CHAPITRE IV
Du Ministre du sacrement de l^ Extrême-Onction,
620. Les évêques et les prêtres consacrés par l'imposition des mains de l'évêque peuvent seuls administrer l'Extrême-Onction : «t Infirmatur quis in vobis? Inducat preshyteros Ecclesiœ. » — « Os- » tenditur illic , ajoute le concile de Trente , proprios hujus sacra- « menti ministros esse Ecclesi£e presbyteros. Quo nomine, eo loco, «» non setate seniores aut primores in populo intelligendi veniunt ;
( 1 ) s. Alphonse de Liguoii , lib. vi. n« 731. — (2) Conférences sur l'Extrême- Onction , quost. 4. — (3) Voyez S. Alphonse, ibidem. Voyez aussi ce que nous avons dit, au n" 22 , des sacrements des vivants en général.
422 DE L'EXTRêME-ONCTlON.
>< sed aut episcopi, aut sacerdotes ab ipsis rite ordinati (t). » Ainsi, tout prêtre, par cela même qu'il est prêtre, peut, en vertu de l'Ordination, administrer validement l'Extrème-Onction ; mais il n'y a que l'évêque et le curé , et les prêtres commis par l'évêque ou le curé, qui puissent l'administrer licitement. C'est aux curés qu'on doit s'adresser, quand les malades sont en danger de mort ; et ils sont obligés de l'administrer même à ceux de leurs paroissiens qui auraient été confessés et communies par d'autres. Néanmoins , en l'absence du curé , tout autre prêtre , soit séculier , soit régulier, peut et doit, dans un cas de nécessité pressante, administrer ce sacrement à un malade qui est menacé d'une mort prochaine.
621. Aussitôt qu'un curé , ou tout autre prêtre qui a charge d'âmes , sait qu'un malade confié à ses soins est en danger, il doit s'empresser de lui procurer les secours de la religion. Un prêtre zélé ne négligera aucun moyen pour lui procurer une sainte mort : prières , visites , exhortations , sacrifices , il emploiera tout , s'il le faut, pour préparer ce malade aux derniers sacrements, et lui en faire recueillir les fruits. « Quel malheur, quel crime, s'écrie « Mgr l'évêque de Belley, si les pasteurs étaient de connivence avec « les lâches déserteurs de la foi, et voyaient de sang-froid l'abîme « s'ouvrir sous les pas de ceux qu'ils doivent aimer comme leurs en- « fants, et dont ils doivent répondre âme pour âme ! Qu'ils exami- « nent attentivement la conduite des médecins qui entourent les « malades auprès desquels ils sont appelés simultanément : quelle « assiduité, que de remèdes, que de soins, pour sauver une vie « qui doit finir ! Ils ne craignent pas même d'augmenter pour un « instant les douleurs du malade, en employant des remèdes rebuft tants, et qui sont toujours douteux et hasardés ; tandis que les re H mèdes spirituels que le Tout-Puissant met entre nos mains ont K une efficacité qui dépend de nous , et nous procurent une vie qui « commence pour ne plus fmir (2). »
622. Les curés et les confesseurs ne doivent pas se persuader qui tout leur ministère soit rempli, lorsqu'ils ont administré les derniers sacrements à leurs malades. Ils continueront à les voir, et à !es voir le plus souvent qu'il leur sera possible, pour les soutenir et les fortifier, aux approches de la mort, contre les attaques de l'ennemi du salut : « Nec putet suo satisfactum officio sacerdos , si
M) Sess xjv. De sacraraento Extreiiîie Unctio^Ms, cap. 3 et can. 4. — (2) Rituel du diocèse (le Keliey, puDUé par Mgr Dévie, piirt. m. lit. 6.
DE LEXTRÊME-ONCTION. 423
« semel tantum acgrotum inviserit, dura unctio fuit adhibenda : « sed quam diutissime poterit , eum consoletur ; et inculcet qua» « spectant ad salutem, sicut in Manuali prœscriptum reperiet , (« eique quousque e vivis excesserit, assistât, et operam impendat. « Qui autem in ea re se negligentem prœstiterit , a decano yel • archidiacono ad episcopum deferatur increpandus graviter, et « incuriœ suœ pœiias arbitrarias luiturus. » Ainsi s'exprime le concile provincial de Pvcims, de l'an 1583 (1). Un évêque ne peut tolérer la conduite d'un curé, d'un desservant ou d'un aumônier qui néglige de visiter les malades , après leur avoir donné l'Extrême- Onction.