‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 145 sur 172 · LETTRE SUR L'ÉDUCATION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

LETTRE SUR L'ÉDUCATION PUBLIQUE

Réponse.

Bacon, faisant la revue des sciences, s'applique partout à la recherche de ce qu'elles ont de défectueux et le place parmi les desiderata. Vous demandez que je fasse de même par rapport à l'éducation publique. D'autres l'ayant fait avant moi, je n'ai qu'à me rappeler ce qu'ils ont dit à ce sujet. La première chose que les plus sages de nos contemporains placent parmi les desiderata, c'est que ce qui devrait être dans l'éducation de Vhomme l'affaire capitale n'est ni considéré dans une foule d'institutions

comme la chose essentielle, ni placé en première ligne, ni représenté comme tel par les exemples, les enseignements, les conseils, la discipline, la surveillance, et surtout n'est pas cultivé de la part des maîtres par le concours harmonieux des exemples, des enseignements, de la surveillance et de la discipline.

Cette chose unique et souveraine est ce que le nouveau langage appelle religiosité, et Tancien crainte du Seigneur; il indique une pieuse aspiration de l'âme vers Dieu, une sainte horreur de tout ce qui a les apparences du mal, la confiance au Seigneur et un vif empressement à observer fidèlement sa loi. Si dans nos établissements d'instruction, depuis les écoles primaires jusqu'à l'Université, cette crainte de Dieu était considérée comme la base de l'éducation des jeunes intelligences, et si l'on agissait d'après cette conviction, elle serait, pour les jeunes élèves, la préservatrice de leur innocence; pour les adolescents, la victoire de leurs penchants sensuels , principalement de l'onanisme; elle se manifesterait dans le jeune homme par la virilité de l'esprit (virtus), et apparaîtrait dans tous les degrés de la vie comme la vraie sagesse de l'homme.

Éviter le mal serait, d'après Salomon, la vraie intelligence, et craindre le Seigneur, selon saint Augustin, la véritable médecine de notre race : elle produirait la santé parfaite de l'âme (l'amour de Dieu s'élevant au-dessus de tout) . Or, comme les écoles produisent des fruits tout difierents, fruits qui mûrissent déjà dans les élèves et plus encore dans ceux qui ne le sont plus, il est certain qu'ils n'ont pas reçu l'éducation fondamentale dont nous parlons, et que ceux-là qui devraient la donner en sont eux-mêmes dépourvus. Car si les instruments de cette éducation, je veux dire l'action simultanée de ces quatre puissances, l'exemple, l'enseignement, la surveillance et la discipline, ne faisaient pas défaut, l'éducation aurait de meilleurs résultats ; et le sens profane, qui ne menace plus seulement de devenir prédominant, ne se manifesterait pas avec tant d'audace et de persistance.

La seconde chose que les plus sages d'entre nos contemporains

placent au rang des desiderata, c'est que ce qui devrait être considéré dans réducation du chrétien comme la choseî capitale n'est pas mis en première ligne dans la plupart des établissements d'instruction et n'est pas cultivé comme tel, parce qu'il y manque l'action simultanée de tous les moyens d'éducation : l'exemple, l'enseignement, les conseils, la surveillance et la discipline. Ce poiî^t fondamental dans l'éducation du chrétien, c'est la foi et la confiance en Jésus- Christ, c'est l'amour de Dieu en Jésus-Christ. Or, comme une foule d'écoles chrétiennes s'éloignent de plus en plus de l'idée du christianisme, par la raison qu'une foule de maîtres ne s'en occupent jamais, que d'autres n'en parlent q\i'avec ménagetnents, et que quelques-uns même osent se prononcer contre, il ne faut pas s'étonner de ce que l'ivraie appelée anti-christianisme se développe si promptement dans les jeunes gens qu'il faudrait initier à la science et à la sagesse. Comment le jeune homme dont les yeux ne se sont pas encore ouverts, que l'expérience n'a pas encore instruit, qui, une fois livré à l'impulsion des passions, ne poursuit plus que les soins passagers de la vie, et se laisse si facilement entraîner dans les abîmes de la folie par le feu de la jeunesse, par la puissance de l'exemple et par l'esprit du temps, pourrait-il voir la vérité, éviter les écueils, être familiarisé avec ces sentiments d'un vrai chrétien et comme transformé en eux, si les exemples, les enseignements, les exhortations de ses maîtres ne lui montrent pas cette image sous un jour éclatant et dans un ensemble harmonieux , si les excitations aux vices ne sont pas réprimées par la surveillance et la discipline.

