‹ Théologie morale à l'usage des curés et des confesseurs (volume 2)Chapitre 41 sur 125 · CHAPITRE YJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE YJ

Du Culte de la sainte Eucharistie.

271. Jésus-Christ étant réellement présent dans l'Eucharistie, on doit l'adorer et lui rendre le culte qui n'appartient qu'à Dieu ; ce culte qui est appelé culte de latrie. De là l'usage d'exposer dans les églises le Saint Sacrement à l'adoration des fidèles , en certains jours ; de le porter processionnellement , surtout à la Fête-Dieu , et de bénir le peuple avec l'ostensoir ou le ciboire où se trouve renfermé le corps de Jésus-Christ. « Nullus itaque dubitandi locus X relinquitur, dit le concile de Trente , quin omnes Christi fidèles « pro more in catholica Ecclesia semper recepto latrise cultum , qui « vero Deo debetur, huic sanctissimo sacramento in veneratione exhibeant. Neque enim ideo minus est adorandum , quod fuerit j a Christo Domino, ut sumatur, institutum. Nam illum eumdem ■«'Deum prsesentem in eo adesse credimus , quem Pater seternus « introducens in orbem terrarum , dicit : Et adorent eum omnes « angeli Dei, quem Magi procidentes adoraverunt, quem denique « in Galilœa ab Apostolis adoratum fuisse , Scriptura testatur. De- « clarat prseterea sancta synodus , pie et religiose admodum in Dei

(1) De sacramento Eucharistiae. — (2) Voyez le n» 50 , etc.

iC}4 DE L EUCIlAaiSTIE.

» Ecclesiam inductiim fuisse hune morem, ut singulis annis pecu- « liari quodam et festo die prasceisum hoc et venerabîle sacramen- «tum singulari veneratione ac solemiiitate celebraretur ; utque in « processionibus reverenter et honorifice illud per vias et loca pii- <• blica circumferretur. TEquissimum est enim sacros aliquos stati.- « tos esse dies , cum christiani omnes singulari ac rara quadarr. « significatione gratos et memores testentur animos erga commu- « nem Dominum et Redemptorem pro tam ineffabili et plane divino '^ benelieio , quo mortis ejus victoda et triumphus repreesentatur. t Atque sic quidem oportuit victricem veritatem de mendacio et « hseresi tiiumphum agere , ut ejus adversarii in conspectu tanti « splendoris , et in tanta universse Ecclesiiîe Isetitia positi, vel debi- « litati et fi'actitabescant, vel pudore affecti et confusi aliquando '< resipiscant(l). »

2 72. Les curés se conformeront aux règlements de leur diocèse pour ce qui regarde les bénédictions , les expositions et les processions du Saint Sacrement , qui ne peuvent avoir lieu qu'avec la permission de l'évèque. Le cas même de nécessité publique n'autorise point un curé à exposer ou à porter le Saint Sacrement , ni même à donner la bénédiction , sans une autorisation expresse de l'Ordinaire. On ne doit point non plus porter le Saint Sacrement hors de l'église, pour l'opposer à la tempête, aux orages, aux incendies, aux inondations, ou à tous autres dangers imminents; ce sei'ait tenter Dieu.

On ne doit jamais exposer le Saint Sacrement sans mettre au moins six ou quatre cierges allumés, et sans avoir l'assurance qu'il y aura toujours quelques adorateurs. Pendant l'exposition, on ne laisse sur l'autel ni les reliques, ni les images des saints, celles des anges adorateurs exceptées. Quant à la croix, on peut indifféremment l'ôter ou la laisser, suivant l'usage des lieux.

27 3. La sainte Eucharistie se conserve dans le tabernacle d'un des principaux autels de l'église. Ce tabernacle ne doit renfermer que le Saint Sacrement. On n'y renferme ni les reliques des saints, ni les saintes huiles, ni les vases sacrés qui ne contiennent point actuellement les saintes hosties. Le tabernacle doit être entretenu dans un état de décence et de propreté. On y dépose le ciboire sur un corporal blanc , qu'on change de temps en temps. Le ciboire doit être au moins d'argent , doré en dedans , et couvert d'un petit voile appelé pavillon, fait d'une étoffe précieuse. On ne peut s'en servir

• \) Sess. MM. cap. 5.

DE l'eucharistie. I 6.'î

qu'après qu'il a été béni par l'évêque ou par un prêtre qui en a reçu la permission.

Dans toutes les églises ou chapelles où l'on conserve le Saint Sacrement, on doit, autant que possible, entretenir une lampe allumée jour et nuit. Si , à raison de la modicité des revenus de la fabrique, on ne peut l'allumer tous les jours, on l'allumera au moins les dimanches et aux principales fêtes de l'année. L'entretien de cette lampe dépend ordinairement du curé , qui doit être lui-même, par sa piété, son zèle et sa charité, la lampe ardente de toute la paroisse.

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