‹ Théologie du Nouveau Testament [microform]Chapitre 10 sur 35 · TO\J · texte numérisé non relu

TO\J

Luc VII, 27.

On le voit, les trois auteurs s'accordent pour ajouter au verbe àTtoaréXXo) du prophète les mots npo TtpoaéTtoo aou, « devant ta face, » qui ne répondent à rien dans l'orig-inal ; tous trois aussi chang-ent en xaraoy-eudaei le èitu^U'^lsTaL des Septante ^ Or, est-il admissible que, dans leurs prédications à la foule, les témoins de Jésus-Christ se soient entendus, sur ce point, pour suivre une leçon qui n'est ni la reproduction de l'ancienne version g-recque, ni la traduction littérale de l'hébreu? Ce fait ne suppose-t-il pas l'existence d'un écrit plus ancien, d'où cette variante s'est glissée dans la rédaction des

Comp. d'autres exemples dans Bleek, p. 203.

synoptiques? De toute manière donc, la théorie de Gieseler me semble ne pouvoir être acceptée. Sans doute, elle a eu le mérite de relever une idée dont il faut avoir grand soin de tenir compte, c'est que les frag-ments de récits antérieurs aux documents actuels ont plong-é dans le sol de la tradition orale, et que celle-ci a même exercé sur la narration canonique une influence que l'exégèse ne saurait mesurer exactement. Mais comme ce n'est pas cette évang-élisation primitive des apôtres qui donne la clef des rapports et des diverg-ences des trois textes parallèles, ce résultat négatif ne laisse plus à la critique qu'un dernier essai possible d'explication.

Page 1