L'éducation fondamentale du chrétien étant manquée, il est naturel que ce double défaut en engendre un troisième, visible dans ce qu'on nomme la formation du savant. Quand la crainte de Dieu, le sens chrétien ne préservent pas l'âge tendre de toute contagion énervante pour la jeunesse, contagion qui n^est autre qu'une succession continuelle de plaisirs et de folies, la jeunesse ne saurait avoir le courage nécessaire pour travailler avec ordre et opiniâtreté à l'acquisition de la science.

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Ainsi donc ce qui empêche Téducation fondamentale de riiomme, du chrétien, est par là même un obstacle à la formalion du savant. Une expérience qui se renouvelle tous les ans dans nos jeunes païens, c'est qu'en voulant en faire des hommes tout en laissanl le chrétien dans Tombre, on ne réussit pas mieux à en faire des savants, par la simple raison que les causes de Tignorance n'ayant pas été enlevées, il est impossible d'ouvrir dans ces âmes grossières aucun accès à la science. Quelques axiomes conservés dans la mémoire ou couchés sur le papier, et la présomption qui, elle, ne ferait pas défaut, ne suffisent pas, en eifet, à combler les lacunes de la science et à couvrir riguorance qui éclate de toutes parts.

Vous avez donné votre confiance à un médecin du corps. Ne vous repentez jamais d'avoir faitce sacrifice à la vertu ; je vous en félicite de tout mon cœur.

L'onanisme est une maladie qui exerce d'immenses ravages dans le royaume le plus florissant de l'humanité. Il est facile de prouver à tout homme qui n'a pas perdu le sens moral, et qui veut y réfléchir de sang-froid, l'infamie de cette action contraire à la nature, parce que cet homme sentira qu'elle est infâme et antinaturelle. Mais ce qui est diflîcile, même à l'homme le mieux disposé, c'est, au moment de la tentation, de rester de corps et d'âme fidèle à cette conviction.

Au surplus, il en est ainsi de tout ce qui s'appelle combat. Combien il y a de héros dans les écrits et hors de la mêlée ! et combien il y en a peu dans la lutte réelle !

La preuve que l'onanisme est une profanation de soi-ra ême, et que cette profanation est aussi coupable qu'antinaturelle, cette preuve est d'une simplicité sans égale.

« L'onanisme est la chose la plus infâme parmi les choses in-

fàmes^ et la plus nuisible parmi les choses nuisibles ; de là cette conclusion qu'elle est nécessairement réprouvée par la loi divine. La chose la plus infâme, par ce qu'elle fait d'un être destiné à régner sur lui-même, l'esclave d'une volupté brutale, et cela, contrairement au but qu'on se propose dans ce plaisir brutal. La chose la plus nuisible, parce qu'elle réduit le corps et l'esprit à l'état de cadavre. »

La raison ne saurait trouver dans cette preuve la moindre chose à reprendre; mais la sensualité aveugle et révoltée en trouvera d'autant plus.

C'est un besoin de la nature, dit le voluptueux ; mais il n'y a que le voluptueux qui le dise. Tout dépend de savoir ce qui est un besoin pour le héros. La vertu consistant précisément à s'assujettir les sens et à les maintenir dans cet assujettissement, le bien est un besoin pour l'homme de bien, comme le mal en est un pour le méchant.

