‹ Théologie morale à l'usage des curés et des confesseursChapitre 34 sur 105 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Notion de la Vertu et des différentes espèces de Vertus,

281 . Le mot vertu, dans sa signification littérale, signifie /orce. Il faut en effet de la force pour faire le bien. Aussi toute action louable qui exige un effort de notre part, est un acte de vertu. Saint Thomas définit la vertu , une qualité bonne , une habitude ou disposition de l'âme qui nous fait agir conformément à la droite raison : « Virtus est boua qualitas , seu habitus mentis , qua recte « vivitur (2); « ou, comme il s'exprime ailleurs, « Quidam habitus « perficiens hominem ab bene operandum (3). »

On distingue trois sortes de vertus : les vertus intellectuelles , les vertus mora /es et les vertus théologales. 'L^^y^vins intellectuelles sont ainsi appelées parce qu'elles perfectionnent l'entendement ; les trois principales sont l'intelligence, la sagesse et la science (4). Les vertus morales sont celles qui perfectionnent la volonté de l'homme par la pratique du bien, par le bon usage de la raison. Si elles nous font agir par un motif naturel , elles ne sont que des vertus purement morales, naturelles, humaines, stériles pour le salut. Si elles ont un motif tiré de la foi, elles deviennent surnaturelles et chrétiennes. Les vertus théologales sont celles qui ont un rapport plus direct à la béatitude surnaturelle ; on les appelle théologales , soit parce qu'elles ont Dieu pour objet immédiat , soit parce qu'elles aous viennent de Dieu seul, qui nous les communique à nous-mê-

(1) Le P. Antoine, de Peccatis, cap. vu. art. 7.-^ (l) Sum. part. 1. 2. quaest. 55. art. 4. — (3) Ibidem, quaest- 58 art 3 — ^4) Ibidem, quaest. 57. art. 2.

DES VERTUS. lOâ

mes sans nous ; soit enfin parce qu'elles sont fondées sur la révélation divine : « Virtutes dicuntur tlieologicaî , tum quia liabent « Deum pro objecto, inquantum per eas recte ordinantur in Deum ; » tum quia a solo Deo in nobis infunduntur ; tum quia sola revela- • tione in sacra Scriptura hujusmodi virtutes traduntur (l). »

282. Les vertus théologales sont au nombre de trois : la^foi, l'espérance et la charité. « Nunc autem manent fides, spes, et cha- « ritas : tria haec (2). » Par la foi, nous croyons en Dieu, parce qu'il est la vérité même ; par l'espérance, nous espérons en Dieu , parce qu'il est fidèle en ses promesses ; par la charité , nous aimons Dieu , parce qu'il est infiniment parfait. Ces trois vertus , comme on le voit, ont Dieu pour objet immédiat, à la différence des vertus morales , qui n'ont pas Dieu pour objet immédiat , qui n'ont pas ^n rapport direct à la béatitude éternelle.

Quoique dans le vrai chrétien qui fait tout pour la gloire de Dieu , omnia in gloriam Dei , en faisant tout au nom de Jésus , ffinnia in nomine Jesu , les vertus morales soient surnaturalisées et sanctifiées par la grâce, nous leur conservons leur dénomination , afin de les distinguer des vertus théologales , dont nous parlerons dans le traité du Décalogue , en expliquant le premier commandement.

Toutes les vertus morales n'occupent pas le même rang ; il en est quatre, savoir : la prudence , la justice , la force et la tempérance, qu'on appelle vertus cardinales, principales, parce qu'elles sont comme les principes , les sources des autres vertus.

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