CHAPITRE I!l
Des Effets du sacrement de V Extreme-OncUon
r>î8. Il est de foi que ronction des Infirmes confère la grâce, •émet les péchés et soulage les malades : « Si cfuis dixerit, sacram « infirme unctionem non conferre gratiam , nec remittere peccata, t nec alleviare infirmes, sed jam cessasse, quasi oîim tantum fuerit ' gratia curationum, anathema sit, » Telle est la décision du dernier concile général (l). Suivant le même concile, ce sacrement efface les péchés qui restent à expier , et les restes du péché ; il soulage et fortifie l'âme du malade, en excitant en lui une grande confiance en la miséricorde de Dieu ; de sorte que le malade souffre plus patiemment les douleurs de la maladie, et qu'il résiste plus facilement aux tentations du démon. Enfin, il rend quelquefois la santé aux malades, autant que cela peut être expédient pour le salut de celui qui la reçoit. « Res porro et effectus hujus sacra- « menti illis (S. Jacobi) verbis explicatur : Et oraiiofideï salvabit « infirmurn ; et alleviabit eum Dominus; et si in peccatis sit, V dimiitentur ei. Res etenim hœc gratia est Spiritus Sancti ; cujus
* unctio delicta, si quse sint adhuc expianda , ac peccati reliquias « abstergit ; et segroti animam alleviat et confirmât , magnam in « 60 divinse misericordiœ fiduciam excitando : qua infirmus suble-
• vatus, et morbi incommoda ac labores levius fert, et tentationibus « dœmonis calcaneo insidiantis facilius resistit : et sanitatem cor- « poris interdum, ubi saluti animse expedierit, consequitur (2). »
619. Ce sacrement remet-il les péchés mortels? Le Catéchisme du concile de Trente enseigne qu'il remet les péchés, et principalement les péchés moins graves, qu'on appelle communément véniels, mais que les fautes mortelles sont effacées par le sacrement de Pénitence; que l'Extrême-Onction n'a point été directement instituée primario loco, pour remettre les péchés mortels ; que c'est l'objet et la fin du Baptême et de la Pénitence (s). Cependant, on convient que l'Extrême-Onction remet les péchés mortels , au moins indirectement ou secondairement : « Commune est inter doctores per hoc
(1) Concil. Trident, sess. xiv, de sacramento Extremae Unctionis, can. 2. — (2) Ibidem cap. 2.— (3) De Extremae Unctionis sacramento , § 18.
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« sacrameutum remitti peccata tam venialia quam mortalia, si haic « infirmus invincibiliter ignoret habeatque attritionem , qiia aufe- " ratur obex peccati (l). » Il peut certainement arriver qu'un malade , par suite d'une négligence qui ne va pas jusqu'au mortel , reçoive l'absolution sans avoir les dispositions requises ; ou qu'après l'avoir reçue dignement, il tombe dans un péché mortel qu'il n'aperçoit pas, ou qu'il oublie presque aussitôt, sans avoir la pensée de s'en confesser : « Alors, dit le rédacteur des Conférences d'Angers, s'il reçoit l'Extréme-Onction avec douleur de ses péchés, et qu'il ne mette point d'obstacle à la grâce de ce sacrement, il obtiendra la rémission de ses fautes , non-seulement par accident eu tant que le péché mortel est incompatible avec la grâce sanctifiante, mais comme un effet propre de l'Extréme-Onction , qui a été instituée à ce dessein par Jésus-Christ (2). Si in peccatis sit, remittentur ei. De là, cette forme du sacrement : « Per istam sanctam un- « ctionem et suam piissimam misericordiam, indulgeattibiDominus <i quidquid per visum deliquisti (3). «
L'Extrême-Onction efface, de l'aveu de tous, les fautes vénielles. Elle efface également les restes du péché, peccati reliqîiias, et en délivrant le malade de la peine temporelle, proportionnellement aux dispositions avec lesquelles il reçoit le sacrement ; et en le guérissant des faiblesses et des langueurs spirituelles qui restent dans l'âme, même après qu'elle a été purifiée du péché , et qui l'empêchent de s'élever à Dieu.