Après chaque satisfaction nouvelle accordée, malgré soi, à cette passion contre nature, l'excitation à ce péché, devient plus forte, et la force de vaincre de plus en plus faible.

Quelquefois on ne donne à la tentation qu'un demi, d'autres fois qu'un faible consentement; quelquefois, enfin, nonseulement on lui cède, mais on excite encore l'ennemi luimême, et l'on se jette pleinement dans ses bras.

Et voilà comment cette action contre nature devient un besoin de la nature, non pas, il est vrai, de cette nature supérieure et plus excellente de l'homme, mais de la sensualité dominante, de l'animalité victorieuse.

Ceux qui, actuellement, sont tombés si profondément, qu'ils sont descendus jusqu'au fond de l'abîme, n'y étaient pas encore il y a quelque temps ; mais il leur est arrivé ce qui arrive à celui qui tombe du haut d'un édifice élevé, et qui, une fois en plein air, ne trouve rien pour le retenir : ils sont tombés de précipice en précipice, parce qu'ils avaient perdu le point central de tout respect d'eux-mêmes et de la'loi de Dieu.

Que ce soit là, pour tous ceux qui appartiennent encore à la Théol. past. Il 28

classe des hommes libres et généreux, un avertissement de se mettre en garde contre la première chute. Que quiconque a été assez malheureux pour faire quelques faux pas, — quelques chutes, se dise en lui-même : « Est-il possible qu'un homme qui s'estime, qu'un être raisonnable puisse tomber si bas ! » Cette pensée lui inspirera le courage de sortir de cette voie dangereuse. De la violence, de la violence, et encore de la violence, voilà, mon ami, ce qu'il faut pour briser les liens solides de cette passion devenue si chère. Le premier pas à faire est de se mettre en la présence de Dieu, d'envisager d'un regard libre le terme de la voie qu^on a déjà parcourue, et de s'affermir dans la conviction « qu'il est impossible de revenir à la vertu et de retourner à Dieu, méconnu et abandonné, si l'on ne combat pas son penchant, et si, le cœur brisé de douleur, l'on ne retourne sur-le-champ sans réfléchir longtemps et sans regarder derrière soi. »

Oh! plut à Dieu que vous entendissiez ce langage!... Mais vous l'entendrez, je l'espère !

Il y a surtout trois moyens de se préserver de l'onanisme, ou d'une rechute dans ce péché.

Le premier, c'est de ne point réveiller en soi la passion animale qui y dort, de ne point l'armer soi-même et de ne point augmenter ses forces. Ce moyen met à l'abri des attaques violentes.

Dans ce but, il est du devoir de quiconque veut se garantir contre l'onanisme et contre toute autre manifestation de Tinstinct animal, de faire un usage extrêmement modéré des boissons spiritueuses, ou mieux, de s'en absteni complètement ; de prendre une nourriture simple, et d'user même de celle-ci avec sobriété; d'éloigner de ses sens et de sa mémoire les tableaux, les livres, les représentations, les attitudes, les chansons, les discours qui peuvent éveiller les appétits voluptueux d'une imagination corrompue, de ne jamais se coucher avant que le sommeil commence à nous appesantir les yeux, de fuir tout

repos corporel inutile, de se débarrasser des chaînes qui nous retiennent dans un lit mou et délicat, etc.

Celui qui suivra fidèlement et constamment ce conseil de la sagesse, diminuera et afîaiblira les assauts de la passion, et il aura déjà fait un grand pas ; car il est incontestablement plus facile d'éviter Tennemi que d'attendre son arrivée et de sortir vainqueur du combat.

Cependant la vigilance la plus minutieuse ne suffît pas à empêcher pour toujours le retour de la tentation, surtout quand une longue pratique de ce vice a rendu faciles les représentations de l'imagination, les impressions du cœur, et que le corps est comme façonné et habitué à cet acte contre nature. Les moments de la tentation reviennent.

