DE LA PBNITENCB. S(JI
S II. Preuve de rinstittition divine de la confession , tirée de l'enseignement des Pères et des docteurs de r Eglise.
866. Saint Barnabe, compagnon des voyages et des travaux de saint Paul, dans sa lettre, qui est adressée aux juifs convertis, met la confession des péchés parmi les œuvres de la voie de la lumière: « Tu aimeras celui qui t'a créé; tu glorifieras celui qui « t'a racheté ; tu n'abandonneras point les commandements de « Dieu ; tu confesseras tes péchés; tu ne te présenteras pas devant « Dieu pour le prier avec une conscience mauvaise (1). » Il regarde donc la confesnon des pochés comme nécessaire, et comrne moyen de purifier la conscience, et de nous faire marcher dans la voie de la lumière qui conduit à la vie.
867 . Saint Denys l'Aréopagite, mort vers l'an 95 de Jésus-Christ, ou l'auteur des ouvrages qui portent son nom , reproche à Démophile sa dureté à l'égard des pécheurs qui avaient recours au ministère du prêtre pour se réconcilier par la pénitence : « Le Seigneur, » dit-il, met sur ses épaules celui qui revient de son égarement. Tl « excite les bons anges à s'en réjouir. 11 est doux à ceux qui n'ont « pour lui que de l'ingratitude; il fait lever son soleil sur les bons '< et sur les méchants , et donne sa vie pour ceux qui le fuient. Et n vous, comme l'annonce votre lettre, vous avez chassé, Je ne sais «pourquoi, un homme que vous appelez pécheur et impie, qui « était venu se jeter aux pieds d'un prêtre. Cet homme disait qu'il « était venu chercher le remède à ses maux ; et cependant , non- « seulement vous l'avez chassé , sans être retenu par aucune consi- « dération, mais vous avez même outragé avec insolence le bon « prêtre qui avait eu compassion de ce pénitent, et qui avait justifié « l'impie (2), >■ Vous voyez ici un pécheur qui se prosterne devant le prêtre , qui demande pardon de ses péchés, qui déclare en être venu chercher le remède. Or, n'est ce pas là le ministère de la réconciliation, tel qu'il s'exerce dans le sacrement de pénitence?
868. Saint Clément, pape . moit l'an 100 de Jésus-Christ, dans
(J) Confiteberis peccata tua. Lettre de saint Barnabe, n" xix. — Voyez les Pères apostoliques, par Colelier, tom. i, etc. — (2) Tu vero, nt tuai litterae déclarant, accedcntcm sacerdoti, illiini qiiem impitim ac peccatorem dicis, jiescio auomodo per te pm-seiis lepiileris : tiim ille quidew depiecabatiir et fafebatur se ad inaloi iiin ineiiicinam advenisse ; (n anteni iiiliil vcriliis, boniiin insi'per saceidotcm ciim qnadani insolenlia convifiatiis cSjqiiod miseiatiis esset pœnitentis, atqiieimpitiin jiislidiasset. Lettre viii, édit. du P. Cordier. II. 86
le fragment qai nous reste de sa seconde lettre aux Corinthiens, s'exprime ainsi : « Convertissons-nous de tout notre cœur, afli? « d'obtenir le salut du Seigneur, tandis que nous avons le temps .< de faire pénitence ; car, après que nous serons sortis du monde, » nous ne pourrons plus nous confesser ni faire pénitence dans le « lieu où nous serons (l). » Il s'agit, dans cet endroit, de la confes- LÙon qui accompagne la pénitence, qui fait partie de la pénitence, delà confession sacramentelle; car il n'y a proprement que la confession qui se fait aux prêtres qu'on ne peut plus faire après la mort. D'ailleurs , saint Clément regarde cette confession comme aussi nécessaire que la pénitence : autrement, pourquoi se mettre en peine de ce que , une fois sortis de ce monde , nous ne pourrons plus nous confesser.
869. Saint Iréuée, disciple de sain'» Polycarpe, qui avait eu pour maître l'apôtre saint Jean, parlant d'un hérétique appelé Marcus, rapporte que certaines femmes, s' étant laissé séduire par cec imposteur, se convertirent, et se confessèrent de leurs désordres, et de la passion secrète qu'elles avaient conçue pour lui. « On a « vu souvent, dit-il, de ces femmes qui, s' étant converties et étant « revenues à l'Église , se sont confessées de s'être laissé corrompre « par lui-même quant au corps , et de l'avoir extrêmement aimé, « brûlant pour lui d'une passion violente (2). » La confession de ces femmes a été secrète et publique. Elle a été secrète, puisqu'elle comprenait des fautes qui ne s'étaient passées qu'entre elles et leur séducteur, des fautes même purement intérieures. Elle avait donc été faite aux prêtres. Elle a été publique, puisqu'elle est parvenue à la connaissance de l'histoire. Quelquefois, dans les temps primitifs, les pénitents, après s'être confessés aux ministres de la religion , se confessaient publiquement , non-seulement des péchés qu'ils avaient commis en public, mais encore de leurs péchés les plus secrets, tantôt d'après le conseil de leurs confesseurs, tantôt par un mouvement libre et spontané, afin de s'humilier davantage, et de se prémunir plus fortement contre la rechute. Ils le faisaient aussi quand il s'agissait de dévoiler les turpitudes dans lesquellet
(t) Quamdiu siimus in hoc mundo, de maiis quae in carne gessimus, ex tofo corde r&sipiscaraus, ut a Doiuino salvemur, dum lialiemiis tempus pœuitenlia^. Postquam eniin mundo exiviinus, non amplius possumus ibi coufiten ,i^ut pœuitentiam adliuc agere. Lettre ii — Voyez les Pères apostoliques, par Cotelier, tom. I. etc. — (2) Confessœ sunt, et secundum corpus ^vierrainatas se ab eo, et velut cupidiae iallamniatas vaide Ulum se dile&isse. Lw. i| contre les lierésie$t