‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 157 sur 172 · A UNE PERSONNE VISITÉE PAR UNE FOULE DE MALHEURS · texte numérisé non relu

A UNE PERSONNE VISITÉE PAR UNE FOULE DE MALHEURS

Vous désirez que je vous reproduise la substance de notre entretien d'hier. La voici sous sa forme la plus restreinte.

Soyez ce que vous pouvez et devez être :

1« Devant Dieu : simple et naïf comme un enfant;

S'» Devant les hommes ordinaires : doux, intérieurement, et prudent extérieurement ;

30 Devant quelques personnes de choix : simple et naïf comme devant Dieu;

4° Devant les douteux : renfermé comme le trésor de Tavare, sans néanmoins affecter la réserve;

50 Dans votre chambre : libre et heureux comme un ange du Seigneur ;

6^ Dans V exercice de vos fonctions : courageux et viril dans l'entreprise, calme et actif dans l'exécution, et sans inquiétude par rapport aux conséquences ;

7*^ Dans des circonstances subites et imprévues : prompt à reprendre vos esprits et à vous soumettre à la volonté de Dieu, agile et prudent dans l'accomplissement du devoir.

Vivre dans le monde, mais non selon le mondé.

Quand même vous briseriez toutes vos relations, et que vous vous rendriez entièrement indépendant des choses extérieures, vous ne porteriez pas moins en vous tout le poids de votre sensualité, et vous ne seriez pas moins forcé de supporter le vide

d'une âme séparée de Dieu, aussi longtemps que ce lourd fardeau n'aurait pas été allégé par la foi, que ce vide n'aurait point été comblé par la confiance en la bonté de Dieu, qui remplit toute chose. Car, mon cber ami, le chrétien reste, lui aussi, privé de la jouissance de Dieu, aussi longtemps qu'il vit icibas. Il ne peut goûter le Seigneur que dans ces saints moments où, pénétré de l'esprit de Jésus- Christ, il est tellement inondé des délices de la vie éternelle, qu'il ne sent plus ni son corps, ni le temps, ni le monde. Mais ces moments solennels, on ne saurait les fixer. Il n'y a que la direction vers Dieu, l'attachement à lui, l'union avec lui, qui puissent se fixer et devenir permanents. Je ne veux point dire qu'en rompant ses relations avec le monde, avec ses connaissances et sa famille, on ne facilite pas le commerce avec Dieu ; j'affirme seulement qu'ici-bas la vie céleste se forme au creuset des soufi*rances; car elle n'est autre chose que l'or de l'éternité sept fois purifié, et brillant au milieu du temps. Accordez aux bienséances du monde ce qui leur est dû; mais retirez- vous dès que vous le pouvez; rentrez dans votre sanctuaire pour y construire la cellule de votre âme, et livrez-vous d'autant plus intimement à la beauté éternelle, que vous goûterez moins le tumulte du monde. Vous pouvez vivre dans le monde sans vivre de la vie du monde

La seconde partie de votre lettre est écrite dans le même ton que la première. Tenez- vous- en là. La vie céleste, c'est la dévotion, et rien de plus ; c'est l'union avec Dieu, la soumission à Dieu, et rien autre chose...

Renoncer à soi-même, mourir à soi-même, vivre pour Jésus- Christ sont partout difliciles, partout la chose capitale, partout la croix de l'égoïsme...

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