Or, dès que vous remarquerez en vous la première excitation à ce péché, ne restez pas indifiPérent et comme endormi jusqu'à ee qu'elle se soit fortifiée ; ne disputez pas avec vous-même ou avec votre passion ; ne marchandez pas avec la raison, en demandant si peut-être il ne serait pas permis de céder à la nature, puisque votre cœur demande que vous contentiez ses penchants ; ne restez pas seul, si vous pouvez faire autrement ; mais arrachez-vous promptement à vous-même; allez visiter quelque noble ami, quelque pauvre; faites-vous raconter par un malade l'histoire de ses souffrances ; en un mot, distrayezvous jusqu'à ce que la passion s'endorme de nouveau.

Ce second préservatif rend de bons services aussi longtemps que la tentation n'est pas arrivée jusqu'aux limites de la passion, et qu'elle n'est point devenue comme impossible à dompter.

Mais il est des cas où Ton ne saurait s'affranchir soi-même ; c'est quand les excitations qui naissent de l'intérieur sont arrivées à l'état de fermentation et qu'il est néces saire de combattre si l'on veut vaincre. Ces cas sont d'autant plus fréquents que la résistance aux attaques de la volupté a été jusqu'ici plus faible, que l'on a donné plus souvent satisfaction à sa passion, et que l'on observe avec moins de soin le précepte de la tempérance^ de la sobriété, de la vigilance sur soi-même.

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Dans ces cas, je ne connais qn'une seule arme morale^ qui est le troisième préservatif dont j'ai parlé.

■A. Il faut, aux heures calmes et sereines de la vie, se préparer pour le moment du combat par la prière et la méditation. Le démon de Fonanisme est un de ceux qu'on ne saurait vaincre sans la prière. Toutes les résolutions s'évanouissent dès la première attaque, quand elles ne sont pas consolidées et affermies par la prière. Le plaisir triomphe des sens et du cœur quand il n'est pas vaincu par la foi au Père et à Celui qu'il a envoyé, par la pensOe de la vie éternelle, par cette foi dont saint Jean dit qu'elle « a vaincu le monde, » et qui par conséquent peut aussi vaincre la chair, que saint Jean comptait parmi les choses du monde.

Parmi les méditations qui doivent nous servir comme de préparatifs au combat, je recommande principalement la suivante :

Voyez combien le moment du plaisir est vite passé , après quoi vous récoltez les plus tristes conséquences : reproches sanglants de la conscience, épuisement de la nature, défiance envers votre Créateur et votre Sauveur, aux yeux duquel vous avez fait le mal, défiance de vous-même, sentiment de votre faiblesse, honte et regret, crainte du châtiment futur. Si, au contraire, vous êtes assez fort pour résister à la tentation, quel bien-être n'éprouverez-vous pas au fond de votre âme quand le combat sera passé. Si maintenant vous luttez courageusement pendant quelques instants, vous serez tout le reste du jour dans une douce gaieté, née du calme de votre conscience ; dans une sérénité aimable accompagnée de reconnaissance et de confiance envers Celui qui aura été le témoin, l'associé et le rémunérateur de votre triomphe'. Vous réfléchirez sur les plaisirs des sens, vous vous sentirez le courage de livrer d'autres combats, vous aurez comme un avant-goùt de la félicité céleste, de la vue dé Dieu, réservées aux âmes pures ! «

Si les cœurs purs et innocents, qui vous aiment et vous estiment, savaient que vous êtes l'esclave malheureux d'une aussi basse volupté; s'ils avaient le malheur de vous apercevoir quand

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VOUS donnez satisfaction à cette passion brutale, ils reculeraient d'horreur, et, détournant leurs regards, ils resteraient comme pétrifiés! Combien vous seriez humilié si, dans une prochaine entrevue, leur regard innocent, venant à se fixer sur votre front, y lisait ces paroles : Celui-ci est un onaniste!

Puis donc qu'il vous serait impossible de soutenir le regard des âmes pures qui liraient dans votre cœur , sachant qu'elles aussi ont à combattre contre la chair et le sang, comment pourrez-vous supporter le regard de feu de Celui qui est la pureté même, de votre juge, de Celui qui rendra à chacun selon ses œuvres, de Celui qui est mort pour vous sur la croix, afin de vous purifier de toute tache?

