en effet il n'est et ne subsiste que par ce rapport, et qu'il en tire toute sa vertu. C'est la doctrine expresse de l'Église catholique, qui enseigne que ce sacrifice n'a été institué « qu'afin de représenter celui « qui a été une fois accompli sur la croix; d'en faire durer la mé- « moire jusqu'à la fin des siècles, et de nous eu appliquer la vertu « salutaire pour la rémission des péchés que nous commettons tous « les jours (1). » Ainsi, l'Église ne croit point qu'il manque quelque chose au sacrifice de la croix ; elle le croit au contraire si parfait et si pleinement suffisant, que tout ce qui se fait ensuite n'est plus établi à ses yeux que pour en célébrer la mémoire et en appUquer la vertu. Par là cette même Église reconnaît que tout le mérite de la rédemption du genre humain est attaché à la mort du Fils de Dieu. En offrant l'hostie sainte et eucharistique, nous ne prétendons point par cette oblation faire ou présenter à Dieu un nouveau payement du prix de notre salut, mais employer auprès de lui les mérites de Jésus-Christ présent, et le prix infini qu'il a payé une fois pour nous sur la croix. On ne peut donc nous accuser d'anéantir le sacrifice de la croix, de faire tort au sacrifice de la croix. En effet, parce que Jésus-Christ se dévoue à Dieu en entrant dans le monde, pour se mettre à la place des victimes qui ne lui ont pas plu (2), dira-t-on qu'il a fait tort à l'action par laquelle il se dévoue sur la croix ? De ce qu'il contimie de paraître devant Dieu [z)-, affaiblit-il l'oblation par laquelle il a pai-u une fois par l'imviolation de lui-même (4)? Direz-vous qu'en ne cessant d'intercéder pour nous dans le ciel, il accuse lui-même d'insuffisance l'intercession qu'il a faite en mourant avec tant de larmes et de si grands cris (5)? Et parce que, d'après la parole de Jésus-Christ, nous croyons avec le monde entier que personne ne peut entrer dans le roijaume de Dieu s'il n'a été régénéré par ieau et l'Esprit-Saint (6), nous reprocherez-vous de faire injure au sacrifice de la croix ? Il faut donc reconnaître que Jésus-Christ, qui s'est offert une fois sur le Calvaire comme victime de la justice divine, ne cesse de s'offrir pour nous dans l'eucharistie; que la pert'ection infinie du sacrifice de la croix consiste eu ce que tout ce qui

(1) Concile de Trente, sess. xxii, <;li. i. — (2) Épltreaiix Hébreux, :. x, v. 5. - (3) Ibidem, c. ix, v. 24. — (4) Ibidem, v. 26. — (5) Ibidtiu, c. v, v. ?u. — {C) Saint Jean, c. m, v. 5.

534 DB l'euchâbtstie.

le précède, aussi bien que ce qui le suit, s'y rapporte entièrement ; que comme ce qui le précède en est la préparation, ce qui le suit en est la consommation et l'application ; qu'à la vérité le payement du prix de notre rachat ne se réitère plus, mais que ce qui nous applique cette rédemption se continue sans cesse; qu'enfin il faut savoir distinguer les choses qui se réitèrent comme imparfaites, de celles qui se continuent comme parfaites et nécessaires (i).

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