Troisièmement, c'est un sacrifice impétratoire. Jésus
(1) Liv. iT, des Hérésies, c. xxxi»
&36 DE l'euchabistie.
Christ est notrt jiédiateur auprès de Dieu, étant sur l'autel sous une figure de mort, et intercède pour nous, en représentant continuellement à Dieu son Père la mort qu'il a soufferte pour son Eglise. Aussi le sacrifice de la messe est le moyen le plus efficace d'obtenir de Dieu les grâces dont nous avons besoin dans l'ordre spirituel, et même dans l'ordre temporel.
828. Quatrièmement enfin, il est propitiatoire. Il nous obtiens la grâce de la conversion, l'esprit de pénitence, la rémiseion des péchés , en nous appliquant le prix du sacrifice de la croix. ■< Ceci « est mon sang de la nouvelle alliance, qui sera versé pour plusieurs « en rémission des péchés (l). >' Toutefois le sacrifice de la messe ne remet pas le péché directement; il ne produit cet effet que par la grâce et le don de pénitence que nous en retirons. Il dispose le pécheur au sacrement de pénitence, qui est étabU pour effacer les péchés commis après le baptême. On l'offre aussi pour les vivants et pour les morts, en expiation des peines temporelles qui peuvent être dues au péché, même après qu'il a été pardonné. « Parce que, « dans ce divin sacrifice qui s'accomplit à la messe, le même Christ « qui s'est offert lui-même une fois sur l'autel de la croix, avec effu- « sion de son sang, est réellement présent et immolé d'une manière « non sanglante , le saint concile (de Trente) enseigne que ce sa- « crifice (de la messe) est véritablement propitiatoire , et que par « lui nous obtenons miséricorde, et nous trouvons grâce et secours « eu temps opportun, si nous nous approchons de Dieu contrits et « pénitents, a\ ec un cœur sincère, une foi droite, avec crainte et « respect. Car Notre-Seigneur, apaisé par cette oblation, et accoidaut « la grâce et le don de pénitence , remet les crimes et les péchés, n même les plus grands, puisque c'est la même et unique hostie, « et que celui qui s'offre maintenant par le ministère des prêtres « est le même qui s'est offert sur la croix, n'ayant de différence « que dans la manière d'offrir. C'est par cette oblation non san- '< glaute qu'on reçoit abondamment le fruit de l' oblation qui s'est « faite avec effusion de sang ; tant s'en faut que le sacrifice de la « messe déroge en aucune manière au sacrifice de la croix. C'est '< pourquoi , conformément à la tradition des apôtres , on offre le « sacrifice eucharistique, non-seulement pour les péchés, les peines, • les satisfactions et les autres nécessités des fidèles qui sont encore « vivants, mais aussi pour ceux qui sont morts en Jésus-Chmt, et » qui ne sont pas encore entièrement purifiés [2). ^
(1) Salut Matthieu, c. xxvr, v. 28. — (2) Concile de Trente, ses$. xxu, ch. u»
DB l'euchahistib. 537
829. On doit donc reconnaître, comme article de foi, que le sacrifice de la messe est tout à la fois un sacrifice de louange, sacrifice d'actions de grâces, sacrifice impétratoire, et sacrifice de propitiation. Telle est et telle a toujours été la croyance de l'Église universelle, comme on le voit par l'enseignement des Pères grecs et des Pères latins, même des temps apostoliques, ainsi que par toutes les liturgies de l'Orient et de l'Occident. Ces liturgies s'accordent toutes , de la manière la plus parfaite, sur le dogme dont il s'agit, ce qui prouve évidemment qu'il vient des apôtres et de Jésus-Christ. « Si quelqu'un, dit le concile de Trente, soutient que le « sacrifice de la messe est seulement un sacrifice de louange et " d'actions de grâces, ou une simple mémoire du sacrifice qui a été < accompli sur la croix, et qu'il n'est pas propitiatoire, ou qu'il " n'est profitable qu'à celui qui le reçoit, et qu'il ne doit point être « offert pour les vivants et pour les morts, pour les péchés, les « peines , les satisfactions et autres nécessités ; qu'il soit ana- « thème (1).»
830. Mais le sacrifice de la croix n'est-il donc pas d'une valeur infinie? Et s'il est d'une valeur infinie, comment le sacrifice de la messe peut-il être propitiatoire? Pour ne pas répéter ce que nous avons dit plus haut (2), nous nous contenterons de dire que le sacrifice de la croix , quoique d'une valeur infinie , se renouvelle sur nos autels par le sacrifice de la messe, et que le sacrifice de la messe, qur est aussi d'une valeur infinie, puisqu'il est substantiellement le même que le sacrifice de la croix, se renouvelle en tout lieu, et se renouvenera jusqu'à la consommation des siècles, non pour ajouter quelque chose au sacrifice de la croix, mais bien pour nous appliquer le prix de ce sacrifice, dont l'application ne se fait et ne peut se faire que d'une manière finie, et proportionnée tant aux dispositions de ceux pour qui on offre la sainte messe, qu'aux desseins de miséricorde que le Seigneur a sur les hommes en général, et sur chacun de nous en particulier.
(1) si quis dixerit, missse sacrificium tantum esse laudis, etgratiarum actioiiis, aut nudam commemorationem sacrilicii in ciuce peracti, non autem propitiatoiium ; vel soli prodesse sunoenti; neqne pro viviset defiinctis, pro peccatis, pœnis, satisractionibus et aliis necessitatibus offerri debere ; anatliema sit Ibidem, can. m. — (2) Voyez, ci-dessus, le n" 821.
538 DE L*BUCHAfitSTIE.
t ■ ' ' -., sir:x