B. Quand vous vous serez préparé au combat par dételles méditations, qui toutes naissent de la prière du cœur, ou qui, duuioins, doivent se résoudre en une prière du cœur, an regard confiant élevé vers le Père céleste, et vers Notre-Seigneur Jésus-Christ, regard dont la vertu dépassera toute attente, vous sauvera de la puissance redoutable du péché. Mais rien, absolument rien, ne pourra vous sauver, si, par les exercices de la prière, de la méditation, de la victoire sur vous-même, vous n'avez pas appris préalablement à arracher violemment votre âme tout entière aux charmes du péché qui croissent à chaque instant, et si, reclamante nequidquam natura^ vous ne vous attachez pas fortement aux vérités suivantes :

La loi sainte est encore sainte au moment delà tentation ; il n'y a que le combat contre la tentation qui vous rende digne de la victoire ; il n'y a que la victoire sur le mal qui soit digne de récompense. Jésus-Christ est témoin de votre combat, il s'y associe, et il récompensera votre victoire.

Le regard de Dieu voit tout, il vous voit, il voit votre prédilection secrète pour le péché. Faites ce que vous désireriez avoir fait au dernier moment de votre vie. Celui qui veut vaincre, le peut; car la grâce toute-puissante de Dieu rend toute victoire possible. Si un tel l'a pu, pourquoi ne le pourrais-je pas ?

Outre ces secours, j'en recommande un quatrième., qui est

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plutôt un moyen d'avoir une connaissance claire^ et de faire un bon usage de ceux déjà indiqués. Faites-vous un ami intelligent^ pieux, expérimenté, dis«îret, auquel vous puissiez dévoiler toutes les faiblesses, tous les penchants, toutes les inclinations de votre cœur.

Avec cet ami de votre cœur, de votre intelligence et de votre conscience, délibérez sérieusement sur les moyens propres à guérir votre maladie jusqu^'à la racine. Examinez avec lui votre début, vos arrêts, vos rétrogradations, vos progrès dans la connaissance de vous-même, dans la victoire sur vous-même, dans la fidélité de votre attachement à Dieu et à Jésus-Christ, et croyez fermement qu'en dehors de ce salut, il n'y a point de salut. Que cet ami soit votre géoie tutélaire dans les dangers qui menaceront votre vertu; que sa parole soit pour vous un bouclier au moment de la tentation ; que son regard vous rappelle le devoir qui vous obhge à combattre ; que son exemple ■vous soutienne dans la lutte ; que ses larmes de commisération et d'amour vous excitent à la vigilance; que sa prière soit pour vous un Moïse qui, en élevant ses mains vers le ciel, vous obtienne une magnifique victoire; que ses avertissements, après une chute, vous soient un encouragement à vous relever; enfin, que la part qu'il prendra à votre vertu et à votre bonheur, vous soit un stimulant à persévérer dans le bien, et vous rappelle sans cesse que la force qui nous soutient est une force supérieure, divine, victorieuse; que nous devons tendre vers notre but sublime jusqu'à ce que nous l'ayons atteint.

p. iS . Il est encore un secret que je veux vous révéler. Je connais des jeunes gens qui, luttant avec énergie contre les séductions de la volupté, ont fini, après bien des luttes et des défaites, par se sentir une force morale, décisive et durable, pour vaincre les plaisirs illicites. Le sentiment de cette force s'est rencontré précisément avec l'époque où ils ont été introduits dans le sanctuaire de la religion chrétienne, et comme baptisés par l'esprit du Seigneur. C'est ainsi que ce triomphe de la foi sur la chair fut une nouvelle preuve de la vérité du christianisme.

Il est clair qu'ils ne durent point négliger de conserver cette force morale au moyen de la prière et de la vigilance sur euxmêmes.

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