‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 148 sur 172 · II. Mon âme ne meurt point avec mon corps · texte numérisé non relu

II. Mon âme ne meurt point avec mon corps

m. La parole de Jésus-Christ est la parole de Dieu ;

IV. Surtout, sa promesse de nous envoyer le Saint-Esprit, est une promesse divine.

Une fois que j'ai acquis cette conviction , j'abandonne pour le moment tous les autres doutes relatifs aux enseignements spéciaux et aux mystères du christianisme; je prie Dieu avec une confiance filiale de vouloir bien me donner sa lumière, son esprit, et avec lui le gage de la vie éternelle; je continue tranquillement mes travaux; j'obéis fidèlement à la voix de ma conscience, ou du moins je m'efibrce de le faire; je déplore de tout mon cœur les fautes que j'y ai faites; je m'arme pour l'avenir de résolutions énergiques, et je me livre tout entier à la Providence, sans rien me réserver du sacrifice de l'égoïsme.

Voilà, mon ami, autant que je puis le savoir, le seul traitement qui puisse amener l'évacuation complète de toutes les faiblesses de notre intelligence, en nous conduisant au médecin

suprême, qui seul peut nous rétablir en pail'aite santé. 11 n'y a ue le petit nombre des hommes qui acceptent cette cure; aussi n'y en a-t-il que peu qui soient susceptibles du bonheur de connaître la vérité. Pour vous, vous Taurez sans doute déjà commencée avant mon discours, et je n'aurai plus qu'à vous exhorter de la continuer avec une nouvelle ardeur.

En ce qui concerne vos doutes sur certains enseignements spéciaux du christianisme^ par exemple sur la fondation et sur l'esprit de TÉglisc^ sur les sacrements et sur le culte public, ou ils disparaîtront complètement si vous suivez mon système médical^ ou, si les prochaines vacances nous réunissent et nous permettent de nous ouvrir mutuellement nos cœurs, elles s'é vanouiront à la lumière de la vérité.

YH,

A UNE rERSONNE QUI SE TROUVE SUR LA VOIE DE LA CONVERSION, MAIS QUI MANQUE PE COURAGE.

En vérité , il n'est rien de plus sage que ce proverbe de l'homme des champs : « Il ne serait pas bon que tout allât toujours suivant notre tête. »

On peut en dire autant par rapport à notre vertu. Si tout allait constamment au gré de nos vœux, et qu'avec notre volonté détournée de Dieu nous pussions sur-le-champ devenir bons et saints, que serait la vertu et à quoi servirait la grâce de Dieu? Pour que l'homme soit vertueux, il faut qu'il commence par le détenir, et, pour cela, il a besoin qu'un secours divin le retire de l'abîme du mal, secours qui, par cela même qu'il est divin, vient d'une main divine. Pour être vertueux, il faut le devenir; il faut avoir le sentiment profond de son impuissance et de sa misère : l'humilité. Vous êtes donc sur la bonne voie, puisque vous êtes animé de ces sentiments, mais il ne faut pas en rester là : à cette conscience de notre faiblesse, il nous faut joindre la confiance en celui qui est plus fort

que nous, tendre la main \'ers lui pour qu'il nous retire de Tabîme ; nous devons nous aider nous-même^ et ne point repousser la main qui veut transformer notre intérieur à l'image de Dieu.

Cette coopération^ cette non-résistance à Toeuvre de Dieu, elle est difficile et pénible, mais elle est nécessaire ; car, sans moi, Tamour éternel ne saurait me sauver.

Au surplus, celui qui pardonne tous les péchés peut aussi pardonner ceux que nous commettons en ne coopérant pas, en résistant : il nous les pardonnera, dès que nous le voudrons de tout notre cœur.

«Courage donc ! courage ! Il faut pourtant que je devienne un autre homme, une créature renouvelée et capable de toute sorte de bien, avant que je quitte ce monde. » Ainsi parlent tous les cœurs généreux; et plus ils le disent souvent et avec force, plus ils se rapprochent de leur but. Il en sera ainsi de vous.

Seulement, rentrez en vous-même dès qu'approche l'heure de la tentation.

Seulement, ne flattez pas les premiers mouvements de la passion, quand elle commence à se faire sentir dans votre corps.

Seulement, restez fermement convaincu que pour Dieu et pour l'éternité il n'y a point de trop grand sacrifice.

Seulement, renouvelez souvent cette résolution : « Ce que Dieu ne veut pas. Je ne le veux pas non plus.

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