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CHAPITRE III

Des effets du sacrement de pénitence.

936. Le principal effet du sacrement de pénitence est de réconcilier le pécheur avec Dieu. Il n'est aucun pécheur, eût-il commis tous les crimes dont un homme est capable , qui ne puisse en obtenir l'absolution. Suivant le concile de Trente, le sacrement de pénitence est établi afin que ceux qui se sont souillés de quelque crime comparaissent comme coupables devant le tribunal sacré, et qu'ils puissent être délivrés de leurs péchés, non pas une fois, mais toutes les fois qu'ils s'y présenteront avec des sentiments de contrition [l) :, ce qui est conforme à ces paroles de Jésus- Christ : « Tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié dans « le ciel : Quœcumque solveritis (2).» Tout, sans distinction entre les fautes légères et les fautes graves Dieu promet le pardon aux pécheurs qui font pénitence : « Que si l'impie, dit le Seigneur, « fait pénitence de tous les péchés qu'il a commis, s'il garde tous « mes préceptes et s'il agit selon l'équité et la justice, il vivra « certainement, et il ne mourra point. Je ne me souviendrai plus « de toutes les iniquités dont il s'est rendu coupable (3). — Je le « jure par moi-même, je ne veux point la mort de l'impie, mais « qu'il se convertisse en quittant sa voie, et qu'il vive (4). » Que l'impie revienne donc au Seigneur, et qu'il espère en celui qui se plaît à manifester sa miséricorde à l'égard des plus grands pé-

(1) Nam hos (domesticos fidei), sise posfea crimine aliquo contaminaverint, non jam repetito baptismo ablui, cura id in Ecclesia catliolica niiUa ralionc liceat, sed ante hoc trihnnal, tanqnam reos, sisti voluit; ut per sacerdotum sentcntiam nonseniel, sed quoties ab admissis peccatis ad ipsiim pœnitentes confugerint, possent liberari. Sess. xiv, cli. ii. — (".) Saiiil Matthieu, c. xvni, v. 18. .— (3) Si autem impiiis egeiit pœnitertliaiu ab omnibus pe(catis finis, quae operatus est, et custodierit omnia piac^pia mea, et fecerit judiciiim et jiistitiam, ▼ita vivet, et non moiietur. Omnium iuiquitatum ejus, qiias operatus est, non recordabor : injustitia sua, quam operatus est, vivet. Ézéchiel, c. xvin, v. 2£ et 22. — (4) Vivo ego, dlcit Dominus Ixmis : nolo nîoitem impii, sed ut coBvertatur impius a via sua, et vivat. Ibidem, c \xxiii, v. 11.

DB LA PÉNITENCE. ôii^

cheurs; qu'il mette sa confiance en celui qui est mort pour le salut de tous les hommes, et qui est la victime de propitiation, nonseulement pour nos péchés, mais encore pour les péchés du monde entier (t).

937. Il est vrai que les livres saints paraissent, en certains endroits, favorables à ceux qui ont prétendu que les péchés les plus graves étaient irrémissibles. Mais quand il est dit dans l'Écriture qu'il n'y a pas de pardon pour tel pécheur, pas de rémission pour tel péché, par exemple, pour le blasphème contre le Saint-Esprit, cela doit s'entendre relativement, et non d'une m.anière absolue. II est constant que les auteurs sacrés se servent quelquefois du mot imposaible pour exprimer qu'une chose est très-difficile , et qu'ils disent qu'une chose n'arrivera pas quand elle n'arrive que trèsrarement Cette manière de parler n'est point particulière aux Orientaux ; on la retrouve chez tous les peuples. D'ailleurs, c'est ainsi que l'ont entendu les Pères de l'Église et l'Église elle-même, qui prie pour la conversion de tous les pécheurs, et n'inflige des peines aux plus coupables que dans l'intérêt de leur salut éternel : Ut spirihis salvus sit in die Domini, comme le dit saint Paul en parlant de l'incestueux de Corinthe (2).

938. Toutefois, en remettant la coulpe et la peine éternelle du péché mortel , le sacrement de pénitence ne remet pas toujours en même temps toute la peine temporelle. De là, comme nous l'avons dit plus haut, la nécessité de repasser ses années dans l'amertume de son âme, de se purifier de plus en plus par les larmes de la pénitence, et de satisfaire entièrement à la justice divine en ce monde ou en l'autre. Ce n'est qu'après avoir offert une pleine satisfaction, que le pécheur aura droit à la récompense que Dieu a promise à ceux qui sont vraiment pénitents.

La rémission des péchés s'opère, dans le sacrement, par la grâce sanctifiante , qui réconcilie le pécheur avec Dieu , ou le purifie de plus en plus, s'il la reçoit après avoir déjà obtenu le pardon de ses péchés.

939. La réconciliation qui se fait avec Dieu par le sacrement de pénitence est ordinairement suivie, dans les personnes pieuses qui reçoivent le sacrement avec dévotion, de la paix et du repos delà conscience, et d'une abondante consolation de l'âme (3).

(1) 1'* épllre (le saint Jean, c. n, v. 2. — (2) Épllre aux Corinthiens » c. ▼. V. 5. — (3) Concile de Trente, sess. xiv, ch. m.

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